C'est le premier film US de Michelangelo Antonioni, très ancré dans la réalité de l'époque (fin des années 1960, mouvements de contestation étudiante, répression policière...). Le cinéaste continue d'explorer son thème fétiche de l'incommunicabilité, non plus sur le terrain de l'intime, mais sur un plan social, générationnel, idéologique. Incommunicabilité entre une jeunesse éprise de liberté et un monde adulte bourgeois, matérialiste et autoritaire. Antonioni s'approprie une certaine mythologie nord-américaine (road-movie, grands espaces, grandes maisons symboles de réussite sociale) pour mieux la transgresser, la dynamiter. Il se laisse porter par une inspiration poétique et révolutionnaire, qui trouve son expression dans quelques scènes fortes : l'amour dans la vallée de la Mort, la déflagration finale, filmée au ralenti et sous de multiples angles. Liberté sexuelle et rêve d'une société qui vole en éclats... Tout cela sur une musique de Pink Floyd. On est en plein trip fantasmatique. Côté sémantique visuelle, on note une opposition entre les villes tentaculaires et le désert, les messages publicitaires saturant l'environnement urbain et une communication humaine, épurée, sensorielle. Sans oublier la présence récurrente de la couleur rouge... Au final, Zabriskie Point apparaît comme une balade romantique et explosive, certainement naïve, utopique, mais d'une grande beauté esthétique.
Dans l’Amérique des années 60, un étudiant injustement accusé du meurtre d’un policier s’enfuit dans la Vallée de la Mort. Un road movie visuellement sublime qui offre une description poétique des mythes de la contre-culture américaine, et dénonce les travers de la société de consommation.
Zabriskie Point reprend les thèmes favoris du réalisateur italien, l'incommunicabilité, la pesanteur existentielle tout en ouvrant vers la critique de la société de consommation, avec cette omniprésence d'images et de messages publicitaires, noyant la société sous des messages consuméristes. Ce voyage vers Zabriskie Point, dans le désert, et une quête identitaire, dans un décor quasi-lunaire. Hiératique et mystique.
J'ai vu un film... ou du moins un OVNI qui en plus voyage dans le temps avec les grands thèmes de seventies... On découvre l' "American way of Life" qui commence à craquer, avec un modèle qu'on sent se fragiliser et qui hésite entre naïveté de la jeunesse et brutalité policière, voire de la société dans son ensemble...Ce film recèle de qq moments assez magiques, mais au final, je l'ai trouvé assez long et lourd... La narration s'impose au spectateur sans lui donner la possibilité de rentrer dans l'histoire... Les invraisemblances s'accumulent et ça ne paraît déranger personne. J'ai par contre beaucoup aimé les aspects picturaux de la ville de Los Angeles (??) avec les affiches, vues aériennes et mouvements de caméra qui accentue la violence de la société par rapport aux longues images apaisées, voire fougueuse d'une énergie forte du "Zabriskie Point"..
Un film d'époque qui fait preuve d'une liberté qu'on cherche aujourd'hui. Même s'il s'égare parfois dans le fantasme pur, c'est un film qui provoque un vrai frisson visuel.
Des gros plans sur des visages d’étudiants, sur des doigts levés et des cheveux longs nous embarquent directement vers la fin dans années 1960 aux Etats-Unis. Noyée sous une lumière jaune, l’assemblée générale ressemble à un brouhaha, dont la longue focale entasse les étudiants dans leurs revendications, dans leur jeunesse en pleine crise existentielle. C’est la frustration et le désir d’utopie des jeunes contre l’Amérique de surconsommation que filme Antonioni dans Zabriskie Point, une oeuvre intemporelle, tant par son esthétique que par son appel à la liberté.
Son échec à sa sortie démontre l’avant-gardisme de son créateur, qui met en opposition deux mondes, la ville, lieu de l’incommunication, et celui du désert, lieu de tous les échanges possibles.
Pour lire la suite: http://quaiducinema.wordpress.com/2011/02/15/brulot-anti-capitalisme/
A n'en pas douter, l'une des merveilles du 7ème art. Antonioni était déjà un grand réalisateur à l'époque, après le succès de "Blow Up", palme d'or à Cannes. "Zabriskie Point" a lui été quelque peu oublié derrière ce dernier et le "Profession : reporter" qui viendra 5 ans plus tard, mais il mérite qu'on s'y penche plus en avant.
Le film montre d'abord dans le menu la société américaine de la fin des années 60 : contestation étudiante, racisme, violences policières, besoin d'évasion d'une génération asphyxiée sous les panneaux publicitaires et la répression nixonienne. Il montre surtout les tiraillements et les blessures de cette génération, qui n'arrive pas réellement à changer la société (toutes les grèves échouent, les manifestations sont réprimées et les jeunes se dispersent) et qui se réfugie alors dans le rêve et l'amour.
