stillpop
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3.5 - Bien
L'histoire d'un homme pour qui embrasser, c'est tromper, finalement. N'en déplaise aux vulgaires amateurs d'Ardisson.
Puisque « La Discrète » nous avait laissé orphelin d'un certain type de cinéma pédant à la Française, sans équivalent même chez Woody Allen, nous voilà comblé avec un jeune réalisateur qui ose. Inutile de dire que plus encore que dans « Changement d'adresse », ce type de cinéma doit être réservé à un certain public. La délectation de l'écoute du Français parlé comme dans un dictionnaire peut choquer plus qu'une scène gore d'un film ultra violent comme « Saw ».
Comprenne qui pourra.
Une seule personne a quitté la salle, mais uniquement quand le réalisateur est passé devant la caméra, tellement son phrasé inimitable peut en énerver plus d'un. Car c'est la grosse astuce du film, on commence avec une histoire racontée par Julie Gayet à Michaël Cohen, avec un jeu moins empesé qu'à l'habitude. Et la transistion est donc beaucoup moins brutale quand l'on rentre dans le « système » Mouret.
Tous les acteurs sont excellent dans cet exercice un peu particulier, car à part pour une scène ou deux, ils ne se moquent pas de leur mission. Je serai plus réservé sur Virginie Ledoyen, heureusement belle, qui a du mal au début à jouer naturellement le « non-naturel ». Ces clignotements d'yeux incessants sont pénibles au début, mais la chromie superbe des décors et des costumes rattrape le tout. Gayet n'a plus le charme de la jeunesse mais se rattrappe avec un jeu de séduction bourgeoise redoutable. Le scénario est finalement beaucoup plus abouti que le précédent, il y a du suspense, des coupures bienvenues grâce au systèmes des deux histoires parallèles. C'est presque de la maîtrise de la part d'un réalisateur scénariste. Même si ça a déjà été fait.
C'est sûr, tout est basé sur la délicatesse, celle du langage, celle de la finesse de l'analyse des sentiments et des désirs masculins ou féminins. Ca peut rebuter le niveau moyen de notre France d'aujourd'hui, tant mieux pour les spectateurs de la salle où tout le monde est sorti le sourire aux lèvres. Le plaisir multiplié par la joie d'être « entre nous ». Même si la comédie primesautière (dans l'action, pas dans les réflexions !) fait place dans le dernier quart d'heure à une balade dans la nostalgie et la tristesse en demi-teinte. Et la délicatesse, c'est si rare, qu'il ne faut pas la laisser passer, peut-importe le côté suranné d'Emmanuel Mouret, il reprend le flambeau de Vincent et Rohmer, avec une jeunesse et une décontraction qui fait plaisir ... à entendre.
Ajoutée le 01 déc. à 23h38
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