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    Mirage de la vie
    note moyenne
    4,2
    317 notes dont 57 critiques
    39% (22 critiques)
    35% (20 critiques)
    16% (9 critiques)
    7% (4 critiques)
    4% (2 critiques)
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    57 critiques spectateurs

    Luc G.
    Luc G.

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    3,0
    Publiée le 2 février 2018
    Le film est bâti autour de deux situations dramatiques fortes qui prennent la forme de quêtes existentielles profondément déchirantes. Celle de Sarah Jane fait référence aux jeunes mulâtres obsédées par la volonté d’être identifiées comme blanches dans les premières décennies du XXe siècle aux États-Unis et dont le destin s’avérait souvent tragique. Tandis que celle de Lora s’inscrit dans le rêve hollywoodien provoqué par l’effervescence des années folles. Sarah Jane a le choix entre l’acceptation et la fatalité. Dans la dernière minute du film, on devine que c’est la mort et non l’amour de sa mère qui réussira à apaiser son obsession et stopper sa descente aux enfers. Le parcours de Lora est bien différent. Après des années à espérer percer le métier à travers des situations humiliantes, elle goûte finalement à la gloire pendant dix ans. Une fois rassasiée, elle désenchante devant l’artificialité du show business et en mesure les conséquences sur sa vie amoureuse et sur sa relation avec sa fille. Tous les éléments d’un bon mélodrame sont réunis. Les comédiennes s’y donnent avec générosité bien que le jeu de Juanita Moore soit particulièrement juste et touchant, autant dans la douce amitié maternelle qu’elle développe avec Lora et Suzie que dans sa douloureuse impuissance à raisonner sa fille. Le dernier film de Douglas Sirk à Hollywood aborde des sujets costauds. Même si cela manque parfois de subtilité dans la présentation, il suscite la réflexion. Il honore la vérité au détriment du paraître.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 13 mai 2013
    Premier Douglas Sirk que je vois et pour une première expérience, je n'en suis pas du tout déçu, bien au contraire. "Mirage de la vie" est un chef d'oeuvre, rien que ça. En mettant en scène l'histoire de deux familles, différentes ethniquement parlant, mais qui vont vivre liés, Douglas Sirk signe ici une oeuvre forte et merveilleuse, ou l'humour côtoie le drame. D'un côté, nous avons la famille blanche américaine dont la mère, interprétée par Lana Turner, cherche à vivre de son métier d'actrice. De l'autre, nous avons la famille noire, couleur à l'époque méprisée par les américains, dont la mère de couleur (Juanita Moore) cherche à élever sa fille métisse dans l'indiférence des réflexions sociales de l'époque. Ainsi, Douglas Sirk traite de plusieurs sujets, comme le racisme évidemment, mais aussi le rejet de ses origines, l'absence d'une artiste pour élever son enfant et l'amour, l'amour tant présent durant la durée du film, et sous plusieurs formes. "Mirage de la vie" est un film profondément humaniste. Douglas Sirk réalise magistralement ce long-métrage, dernier qu'il tourna à Hollywood avant de rejoindre son Allemagne natale. Pour l'époque de sa sortie (1959), "Mirage de la vie" apparaît comme un film aux idées visionnaires. Certains pourront reprocher un trop plein de mélodrame, pourtant, la force du film réside en ce message que le réalisateur véhicule. "Mirage de la vie" est un hymne à la paix, fort bien mis en scène et interprété (Turner et Moore en tête. Gavin est un peu effacé dans cette histoire.), à l'image de la dernière séquence, forte en émotion. Pour ainsi dire, jamais je n'ai trouvé le temps long, ni quelque défaut à ce long tant le scénario est excellent. Pour mon premier Douglas Sirk, le réalisateur ne me déçoit aucunement, ce qui me donne envie de regarder ses autres longs (et courts!). "Mirage de la vie" est une expérience cinématographique fantastique dont on ne sort pas indemne.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    5,0
    Publiée le 25 avril 2012
    Qui n'a pas versè une larme dans ce film dèchirant de Douglas Sirk ? Une nouvelle version au technicolor èblouissant, avec le même titre que l'oeuvre tournèe par John Stahl en 1934! Un quart de siècle plus tard, en 1958 (le film est sorti l'annèe suivante), le cinèma nous offre un grand moment d'èmotion et une passion pour cet immense chef d'oeuvre de Sirk comme on n'aurait jamais osè l'imaginer puisque ce mèlodrame est un concentrè de rêve, le genre le plus flamboyant qui soit. "Imitation of life" est marquè de façon indèlèbile par la fascination d'un visage de femme, celui de Lana Turner, inoubliable et magnifique! L'histoire n'opèrerait pas sans l’actrice et encore moins sans l'excellente qualitè du travail des seconds rôles tels que John Gavin, Sandra Dee, Juanita Moore (dans le rôle de la nourrice) et Susan Kohner (la jeune fille ambitieuse et magnifiquement pathètique). On peut même apercevoir Mahalia Jackson qui chante au service funèbre dans un final qui vous arrachera les larmes! Laissons nous ensorceler à travers ce fleuron du genre qui nous emportent dans le sillon de ce mirage de la vie, un joyau èternel qui continue plus que jamais à nous èmouvoir où la perfection avec laquelle Sirk sait mettre en scène les sèquences poignantes relève tout simplement du grand art...
    annastarnomberon
    annastarnomberon

