Partie de campagne
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willycopresto
willycopresto

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3,5
Publiée le 5 mai 2017
"Partie de campagne" (1946) Arte le 04.05.2017

Pourquoi Arte a-t-elle programmé cette oeuvre de Jean Renoir en pleine nuit ? Tellement instructive...
Parce qu'on y parle d'un temps que les moins de vingt ans n'ont pas pu connaître. Ce récit est donc suranné et la jeunesse de 2017 qui le découvre doit être ébahie du peu de joies et de passe-temps basiques dont jouissait la jeunesse de voici bientôt 100 ans ! Jean Renoir, une référence en matière de réalisation avait donc entrepris en 1936 de retracer un déplacement à la campagne d'un couple de commerçants bourgeois parisiens, emmenant leur fille et leur commis à la campagne, notamment pour se livrer aux joies de la pêche à la ligne et du pique-nique... Les deux femmes suscitent la convoitise de deux campagnards autochtones... Un scénario simpliste et ponctué de gags, parfois éculés comme un des pêcheurs qui ramène une godasse... Consternant !
Bien peu de cinéastes se souviennent des acteurs principaux qui sont loin de crever l'écran ! Gag, clin d'oeil, ou hasard, lorsque Gabriello (le quincaillier) et son commis (Anatole) joué par Paul Temps apparaissent côte à côte tous deux affublés d'un chapeau melon, on croirait voir Laurel et Hardy !
Le film a lancé plus d'un acteur ou lui a attribué un de ses meilleurs rôles. Telle la fille du couple de commerçants, (Henriette) jouée par Sylvie Bataille, dont c'était le premier tournage et qui a mis un terme à sa carrière en 1950... On y voit aussi sa mère (Mme Dufour) jouée pare Jane Marken dont les gloussements permanents et les manières de mijaurée sont proprement agaçants. Elle a été un temps la femme du comédien Jules Berry et possède une filmographie et un nombre de tôles au théâtre aussi nombreux que les promesses d'un candidat à la présidence de la République. Faute d'avoir créé une famille et d'avoir cultivé ses relations,, elle est morte dans la plus grande solitude, voire désintérêt...
Jacques Brunius, moustaches pointues, lui a été d'abord pilote de courses avant de se reconvertir dans le métier de comédien. Il a aussi été cofondateur de la "Revue du Cinéma)
Bien nommée, la société de production de ce film s'appelait "Panthéon Production" : en effet, il est bien représentatif d'une époque du cinéma en Noir et Blanc, même si on le dit inachevé. Il n'a été tourné partiellement qu'en 1936 pour sortir en salles en 1946, ficelé tant bien que mal. La version restaurée en 2013 mentionne qu'à cause d'un départ aux Amériques de Jean Renoir, et pour ne pas trahir son oeuvre, le film a été monté sans rajouter aux prises de vues effectuées. En fait, la projection ne dure que 40 mn et le non tournage n'aurait concerné que la vie du couple de commerçants à Paris : pas essentiel pour l'histoire qui se satisfait de ces 40 mn.
Ceci pour la raison officielle. Mais inachèvement ou abandon du réalisateur ? On parle aussi de problèmes financiers, de mésententes dans les équipes, de nombreux problèmes météorologiques...
Alors pourquoi ce film a-t-il une aussi flatteuse réputation ? Parce que les gênes de son père qui était peintre ont dû être transmis à son fils Jean qui nous présente une pellicule qui semble avoir été tournée comme on réalise une toile de maître : chaque prise de vues est superbe comme celle d'une barque glissant sur l'eau et tournée avec un avant-plan de feuilllages d'arbres et d'arbustes... Amateurs de belles photos ne pas s'abstenir !
Si bien que la pauvreté du synopsis s'oublie devant la beauté des images...
Héritage Renoir retransmis puisqu'au générique, on relève que le premier assistant réalisateur n'était autre que Jacques Becker, mais qu'on enregistre aussi des noms restés célèbres comme Visconti, Allégret, Cartier Bresson (...)
Ce film aura donc aussi constitué une rampe de lancement pour ceux qui y auront participé ! Ce qui n'est pas la moindre de ses qualités !
willycopresto
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2017
Jean Renoir est peut-être avec Akira Kurosawa le réalisateur qui a su le mieux filmer la nature. Ses premiers films sont à ce titre de parfaits exemples de son talent, et se caractérisent par des prises de vue en extérieur somptueuses. On a beaucoup parlé de cet aspect de sa filmographie, ne manquant pas d'y voir des réminiscences de l'art de son père (le peintre Auguste Renoir) et du fameux mouvement impressionniste. C'est vrai. Mais pour tout dire, il me semble que cela va bien au-delà. Renoir brasse des thèmes qui vont du symbolisme (ces nombreux faunes qui parcourent son oeuvre, tous droit sortis du poème de Mallarmé), voire de l'antiquité grecque (en témoignent la présence de chœurs théâtraux dans des films comme « Toni » ou « Le Déjeuner sur l'herbe ») pour aller jusqu'à une modernité tout ce qu'il y a de plus contemporaine. Car si ses films sont quelque peu datés, mais délicieusement datés, ils conservent une certaine intemporalité : ils nous procurent des sentiments quant à la nature et aux intrigues qui s'y trament qu'on pourrait