Solaris
Note moyenne
3,6
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120 critiques spectateurs

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vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 novembre 2014
Un film exigeant, cérébral et d'une intelligence froide pas à la portée de tous. Tarkovski, dans son film sans doute le plus connu, nous livre une histoire assez fascinante et mystérieuse. A la fois mélancolique, profond et complexe le scénario se dévoile peu à peu autour des pouvoirs incroyables de la planète Solaris qui offre à tout visiteur l'occasion de revoir une reproduction des êtres aimés que l'on a perdu. Cadeau empoisonné aux implications philosophiques puissantes qui donne une histoire d'amour déchirante. Mais Tarkovski reste Tarkovski : point de facilité avec le cinéaste soviétique, une austérité maladive accompagnée d'une mise en scène difficile d'accès. La narration est neurasthénique, le jeu est pour le moins dans la retenue et le tout revêt un pouvoir soporifique presque immédiat chez moi. Le mystère et la fascination autour du film m'ont fait persévéré mais il faut l'avouer, on reste souvent perplexe devant cet objet austère qui se prend trop au sérieux.
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 octobre 2014
Si on aime les films lents et contemplatifs on y trouve forcément son compte. Je suis pourtant une des plus grandes amatrices de films et courts métrages d'auteurs, mais s'il y a bien une chose que je ne supporte pas dans un film, c'est justement ce que j'appelle le «remplissage gavant» : vous savez, ces scènes et dialogues interminables, qui n'en finissent pas, et qui n'apportent franchement rien de productif quant au bon déroulement d'une mise en scène et de son rythme. Solaris fait justement parti de ces films d'une lourdeur insoutenable. Alors, certes, les images sont méditatives, mais est-ce un argument suffisant ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 septembre 2014
C'est l'un, si ce n'est le, meilleur film de science fiction !Pour une fois il n'y a pas d'alien grotesque (je ne parle pas de la saga Alien ça c'est autre chose ;)) ni d'attaque robotique humanoïdes (Ok pour Terminator et Blade runner mais après ça fait trop cliché) ni de scénario catastrophe d'erreur technique à bord d'un vaisseau.Bref ce film est original (très) et pose des questions existentielles au spectateur.Ce n'est pas un film trop lourd ni trop "flou", un équilibre parfais en somme. L'ambiance et la forme du film avec ses nuances de couleur sont bien réalisé ce qui donne un film atemporel qui ne vieilli pas.Mais à réserves toute fois à un public friand de nouveautés qui n'a pas peur du "manque d'action". A mon avis Solaris est comparable en bien des points avec son rival américain: 2001 Odyssée de l'espace.
hpjvswzm5
hpjvswzm5

52 abonnés 459 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2014
S'il y a bien un film de sf à voir dans l'histoire du cinéma d'après les dires, en plus de 2001, c'est bien Solaris. Et comme j'essaye tant bien que mal de rentrer petit à petit (mais vraiment petit) dans le CCCI (Cercle de la Communauté Cinéphile Internationale), il fallait que je le vois. C'est désormais chose faite, et le moins que je puisse dire c'est que j'ai beaucoup aimé.

Bien que la première partie soit un peu à part du reste du film, elle n'en pas moins passionnante. Le film commence calmement, un peu comme le tout début de 2001 (avant l'explosion), sans dialogues, se qui laisse parfaitement le temps au spectateur de se calmer et de s'habituer au rythme méditatif du film (j'espère que ce mot existe...). Mais dans la première partie, c'est surtout l'enregistrement vidéo d'un réunion entre scientifiques et astronautes qui a retenu mon attention. Cette scène est franchement un bijou tant dans le mystère et la fascination des hommes pour la planète que dans les propos délirants et presque incohérents du type rentrant de mission et visiblement très troublé de son expérience. Prémonitoire au vu des événements à venir ? Forcément.

Parce qu'à partir du moment où le personnage débarque sur la station spatiale, le film est une hallucination troublante, parfois sublime et rarement ennuyeuse. Si le film est bien ancré dans un contexte de science-fiction, il est très minimaliste, on est loin de 2001 et de ses vaisseaux flottant dans l'espace, et finalement c'est plus une méditation sur l'être humain qu'autre chose.

