La Horde sauvage
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soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2024
Sam Peckinpah, réalisateur maudit d’un Hollywood qu’il exécrait et qui en retour le lui rendait bien, constitue un cas unique dans la désormais longue histoire de la Mecque du cinéma. Il commence sa carrière au début des années 1960 juste après des réalisateurs comme Sidney Lumet, Arthur Penn, Martin Ritt, Robert Aldrich, Mark Robson ou Robert Mulligan tous issus de la télévision et dignes successeurs des grands et prestigieux cinéastes de l’âge d’or qui approchent de la retraite quand ils ne l’ont pas déjà prise. Sa soif d’indépendance et son intransigeance décuplées par son intempérance, le classent dès son troisième film (« Major Dundee ») dans la catégorie des « ingérables et infréquentables ».
En fouillant un peu dans la liste de ses contemporains, le seul cinéaste avec lequel on peut oser une analogie certes à front renversé est John Cassavetes qui même si son cinéma est aux antipodes du sien, est aussi extrême dans l’affirmation de ses convictions. Mais ses films urbains et intimistes beaucoup moins coûteux ont permis à Cassavetes d’acquérir une indépendance que Peckinpah ne pourra jamais réellement approcher. Analogie paradoxale qui les voit œuvrer tous les deux sur la même période (de 1959 à 1985 pour Cassavetes, de 1961 à 1983 pour Peckinpah) avec quasiment la même production (12 longs métrages pour Cassavetes, 14 pour Peckinpah). Enfin ils meurent au même âge (59 ans) rongés par un alcoolisme au long cours, potion dérisoire pour endurer un pessimisme viscéral qui inonde leur art. Bien sûr Cassavetes démocrate a toujours été adulé par la critique tandis que Peckinpah jugé comme conservateur voire rétrograde a longtemps suscité méfiance ou rejet.
Peckinpah qui a laissé sa santé sur les plateaux de tournage et dans ses querelles avec les producteurs aura tout de même réussi à parachever une œuvre prestigieuse composée d’un chef d’œuvre indépassable (« La horde sauvage »), de deux autres réalisés avec des moyens limités (« Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » et « Croix de fer ») suivi de près par six autres excellents films (« Coup de feu dans la sierra », « Un nommé Cable Hogue », « Les chiens de paille », « Junior Bonner » , « Guet-apens » et « Pat Garrett et Billy le Kid »). Très controversé quand il était en activité à cause d’un cinéma à la violence extrême dont la destinée n’a jamais été bien comprise, « Bloody Sam » comme on le surnomme après le choc que fût « La Horde sauvage » est aujourd’hui quasi unanimement reconnu comme un des plus grands réalisateurs américains de la seconde moitié du XXème siècle. Après le tournage de « Major Dundee », devenu persona non grata, il reste quatre ans sans exercer. Le hasard voulant que Kenneth Hyman un des dirigeants de la Warner emménage près de chez lui, il se voit offrir par celui-ci le scénario de « La Horde sauvage » écrit par Walton Green sur une idée de Roy N. Sickner. Hyman finit par imposer Peckinpah à la réalisation malgré les réticences qui accompagnent son nom. Auparavant Peckinpah vend à la Paramount un scénario consacré à la vie du révolutionnaire mexicain Pancho Villa finalement réalisé par Buzz Kulik.
« La Horde sauvage » prend pour cadre historique cette même révolution en 1913 pour suivre le parcours mortifère spoiler: d’une bande de malfrats vieillissants trouvant refuge au Mexique pour continuer à poursuivre leur activité, chassés par un progrès qui de l’autre côté de la frontière galope désormais plus vite que leurs montures
. Le film poursuit en vérité trois objectifs fortement imbriqués les uns dans les autres. Le premier clairement affiché par Peckinpah est de démystifier cinquante années de westerns au cinéma : « J'ai fait ce film parce que j'étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence. ». Le second est de poser le constat de la violence consubstantielle à la nature humaine. Le troisième enfin est de faire de son film via le conflit mexicain, un miroir au conflit vietnamien qui s’enlise sans qu’aucun Président américain ne puisse proposer une sortie crédible, confirmant aux yeux de Peckinpah des visées expansionnistes qui ne portent pas clairement leur nom. La violence extrême qui sera exposée et même esthétisée (cela lui sera longtemps reproché) n’a donc d’autre but que de servir ces trois objectifs.
