J’ai vu ce film lors de sa sortie, et après tout ce temps, je dois avouer que je ne me souvenais pas de grand-chose. Après avoir revu quelques scènes, je comprends mieux pourquoi : le film, bien que visuellement impressionnant, souffre d’un manque de dynamisme et d’une protagoniste qui, malgré les efforts de l’actrice, ne parvient pas à susciter une réelle empathie.
L'un des points faibles du film réside dans son personnage principal, Alice. Dès le début, on nous présente une Alice oppressée par la destinée que les autres lui imposent. Cela aurait pu être un point intéressant à développer, mais malheureusement, ce thème n’est pas suffisamment exploré. Son comportement devient rapidement exaspérant, surtout lorsqu’elle prend des décisions qui semblent dénuées de bon sens,
comme refuser de fuir face à un monstre menaçant.
De plus,
le fait qu’elle se croit dans un rêve pendant une grande partie du film rend son personnage encore plus déroutant, voire stupide. La révélation où Alice comprend enfin qu’elle ne rêve pas est expédiée de manière maladroite, ce qui ne fait qu’accentuer l’impression de déconnexion entre le personnage et l’histoire.
C’est dommage, car l’actrice, qui incarne Alice, joue très bien son rôle, mais son personnage manque de profondeur et de consistance. Du coup, on a du mal à s'attacher à elle.
L'un des gros points forts du film, c’est l’univers qu’il crée. Tim Burton, avec son style unique, parvient à rendre l'univers d’Alice au Pays des Merveilles à la fois beau, bizarre et totalement décalé. Les décors sont splendides, et on plonge dans un monde où le réalisme et l’irréalisme s’entrelacent de manière fascinante. Les créatures et monstres qui peuplent cet univers sont superbement animés,
bien que le Jabberwocky, la créature finale, soit une déception en termes de design, malgré une mise en scène d’arrivée impressionnante, pleine de tension. La scène de combat contre cette créature est d’ailleurs un autre point faible du film : elle est poussive, lente, et manque de l’intensité qu’on aurait pu espérer d’un tel affrontement.
Sur le plan musical, la bande-son tire son épingle du jeu, ajoutant une dimension supplémentaire à cet univers visuel déjà riche. Les effets visuels de hauteur sont également bien réussis, notamment lorsqu'Alice passe d’une taille géante à une taille minuscule, créant des scènes visuellement saisissantes.
Les autres personnages du film, quant à eux, sont bien plus attachants.
La Reine Blanche, avec son comportement de princesse un peu décalée, le Chat du Cheshire, le Chapelier Fou,
sont tous des personnages qu’on prend plaisir à suivre. Chacun a sa propre personnalité, et ils parviennent à équilibrer un peu le manque de dynamisme d’Alice.
Au final, même si les décors et les visuels sont magnifiques et que l’univers de Burton est parfaitement représenté, le film souffre de l’insipidité de son personnage principal. Le manque de dynamisme et l’absence de véritable évolution du personnage d’Alice rendent l’expérience un peu décevante. Je ne suis même pas certain d’être intéressé par une suite. Ce film, bien qu’agréable à regarder pour ses visuels et son ambiance, n’a pas réussi à me captiver pleinement.
PS : Ce film est sorti après Avatar, ce qui se voit notamment par la présence de scène spécifiquement créer pour de la 3D. Malgré cela, le film n'est pas irregardable sans cette technologie.