Dans les faits, je l'ai reçu comme une expérience fascinante, assez longue oui mais je pense que certains films ont besoin de la longueur pour se construire. Et puis le film n'est vraiment pas chiant, en tout cas il ne m'a pas ennuyé, au contraire, toutes ces scènes où le personnage est avec sa femme, ou ce qui lui ressemble sont magnifiques, voir ce personnage devenir peu à peu humaine, ressentir des émotions et s'attacher à son mari est à la fois beau et bien mis en scène. Je trouve ça bien plus réussi et moins creux que dans Under The skin récemment (et moins chiant), qui avait (un peu) la même thématique dans ce côté extraterrestre qui fréquente des humains et se met à ressentir quelque chose.

Ce film, c'est un assemblage d'images parfois scotchantes, dont on ne peut décrocher, et là ou ça aurait pu être un maniérisme gênant, ça passe parce qu'il y a un propos, une idée forte.

Un film à voir de toute façon, au même titre que 2001 dans le genre (même s'ils sont finalement assez différents).
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 octobre 2014
Souvent considéré comme l'une des plus importantes œuvres de science-fiction avec "2001 : l'odyssée de l'espace" de Kubrick (bien que les deux films soient différents), cette adaptation du livre de Stanislas Lem, "Solaris"par Andreï Tarkovski nous fait suivre un savant envoyé sur une énigmatique planète "Solaris" dont les expéditions passés ont mal tournées.

Divisé en deux parties et commençant sur terre, démarre plutôt lentement, mais c'est d'ailleurs ce rythme lent (sans longueur inutile) qui permet de créer une fascination qui s'intensifie plus le récit avance. Peu à peu Tarkovski instaure un climat mystérieux, de plus en plus obsédant et troublant, notamment et surtout dans la deuxième partie où il joue avec les images, les rêves et la frontière du vrai et du faux.

Il braque sa caméra sur le personnage de Kris Kelvin, à l'image du film très bien écrit, explorant ses doutes, sa mémoire ou encore son subconscient, montrant son évolution morale et psychologique. Il le rend attachant et à travers lui donne une dimension mélancolique avec un passé qui ne le quitte jamais, qui l'obsède et qui inconsciemment influe sur ses décisions et ses pensées. Il cherchera notamment à retrouver et réapprendre l'amour qui l'avait quitter et de la même manière, réapprendre la souffrance.

Si le film est aussi fascinant et de plus en plus captivant, c'est aussi grâce à la superbe mise en scène, les décors et reconstitution assez froid ou encore cette musique obsédante, d'ailleurs, la maitrise de tous ses élément de la part de Tarkovski permet de nous offrir de magnifiques scènes.

Donatas Banionis nous livre une intense composition, rajoutant une dimension émotionnelle à son personnage et le rendant attachant, notamment dans les scènes avec sa femme, interprété avec brio par Natalya Bondarchuk.

Tarkovski nous livre une superbe œuvre de science-fiction qui, tout en nous donnant à réfléchir à l'image de cette ultime séquence sur différent thèmes aussi varié que la psychologie humaine, l'amour, la nature ou encore l'humanité, s'avère aussi fascinante que captivante.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 avril 2014
Moon (3.5/5), 2001 : L'odyssée de l'espace, Gravity, Sunshine (4/5) ; autant d'exemples jetés pêle-mêle sans que je prétende ici les comparer en aucune façon, mais qui prouvent en tout cas que le film spatial est un sous-genre de la S-F qui me plaît particulièrement, tant pour ses prouesses techniques que pour ses uniques incursions métaphysiques, qui profitent souvent à fond de l'inconnu, de l'opacité, de l'apparente transcendance que peut représenter l'immensité spatiale. Ici, Andreï Tarkovski délaisse la recherche du spectaculaire (j'en viendrai à la mise en scène plus tard) pour verser à fond dans le film auteuriste à la 2001, à qui il représente en quelque sorte une réponse soviétique, bien qu'au fond, il me paraît déplacé de voir en Solaris un métrage russophile tant il se veut universel dans sa recherche philosophique. Pour en dresser une rapide esquisse, Solaris est une planète nappée d'un océan quasiment pourvu d'une conscience, et même capable de la faire partager... voilà qui est prétexte à une recherche sur la perte amoureuse, sublimée et étayée par plusieurs réflexions ontologiques accessoires. Quoi qu'il en soit, le propos est d'une opacité rarement vue - le film est peut-être l'un des moins accessibles que j'ai vus à ce jour - et on peut sans mal s'agacer de sa tendance à l'étirement, qui m'évoque pourtant quand même quelque part très bien l'impression de distorsion temporelle que l'imaginaire collectif se plait parfois à imaginer dans un voyage spatial. Le film est également sauvé par son hypnotisme, assez déstabilisant et en tout cas totalement accaparant. Les plans sont longs, la caméra peu mobile fait souvent sortir les comédiens du champ, conférant une force apathique paralysante à l'ensemble ainsi qu'une certaine impression de mystère. Dans un genre très différent de 2001, c'est peut-être aussi virtuose. L'ambiance d'étrangeté est renforcée par une grande sélectivité sonore qui génère un monde de sons surprenant, tant ceux-ci sont rares et appuyés quand ils parviennent l'oreille. De plus, la parcimonie dans l'utilisation de la bande-son fait d'autant mieux ressortir les notes du grand J.S. Bach quand elles sont jouées, rendant par exemple la scène d'apesanteur encore plus marquante. Enfin donc dans la forme, Solaris est si fin et si peu commun qu'il se dérobe sans mal au décryptage, et comme dans son scénario, possède une richesse pas loin d'être impénétrable mais parfaitement palpable. Initialement, je pensais noter 2.5/5. Après un jour de réflexion, j'en suis maintenant à me demander si un 4 ne serait pas préférable, tant Solaris est certes exigeant, harassant même, mais tellement riche et unique qu'il en devient sans doute un must. Bref, s'il n'est pas à mettre entre toutes les mains, je suis quand même bien content que Solaris soit tombé entre les miennes.
Acidus

