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John Boorman est un cinéaste singulier, parfois déroutant, toujours intéressant. Dans ce Zardoz, tourné en 1973, soit dans la mouvance de 1968 et de la vague hippie, il développe comme souvent un thème à base de lutte de l’homme contre la Nature, celle-ci reprenant finalement le dessus. Le scénario est intelligent et bien construit, rapportant, dans un avenir très éloigné, les derniers soubresauts d’une humanité élitiste qui a accédé à l’immortalité et vit dans sa bulle de luxe et d’ennui. L’arrivée d’un homme venu d’ailleurs va bien évidemment redistribuer les cartes et bouleverser la communauté en amorçant le début d’une nouvelle humanité. Le propos est, on le voit, parallèle à celui de 2001, L’Odyssée de l’espace, tourné quelques années auparavant. Sans posséder les qualités formelles et techniques de Kubrick, Boorman est bien meilleur au niveau de la réflexion et son propos beaucoup plus net que celui de son prédécesseur. Ce film, qui n’est pas sans rappeler la trilogie passionnante de Michael Moorcock, possède des qualités esthétiques et philosophiques surprenantes. Dans le rôle principal, Sean Connery confirme qu’il est un des meilleurs comédiens de l’histoire du cinéma en composant un personnage d’une complexité extrême. À ses côtés, Charlotte Rampling, bien qu’un peu trop hiératique, lui donne une réplique convenable. Au total, un film qui donne à penser à la condition humaine d’une manière originale et puissante.
Ajoutée le 14 mai 2012 à 10h16 Signaler un abus
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