L’idée de départ de Yes Man est aussi simple qu’efficace : un homme apprend à dire "oui" à tout et voit sa vie se transformer du jour au lendemain. Un concept prometteur qui aurait pu donner lieu à une comédie explosive, pleine d’humour et de situations imprévisibles. Malheureusement, si le film parvient à arracher quelques rires et à offrir des moments sincèrement agréables, il s’égare dans une exécution trop sage, un humour parfois inégal et une intrigue qui peine à se démarquer du tout-venant des comédies romantiques hollywoodiennes.
Jim Carrey est une valeur sûre du cinéma comique. Son talent pour l’exagération, ses grimaces inimitables et son énergie physique lui ont permis d’incarner certains des personnages les plus mémorables du genre. Ici, on le retrouve dans un rôle qui lui sied bien, mais qui ne lui permet pas d’exploiter tout son potentiel. Contrairement à ses performances dans Ace Ventura ou Dumb and Dumber, il reste relativement contenu, et c’est peut-être là que réside l’un des problèmes majeurs du film : il manque cette folie furieuse qui le rendait irrésistible.
Face à lui, Zooey Deschanel incarne Allison, la jeune femme excentrique qui apporte un vent de fraîcheur dans la vie du héros. Si son charme naturel fonctionne, son personnage est écrit de manière assez convenue et ne parvient pas à dépasser le cliché de la "manic pixie dream girl", cette muse fantaisiste qui existe principalement pour aider le protagoniste masculin à évoluer. Bradley Cooper et Rhys Darby complètent la distribution avec des rôles secondaires divertissants, mais qui restent anecdotiques.
Le principe du film aurait pu permettre une comédie dynamique et imprévisible, mais il reste sous-exploité. Le script choisit la facilité en multipliant les situations absurdes sans jamais vraiment creuser les conséquences profondes d’une telle philosophie de vie. On aurait pu assister à une critique plus poussée des injonctions au positivisme forcé, mais le film préfère se contenter d’une série d’épisodes humoristiques reliés par une intrigue romantique attendue.
Certaines scènes fonctionnent bien, notamment grâce à la spontanéité de Carrey et à quelques idées bien trouvées – la séquence où il apprend le coréen, ou celle du saut à l’élastique –, mais d’autres tombent à plat, manquant de rythme ou d’originalité. La structure du récit est prévisible et suit un schéma classique sans grande surprise, ce qui empêche le film d’avoir un véritable impact.
Visuellement, Yes Man ne prend aucun risque. La réalisation de Peyton Reed est fonctionnelle, propre, mais jamais audacieuse. Les décors et les choix de cadrage sont typiques des comédies américaines grand public, sans signature particulière.
En revanche, la bande-son apporte une touche agréable, notamment grâce à la présence de Munchausen by Proxy, le groupe fictif de Zooey Deschanel. Les morceaux sont entraînants, même si, là encore, on aurait aimé un peu plus d’originalité et de variété musicale.
Yes Man n’est ni un échec total ni un grand moment de comédie. C’est un film qui se regarde sans déplaisir, qui fait sourire à plusieurs reprises, mais qui ne parvient jamais à véritablement marquer les esprits. Il y a du potentiel, il y a du talent à l’écran, mais tout est trop lisse, trop convenu pour véritablement décoller.
Avec un scénario plus affûté et une mise en scène plus inspirée, Yes Man aurait pu être un incontournable. Au lieu de cela, il reste une comédie sympathique, mais qui donne l’impression d’être passée à côté de ce qu’elle aurait pu être.