872 abonnés 3 941 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2014
Avant même "Stalker" (1979), Andreï Tarkovski avait déjà abordé l'univers de la science fiction avec ce "Solaris". Pas de doute à avoir, "Solaris" est du pur Tarkovsky dont on retrouve la manière de faire, son style cinématographique lent et hypnotique. Pourtant ici, cette lenteur se traduit parfois par des longueurs. Effectivement, si le rythme lent adopté par le réalisateur soviétique peut sublimer, accentuer une atmosphère envoutante et perturbante, il peut également provoquer un effet soporifique. Cette limite est malheureusement dépassée assez souvent et nuit à un scénario travaillée et une réflexion poussée. "Solaris" plaira surement au adeptes du cinéma de Tarkovsky et aux personnes à la recherche d'un film de SF sortant de l'ordinaire.
NeoLain

5 889 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mars 2014
Un messie du cinéma. Tarkovski s'envole encore et encore et toujours plus haut puisque son troisième long-métrage est de la science fiction. Solaris, adaptation du bouquin de Stanislas Lem. Solaris c'est la réponse qui s'adresse à un autre chef-d'oeuvre, 2001 de Kubrick. Tarko à en somme voulu communiquer avec lui, et lui répond avec ce message. Solaris, le 2001 russe. Ici, l'amour, les sensations et sentiments prime plus que tout. La condition de l'homme, ses doutes, ses peurs, sa souffrance, l'existence de l'espèce humaine est-elle contrôler par une force ? Solaris est une planète contenant un lac qui change de couleur et se fond dans les âmes. Les souvenirs qui nous hantent, la perte d'une femme etc... Acteurs formidables, la nature, le confinement, les sons, c'est long, c'est lent, mais l'atmosphère nous happe. Laissez-vous plongez dans le profond, complexe et simple à la fois, Solaris inonde de passage envoutant comme celui ou Tarko ose en filmant une immersion-autoroute sous une durée assez longue, puis la scène en apesanteur. Que dire également du passage ou le corps de la femme est en phase de résurrection, d'un réalisme inouï (je n'ai pas vu mieux dans le domaine, c'est pour dire). Solaris est une aura intemporelle, elle cessera pas de vous massez l'esprit, ce qui implique plusieurs visionnage du film. Palpable à son paroxysme comme son réalisateur, Tarkovski rentre définitivement dans mes best réalisateurs all-time.
Pierre L.
Pierre L.

20 abonnés 73 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2016
En pleine découverte de l'Oeuvre d'un des plus grands cinéastes de tous les temps, je m'attaque donc à Solaris, le film qui, de premier abord, m'attirait le plus. Ne sachant pas trop à quoi m'attendre, je n'avais pas vraiment d'apriori, seulement qu'il s'agit discrètement d'un des plus grands films de science-fiction qu'il soit dans notre monde ; comme étant la réponse soviétique de "l'inégalable" 2001, l’Odyssée de l'espace de Kubrick. "Discrètement" lui va bien car il est vrai qu'Andreï Tarkovski fait sans conteste partie de ces grands au talent unique et aux ambitions débordantes, marquant ainsi de leur patte éternelle l'évolution du cinéma depuis ses débuts, mais cela sans une seule fois entrer dans exigences du show-business. Andreï Tarkovski a donc su rester un artiste à part entière tout au long de sa carrière.