éprouver de nos jours. Le naturel (on y revient) de ses acteurs, malgré un jeu parfois proche de l'amateurisme, leur donne une présence inouïe. Ici, ceux qui se détachent sont Henriette et Henri, tous deux à l'opposé. Henriette est toute contente de se retrouver à la campagne, ingénue mais distinguée, elle se découvre des sentiments qu'elle ne connaissait pas. Henri lui est limite blasé par la beauté qui l'environne. C'est son domaine, il y règne presque en maître, et sait manipuler Henriette. Il sait se faire effacé, avec une politesse feinte, pour mieux refermer son emprise sur elle. « Une Partie de campagne » est un drame en deux actes. Acte 1 : une comédie limite grivoise, dont Renoir avait le secret. Des personnages saugrenus : une famille bourgeoise un peu bancale et deux matelots filous, qui se tournent respectivement autour, dans une ambiance de franche bonne humeur, bon enfant même. Acte 2 : un drame subtil... et horrible. L'un des matelots emmène Henriette dans la nature, et la force pour ce qui s'apparente à un viol. Il suffit de deux temps pour que Renoir nous déchire le cœur, plus précisément deux images : peu de temps avant l'acte, Henriette essuie une larme, comme si elle comprenait ce qui allait se passer, et qu'elle ne pouvait plus rien y faire ; puis ce fameux regard qui regarde ailleurs, presque le spectateur, en témoin impuissant, lors de l'acte. Rien n'est montré, seul ce visage, terrible de douleur résignée. L'épilogue permet d'appuyer le propos, en une sorte de dénonciation du machisme des hommes et du mal qu'ils peuvent faire. « Une Partie de campagne » en devient d'autant plus fort : à la beauté extraordinaire de l'image et des lieux, s'associe désormais un drame traumatisant, faisant résonner la nature de cette douleur incommensurable. La beauté de cette nature déteint alors progressivement, pour ne nous laisser que ce souvenir amer de l'égoïsme des hommes face aux femmes. Un grand, grand film de Renoir, qui comme Bazin le disait, peut être considéré comme tout à fait achevé. La récente réédition sur écran et en DVD devrait vous permettre d'en profiter.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2017
Presque aussi beau que la nouvelle de Maupassant, "Partie de Campagne" raconte l'après-midi d'une famille parisienne au grand air, avant que la jeune Henriette Dufour et sa mère fassent une balade sur l'eau accompagnées de séduisants canotiers. Le film construit sa dimension tragique d'une part en connotant de façon clairement négative M. Dufour et Anatole et d'autre part en élaborant une montée progressive du désir, en particulier celle du réservé Henri, immédiatement attiré par Henriette quand il l’aperçoit sur la balançoire, dans une scène où la caméra est aussi aérienne que les mouvements de la jeune femme. Cette première partie drôle et charmante précède une seconde beaucoup plus sombre, qui laisse s'exprimer le lyrisme déchirant de Renoir, où la puissance des sentiments se mêle à l'issue terrible d'une histoire d'amour éphémère : une tension symbolisée par le violent orage qui s'abat sur un cadre champêtre qui n'a dans les dernières minutes plus rien d'idéal. En somme, il y a la légèreté et la drôlerie mais aussi la cruauté et l'ironie, des effets opposés parfaitement assimilés par une mise en scène qui se rapproche progressivement de ses personnages, autant de leur caractère que de leur visage, pour saisir dans un élan assez bouleversant leur expressivité capable de transcender leur désillusion sentimentale.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 octobre 2016
Partie de Campagne est un film inachevé si l’on se fie aux évènements du tournage. Pourtant, il n’y a rien de plus achevé que ce film de 40 minutes. On n’y ajouterait pas une scène, pas un plan, pas une ligne de dialogue, pas une minute même, de peur d’altérer la grâce qu’on y trouve. Un des chefs-d'oeuvre du cinéma français. Voir ma critique sur mon blog :
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2016
Tel qu’il nous est présenté, 39 minutes, c’est un court métrage, il est difficile de dire le contraire. Sans doute plastiquement un des plus réussis qui soient mais qui demeure un courts métrage. Sa genèse est tumultueuse, ce qui est certain c’est que Renoir ne s’y est guère intéressé. Dans la présentation du DVD, ses explications de changer le scénario à cause de la pluie ne se voient pas et ses compliments sur sa bande de copains sont si insistants que je n’y crois guère. Contentons nous donc de nous laisser bercer par ces images bucoliques sans oublier que l’on est en 1860. L’ensemble est insuffisant pour placer ‘’une partie de campagne’’ à la hauteur de ‘’French Cancan’’ ou de ‘’La bête humaine’’ car ses ‘’à peu près’’ sont nombreux à commencer par les comédiens, excepté Sylvia Bataille, qui jouent comme au théâtre. Par ailleurs, en dehors de la scène finale, on ne ressent jamais l’esprit de Maupassant. Renoir bénéficie en France d’une aura exceptionnelle que peu de critiques osent remettre en cause. Un film pourtant devrait se juger seul et sans s’occuper du nom du réalisateur et du contexte qui l’a entouré.
djeff17
djeff17