Dure mise à l’épreuve du modèle américain par le franc-tireur qu’était Sam Peckinpah qui se doutait bien que comme spoiler: ses quatre malfrats s’attaquant à tout un bataillon dans la scène finale de son film
, il risquait de finir lui aussi criblé mais de critiques incendiaires. Si le film n’a pas eu de succès auprès des spectateurs américains, refusant de se reconnaître dans le constat impitoyable fait par Peckinpah, il recevra un accueil plutôt favorable de la critique bien obligée de s’incliner devant la maîtrise dont fait preuve le réalisateur qui n’a pourtant que trois films à son actif. Aidé du grand chef opérateur Lucien Ballard qui a commencé sa carrière en travaillant dès les années 1930 avec Josef von Sternberg, collaborant ensuite avec tous les grands cinéastes de l’âge d’or d’Hollywood, il met somptueusement en image spoiler: cette descente aux enfers
, traduction du pessimisme profond d’un réalisateur jetant littéralement ses tripes sur l’écran à travers le personnage de Pike, le chef de bande décavé interprété par un William Holden abordant en fin de carrière ses plus beaux rôles.
Rien ne trouve grâce aux yeux de Peckinpah qui ne retient que spoiler: cruauté, sadisme, trahison, lâcheté, cupidité, vacuité et renoncement partagés par les deux sexes et à tous les âges y compris chez les enfants qui sont montrés en introduction mettant en scène un combat à mort inégal entre des fourmis et des scorpions. Métaphore de la tuerie qui va accompagner le hold-up initial et conclure le sacrifice final. Au sujet des enfants tueurs
, Peckinpah qui pense que l'enfant est déjà un homme, et l’homme encore un enfant, dira : « L'enfant est Dieu et le Diable à la fois, et en lui se trouvent mêlées la cruauté et une extrême bonté. Il suffit que les enfants soient témoins de certaines choses pour qu'ils deviennent très vite des adultes, des êtres aussi vicieux, aussi méchants que nous. […] Tout un système de morale, d'éducation nous empêche de regarder en face un certain nombre de vérités, par exemple qu'il existe déjà chez l'enfant tout ce côté sombre de l'homme. »
En seulement 10 semaines et un budget doublé, Peckinpah aura réussi à monter près de 3h25 de film qui par le jeu inévitable de la censure et des coupes se transformeront en 2h14 exploitées. Un exploit quand on observe la profusion des informations délivrées qui ne nuisent en rien à la totale cohérence avec laquelle est servi le propos ambitieux du réalisateur. Aussi bien visuellement qu’au niveau d’une intrigue parfaitement fluide ou d’une direction d’acteurs montrant à quel point au-delà de ses épiques colères Peckinpah savait impliquer des acteurs aussi chevronnés que William Holden, Robert Ryan, Ernest Borgnine, Edmond O’Brien, Ben Johnson, Warren Oates ou Emilio Fernandez qui de toute évidence ont parfaitement compris où il voulait les amener. Jusqu’aux confins de la contradiction humaine qui confine le plus souvent à un nihilisme sans retour. Un sillon que « Bloody Sam » creusera sans relâche et si profond qu’il finira par tomber dedans.