Enclenchant l'introuvable DVD (tout de même emprunté à la bibliothèque du coin), je commence enfin le film et mets en éveil tous mes sens dans les meilleures conditions possibles. Ce que j'en retiens principalement et en quelques mots sont ces longueurs, preuves d'une technicité véritable et propre au réalisateur. Non pas qu'elles sont lassantes, bien au contraire, ces longueurs nous permettent de nous laisser doucement mais surement absorber par cette ambiance ô combien indescriptible. Une ambiance unique, que l'on ne retrouve nulle part ailleurs et qui produit son effet. Car pendant tout ce temps, nous nous demandons où nous sommes et qu'est-ce qui nous a pris de nous lancer sur quelque chose de tel.

Bien sur, le mot "longueur" est dénué du moindre sens tel que je l'ai décrit. Mais il suffit de le voir. Chaque prise doit durer en moyenne quatre à cinq minutes. Certaines doivent même dépasser les dix minutes. Tout ce temps devant un décor empli de sobriété mais à la fois d'une richesse débordante. La séquence des tunnels sur les voies de Tokyo, la contemplation d'une Solaris hypnotique, les souvenirs et regrets du héros, manipulé par cet astre... Un tout qui nous laisse de glace et nous perd entre le rationnel et l'irrationnel, le rêve et la réalité. On se retrouve bien là devant quelque chose d'intemporel auquel il en ressort en plus une sorte de mysticisme, mettant en éveil nos sens de manière totalement inédite. Une fascination naît dès les premiers instants et nous questionne sur nos propres tourments existentiels, développe notre imagination et alimente nos rêves et nos fantasmes. Tel est, je le pense, le but de son Oeuvre, et de ce film.

