Un bon film, qui certes ne mériterait pas la palme d'or au festival de Cannes, mais qui sait faire son chemin dans le cerveau du spectateur.
Splice possède de nombreux avantages : le premier, et non le moindre, est qu'il remplit la mission première d'un film : divertir. On est plongé dans l'intrigue, on ne s'ennuie pas une seconde.
Le second, son casting. De bons acteurs, et au premier plan bien sûr Adrian Brody, dont la réputation n'est plus à faire.
Le troisième, la créature : enfin une expérience génétique qui n'aboutit pas à un monstre cannibale sans cerveau assoiffé du sang de chaque humain sur terre (cf. le catastropphique "Créature" de Stuart Gillard...)
Au contraire, Dren est un personnage ambigu, attachant et dérangeant à la fois.
Le quatrième : le sujet traité. La plupart des critiques sont d'accord, je ne m'attarderai pas là dessus.
Bon, bien évidemment pour un 3/5 il faut des points faibles à un film :
1. Les scènes de zoophilie-inceste (ou semi-zoophilie, sur un semi humain...?). Point faible pour certains, point fort pour d'autres, ces scènes montrent de façon trop évidente la volonté du réalisateur de choquer son public. Si l'idée de départ n'est pas critiquable, il existe sans doute d'autre moyens de mettre le spectateur mal à l'aise pour l'amener à se poser des questions, et de manière pus subtile.
Si ces scènes sont loin de détruire le film comme sous entendent certaines critiques, elles constituent la solution de facilité pour déranger le spectateur.
2. Le scénario un peu faible, notamment à la fin. Il semblerait que le réalisateur n'aie pas réellement trouvé comment finir son film, aboutissant à une scène finale banale, vue et revue dans l'univers du film de monstre.
Un ensemble correct donc, visant de toute évidence un public bien précis, amateur de science-fiction anticonformiste et de films sombres voire glauques. Tout cela n'est pas sans rappeler le chef d'oeuvre de David Cronenberg, "La Mouche", dans son déroulement - même si l'idée de départ est totalement différente.
A éviter aux enfants, bien entendu ;)