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    3,0
    Publiée le 6 juin 2012
    Voilà un film bien énervant. Énervant parce qu'il essaie de nous faire passer, avec une subtilité très discutable, une morale hyper christiano-centrée. Agréablement moderne pour son époque -1959, les noirs sont encore très discriminés aux États-Unis- quant à sa façon d'aborder la cause noire (montrer le désir d'émancipation, le sentiment d'injustice terrible, de révolte même, de ces personnes destinées à être esclaves au seul regard d'une couleur de peau, d'une naissance), mais insupportablement puritain dans sa façon de mettre en scène le bien et le mal. Sirk nous sert là de bons gros clichés : la femme blanche et riche, ambitieuse, aveuglée par son désir de gloire face à la femme noire, pauvre, tournée entièrement vers son prochain, qui a su comprendre les autres même si elle a échoué avec sa fille. D'accord, à la fin les deux femmes se retrouvent face à un échec avec leurs enfants, mais le modèle chrétien d'Annie est quand même très nettement valorisé, avec des discours assez pesants sur le jugement dernier et autres valeurs religieuses. Voilà donc pourquoi ce film n'a pas pu entièrement me séduire... Et pourtant, il serait hâtif d'aller s'imaginer que je n'ai pas aimé. Car à côté de ce manichéisme énervant, c'est quand même une belle façon de nous donner envie d'ouvrir les yeux. Sarah Anne, Lora, toutes les deux sont aveuglées par leur ambition et passent à côté de ceux qui seront toujours là pour elles, et qui ont besoin d'elles. C'est assez basique comme message, mais l'émotion passe extrêmement bien. Le jeu des actrices, qui bien sûr est très expansif, est néanmoins prenant. De nombreux passages nous prennent la gorge et nous donnent envie de lâcher nos sels oculaires, même si l'on sait que c'est de l'émotion facile. De l'émotion facile, mais de l'émotion vraie : pourquoi passer notre vie à chercher ce qui est sous notre nez (encore un message bien chrétien...) ?
    Guillaume LAMARCHE
    Guillaume LAMARCHE

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    4,0
    Publiée le 21 janvier 2009
    Le scénario suit son court sans grand intérêt, opposant des personnages socialement caricaturés. La réalisation de SIRK donne une ambiance particulière à ce mélodrame, la teinte ocre de ce Technicolor y contribue fortement et la musique qui souligne l’action est très belle mais parfois assourdissante dans les moments dramatiques. En outre, le thème principale est évoqué par le titre du film, et, les nombreux détours que fait la camera dans les miroirs nous rappelle qu’il y a une différence substantielle entre se que nous sommes (être) et se que nous sommes aux yeux des autres (paraître)… Le dernier quart d’heure est intense en émotion jusqu'à la toute fin, qui se veut humaniste puisque Sarah Jane se jette sur le cercueil en demandant pardon à sa mère. C’est cette fatalité de la vie qui est bouleversante… Où le malheur et l’amour transforment les êtres, où pour qu’un être s’éveil il faut qu’un autre s’éteigne.
    Ayrton M.
    Ayrton M.

