Vu à sa sorite et revu avec un immense plaisir hier soir, ce film chanté est une petite merveille d'une finesse incroyable, une bulle de champagne filmée dans un Paris délicieusement cliché dans les quartiers populaires et colorés de la capitale. Les textes sont écrits et tous magnifiques, les comédiens sont tous parfaits, bref le film se déguste et se déguste en laissant des airs pleins la tête longtemps après. Christophe Honoré est parfois imbitable et agaçant, il signe un petit bijou placé à hauteur de main de ma DVDthèque de quelques milliers de titres...
Comme quelque uns ici même, je suis assez perplexe devant ce film sorti en 2007 qui fit l'unanimité de la critique. revendiqué comme un film d'amour, "Les chansons d'..." manque singulièrement de passion, de fièvre et de chair pour qu'on y croit vraiment. Le scénario semble faire étouffer les acteurs dans un microcosme parisianiste et effectivement bobo qui fait que la moindre effusion ou sentiment semble chuchoté ou digressé dans une espèce d'insouciance futile et agaçante. Pour autant, je reconnais que la plupart des chansons qui rythment le film sont plutôt bien écrites et amènent quelque chose de léger et grave à cette histoire, mais cela ne suffit pas. Cela ne suffit pas de se référer à Demy (Avec le même référent Ducastel et Martineau s'était bien mieux débrouillés) ou à Truffaut période "Baisers Volés", Honoré aurait pu et du avoir beaucoup plus d'audace, de modernité...Hélas. A certains moments, très courts, quand sa caméra se pose sur ce Paris contemporain ou de petits écoliers noirs voire des SDF remplissent le cadre, là, il émeut vraiment car il pose enfin un regard réaliste sur quelque chose avant de repartir illico presto dans boboland... Autre problème du film : Honoré semble avoir choisi son camp concernant les acteurs. Ainsi Louis Garrel règne du début à la fin, promenant sa nonchalance dandy. Louis Leprince Ringuet lui vole presque la vedette dans le dernier tiers, composant un personnage culotté et insouciant. Par contre, côté fille, ça ne rigole pas des masses. Honoré ne les honore pas vraiment. D'abord Ludivine Sagnier, qui a à peine le temps d'exister qu'elle disparait au bout de trente minute, c'est triste. Clotide Hesme fait presque tapisserie et Chiara Mastroianni promène le chien et chante une chanson à côté d'un arbre. Bof. Et puis surtout, la sensuelle scène d'amour entre Garrel et Ringuet n'a pas son équivalent hétérosexuel en début de film alors qu'ils sont trois quand même trois dans un lit (Garrel, Sagnier, Hesme)... Un beau gachis.
Non pas une comédie musicale mais un "drame musical", Les chansons d'amour laisse une impression mitigée. De bons moments mais un ton parfois agaçant, à l'image des compositions d'Alex Beaupain, inégales malgré le talent évident de leur auteur. De nombreuses références au cinéma de Jacques Demy et à la Nouvelle Vague, dans cette oeuvre originale, à la fois passéiste et contemporaine.
Derrière un ton léger et dérisoire se cachent à la fois l'ampleur d'un incorrigible drame, celui de la vie que l'on ne cherche à expliquer, mais également une exaltation de l'existence à travers celle de l'amour; le départ de l'être aimé, à cause certainement d'un abus, d'un échec dans l'entreprise d'humanisation, d'expulsion des pulsions animales, le désir étouffant l'amour, jusqu'à le faire disparaître; son absence marquée par le tourment, le refus, la perte de sens et finalement son retour, imperceptible, sous d'autres traits. Rarement un film aura montré avec tant de tendresse que l'amour, aussi incroyablement qu'il en soit, se réincarnait. Il faudra alors le voir, et cette fois condamner le désir, au profit d'un amour vrai, qui ne consomme pas l'autre, mais le construit.