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2023
Considéré comme un des meilleurs westerns jamais réalisés, j'ai trouvé la réputation de ce film quelque peu exagérée. Les morts s'enchaînent, ça flingue à tout-va, chose osée pour l'époque. De plus, il n'y aucune morale, quand "on entre dans la horde, on s'y tient et on reste jusqu'à la mort!". Vraiment pas le meilleur de Sam Peckinpah, le scénario est vide, les dialogues creux et l'excès de fusillade énervant. "La horde sauvage" ne fait pas parti des meilleurs westerns selon moi. Désolé
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2023
Classé très haut au panthéon des westerns ; cependant déçu par un film coincé entre les westerns spaghettis et Quentin Tarantino. Je m’explique. Ce western américain est une vraie rupture avec les classiques du genre tournés jusqu’alors. Les personnages plus complexes et ambivalents sont au service d’un scénario plus sombre, moins romancé, simpliste et manichéen que les classiques. Sam Peckinpah reste américain, il arrive après Leone ; il fait un sacré pas de côté avec un genre qui ronronnait outre atlantique depuis des années ; mais son western n’est transgressif que par son hyper violence. Et même là Arthur Penn avec « Bonnie and Clyde » et sa scène finale déchirante avait ouvert la voie. A cheval donc entre le spaghetti, le western US classique mais aussi Tarantino avec son usage de l’hémoglobine à tout va. Sa mise en scène hyper cut est aussi un sacré coup de poing à l’époque et tranche avec le parti pris de Leone pour des scènes s’étirant en longueur. La vraie réussite selon moi tient dans un scénario très bien écrit permettant une intrigue beaucoup plus complexe que bien souvent dans le western.
Mon fils de 14 ans ½ n’a tenu qu’une demi-heure ; un vrai paradoxe pour une génération biberonné au zap’, son cœur bat pour les scènes qui s’étirent en longueur comme chez Leone ou Tarantino.
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Captain Hub'
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3 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juillet 2022
Dans La Horde sauvage (The Wild Bunch, Sam Peckinpah, 1969), les apparences sont toujours trompeuses. En 1913, un groupe de six hors-la-loi, mené par Pike Bishop (William Holden), entre dans la petite ville de San Rafael au Texas. Ils s'apprêtent à cambrioler les bureaux des Chemins de fer et ont revêtu, pour mieux passer inaperçus, l'uniforme de l'armée américaine. Au coin d'une rue, Pike se heurte par inadvertance à une femme d'un âge certain en faisant tomber les paquets qu'elle portait. Confus et d'une courtoisie exquise, il ramasse lesdits colis, les remet à son voisin de droite Dutch (Ernest Borgnine), tout sourire, avant d'offrir son bras à cette aînée pour traverser la rue. Des gentlemen en somme, pétris de savoir-vivre et ravis de secourir les dames en difficulté ou dans l'embarras. Au même moment, en face, sur le toit d'un immeuble surplombant les faux militaires, un autre groupe d'hommes mené par Deke Thornton (Robert Ryan) et le dirigeant de la Compagnie des Chemins de fer Pat Harrigan (Albert Dekker) surveillent les faits et gestes de Pike et de sa bande. Armés jusqu'aux dents, les mines patibulaires, les vêtements déguenillés et assurément malodorants, ils ont manifestement des intentions malveillantes, et la plupart présentent tous les symptômes de la névrose qui siéent à des chasseurs de primes sans foi ni loi, mus par la seule recherche du profit.

Voir la suite de ma chronique à partir d'un photogramme du film:
https://etoilesdetoiles.blogspot.com/2021/12/la-confusion-chez-sam-peckinpah.html
moket

660 abonnés 4 682 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juillet 2022
Un western sans concessions dans lequel les cowboys sont tous des salaud qui se vendent au plus offrant, loin de l'image édulcorée du sauveur de la veuve et de l'orphelin que le genre nous a parfois vendu. Ici, c'est violent, sauvage, poisseux et les gunfights sont impressionnants.
