Dans un Paris bobo, nous assistons en chansons à la vie légère et inconsciente d'Ismaël, Julie et Alice. On pense très vite regarder une oeuvre désinvolte, au ton sucré mais très vite on plonge dans le drame, le quotidien douloureux et Les Chansons d'amour prend alors une autre dimension, réelle, humaine, émouvante sans aucun patho.
Force à l'interprétation grâcieuse des comédiens d'une nouvelle génération talentueuse. Clotilde Hesme nous dévoile un charme coquin, Louis Garrel une sorte de je m'en foutisme audacieux et agréable et Grégoire Leprince-Ringuet un sourire à revoir sur les écrans prochainement. Tous apparaissent justes et vivants, faciles à identifier et à reconnaître comme des gens pouvant être proches de nous, de notre quotidien.
Paris, et notamment la Bastille, se révèle telle qu'elle est: belle et mélancolique. Les chansons, composées par Alex Beaupain et interprétées par les comédiens, ajoutent au charme de l'atmosphère du film, nostalgique et triste, avec quelques touches d'espoir toutefois. Mais ce n'est pas un film triste, bien au contraire. C'est un film sur la vie et ses aléas, ses rencontres, ses possibilités, ses échanges, ses libertés aussi.
Ici, l'échangisme, l'homosexualité, la sexualité en général sont traités de la façon la plus banale qui soit, insérant ainsi ces sujets souvent tabous dans une normalité rare à l'écran et dans les esprits. Christophe Honoré réussit là une oeuvre plaisante et pleine de charme.