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    4,5
    Publiée le 29 janvier 2013
    Film très émouvant et surtout le dernier film de Douglas Sirk aux États-Unis. La grande Lana Turner se surpasse dans ce magnifique mélodrame. L'histoire de deux femmes, Lora, jeune actrice, et Annie, une femme noire élevant seule une fille de peau blanche et qui n'accepte pas d'avoir une mère de couleur, est très poignante et surtout, splendide, dans la société touché par le racisme. La dernière scène est magnifique et m'a fait pleuré. Douglas Sirk, encore une fois, nous envole dans une histoire touchante et merveilleuse. Ce film est sans doute l'un des meilleurs du réalisateurs !
    hubertselby
    hubertselby

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    4,0
    Publiée le 30 mars 2009
    Que penser d'un tel film, on sort tout embrouillé après les relectures de Christophe Honoré et autres critiques qui donnent leurs avis dans le dvd collector. La vanité oui, elles sont toutes vaniteuses. La barrière de la couleur de peau dans une amérique remplie d'auto-célébration. Le film peut faire meringue pourtant les barrières qu'il essaie de renverser pendant 2h semblent à terre, si ce n'est qu'à la fin du film, tout dans la société semble être redevenu blanc. En fait où est ce que Sirk veut aller ? Est-ce qu'il tire sur toute la société américaine ? Sur les blancs, sur les noirs ? les deux ? Sur un certain monde et mode de personnes bien pensantes ? De tout le film, ce qui m'a vraiment marqué et ce que je retiens, c'est l'immense solitude des êtres. Croire qu'on est entouré c'est bien là le mirage de la vie.
    A.S
    A.S

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    5,0
    Publiée le 9 septembre 2009
    Grand classique du cinéma hollywoodien de la fin des années cinquante, Imitation of life incarne la grandeur du cinéma américain, à la fois par son côté populaire et son intelligence remarquable qui font de Mirage de la vie la plus belle oeuvre de Douglas Sirk. Tout d'abord, il est le fruit et l'aspiration d'un autre long-métrage datant de 1934, celui de John M. Stahl, portant le même titre que celui-ci, mais dont le cinéaste gardera essentiellement l'analyse sur la relation qu'entretiennent une mère et sa fille. La grande différence réside dans une critique allégorique des États-Unis, notamment sur la question raciale et hiérarchique de la condition humaine, de l'amitié contre l'illusion du rêve américain. Lora Meredith, incarnée par l'éblouissante Lana Turner, vit une existence bourgeoise avec sa petite fille Susie. Un jour, sur la plage, elle fait la rencontre d'une femme de couleur noire, au nom d’Annie Johnson, où leurs filles se prennent à jouer par hasard ensemble. Cette séquence révélatrice illustre l'innocence d'un enfant à ne pas se lier avec une personne en fonction de sa couleur de peau; le monde des adultes, au contraire, en est l'opposition complète. Pourtant, une grande amitié va naître entre ces deux femmes et leurs deux filles. Toutefois, Juanita Moore, la comédienne à la peau foncée, deviendra la bonne de la maison, non pas par soumission, mais par besoin et grâce à son amie qui lui donne ce travail. Cette amitié sincère pulvérise les codes sociaux, mais l'image est frappante : malgré cela, un individu noir sert nécessairement un individu blanc. Par la suite, les filles et les mères vont grandir. Lora Meredith souhaite devenir une actrice, mais la rencontre d'un imprésario sans scrupule va dessiner sa carrière tel le destin d'une starlette. La parabole du rêve américain est un mirage. Sarah Jane, la fille d’Annie Johnson, refusera son statut d'enfant mise au monde par une mère noire. Pessimiste, beau, émouvant et libre; un chef d'oeuvre.
    bardamule
    bardamule

