Attendu comme le haut du panier de la comédie US du moment (avec forcément Judd Apatow aux manettes puisque le seigneur détient la totalité des terres hollywoodiennes en matière de zygomatiques), "Funny People" s'immisce intimement dans le monde du showbiz, et plus précisément du stand-up à l'américaine. Comme toujours dans cette petite famille que l'on aime retrouver (Apatow, Rogen, Mann, Sandler, Jonah Hill entre autres), l'amitié est au coeur du récit. Les personnages se perdent pour mieux se retrouver autour de tous ces mots doux que le cinéaste affectionne, en général concernant le grand bras masculin ou les mensurations épiques de la femme. Si la vulgarité est acceptée (pas tant gratuite qu'affectueuse envers les personnages et le public), le moment est, à défaut d'être grandiose, tout à fait sympathique. Car malheureusement l'ambition de ce "Funny People" n'est pas executée. Apatow en demande beaucoup et se voudrait l'héritier d'un comique fantôme (on ne sait trop qui, peut-être un peu de Peter Sellers?), mais passe à côté de la richesse thématique que lui offre son sujet. La dramaturgie n'a jamais l'ampleur nécessaire pour travailler sur tous les fronts ; la critique, la caricature, la comédie familiale, le mélodrame, la romance et l'humour jeune. Malgré la longueur du métrage, assez rare dans le genre, cela ne suffit pas à compléter tout ce que le scénario réclame de famine, ainsi les démarches s'annulent quasiment toutes et deviennent superficielles. "Funny People" n'est pas mal construit ou mal pensé, il est simplement trop léger pour rester gravé dans les mémoires et atteindre celui qui est déjà passé là avant : Milos Forman et son "Man on the moon", vertigineuse plongée dans le monde du comique américain, avec ce qu'il fallait d'inventivité et d'exubérance. Le schéma de "Funny People", lui, reste trop classique, et certainement pas adapté au milieu qu'il décrit pourtant avec une familiarité qui sonne comme une évidence. Ce côté pantouflard offre au film