Mettons les choses au pont, si le film a été mal accueilli à sa sortie c'est que notamment parce que les gens ne s'attendaient pas à voir Sean Connery dans un tel film. On a ensuite exagéré les imperfections du film pour le nanariser, tandis que d'autres criait au chef d'œuvre en se cachant les yeux pour ne pas en voir les défauts. En fait le film reste passionnant de façon constante jusqu'au départ chez la mère de Marnie. La réalisation est parfaite, certaines scènes sont magistrales avec une mise en scène réellement hitchcockienne (la scène du coffre-fort), de plus l'interprétation est brillante avec un Sean Connery étonnant et une Tippi Hedren qui crève l'écran, alors d'accord il y a des transparences et c'est pas joli, mais cela n'a que l'importance qu'on veut bien lui accorder. Globalement le film est bon et élégant et on filait probablement vers le chef d'œuvre s'il n'y avait pas ce dénouement aussi stupide que grotesque.
Quand le maître du suspense s'essaie au drame psychologique, c'est un pari osé qui se convertit en semi échec. Là ou on l'espérait nous réserver un petit quelque chose dont il a le secret (une jeune fille voleuse se fait confondre par un employé de l'entreprise, on s'attend donc à une course-poursuite, ou à une cavale des deux tourtereaux tombés amoureux l'un de l'autre, pourquoi pas...) Le film se contente de s'attarder sur la psychologie de la jeune fille frigide et perturbée, et du bellâtre aristocrate qui s'est épris d'elle et qui passe le restant du métrage à tenter de percer son mystère. Bien sûr cela peut plaire, le scénario n'est pas inintéressant, mais personnellement je m'attendais à un peu mieux de la part de Hitch, au moins un peu de suspense (la seule scène à "suspense" est celle de la femme de ménage, qui hélas tombe un peu à plat). L'autre point faible du film est qu'il a malheureusement très mal vieilli. Le coup du thriller psychologique et de son personnage perturbé dont on perce le secret a depuis été 1001 fois vu et revu.
De tous les films d'Hitchcock, c'est selon moi le meilleur. C'est un film complexe, perturbant, qui installe une atmosphère incertaine. Les personnages principaux sont antipathiques, et traités avec intelligence. Tippi Hedren est vraiment juste. Je déteste ma critique, ce film est simplement intemporel et à voir absolument, c'est une merveille.
Pas de printemps pour Marnie est un film d'une tension psychologique d'une rare intensité. Le début du film joue déjà avec nos nerfs. On commence par le plan d'un sac à main d'une femme qu'on suit de dos, la caméra s'éloigne puis s'arrête la femme continue de marcher, se dévoile alors sur un quai, puis une ligne rouge tracée au sol sur laquelle elle marche telle une gymnaste sur une poutre. On apprend alors le vol, raconté par la victime, qu'a commis cette mystérieuse femme. Le même plan de cette femme filmée de dos se répète, cette fois-ci dans le couloir d'un hôtel. En quelques minutes Hitchcock nous frustre, nous refusant le visage de la criminelle et il continue de se jouer ainsi de nous en ne nous montrant que ses cheveux baignant dans un lavabo et dont la teinture se dilue peu à peu. Bref, la tension est établie, l'intelligence du scénario dans sa construction et le talent de mise en scène d'Hitchcock la maintiendra tout du long.
Pas de printemps pour Marnie est donc un film qui ne joue pas sur l'action tel "La mort aux trousses" ou sur l'effroi tel "Les Oiseaux" mais sur la psychologie des personnages. Ainsi on assiste même à une parodie de psychanalyse de Mark Rutland sur Marnie. Hitchcock déjoue habilement l'accusation de psychologie de bazar en plaçant dans la bouche de son héroïne un "You Freud, Me Jane" mettant tout de suite la scène sur un ton humoristique jusqu'à ce qu'en contre-point transparaisse le traumatisme de son héroïne. Si cette recherche du trauma anime l'intérêt du film, il me semble intéressant de souligner également la psychologie de Mark Rutland. Que penser d'un homme qui aime sciemment une voleuse et menteuse pathologique ? Pourquoi même l'a-t'il embauché en 1er lieu tout en sachant qui elle était ? Y a-t'il un syndrome du chevalier en armure ? Une fois le mystère résolu et le trauma guéri, continuera-t'il de l'aimer. Et cette scène de quasi-viol où il arrache sa chemise de nuit ? Bref, si effectivement le film se centre principalement sur Marnie, il ne faut pas oublier que Mark Rutland est lui aussi doté d'une psychologie des plus intéressantes. Et même Lil, bien que juste esquissée, semble plus complexe que la simple jalousie qui l'anime.
