Dobermann est régi par un iconoclasme tout à la fois jouissif et excessif, comme le sont souvent les premiers films : on veut y mettre toute sa rage, on veut le remplir jusqu’à tendre les coutures par peur qu’il s’agisse là de l’unique occasion de faire du cinéma. Aussi l’ensemble apparaît-il fou furieux, les mouvements omniprésents et brutaux donnent le tournis, la caméra ne tient pas en place, obsédée par l’iconisation de ses marginaux qui n’est pas sans évoquer le Natural Born Killers d’Oliver Stone sorti trois ans auparavant. L’intelligence du long métrage de Jan Kounen tient ainsi à ne jamais prendre au sérieux sa galerie de freaks, ce qui rend a contrario inquiétants les portraits qu’il fait des forces de police, notamment le commissaire Sauveur Cristini qui se complaît dans la cruauté et le sadisme ; ses énergumènes sont pathétiques et peuvent en cela devenir sympathiques, chacun disposant de sa propre névrose avec laquelle cohabiter. Nous sommes dans le cartoon gore, écran qui concilie heureusement le divertissement et la représentation de la violence. La séquence du braquage l’atteste : une vieille dame injecte malgré elle dans ce qui aurait dû être un polar une matière burlesque inattendue et opérante, que Kounen exploite assez bien. Nous regretterons alors que le film ne s’achemine vers aucune finalité véritable, sinon le mur en direction duquel fonce depuis le début ce véhicule incontrôlable et agressif ; c’est ce qui fait la différence fondamentale entre Dobermann et La Haine de Mathieu Kassovitz (1995) qui composait un lent requiem final pour bâtir à ses jeunes de banlieue le tombeau de leur condition.
Vu en salles en 1997 et pas revu depuis, "Doberman" est de ce genre de film atypique. Certains y verront l'apologie de la violence, d'autres une oeuvre rock'n'roll devenue cultissime. Partagé entre ces deux points de vue, je vois dans "Doberman" un cinéma osé porté par un réalisateur, Jan Kounen, qui pour les plus jeunes n'a pas toujours fait dans la comédie gentillette ("Mon cousin"), mais a su se bâtir une filmographie intéressante. Ce "Doberman" ne manque donc pas de saveur avec des acteurs à l'aube d'une grande carrière (Vincent Cassel, Monica Bellucci ou Romain Duris), mais pèche un peu dans son intrigue assez primaire. Un OVNI cinématographique ultra-violent.
Un film assez étonnant avec du bon et du moins bon. Pour le bon : Quelques bons effets visuel et sonore, cadrage et manière de filmer, une bonne bande son, des séquences bien déjantés. Pour le moins : c’est un peu too much dans l´immoralité et la violence gratuite pour moi, le scénario n’est pas d’une originalité absolue et je trouve que les personnages bien que déjantés manquent curieusement d'un peu de charisme. Allez, 3,5 étoiles quand même pour cet ovni qui ne plaira pas à tous ...
Dobermann a été durement critiqué pour sa surabondance d'images insipides et de violence sans remords, une critique qui dans ce cas est entièrement justifiée. Se déroulant à un rythme effréné, mettant l'accent sur les visuels hypers violents et l'action de dessin animé. L'attitude horrible du film de Jan Kounen plaira probablement à ceux qui ont le ventre fort et un sens de l'humour blasé. Il n'y a pas de bons gars dans le monde de Dobermann et il est difficile de distinguer le méchant du moins méprisable. Mais ne vous y trompez pas, Dobermann avec ses visuels exagérés et son humour noir est difficile, voire impossible a prendre au sérieux. Et c'est ça qui est fantastique et culte !!!
Sacré film !!!! Je peux comprendre qu'on ne l'aime pas.... c'est violent, malsain, dérangeant et le "style" n'est pas toujous top. Mais les personnages, portés par Vincent Cassel très bon dans son role de braqueur et surtout Tchéky Karyo, bluffant dans son role de flic psychopathe, sont tous aussi fou et bien interpretés les uns que les autres. Le scénario est cru et sans filtre, l'action est bien présente, voilà qui nous change des films d'action standards français. En meme temps, quand on sait que le réalisateur Jan Kounen est un grand ami de Gaspard Noé, ça ne pouvait pas etre autrement.
Je ne sais pas par où commencer... Ce film est une claque dans la gueule de la bienséance, un coup de tête au politiquement correct, un molard frais, tout juste craché, en plein sur le visage de ce qui est acceptable. Un genre de "Tiens, viens ici toi, jte mets ton nez dans ton caca" comme les clebs.
Les personnages caricaturaux sont tout droit sortis d'une BD, les dialogues tranchants, corrosifs au possible de Joël Houssin servent une violence inouïe, à la fois physique et psychologique mais jamais vulgaire, jamais de voyeurisme primaire bas de gamme, tout est cohérent et sert l'intrigue et le développement des protagonistes. Jan Kounen nous offre un film à voir au second degré, comme on lit un comics, et quel pied!! On y rentre à plein pieds justement, mais la tête la première, bim^^ Le tout est servi par des acteurs dedans à 150% ! Romain Duris et Antoine Basler sont hilarants, Tchécky Karyo est magistral dans son flic ripou. On découvre Vincent Cassel et Monica Belucci à leurs débuts en couple uni à l'écran comme dans la vie. C'est beau, c'est dur, c'est bon.. eeeh! C'est cynique au possible, tellement drôle, ça ose tout et pète dans tous les sens on en veux et oh putain oui on en a!!!! Le problème c'est que l'on en redemande et que des films français comme celui-ci, on n'en aura certainement plus jamais. Ce qui en fait un incontournable à vie, même en 2020... Le mieux c'est encore de le remettre au début et se le refaire ;) !!
PS: Même si le film se suffit à lui-même, il n'empêche que les personnages sont sacrément développés dans les Romans "Dobermann" de Joël Houssin, ils sont disponibles en intégralité 3 volumes et sont des bijoux de romans noirs.
quand je lis certaines critiques....puff... pour moi c'est un chef d'oeuvre un des meilleurs films francais pour pas dire le meilleur de l'histoire! tout les acteurs sont énorme.Tchéky kario en filc pourrit, cassel, dellucchi, durris, bassler...des repliques cultes. Ce film n'a pas prit une ride entre 1997 et 2019.
À prendre au second degré, Dobermann reste une bande dessinée animée par des comédiens survoltés comme sous amphetamines... Tcheky Kario en flic ripou et sadique se distingue dans son face à face avec le dobe Vincent Cassel lui aussi convaincant en chef de gang. Jan Kounen signe un ovni dans le paysage ciné matographique hexagonal en nous livrant un western urbain unique en son genre... Dérangeant, efficace, soutenu, une petite perle à 1000km/h qui dépoussière les films de braquage... Mémorable.
Ce film qui n'est pourtant plus très ressent à le mérite d’être culte Déjà de part sont originalité et sa mise en scène avec ses plan parfois gênant mais dans le bon sens du terme.
Pour ainsi dire il aurais pu sortir cette année ci (2019) qu il aurai fait tout aussi mal parce que dans son genre yen n'a pas deux comme lui.
l’œuvre aurais pu ce faire avec presque n'importe quel acteurs limite tellement le bordel est bien organisé.