Réussite visuelle et esthétique, "The prodigies" n'est pas pour autant exempt de nombreux défauts. Et pourtant, le potentiel était énorme, si bien que l'on pouvait s'attendre à un chef d'oeuvre, une claque, une déferlente médiatique qui mettrait au placard grand nombre de films. Mais, au lieu de ça, l'oeuvre bascule trop réguliérement vers la facilité ou la maladresse. Les personnages (prodiges) sont sous exploités. En outre, on ne sait rien d'autre d'eux que leur colére contre le monde, leur mépris à l'égar des humains, mais aucunement une once de "bien" vient ponctuer ce tableau pessimiste. Certes, cela n'aurait pas été dérangeant si cette alchimie desservait un scénario taillé sur mesure et en béton. Mais ce n'est pas le cas : l'intrigue est trop bancale, pas assez élargie. En effet, on ne percoit pas d'évolution majeure, malgré les multiples tentatives du protagoniste professeur. De plus, les caractéres de chaque enfant surdoué s'emmelent et rendent leur personnalité brouillonne sur bien des points. Les changements d'humeur ne s'offrent aucune transition, laissant le spectateur à la mercie d'une violence rare pour le genre, de dialogues assez crus, mais ne se permettent aucun recul. C'est ce qu'il manque à cette aventure pour qu'elle soit véritablement captivante : de la distance. On est jamais solicités, on ne peut prendre de parti, Antoine Charreyron le fait pour nous de bout en bout, et c'est dommage. Finalement, cela aurait pu être la surprise générale mais, sous ses faux airs obscurs, "The prodigies" est trop manufacturé et ne souléve aucun enjeu spécifique. On se diverti tant bien que mal, avec le goût amére dans la bouche d'avoir ainsi gâché un probable grand moment de cinéma au profit d'un film bâclé.