5 abonnés 173 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 septembre 2015
La nuée d’éloges qui s’est abattue, telle un vol de sauterelles, sur ce ridicule film inachevé, poliment qualifié de moyen-métrage, est parfaitement inexplicable. Sur la forme, un gros plan sur un petit oiseau et des plans d’arbres agités par le vent n’en font évidemment un poème à la nature. S’agissant des acteurs, c’est bien pire : les femmes minaudent ou piaillent et les hommes sont des nigauds paillards. Renoir bedonnant et coiffé d’un petit chapeau tyrolien (sans plume, c’est vrai) s’amuse à camper un patron de gargote, Gabriello et Paul Temps offrent la version française de Laurel et Hardy, la drôlerie en moins, voilà pour l’originalité. Mais le plus insupportable est la trahison dont est victime la nouvelle, Une partie de campagne, comme si Renoir, avec une suffisance injustifiable, pouvait saccager sans remords un écrivain tel que Maupassant. Il ne reste plus rien, en effet, de l’ironie glacée et fondamentalement pessimiste qui habite ses romans et nouvelles. On ne nous donne à voir que des marionnettes insignifiantes folâtrant au soleil ou sous l’averse. Le seul instant vraiment comique se situe juste après le générique, lorsqu’un avertissement de la production nous rappelle que ce film est inachevé en raison de l’abscence (sic) de Jean Renoir, retenu aux Etats Unis. Ainsi, déjà en ce temps-là, le français se portait mal. Fort heureusement, la restauration coûteuse de cette œuvre insignifiante a préservé ce petit bijou.
pierrre s.

556 abonnés 3 428 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juillet 2015
Un film magnifique, doté d'un vrai fond, qui n'a rien perdu avec le temps.
hpjvswzm5
hpjvswzm5

52 abonnés 459 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2014
Un film qui passe comme un éclair, un éclair joyeux, beau et triste. Si j'avais trouvé sympa La Grande illusion, je ne partageais pas forcément l'engouement général autour du film, par contre ça été plus simple pour La règle du jeu que j'avais beaucoup aimé. Et avec ce petit film Renoir confirme son talent, ou en tous cas je confirme que je l'aime bien.