GéDéon
GéDéon

136 abonnés 713 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2022
En 1969, complétement empêtrés dans la guerre du Viet Nam, les Américains découvrent ce western de Sam Peckinpah qui fait grandement écho au conflit militaire en cours. L’histoire relate les derniers jours d'une bande de hors-la-loi tentant de rejoindre le Mexique. Entre violence gratuite, tuerie et immoralité, le dogme du Bien et du Mal en prend un sacré coup derrière la tête. Cette vision pessimiste de la société est portée par l’excellent William Holden, endossant ici l’habit d’un truand qui malgré la certitude d’une issue fatale refuse de faire marche arrière. Notons également la mise en scène très déroutante pour l’époque avec de nombreux plans et angles de vue variés. Bref, une œuvre majeure du cinéma bien éloignée des standards d’Hollywood.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2022
Un curieux mélange entre western, film d'aventure et film de guerre, qui se passe d'ailleurs au début de la première guerre mondiale, 1914. Dans ce classique du genre, la distribution est classe avec William Holden, Ernest Borgnine et Robert Ryan. Les grandes espaces sont de pure merveille. A la manière des 7 mercenaires ou des 12 salopards, l'esprit de camaderie est bien mené avec des répliques cinglantes. Il y a toujours eu un esprit de solidarité dans les films de Peckinpah. Les trains et les voitures sont à la fête, qui esprime un nouvel âge dans le western et donne une autre dimension. Scénario, un peu complexe ceci dit, je ne sais pas trop où je vais. Des scènes d'action et de bataille violente, plutôt novateur et en devenir des futures films qui en donneront. Et surtout la confrontation finale, entre les soldats mexicains et la horde sauvage! Malgré quelques longueurs, j'ai passé un bon moment !
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 679 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 décembre 2022
spoiler: La séquence introductive du film donne le ton: tension, massacre, morts, bref la fin du monde. Le tout monté par un ensemble des coupures et de gros plans et de zooms qui donnent au film une dynamique alors que l'ensemble des plans et de la séquence sont très lents, et sans dialogue. De même que l'utilisation du ralenti et du zoom comme éléments de mise en scène. Autre élément constitutif de cette séquence d'ouverture est la musique de Jerry Fielding pendant le générique puis la musique de la Fanfare à l'approche du massacre. Les principaux personnages sont installés par cette séquence: notre horde sauvage heureux héros fort peu recommandables, mais peints avec une certaine tendresse par Sam Peckinpah. Les méchants qui poursuivre notre Horde sauvage. Qui sont et encore moins recommandable, car ce sont des chasseurs de prime qui dépouille les cadavres et se repaissent des morts (ils sont en extase devant un ensemble de cadavres pour leur voler leurs affaires personnelles: chaussures pantalon, etc.). Le climat du film ainsi que l'époque est peinte comme une fin du monde, comme une fin de période, comme la fin des cowboys et des hors-la-loi qui pouvait écumer le pays. Ils sont ici poursuivis par une compagnie ferroviaire et par l'armée américaine. L'automobile arrive. Les armes de masse (mitrailleuse) aussi. Nos héros fort peu recommandables sont aussi en fin de vie et avec une certaine lassitude et finalement tentent un dernier baroud d'honneur pour plonger dans une sauvagerie finale d'anthologie où ils décident de se suicider. Un exemple du talent de Sam Peckinpah à travers sa direction d'acteur, l'économie des dialogues et le sens du montage est la séquence ou Pike et les frères Gorch, chez des prostituées, décident de retourner récupérer leur copain Angel; séquence sans aucun dialogue ou presque où par le regard échangé ils décident d'y aller (se suicider). Séquence d'anthologie qui est précède l'autre, la séquence de marche vers l'arène où ils vont affronter Mapache, ses soldats, accompagnés par la vieille Europe représentée par le militaire Allemand (qui sera tuée en second). Autre exemple de ce climat de fin du monde est la séquence épilogue, avec le vent, le ciel qui se couvre, la tempête qui marche. Robert Ryan attendant à l'entrée du village avec les charognards qui partent avec les cadavres et avec l'arrivée du vieux et des copains mexicains: très belle séquence encore une fois appuyée de manière imparable par la musique de Jerry Fielding. En fait ce film recèle quasiment que des séquences d'anthologie en plus de celles déjà citées on peut citer l'attaque du train, bréviaire pour apprenti monteur, on peut citer la séquence de la bouteille de whisky partagée entre eux sauf Warren Oates qui se termine par des éclats de rire. Séquence qui montre bien dramatiquement comment l'équipe est soudée mais aussi l'amour de Sam Peckinpah pour ses personnages peu recommandables.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2022