On pourra reprocher au film certains détails trahissant son âge : surjeu théâtral et caricatural de la panique chez Tippi Hedren, scène de la chute de cheval qui fait un peu ridicule à nos yeux saturés de cascadeurs professionnels et d'images de synthèse, utilisation de fonds en transparence ou de décors peints, mais ce ne sont là que détails. Pas de printemps pour Marnie est un très grand thriller psychologique à la tension palpable et qui ne vous lâchera pas.
un film méconnu de Hitchcock et pourtant, d'une grande réussite! malgré la double personnalité, le visage volontairement figé de T. Hedren on s'attache à son personnage torturé. le final est un feu d'artifice d'émotions, au déroulé comme souvent très psychanalytique chez le maître. inoubliable!
"Pas de printemps pour Marnie" sort du lot dans la filmographie d'Alfred Hitchcock, car plus centré sur la psychologie du personnage principal et de ce fait -je pense- moins accessible au grand public. Le film contient bien entendu les ingrédients favoris du réalisateur qui sont le divertissement, le suspense, et la fameuse héroïne blonde mystérieuse dont on se souviendra toujours. Sean Connery est séduisant au possible et Tippi Hedren excelle dans son rôle.
Marnie marque la fin d'une époque pour Alfred Hitchcock, la fin d'un âge d'or et d'un succès immense, en plus d'être sa dernière collaboration achevée avec le génial Bernard Herrmann à la bande-originale. Après celui-ci, il reviendra vers les thrillers et l'espionnage alors qu'ici, il continue d'explorer de nouvelles facettes de son cinéma en explorant un côté psychologique fort à travers son personnage principal.
Pourtant, et autant le dire tout de suite, Marnie n'est pas exempte de quelques maladresses à l'image de quelques effets trop répétitifs et peu subtils mais qu'importe, Hitchcock réussi son coup et met en place une ambiance aussi ambiguë qu'étrange et fascinante, qui se fera de plus en plus forte et tiendra tout le long du récit. Son étude du personnage de Marnie est intéressante à plus d'un titre et très bien écrite, on suit ses peurs récurrentes, ses fuites, ses erreurs et son incapacité à bien vivre socialement et à garder une stabilité dans sa vie. Peu à peu, c'est autour de sa rencontre avec le patron d'une maison d'édition qu'il va vraiment en dresser le portrait et l'approfondir.
Hitchcock aborde alors des thématiques comme celles de la frigidité, de la névrose ou des chocs psychologiques que l'on a pu avoir enfant, et ce à travers cette femme qui semble renoncer à l'amour et la joie de vivre pour se cacher dans le mensonge, le vol et les fausses identités. Il dresse un jeu psychologique entre les deux protagonistes, l'un voulant changer l'autre et tentant de passer l'obstacle de sa froideur naturelle. La construction du récit est encore l'un des points forts de Marnie, Hitchcock prenant d'abord le temps de placer l'histoire et de débuter son film comme un thriller autour d'un vol avant de rentrer dans la partie psychologique.
Le maître montre que les années ne lui ont pas encore enlevé son génie et donne à son oeuvre un côté parfois lyrique à l'image des séquences d'orage ne faisant que renforcer son atmosphère. Tous ses plans et effets de caméra sont remarquablement choisis tandis qu'il bénéficie d'excellentes interprétations, tant Tippi Hedren (dont le rôle était d'abord prévu et écrit pour Grace Kelly), donnant froideur et beauté à son personnage que Sean Connery dans un rôle à l'exact opposé, plein de charme, classe et séduction. Bernard Herrmann rappelle aussi pourquoi il était bel et bien l'un des plus grands compositeurs de films de sa génération et participe pleinement à l'ambiance qui plane autour de ce métrage.
Si je ne considère pas Marnie comme le dernier grand Hitchcock (j'ai en haute estime Frenzy et Le Rideau déchiré), c'est néanmoins le symbole de la fin d'une époque pour lui, celle où, à l'image de Psycho ou Vertigo, il repoussait les limites de son art et y abordait des thèmes plus profonds et nouveaux. Ici, il laisse tout le long planer une ambiance aussi dérangeante que fascinante et il orchestre son étude psychologique avec brio.
un assez bon film de la part du maitre du suspense pas le meilleur mais tout de même ne comprends pas toujours le sens de ce film mais l'histoire de famille est bien y a aussi un peu d'"hitchcockien" dans ce film du grand Alfred.
