La boxe est le sport qui a fournit le plus de sujets au cinéma. Le plus de grands films, comme le Raging Bull (1981) de Scorsese dont nous avons fêté les 30 ans le 25 mars. Fighter, (bien que très différent) film épique et entier est le digne héritier de ces films qui ont magnifié le « noble art ».
Inspiré d’une histoire vraie, il raconte le destin de deux frères, fiertés de Lowell, une cité grisâtre et pourrie du Massachusetts. Micky Ward est un boxeur dont la carrière stagne et qui sent sa chance passer, étouffé par son frère Dicky, son entraineur, une ancienne gloire de la boxe rongée par le crack, qui a fait de la victoire de son frère le centre de sa vie.
C’est un film sur la boxe, bien sûr. Et tout y est : sang, sueur et adrénaline environnent le ring. Les coups pleuvent et David O. Russel magnifie l’héroïsme de ces gladiateurs modernes que sont les boxeurs. Les combats sont filmés au plus prêt, sans effets, fuyant tout symbolisme. E quiconque apprécie un tant soit peu ce sport si spectaculaire et si exigeant se sentira transporté.
Mais Fighter est aussi un film sur la famille. Une plongée au sein de l’hallucinante famille Ward : une mère tyrannique, un père dépassé, deux frères boxeurs et sept sœurs-harpies. Une famille effrayante, tellement aimante qu’elle en devient étouffante.
David O. Russel doit beaucoup à ses acteurs : Mark Wahlberg, héroïque dans un rôle qui lui tenait cœur, Amy Adams, parfaites loin de ses rôles habituels et Melissa Leo, effrayante en mère vampirisante. Mais c’est Christian Bale qui l’emporte aux points, émacié, gesticulant, portant son jeu (et son corps d’acteur) jusqu’à la transe.
Un film coup de poing, déclaration d’amour à la boxe, qui vous pousse dans les cordes et vous laisse KO.