Mesdames et messieurs, veuillez sortir vos dictionnaires, car celui-ci sera de mise tout le long du film ! Pour commencer, il convient pour moi de faire un avertissement, "A Dangerous Method" est un film intelligent. Enfin un film au contenu intelligent. En même temps, mettre en action Carl Jung et Sigmund Freud, géniaux inventeurs de la psychanalyse et découvreurs de l'inconscient et des théories qui en découlent, ce n'est déjà pas rien. De ce point de vue là, le tandem Mortensen/Fassbender est parfait, les deux acteurs dont la réputation n'est maintenant plus à prouver s'illustrent en penseur révolutionnaire du début du XXème siècle. Mention spéciale à Viggo qui est à la fois électrique en Freud tout en étant parfaitement solennel avec son personnage. On retiendra également l'apparition qui relève plus du caméo de Vincent Cassel, et l'interprétation de Knightley, qui rompt formellement avec son personnage très pauvre du bien (trop ?) connu de Pirates de Caraïbes. La méthode de réalisation est là aussi atypique, sous forme d'une conversation épistolaire très bien retranscrite, et c'est là le point d'honneur que je mettrais à ce film. Sinon, parlons contenu. Même si l'histoire s'avère intéressante, le problème de la retranscription de faits réels, c'est qu'il faut y donner un certain rythme, pour que nous, simple spectateur déjà rebuté à chaque phrase que prononce Mortensen dans le film (très intelligentes mais avec une emphase indescriptible), nous puissions suivre et apprécier le film. Hormis les moments que j'ai cité ci-dessus, et bien c'est plat. Cela commence directement dans l'action, même pas une petite scène qui amène la dramaturgie, et ça finit pareil. Peut-on parler de début ou de fin ? Je ne peux pas donner la réponse, ça c'est certain. On nous raconte une histoire, peu importe où commence-t-elle, peu importe où finit-elle. Et c'est dommage, même si c'est bien la retranscription de faits véridiques. Il faut cependant accorder que le film reste suivable malgré le fait que l'histoire, qui est l'histoire d'une relation comme on peut en voir dans tellement d'autres films, n’excelle pas dans sa trépignité (moi aussi je fais du néologisme). En gros, film interdit aux enfants, à moins pour les punir de ne pas avoir fait leurs devoirs, film interdit aux travailleurs de soirée qui se limiteront aux quelques premières minutes du film avant de changer et de mettre l'Age de Glace pour rester cool, et film interdit aux opposants à Freud et ses théories sur l'interprétation des rêves (qui je suis sûr sont extrêmement nombreux dans le monde, voire même dans la galaxie).