Pas de printemps pour Marnie est un très bon film qui se différencie des autres Hitchcock, moins centré dans le suspens ou dans la tension. Le casting de ce thriller psychologique est excellent, Sean Connery joue à merveille le rôle de l'homme trop riche qui s'ennuie et qui cherche de l'occupation, intrigué par une femme il l'oblige à l'épouser. Tippi Hedren, elle aussi, excelle dans le rôle de la femme perturbée. Le scénario est bien la première partie est excellente mais cependant on tourne un peu trop en bourrique en deuxième partie et la fin est expédiée trop rapidement. J'ai été déçu. Un très bon film à voir tout de même.
Pas le plus connu des films d'Hitchcock mais la présence de l'excellent Sean Connery (alors dans sa pleine période "James Bond") en fait certainement un de mes préfères. Le reste est bien ficelé, captivant, bref du beau cinéma.
Je suis toujours étonné que cet Hitchcock n’ait pas plus d’admirateurs car pour moi il fait partie de ses 5 plus beaux films. Evidemment il y a plein de petits défauts dus à la mode du moment mais il y a tant de bonnes choses qui captivent bien davantage l’attention. L’ouverture notamment avec ce gros plan sur un sac jaune au pli évocateur pour nous tromper des le départ, la magnifique apparition du visage de Marnie qu’on a supposé brune sans la voir, la séquence du vol avec le plan reculé et la femme de ménage sourde, le viol glacial sur le bateau nous révélant ainsi la vrai nature de Mark suivi du suicide raté dans un endroit improbable et bien d’autres petits détails de mise en scène qui ne peuvent que nous ravir. Tippi Hedren est exceptionnelle ,nous avons perdu l’habitude de voir des comédiens qui nous transmettent autant leurs émotions au prix certes élevé de douloureuses manipulations par le réalisateur. Le coté psychologique traité assez lourdement contient des vérités que personne n’aime avouer. Quand je rencontre des femmes qui ont des passions extrêmes pour leurs chevaux je pense toujours à Marnie. Faut il en passer par l’exécution de ces animaux pour exacerber leurs névroses afin de mieux les en guérir? Quoi que l’on puisse penser de Hitchcock, sans lui le cinéma n’aurait pas autant dépassé ses limites supposées.
"Pas de printemps pour Marnie", est pour Hitchcock le début de la fin. Il s'agit du dernier film où la musique est composé par Hermann, dernière collaboration avec son cadreur etc... De plus il y a eu un grand désaccord avec le scénariste original, concernant la scène du viol. Hitchcock l'a virée et à tourner cette scène. de plus Tippi hedren n'étais pas le 1er choix du réalisateur, puisque Grace Kelly lui avait promis son retour. Mais sont "titre", l'en a empêcher. Sinon tout est là ( réalisation, suspense, humour, soucis du détail). Malheureusement cette scène du viol, gâche pas tout le film, mais au point une bonne partie. Il reste un très bon film psychologique que je conseille aux fans du genre.
Pas le plus connu des films d'Hitchcock mais la présence de l'excellent Sean Connery (alors dans sa pleine période "James Bond") en fait certainement un de mes préfères. Le reste est bien ficelé, captivant, bref du beau cinéma.
Un film différent de ce à quoi Hitchcock nous a habitués, il n'est pas vraiment question de suspens et de thriller avec "Marnie" mais d'une intrigue psychologique. Loin d'être dans mes favoris de Hitchcock, cette œuvre comporte tout de même quelque scènes intéressantes et la patte du maître est bien présente.
Hitchcock délaisse ici le suspense criminel pur et dur pour nous raconter l'histoire de cette femme voleuse, prise la main dans le sac par son patron, celui ci lui propose alors un mariage en lieu et place d'une dénonciation à la police. Au fur et à mesure que le film avance on se rend compte que la personnalité de cette femme est très torturé, avec pas mal de côtés mystérieux, son patron impeccablement interprété par un Sean Connery alors en pleine gloire post " James Bond " va tenter de découvrir qui est vraiment Marnie. Un Hitchcock différent mais vraiment intéressant pour son approche psychologique des personnages, et le suspense est toujours là !