Malgré que le film soit inachevé, il arrive à être cohérent, simple et beau, particulièrement la fin qui est magnifique, brutale, triste, et assez mélancolique. C'est vraiment la grande scène du film, rien que pour ça il faut rester jusqu'à la fin (de toute façon, le film passe tellement vite qu'on a jamais le temps de s'ennuyer). Après peut-être que s'il avait été plus long, le film aurait pu développer plus cette fin, l'étirer, donner une partie de film très mélancolique, en opposition au début qui est plutôt joyeux et fantasque (même si on voit venir le drame).

M'enfin, c'est une petite pose très agréable et très recommandable, et puis rien que la fin vaut le coup. Je remarque que c'est souvent mon moment préféré devant un film (et je ne dis pas ça de manière péjorative, au contraire, surtout quand on voit un film comme ça en salle).
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 juin 2014
Partie de campagne...de Jean Renoir. 1936. Bluffé ! Question patrimoine culturel, on ne se mouche pas avec le coude : Maupassant, Renoir fils, qui met en scène comme Renoir père peignait. C’est somptueux, et ça fonctionne tellement bien qu’on imagine les couleurs qu’Auguste aurait mise dans chaque plan.
Le film est court, inutile de dévoiler l’essentiel en pitchant ce qu’il faut préserver comme un secret fragile, mais surtout que dire de plus ? Tout a déjà été dit et écrit au sujet de ce moyen métrage d’une modernité intacte.
C’est l’exemple parfait démontrant que la simplicité et le naturel sont les éléments les plus difficiles à obtenir en matière d’art. Et ici, cette simplicité nous implique directement : nous sommes avec les protagonistes, nous participons à cette partie de campagne où l’érotisme monte lentement, en toute discrétion. On se pose mille questions, on se demande d’où va jaillir le grain de sable qui fera dévier cette histoire là où l’on ne l’attend pas. Ce qui reste magique dans Partie de Campagne, c’est qu’il faut moins de dix minutes à Renoir pour passer d’une situation idyllique à un dénouement d’une tristesse absolue.
Le film a été restauré, remastérisé, le noir et blanc est somptueux, la bande son parfaite. Que vous dire ? 40 minutes, c’est plus court qu’un épisode d’une série à la con, alors courez-y, on touche au sublime.
Christophe Guibout
Christophe Guibout

9 abonnés 24 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mai 2014
Beau film de renoir avec des comédiens épatants une merveille
Serge R.
Serge R.

67 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mai 2014
Un des plus grand film de l'histoire du cinéma, jamais tempête n'aura été filmé avec autant de talent
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2014
En adaptant Maupassant, Renoir le cinéaste rend hommage à son père, prestigieux peintre. Mais Jean aura bientôt dans le monde du cinéma la même dimension que son père Auguste avait dans le monde de la peinture. Si le jeu des acteurs est un peu démodé, on ne peut résister à la qualité de la photo et à cette histoire à la fois charmante et cruelle. La version restaurée de ce moyen métrage, réel trésor de l'histoire du 7ème art, est une bénédiction.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 mai 2014
Désolé pour les non-adeptes de Jean Renoir et de ses œuvres cinématographique. Mais j'avoue mon crime, j'ai trop accroché à ce film dont l'ancienneté ne m'a posé aucun problème. Je suis d’ailleurs persuadé que ma note est injustifié. Mais voilà, quand on n'aime, c'est comme ça que sa marche! Du très très grand cinéma!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 mars 2014
Un film sans-faute, témoignant de tout le savoir faire de Renoir, malheureusement non terminé. J'attends la reprise pour mai 2014 avec grande impatience.
Schwann
Schwann

19 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 février 2013
Renoir adapte la nouvelle de Maupassant, et s'en tire remarquablement bien. Même si le film semble avoir parfois vieilli, la peinture des parisiens à la campagne est très réussie et fort réjouissante. C'est joyeux, avec de jolis plans, et quelques touches d'alcool dans le jeu des comédiens.
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