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Ce premier film de Jeff Nichols pose avec pertinence la question du commencement. On se demande en effet si Son Hayes est a l’origine de cette histoire ou si c’est plutôt sa mère, qui les a élevés dans la haine de l’autre famille, ou son père, qui a quitté sa mère, et ainsi de suite. La force de Shotgun Stories est de présenter cette vendetta non pas comme une simple imbécillité de l’esprit humain, mais au contraire comme le moteur essentiel de l’existence. En effet, celle-ci prend la forme d'une effroyable machine à faire le mal. Dans un milieu tranquille où la nature n’est plus une menace puisqu’elle a été domestiquée – les champs de blé, d’une splendeur époustouflante, font respirer le récit -, le mal vient de l’homme lui-même, qui s’en sert d’une arme contre l’ennui. Cette idée contrecarre celle voulant que l’alternance entre le mal humain et l’inoffensivité de la nature soit une manière de souligner la bêtise humaine. Mais elle est étayée par la scène finale. Quand la paix est revenue, les deux frères Hayes ayant survécu sirotent leur apéro sans échanger un mot. La vie semble les avoir quittés. Par conséquent, si le Mal est un danger pour la vie (Kid Hayes ne deviendra pas père de famille, comme le montre cruellement son prénom), il n’en demeure pas moins nécessaire, inhérent à l’existence humaine. Cette ambivalence du lien entre le mal et la vie est réunie dans le « désordre », puisque celui-ci est présenté comme une sorte de mal nécessaire. En effet, la seule préoccupation des personnages semble être de réparer, de remettre de l’ordre, comme le montre l’acharnement de Boy à faire marcher sa vieille radio qui ne fonctionne plus. Si la vie n’est qu’une vaine série de destructions et de réparations, on n’est pas loin de penser qu’elle n’a pas de sens. Voir la critique complète sur le blog Ecran Total: http://ecran-total.over-blog.com/article-jeff-nichols-est-deja-grand-98050944.html
Ajoutée le 30 janv. à 19h45 Signaler un abus
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