Solaris d'Andreï Tarkovski est, en soi, un film impossible à noter. Il laisse le spectateur parfois perplexe à la fin de sa visualisation mais incite à la réflexion et permet une ouverture d'esprit et d'imagination telle qu'il n'est en aucun cas dédaignable. Sa complexité philosophique et sa perfection esthétique le qualifie d'emblée comme une oeuvre unique, munie d'une identité inimitable et irréductible, difficilement accessible. Tarkovski lui-même considère son film comme étant le moins réussi de sa carrière, tant ses enjeux sont complexes. Il m'a fallu environ six mois pour que je m'en fasse une idée précise. Et je surnage encore...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 novembre 2013
"Mieux vaut tard que jamais. Voir Solaris est un voyage sans retour possible. La lenteur du film (45 min pour l'exposition de l'intrigue) permet une imprégnation des scènes par le spectateur comme faisant partie de ses souvenirs, et le prépare à une véritable odyssée intérieure. Tout dans ce film met à bas les poncifs du cinéma hollywoodien, en proposant une proximité jamais vue."
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 novembre 2013
Lent et contemplatif. Fascinant et probablement déroutant pour qui n'a pas lu le roman source de Stanislaw Lem. Complexe, donc, mais globalement moins hermétique que bien des films de Tarkovski.
Le genre de la science-fiction semblait a priori éloigné de l'univers du cinéaste qui avait signé précédemment L'Enfance d'Ivan et Andreï Roublev. Mais voici ce qu'il en disait : "En une époque aussi dépourvue de spiritualité que la nôtre, c'est un substitut valable, qui peut jouer un peu le même rôle que l'art religieux en d'autres temps." Au final, avec 2001 : l'odyssée de l'espace, Solaris apparaît comme l'un des fleurons de la SF métaphysique. C'est aussi, en quelque sorte, la réponse russe au film américain de Kubrick, sorti quatre ans auparavant, en pleine période de conquête spatiale et de tension internationale.
Tarkovski adapte assez fidèlement le bouquin de Lem, à l'exception notamment du prologue (situé dans la propriété familiale de Kelvin, alors que le roman commence par le voyage spatial), de la première apparition d'un "visiteur" dans la station (une fillette au lieu d'une grande femme noire) et de la scène d'anniversaire dans la bibliothèque (contemplation d'un tableau de Bruegel et moment d'apesanteur ne figurant pas dans le livre). Le discours scientifique est synthétisé et sert de tremplin à une réflexion sur le rapport de l'homme à l'inconnu. "L'homme et la conscience humaine rencontrent dans l'espace des phénomènes inconnus, disait Tarkovski. Mais quelle est la mesure de la morale pour définir le visage humain dans ce nouveau système de coordonnées ? Comment rester un homme dans une situation inhumaine ?" Parmi les phénomènes rencontrés sur Solaris, il y a l'apparition de ces "visiteurs", matérialisation des souvenirs que les hommes gardent de personnes connues, vivantes ou mortes, projections de leur mauvaise conscience ou de leur inconscient. Ainsi le personnage de Kelvin retrouve-t-il à ses côtés sa femme, qui s'était suicidée dix ans plus tôt. Cette belle idée dramatique accouche de quelques scènes illustrant l'opposition entre raison et sentiment, le poids de la culpabilité, les forces de l'inconscient. Face à l'inconnu et à l'incompréhensible, il est aussi question du savoir humain et de ses limites, de la prétention des hommes à vouloir tout maîtriser (y compris ce qui les dépasse), de leur volonté d'étendre les limites de la Terre à l'immensité du cosmos.
En matière de style, le réalisateur joue la carte d'une austérité symbolique, à mille lieues des canons spectaculaires du genre. Le résultat est d'une beauté singulière. Rythme envoûtant, filtres de couleur, images quasi abstraites de liquides et brouillards en mouvement. Tout cela sur une musique empruntée à Bach, avec quelques références picturales (Bruegel) et littéraires (Faust, Don Quichotte ; Dostoïevski, Tolstoï).
Le film a connu un accueil réservé en URSS à sa sortie, mais fut récompensé à Cannes du Grand Prix spécial du jury en 1972. Une autre adaptation du roman de Stanislaw Lem a vu le jour trente ans plus tard, réalisée par Steven Soderbergh, avec George Clooney dans le rôle principal.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2013
"Solaris" est en quelque sorte la version russe de "2001, l'Odyssée de l'espace". Malgré quelques longueurs et certains effets spéciaux vieillissants, il reste un chef-d'oeuvre. Poétique, métaphysique, il arrive à capter le spectateur pendant ses 2h30. Les acteurs sont tous très bons et délivrent des messages et sentiments forts. C'est sûr, il reste un film spécial et n'est pas du goût de tous. A voir et à revoir.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 octobre 2013
Malgré l'âge du film, le côté kitch des décors, le scénario pose une profonde réflexion sur la condition humaine. A voir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 août 2013
Ce film de l'époque Soviétique est aussi hallucinant que Stalker. Les Russes disposaient de moyens énormes pour tourner des scènes réalistes dans des décors pratiquement grandeur nature. Pour Stalker, tout une vallée avait été aménagée afin de ressembler à une zone ravagée et dépeuplée. Dans Solaris, la station spatiale est gigantesque et les vues sur la planète, produites par des effets argentiques combinant de multiples images d'océan aux couleurs virées par développement spécial avec des incrustations par cache manuel, photogramme par photogramme, dépassent tout ce que le cinéma occidental pouvait produire en 1972.
La technique et la photographie sont très léchées, la bande son originale est envoutante.
Maintenant la mise en scène est ... Et bien ... Comment dirai-je ... Elle est Russe.
Elle ne s'adresse pas à des spectateurs speedés aux amphétamines neuro-synthétiques de l'économie de marché, qui ne sauraient plus lire "Les misérables" de Victor Hugo sans le balancer au bout de trois lignes, ou qui ne supportent plus un dialogue de plus de 20 secondes sans explosion.
Les personnages sont complexes, l'intrigue est musclée (cérébralement parlant). Le livre d'origine n'a pas été écris par les nègres* d'Alain Minc (* "nègre" en littérature n'a pas de connotation raciste, il s'agit d'auteurs qui écrivent anonymement pour d'autres, plus connus.)
Il faut donc regarder cette version de Solaris par Tarkovski en se régalant des images, des prises de vues, mais aussi de l'histoire. Celle-ci demande un léger effort pour être comprise.
Au même titre que "2001 l'Odyssée de l'espace", que "Stalker", que "Blade Runner", que "Dune" et enfin "A.I.", "Solaris" est un vrai film de SF sans les références classiques. Ils sont uniques et par là même, ils sont dérangeants et loins des blockbusters CGI dans lesquels : "On pète la gueule des E.T. mon colonel, Ouaiiiii !!!"
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 7 juillet 2013
Du Bruno Dumont en pire... Pas un plan, pas une idée de cinéma ne me tient éveillé dans cet objet. Celui de Soderbergh, au moins, ne durait qu'une heure trente...
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