Le film commence par un long générique où la tension monte et qui fait penser à celui d’ « Il était une fois dans l’Ouest », sorti d’ailleurs quelques semaines avant. On y trouve des gros bras du western comme Robert Ryan, Ernest Borgnigne ou William Holden dans une photographie sublime et des paysages grandioses. Sam Peckinpah est un habitué de la violence (Les chiens de paille) et il transmet dans sa réalisation des mouvements de caméras, zooms et ralentis pour sublimer les actions. Il ne s’aventure cependant pas trop loin, comme Sergio Leone qui lui a allègrement sauté le pas, et les codes traditionnels du western restent très présents, avec de la musique mexicaine, rires, chants, et danses qui nous donnent l’impression que c’est la fête permanente. Les interactions entre 2 bandes rivales, généraux et révolutionnaires rallongent inutilement le film qui aurait pu durent une demie heure de moins.
ferdinand75

723 abonnés 4 467 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2022
Un très grosse mise en scène , beaucoup d'action , voir de violence , mais le film a beaucoup vieillit. il abuse beaucoup de effets de caméras , des zooms , de la violence un peu gore , au détriment du scénario et du fond. Les acteurs se donnent à fond , pour ce cinéma total mais parfois un peu light.
estebois
estebois

26 abonnés 160 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mars 2022
Ce western marque la fin d’une époque et sa sauvagerie est à mettre en parallèle avec la guerre du Vietnam d’alors. Ici les enfants tuent et sont tués, idem des femmes et il n’y a pas de héros à proprement parler. Que des protagonistes de deux camps tout aussi amoraux.
Les trois scènes remarquables ( la tuerie surprenante et sauvage du début, la magnifique attaque du train toute en finesse et le massacre final ) sont cependant reliées par un rythme lent et peu amène sur fond de musique horripilante avec des dialogues sans grand intérêt.
A réserver à un public averti de cinéphiles.
emma emma
emma emma

47 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 décembre 2021
Western sanglant de Sam Peckinpah, réalisé en 1969.
Au début du XXème siècle, une bande de malfrats menée par William Holden (avec son second couteau Ernest Borgnine), attaque au Texas le dépôt d’or des chemins de fer d’une petite ville, en plein milieu d’une procession de bigots anti-alcool. S’ensuit une fusillade de tous les diables où des hectolitres d’hémoglobine viennent repeindre la rue et les passants.
Du côté de la loi, un certain Thornton (formidable Robert Ryan), l’ancien complice de Holden, sorti de force de sa geôle de Yuma pour l’occasion, et que l’Etat entend bien utiliser pour traquer et tuer son ancien bras droit. C’est ça, ou retour à la case prison. Après ce carnage et terrible fiasco des 2 côtés (les braqueurs n’ont pas eu l’or, mais ont fui, et le nombre d’innocents tués est dantesque), commence un périple jusqu’au Mexique, où la mauvaise troupe s’en prend cette fois à un transport ferroviaire d’armes, dans le but de les refiler au sanguinaire Général mexicain Mapache, contre une somme rondelette.
Voilà pour le Pitch.

On s’attend à un déferlement de violence, mais entre la scène d’ouverture à la sauce ketchup et celle de fin, où l’homme moderne a découvert la mitrailleuse (formidable gain-de-temps), pas tant d’effusion de sang que ça (pour un western, s’entend…) En revanche, la violence est partout, sous-jacente dans tous les plans ou presque. Tout peut péter à tout moment…
Dans la même veine qu’un Aldrich avec son Vera Cruz, réalisé 15 ans plus tôt, Peckinpah nous plante une bande d’Américains plutôt frustres au milieu d’une horde de Mexicains mal dégrossis, eux aussi englués en ce début de XXème siècle dans une histoire nationale violente.
