Une pellicule en noir et blanc, dans le milieu artistique. Une absence de couleur pour créer un profond contraste entre la vrai vie et le monde artistique. En effet, les seuls images colorés illustrent l'imagination des personnages, lorsqu'ils imaginent une histoire qu'ils lisent. Cette vision originale (on a d'habitude droit à des flash-back en noir est blanc) permet de souligner la froideur de la vie et de la situation des personnages, en contradiction à leur monde imaginaire qui est plus beau et plus chaud. Comme la vie, les retrouvailles de Bennie et Tetro sont froides, sans aucune marque de fraternités. Le théâtre est l'art principalement évoqué dans le film, en concurrence avec la musique. Le jeux de lumière du réalisateur ressemble à celui d'une pièce : bande de lumière sur un visage pour faire ressortir le regard, grand spot blanc et rond mettant en valeur un personnage... Il y a un technicien de lumière invisible, et ceux n'est pas un hasard si Tetro exerce le même métier. C'est comme si il éclairait lui-même les séquences de son histoire. Car le film se base sur sa relation avec son petit frère, ce dernier découvre le douloureux parcours de son ainé. La jalousie, l'orgueil, les regrets, rongent les relations intrafamilial. Il en résulte pour Tetro un profond complexe avec la lumière, habitué à être dans l'ombre, c'est un génie torturé qui refuse le succès. "Tetro" est un film bien ficelé et émouvant, on explore profondément la nature d'un personnage noir et malheureux. Francis Ford Coppola signe là un très beau long-métrage.
Tetro a rompu depuis 10 ans avec sa famille en partant s’exiler en Argentine. Son jeune frère le retrouve et essaie de renouer et surtout d’en connaître plus sur leur histoire familiale. A 18 ans, les secrets familiaux le hantent. Que cache ce père, illustre chef d’orchestre despote, que ses 2 enfants traînent comme un boulet ? Coppola se passionne pour les sagas familiales ; avec ce film, il renoue avec succès avec ce genre délaissé depuis la saga des « parrain ». Son film est très travaillé et d’un esthétisme époustoufflant ; c’est là sa grande réussite. Son noir et blanc et son travail avec la lumière est magnifique et truffé de messages : le frère aîné reste dans l’ombre d’un père despote hyper star cannibalisant à lui seul toute la lunière. L’ombre le rassure, c’est la place qu’on lui a laissé. Son noir et blanc est aussi à la hauteur des plus grands réalisateurs. Sa mise en scène est millémétrée. Et puis avec sa construction du film, il renoue aussi avec le lyrisme d’ « Apocalypse Now » ; de nombreuses transitions, où réapparaît la couleur, sont de véritables sénettes d’Opéra ou de Danse. Visuellement impressionant avant tout, car niveau scénario, cette histoire de secret de famille est quelque peu faible et met surtout trop longtemps à avancer… pour un finish trop accéléré. Coppola ne fait naître l’émotion que par l’esthétisme de son œuvre, c’est bien malheureux ; car le sujet se prêtait à faire un nouveau chef d’œuvre. A voir pour les amateurs de belles photos…
absolument magnifique... un film sublime.... Francis Coppola nous offre encore une oeuvre digne d'un véritable chef d'oeuvre, qui restera dans l'histoire du cinéma. A VOIR ABSOLUMENT!
Un film majoritairement en noir et blanc, mêlant langues anglaise et espagnole. Une esthétique de tous les plans. Vincent Gallo et Alden Ehrenreich sont fascinants. Une réflexion sur les liens de la famille avec un scénario qui avance à son rythme mais parvient à nous surprendre
Une chronique vaguement familiale au scénario assez mince... Un film très personnel dont on ne saisit pas forcément la profondeur. Heureusement Coppola a choisi des acteurs très cinégéniques et un noir et blanc très commode... On est en droit de préférer son précédent film "L'homme sans âge".
Francis Ford Coppola,depuis le début de sa seconde carrière,semble retomber dans ses obsessions d'histoires fraternelles et paternelles.Visiblement,même à près de 70 ans,tous ses démons n'ont pas encore été exorcisés...Quoi qu'il en soit,"Tetro" se présente comme un drame baroque et abyssal,filmé dans un superbe noir et blanc rappelant "Rusty James".Dans un Buenos Aires de tango,de passions et de fureurs,un jeune marin tente de renouer les liens avec son grand frère écorché vif qu'il n'a pas vu depuis une décennie.Par le biais de flash-backs colorisés,on comprend que la complexité des rapports entre les 2 frères provient de l'influence écrasante d'un père chef d'orchestre.Comme s'il ne pouvait y avoir qu'un seul génie dans la famille.Ce thème intéressant est malheureusement mal exploité,entre longueurs,redondances et introspection sans réponses.Si Vincent Gallo fait encore son numéro de torturé égocentrique,le jeune Arden Ehrenreich,qui rappelle Di Caprio débutant,s'en sort avec les honneurs,de même que la très séduisante Maribel Verdu et sa voix grave.La mise en scène,semblant sortie d'un rêve éveillé,mélange habilement quotidien et scène.Il y a néanmoins trop de choses inexpliquées,et non partagées.
Coppola retrouve ici une véritable envie de filmer et ça fait plaisir à voir, sa mise en scène étant par instant touchée par une certaine grâce. Malheureusement, l'émotion manque singulièrement à l'appel, l'ensemble se révèlant vite froid et un poil artificiel.