Le retour à l’enfance si souvent chanté par Jacques Brel est un rêve secret enfoui en chacun de nous qui s’incruste dans nos pensées quand ballotés par les aléas de nos vies trépidentes on se prend à regretter cet océan de mystère dont on a souvent du mal à retrouver les parfums . L’enfance n’est pas seulement la formidable aventure de la découverte de la vie à travers l’observation de ce monde des adultes qui nous paraît alors bien étrange. C’est aussi l’origine de blessures profondes qui nous marquent pour la vie bien que l'on tente en vain de les enfouir au plus profond de nous-mêmes et qui ressurgissent souvent sans crier gare. C’est ce que tente de nous raconter Sam Garbarski de la manière la plus poétique qui soit. L’adulte qui est sans doute en train de reproduire inconsciemment ce qu’il a vécu de manière traumatique dans son adolescence s’endort et se téléporte à l’époque de cet évènement marquant en conservant bien sûr ses facultés d’adultes pour tenter de comprendre ce qui c’est passé et pourquoi pas, comme tout voyageur du temps, tenter d’inverser le cours des choses. On accompagne donc Thomas dans ce retour aux années 60 au fin fond de ce petit village de l’Ain, peu de temps avant que son père ne l’abandonne lui, sa soeur et sa mère le jour même où sa famille s’apprête à lui fêter son anniversaire. Bien sûr malgré toutes ses tentatives pour déjouer le sort, le jeune Thomas se heurte à l’incompréhension de ceux qui avancent dans un autre espace temps que le sien. Il devra donc se contenter d'essayer de comprendre son père et les raisons de son geste désespéré, ce qui lui permettra sans doute de ne pas reproduire à son tour la même erreur alors qu’il doit affronter la crise de la cinquantaine. Au passage il aura pu concrétiser ce premier amour qu’il n’avait oser entrevoir lors de son premier passage dans l’enfance. Il faut dire qu’il est plus facile d’affronter l’hardiesse d’une jeune fille de 14 ans quand soi-même on a une expérience d’homme mûr solidement caché derrière une apparence juvénile. On peut y voir une sorte de message de sagesse envoyé par Garbarski à tous ceux qui perdent leur âme dans les perversions pédophiles. Le film tiré d’un manga diffuse une ambiance éthérée qui en fait tout le charme mais qui rebutera sans doute ceux qui attendent plus de rebondissements d’un tel sujet. On n’est pas chez Christopher Nolan et dans "Inception" où les neurones doivent circuler à toute vitesse pour suivre les contorsions imposées à l’idée originelle du scénario. Touchant, gracieux et remarquablement interprété
Quartier Lointain de Sam Garbarski est un film qui a priori peut rappeler "17 ans encore" de Burr Steers. Cependant si ce dernier est plutôt un film divertissant "Quartier Lointain" nous transporte, interroge et nous ému. En effet l histoire de Thomas semble figée malgré ses nombreuses tentatives pour la changer. La comprendre est probablement ce qui restera le plus important, pour lui mais aussi sa famille. Si certaines scènes sont parfois cocasses d autres sont véritablement troublantes. L adolescent habité par l esprit d un cinquantenaire est parfaitement interprété, offrant une réflexion pleine de sagesse sur les évènements qu il traverse. Leo Legrand jouant le jeune Thomas confirme au passage ses talents après entre autre son excellente prestation dans "Les enfants de Timpelbach" de Nicolas Bary.