Et le spectateur de se demander à quel groupe de protagonistes s’adresse réellement le titre du film… La horde, c’est celle de Holden ? Celle de Ryan, avec qui on la confond parfois un quart de seconde (sciemment) à l’image ? Ou les Mexicains, à la limite de la caricature pour certains personnages? On peut se le demander, d’autant plus qu’on passe le film à changer d’avis sur les protagonistes et leurs actions.. Le plus bel exemple avec Borgnine qu’on déteste quand il abandonne son complice Angel (Jaime Sanchez) aux Mexicains, puis qui revient le chercher avec les autres mais par intérêt personnel… Bref, on oscille d’un sentiment à l’autre à bien des moments clés du film. Et les personnages aussi: tout au long du film, les protagonistes semblent aptes à changer de camp au grès de leur intérêt, ou de leur nature profonde, et la violence peut jaillir de n’importe qui, au sein-même d’un groupe. La petite bande de justiciers menée par Ryan se retourne même un moment contre l’armée qui les escorte, sans raison apparente. Et Ryan, qui ronge son frein pendant tout le film d’avoir été contraint d’être du côté des « bons », lui qui rêverait de faire des coups avec son vieux pote Holden..

Dès le plan d’ouverture, ce sont des gamins qui rigolent en martyrisant scorpions et fourmis: l’homme nait mauvais, quoiqu’on y fasse. Plus tard dans le film, un personnage se fera la réflexion que tout homme rêve de redevenir enfant. Dans le cas de ce film, ce n’est certainement pas pour retrouver son innocence, mais bien plutôt une immunité par rapport à la loi. Car les enfants font déjà preuve de cruauté, selon ce que nous sert Peckinpah, à l’image du bambin mexicain qui chevauche le corps d’Angel, torturé et trainé derrière un voiture, comme pour jouer « au grand ». C’est d’ailleurs un gamin qui tire la balle fatale sur Holden, qui mourra l’arme à la main, littéralement, comme il a vécu (bon, il n’était plus très frais de toutes façons…)
Les femmes aussi en prennent pour leur grade, elles sont soit bigotes (la procession de la ligue de vertu très féminine du début du film) soit des prostituées en puissance, prêtes à trahir et à tuer (c’est une femme qui tire la première balle sur Holden). Que dire de la Mexicaine, ancienne fiancée d'Angel, qui nous sort un rire de diablesse quand on découvre qu'elle a -elle aussi- changé de soupirant.
En fait, personne ne tire son épingle du jeu. Seuls les animaux ont grâce aux yeux de Peckinpah, victimes eux aussi de la violence aveugle des personnages. En plus des insectes déjà cités, on remarque la peur panique des chevaux, ce qu’on voit rarement dans les westerns, et un des frères Gorch tue un piaf après avoir malmené une Mexicaine, piaf qui sera largement vengé à la fin du film par une troupe de vautours bien contents du spectacle de désolation.

Après des décennies de western où les personnages se prenaient des balles sans une seule tâche de sang, on peut dire que Peckinpah a choisi un certain réalisme. La guerre ravage le Vietnam à la fin des années 60, et le réalisateur prend le parti de montrer la violence dans sa plus grande crudité. Le sang jaillit souvent, et le spectateur en reçoit plein la figure. Les USA se sont construits dans l’hyper-violence, et il est temps de montrer la vraie nature de l’homme, et d’enfin montrer dans les western que les hommes meurent salement, et dans d’atroces souffrances.
Le montage participe amplement à la violence, avec une foultitude de plans très courts dans les tueries, des montages alternés qui font monter la sauce, des séquences qui s’étirent au-delà du réalisme comme l’effondrement du pont, et des flashbacks là-aussi toujours au service de souvenirs violents.