Je viens de relire ma critique de "Dans Paris", et je m'aperçois que ce que j'ai rédigé il y a sept mois correspond à ce que je m'apprêtais à écrire sur "Les Chansons d'Amour", à commencer par le choix de la photo d'illustration. Non seulement Christophe Honoré a la manie fatigante de citer les grands anciens de la Nouvelle Vague, mais maintenant il en arrive après quatre films à citer ses citations ! Comme pour "Dans Paris", le début du film est catastrophique : dialogues affligeants du type : "La guerre de trois n'aura pas lieu" "C'est moi le cheval ?", jeu insupportable de Louis Garrel encore plus mauvais dans le badin que dans le ténébreux, situations qui sonnent faux comme le repas de famille chez les parents de Julie. Le tout dans un périmètre Bastille-Gare de l'Est-Faubourg Saint-Martin, triangle du parisianisme bobo où les filles lisent Eurypide et Proust, et où les garçons déclament Aragon dans la rue.
Et puis, le film bascule avec la mort de Julie, filmée sous tension. Pendant que l'on voit Alice draguer un mec par dépit à l'intérieur de la boîte, on entend le dialogue des pompiers qui tentent en vain de réanimer Julie ; la gravité de la situation nous est suggérée par le visage de deux fêtards qui regardent ce qui se passent dans l'ambulance, hors-champ. A partir de cet instant, le film change de registre, et Christophe Honoré trouve le ton juste pour décrire certains moments du deuil, comme ce repas où Ismaël réussit à dissimuler sa douleur et arracher quelques sourires aux parents de Julie, avant que sa soeur ne lui assène "Je suis contente que tu ailles bien, ça nous porte tous", ou encore la rencontre d'Alice et de la mère de Julie.
Christophe Honoré fait référence à Demy en insérant des chansons composées par Alex Beaupain et chantées par les acteurs. On est plus du côté des "Parapluies de Cherbourg" que des "Demoiselles de Rochefort", à la fois par le style musical plus dépouillé et par la gravité du sujet. Et ce n'est pas un hasard si Chiara Mastroianni chante sous un parapluie, quelques décennies après sa mère...
Film inégal, parfois touchant et souvent agaçant, "Les Chansons d'Amour" pouvait légitimement représenter un certain cinéma français, intello et neo-germanopratin. Objet filmique d'un autre temps, il pouvait aussi légitimement ne rien attendre d'un Festival dont le palmarés a cherché à couronner la modernité et la prise en compte des problèmes de notre temps.
Mouais, très très bizarre. Rien que les personnages le sont. Certes les acteurs jouent bien mais le scénario est incompréhensible et beaucoup de scènes ennuyeuses. C'est dommage car le début démarrait bien mais la suite c'est carrément du désordre. Les musiques, pour la plupart, ne m'ont pas plu. Après chacun son avis. Mais personnellement je n'ai pas tellement accroché.
MON DIEU après avoir subi la guerre est déclarée je commence à croire que c'est une constante dans le cinema français bobo d'etre aussi insupportable crétin et prétentieux. Bon au moins la c'est un concept du film, ces petits moments ou ils poussent tous la chansonnette (mal et sur des paroles ratées) mais tous cet univers et cet ambiance débilo bobo avec un Paris de carte postale remplis de bistros et de monuments historique, vive les quartiers bobo style le marais et rivoli pq ne pas avoir filmé barbés et clichy, lol je vois d'ou a sorti woody allen pour son fameux minuit a paris tout aussi caricatural et ces apparts de bobos ou ils ont des delires bizarres et ils fument tout le temps pffff. Des "acteurs" qui doivent surement tout droit sortir des cours florent avec un charisme douteux mais a mon avis ils ne jouent pas donc ça doit pas etre trop dur pour eux. Une histoire homo parce que oui il en faut bien une maintenant dans le cinema de genre français, bref ridicule de bout en bout alignant les poncifs (un ptit de fesses parce qu'il faut en montrer un petit quand meme :) ) Nan je ne peux conseiller ce film et tout ceux du genre à des gens saint d'esprit qui ne seraient pas bobos.
Touché, vaincu, je suis en famille ici. Pourquoi avais-je raté ce film ? L'insouciance qui termine, mais la jeunesse devant, un bel âge en accord avec une époque.