Si vous aimez les images épileptiques, les grands sentiments exposés impudiquement, les dialogues incessants, les scènes de cul répétées, alors, ce film n’est pas pour vous !
Stephane Brizé, dont je n’ai vu que ce « Mademoiselle Chambon », joue dans la subtilité, la lenteur, le non-dit et les détails pour faire affleurer la vérité profonde des sentiments… C’est beau, simple et original !
Voyez comment le réalisateur prend son temps pour camper les personnages… Peu d’artifices… Les corps et les regards parlent au milieu des mots épars, tendus, réfléchis… Les prises de vue sont fluides sans grandiloquence : peu de mouvements de caméra, une majorité de plans poitrine et de gros plans… La caméra sans être complètement fixe (caméra portée à l’épaule) bouge peu (pas de travelling). Une façon de filmer sobre.
Et Brizé de s’attarder sur les gestes du quotidien : ceux du maçon, les pensées de l’institutrice, la gestuelle de la violoniste… C’est vrai et émouvant.
Évidemment l’histoire est connue. Elle relève de l’Universel. Mais ici il y la manière, le talent du réalisateur. Oui, celui celui-ci s’inscrit dans un certain cinéma hexagonal… Petit budget, intelligence et belles et grandes ambitions !
Et les acteurs !!! Ici Lindon et Kimberlain jouent les taiseux et la connivence… La caméra se pose sur les silences, les visages, les mouvements des mains… Avec un élément primordial la musique. Brizé à choisi de remplacer Bartok (dans le roman) par Elgar… Moins dynamique, plus lyrique peut-être… Ça correspond à cette évanescence des sentiments. Les hésitations, les doutes, l’attirance, la peur, les joies des correspondances sont montrées comme jamais cela n’a été montré au cinéma. Et l’on perçoit quasi physiquement ce que ressentent les protagonistes…
Il fallait des comédiens d’exception pour exprimer tout cela. Vincent Lindon, Sandrine Kimberlain et Aura Attika (jamais citée dans les critiques allez savoir pourquoi ?) sont de cette trempe. Et l’on est très ému aussi de retrouver Jean marc Thibault… Le temps passe et joue sa petite musique nostalgique, comme une chanson de Barbara…
VRAIMENT UN TRÈS BEAU FILM !