Malgré la fulgurance de certains passage, on note malgré tout quelques petits ventres mous de-ci, de-là, notamment dans toutes les scènes de beuverie-coucheries, qui ont tendance à traîner en longueur. Le montage du film n’a pas eu l’air d’être une mince affaire, peut-être ces (tout) petits défauts viennent-ils de là.. En tous cas, et c’est dommage, le scénario souffre parfois de micros moments d’égarement, et le spectateur patauge parfois un peu.
Quand le film se termine, on est à peu près dans le même état que Thornton, assommé par tant de violence, et heureux d’en être sorti sain et sauf. Robert Ryan livre dans cette séquence un jeu magistral, plein d’humanité, ce qui fait un bien fou, je ne vous le cache pas.
La Horde sauvage se regarde comme un formidable spécimen de ce nouveau western, genre né à l’orée des années 70, où la frontière entre bien et mal, entre bons et mauvais s’efface en permanence. La fin du western classique, de John Wayne, et de cette bête vision manichéenne du gentil Américain confronté à des sauvages. Là, les sauvages, ce sont tous les hommes (et les femmes) du film, c’est l’époque elle-même.
JCADAM
JCADAM

6 abonnés 370 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2021
Film qui pour ma part, se fait en deux parties. La première heure est décevante, elle manque cruellement de rythme et traîne en longueur, puis d'autre part on ne sait pas où le réalisateur veut vraiment en venir. La deuxième partie, en revanche est surprenante avec une avalanche de violence rarement vue et un final splendide. "La horde sauvage" se démarque des westerns traditionnels , car en général on a des gentils qui traquent des méchants, or ici des criminels poursuivent d'autres criminels, le tout arbitré par un général mexicain et son armée, totalement fou et sans pitié. Bref j'en ressors mitigé, malgré que le réalisateur ait des bonnes idées et que le film soit moderne pour l'époque, celui-ci manque cruellement de rythme au début, mais le final rattrape le tout.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 919 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2021
Un peu déçu par ce western, surtout quand je lis parmi les critiques « film culte », « inoubliable » etc…. Pour ma part, il y a du très bon, comme la fusillade du début pendant une fête religieuse, la scène du train, enfin celle de la fin magistralement filmée. Mais il y a aussi du franchement pas terrible, comme ces abrutis primaires rigolant bêtement durant des scènes de flingues, et des longueurs inutiles. On est tout de même loin de chefs d’oeuvre comme « Il était une fois dans l’ouest », méritant pour ce dernier les qualificatifs cités plus haut. Et il manque la dose d’humour des Sergio Leone. Dans les réalisations américaines j’avais très nettement préféré « 3h10 pour Yuma ». Cqfd
chrischambers86

16 171 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 novembre 2021
Le chef d'oeuvre de Sam Peckinpah dans un western plein de bruit et de fureur! L'ultime chevauchèe de hors-la-loi amers et usès par la vie embarquès dans une cavale sanglante dont l'issue est la mort! Un casting de gueules inoubliables et à bout de course dans lequel William Holden, Ernest Borgnine, Warren Oates et Ben Johnson sont en quelque sorte les reprèsentants d'un monde à jamais rèvolu, condamnè à disparaître! Le principal mèrite de Peckinpah, c'est qu'il a eu le courage de montrer des hèros nègatifs sans aucune noblesse et sans aucun horizon derrière, mais en même temps qui respectent leur parole! Le rèalisateur caractèrise chaque personnage et continue à faire monter la tension jusqu'à l'ultime combat à coup de chevrotine avec une violence qui n'a toujours pas ètè battue ni ègalèe depuis! Dèsenchantement, vieillissement, violence èclatante et crèpuscule des personnages. "The Wild Bunch" est un western choc et poisseux où l'espoir existe rarement! Quand on s'est vouè à la « horde » on y reste! Jusqu'à l'achèvement! Et ça c'est juste magnifique...
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