TRAHISON!!!!! Ni plus ni moins!! Quand le meilleur du Manga Japonais rencontre le pire de la prétention Française (Ouais je sais le réalisateur est belge mais le film est une production Made in France) comment ne pas être écoeuré devant un tel gâchis, de ce qui était initialement une fable magnifique sur le rapport nostalgique au passé quand celui ci handicape la personnalité au présent. De subtilité ici il n'y en a guère. Entre une France reconstituée façon carte postale de collection (que n'aurait on pas souhaité voir le même projet entre les mains expertes d'un Bernie Bonvoisin!!) et une direction d'acteur par dessus la jambe (C'est pas tout de se la jouer mystérieuse en faisant la gueule pendant 1 h et demie!), le réalisateur semble avoir oublié que ce qui importait le plus dans l'histoire originale ce n'était pas tant la possibilité pour le personnage principal de pouvoir se taper la minette de son enfance mais plus d'empêcher le drame familiale qui allait à jamais sceller son destin de futur chef de famille. Sur cela, élitisme oblige, le père en question est un auteur de BD à succès dont l'attitude blasée (comme en produit bien souvent l'abondance de richesse) contraste étonnamment d'avec le personnage du Manga, Monsieur tout le monde ordinaire. Difficile sur ces bases de nourrir de l'empathie pour ce retour vers le futur tronqué, d'autant plus face à un gamin censé avoir la personnalité d'un quadra mais fleurtant allègrement avec une gamine de l'âge de ses filles (on en déduira ce que l'on veut) tout en se complaisant dans une attitude puérile parmi la bande de copains ou en annonçant ça et là à son entourage leur devenir sans que cela ne les incites à considérer l'état de santé mentale du rejeton (le pompon du ridicule pour la scène où il appelle sa futur femme!!!) Une fumisterie totale pourvue,malgré les artifices apparents, d'une réalisation CA-TAstrophique à la limite de l'académisme (la solitude du personnage n'est absolument pas retranscrite visuellement) et d'un casting visiblement plus porté sur la forme que sur le fond (comme le reste du film d'ailleurs) En bref, le genre de truc qui donne des envies d'auto flagellation pour s'être laissé abusé par le titre honteusement emprunté au génie d'un homme qui, ironie du sort,gratifie tout de même de sa présence cette immondice vulgaire par un bref caméo dans un train,certainement celui qui l'emmène loin de ces obscurs quartiers lointains!
Agréablement surpris par ce long métrage à l'histoire plutôt touchante et originale. Le style est efficace et l'ambiance est très intéressante. Les acteurs, jeunes ou plus vieux, sont tous convaincants et les personnages attachants. On pourrait penser que le scénario est un peu tiré par les cheveux mais j'ai trouvé que le réalisateur avait plutôt bien tourné le sujet en quelque chose de simple et sans prise de tête. La photographie m'a particulièrement plu et pourtant ce n'est pas là que les français brillent. Cependant je vois que ce film est destiné aux plus jeunes d'entre nous, je suis pas convaincu mais bon. Ce n'est pas parfait mais c'est une bonne surprise à laquelle je ne m'attendais vraiment pas. 13/20.
Adaptation fidèle de la bande dessinée publiée par Jiro Taniguchii malgré les nombreuses ellipses du scénario, Quartier Lointain possède cette aura poétique à la mélancolie enivrante qui saura briser les défenses du plus sceptique des spectateurs.
Avec son adaptation de l’œuvre culte de Jiro Taniguchi, Sam Garbarski a réalisé un film à l'atmosphère assez singulière et agréable. Malheureusement, il n'évite pas les clichés de carte postale dans sa reconstitution.
Je trouve que c'est une bonne adaptation de la bd de Taniguchi, à la mode francaise évidemment. Le réalisateur y a rajouté le thème de la bd, puisque le héros est dessinateur. A voir
J'ai adoré le manga. J'ai voulu voir le film. Je m’attendais a pire que ça. Sachant que le Japon et la France sont 2 mondes différents. Mais il n'est pas si mal. Bien sur, il y a moins d’émotions et le film est un peu plat. J'ai bien aimé le petit clin d’œil a la fin du film ou l'on voit Jiro Taniguchi dans le train. J’espère tout de même qu'un jour il y aura une version japonaise, que je pense sera bien meilleure.
J'avais vraiment aimé le manga, très captivant ; mais là, je reste sur ma faim. L'histoire n'est retranscrite qu'à moitié, certes avec les moments clés, mais ça reste trop superficiel pour pouvoir vraiment découvrir la beauté du manga. De plus, je trouve la voix du narrateur juste déprimante, c'est trop neutre, le mec raconte sa vie bordel, en dirait qu'il va se suicider. Cela reste sympa sans plus, au pire, achetez le manga et là, ça va vous divertir.
Une très belle adaptation du manga de Taniguchi, emprunt de douceur, tristesse et nostalgie. Certes la délocalisation en France est dommage mais c'est une vraie réussite malgré tout. A découvrir pour relire ensuite le manga.