Mais "Zabriskie Point" ne s'arrête pas là : c'est avant tout un grand morceau d'esthétisme, un grand moment de jouissance cinématographie. Il est rempli de scènes mythiques : les visages de la jeunesse en colère lors de l'assemblée générale de la première scène
Inclassable ! A la fois ancré dans son époque et très avant-gardiste, Zabriskie Point est un road-movie psychédélique très sous-estimé et injustement boudé par le public.
Filmer en auteur, en explorant les potentialités proprement artistiques du cinéma, a permis à Antonioni de restituer une vision extrêmement originale et révélatrice de l’espace américain, celui urbain bouffé par l‘affichage publicitaire, qui se superpose à la démesure des paysages naturels. Pour le reste « Zabriskie point » vieillit bien parce qu’il est de plein pied dans l’esprit de son époque (avec à la fois un tableau des mouvements contestataires et une histoire de rupture et d’initiation) sans en être la caricature, sans tomber dans les dérives, les fatras pseudo spirituels de la fin des années 60 (on en est tout de même pas loin avec les couples dans le désert…).
Fuir la prolifération des enseignes, la brutalité policière et la contestation désorganisée estudiantine mène à une extrémité naturelle ou se trouve en vrac un soleil éclatant pierre angulaire d’un paysage de pierre.
Dans un tel climat deux jeunes esprits presque calcinés par les perspectives désatreuses de leurs temps n’offrant que l’espérance d’un petit jardin payable en vingt ans claquent la porte, déroule un ruban menant vers nulle part en restaurant amour, jeux et roulades poussiéreuses dans un contexte naturel n’ayant pas progressé depuis des millénaires.
L’œuvre offre quelques sublimes plans larges dénudés, des potions magiques indispensables destinées à de jeunes yeux pouvant enfin contempler un vide sans contraintes.
Le droit de consommer sans retenue les délires imposés par les dysfonctionnements d’un jeune âge lutte éternellement contre une répression toujours souveraine.
Une certaine jeunesse provocatrice américaine des années soixante dix ne rêve que de chambouler les institutions que ce soit sur les campus, dans les classes ou dans les airs.
Michelangelo Antonioni dans l'air du temps fixe sur la pellicule un road movie apparenté par instants à « Easy Rider » sans pour autant tomber dans le piège de la drogue.
Son travail est pathétique, une jeunesse désemparée ne veut en aucun cas déployer une existence programmée par ses pairs. Elle ne désire qu'une seule chose, jouir de ses propres besoins dans de sublimes morceaux de vies brefs et spontanés déconnectés de toutes responsabilités.
La terrible conclusion de cette œuvre magnifique montre dans des riffs et des ralentis lancinants la seule possibilité d’en finir avec une vie toute tracée que l’on ne désire pas connaître.
Un champignon presque atomique révélateur d’une génération traumatisée par la bombe et la privation des libertés individuelles.
Avec un scénario famélique, proche du néant diront certains, Antonioni a réalisé un magnifique film à la beauté formelle époustouflante. Ces déambulations, ce quasi mysticisme, cette lenteur chargée de symboles et que dire de la photographie... Merci l'artiste. Chef d'oeuvre. 5/5
Des belles images et un joli bronzage pour Daria Halprin. Heu, mais dites donc n'auraient ils pas oublié de construire un scénario, pour moi ça reste une ébauche. Je suppose que la réputation du film doit beaucoup au final explosif de la société de consommation sous fond de pink floyd.
Ha voilà un Antonioni qui est un bon et beau film et surtout qui se regarde sans s'ennuyer. On a beau avoir un Italien à la mise en scène et une oeuvre très contestataire Zabriskie Point a une ambiance 100% américaine très ancrée dans la vague de la fin des années 60 et laissant deviner le cinéma pessimiste de la prochaine décade. C'est bizarre que Zabriskie Point m'ait plu alors que la plupart des autres oeuvres de ce réalisateur ne m'ont guère passionné ; là je me suis laissé emporté par Zabriskie Point. Une des forces du film ce sont les scènes dans la désert, la dernière séquence aussi est puissante. Zabriskie Point possède aussi une excellente B.O..
Sur fond de révolution culturelle, Michelangelo Antonioni, nous offre avant tout une histoire d'amour toute en retenue. Tellement retenue, qu'on a du mal à s'en imprégner. Trop souvent confus, trop rarement percutant, Zabriskie Point ne peut pas nous satisfaire totalement. Il nous manque ce petit frisson, cette émotion qui nous donnerait la chair de poule.
En revanche, les décors sont absolument splendides. On appréciera plus le film pour ces espaces magnifiques que pour son contenu trop convenu.
On est encore loin du chef-d’œuvre, mais on se laisse tout de même bercer par le vent de la Vallée de la Mort.