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    3,5
    Publiée le 5 avril 2011
    Sirk, n'explose jamais vraiment dans le drame ou la passion. On piétine dans le simplisme "oui je t'aime mais non, mais oui". La mise en scène désespérément courtoise n'apporte aucun plaisir visuel accrocheur qui viendrait renforcer les propos (racisme, ambition, envie). Une trame forte traitée de façon convenue, résignée et superficielle, excepté, et le film existe tout entier par elle seule, dans le personnage brûlant de Sarah Jane (la métisse) qui nous offre, par son ambigüité et son déchirement une tragédie viscérale (la reconnaissance du corps à n'importe quel prix). Susan Kohner est époustouflante.
    Pierre E
    Pierre E

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    5,0
    Publiée le 10 mai 2009
    Dans ce que Douglas Sirk présente comme une ‘imitation de la vie’, se distinguent l’âpreté du propos : sur le racisme, alors au cœur de la société et qui va jusqu’à envenimer la relation entre une mère et sa fille, et sa justesse : quant aux valeurs morales, sur les qualités humaines des uns et l’égoïsme des autres. Dans une œuvre entièrement constituée de contrastes très prononcés, Douglas Sirk allie avec force et élégance l’audace de son propos vis-à-vis de l’époque, avec une esthétique formelle sublimée de classicisme. Un contraste qui ne fait au final que mieux souligner la perfection totale de l’œuvre, un grand mélodrame hollywoodien doté d’un grand sens de la tragédie, excluant le sentimentalisme et osant faire face au contexte racial de l’époque.
    Akamaru
    Akamaru

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    3,0
    Publiée le 21 juillet 2010
    Un puissant mélodrame flamboyant,très représentatif des conventions américaines des années 50.Douglas Sirk était un maître dans son genre,et son importance a été fortement réevaluée dernièrement.Pour son dernier film hollywoodien en 1959,Sirk nous offre avec "Mirage de la vie" une tragédie digne de nous laisser les yeux mouillés au clapet de fin.Tout en Technicolor,en décors opulents et mouvements de caméra soyeux;l'élégance n'est là que pour mieux appuyer le vernis craquelé de cette famille de femmes.Une aspirante actrice(Lana Turner,magnétique)et sa fille recueillent une modeste noire et sa fille.De cette famille recomposée naît une solidarité apparente,un "mirage"justement,qui ne peut cacher les drames que vivent chacune d'entre elles.Ainsi,Mary Jane,métissée,refoule ses origines noires pour s'intégrer dans une société raciste.Subtile réflexion sur le problème des races et l'intolérance.Sa mère Annie,s'épuise à la retrouver,jusqu'à en tomber fatalement malade.L'amour maternel au-delà de tout.Lora,devenu une grande star,est une mère absente pour sa fille,qui tombe amoureuse d'un homme trop âgé pour elle et prétendant de sa mère...Tout les éléments du soap sont réunis.Si le trait de "Mirage de la vie" est parfois forcé,il dégage une solide émotion,prouvant que la frontière entre le bonheur et le pire reste parfois très mince.
    Yellocrock
    Yellocrock

    Suivre son activité 13 abonnés Lire ses 602 critiques

    4,0
    Publiée le 23 janvier 2013
    Un film à l'accent très théâtral, qui met en abime le genre mélodrame et nous fait une description terrible de la société Américaine des années 50. Ou comment montrer la comédie de tout les jours d'une société qui se voile la face. Une formidable composition d'acteurs, qui malgré le surfait de leur jeu savent exprimer de grandes choses en un regard. A découvrir, même si il peut rebuter certains.
    Freaks101
    Freaks101

    Suivre son activité 104 abonnés Lire ses 601 critiques

    4,0
    Publiée le 5 mars 2013
    Dernier film hollywoodien pour Douglas Sirk, « Le mirage de la vie » est un mélo original puisque son sujet principal tourne autour de la ségrégation et des rapports de classe. Cette thématique est mise en évidence par le personnage poignant de Sara Jane, jeune métisse qui renie ses origines noires, et sa mère par la même occasion. C’est à elle que l’on doit les plus belles scènes. Le final, tourné dans un style proche de l’opéra, reste un grand moment d’émotion. A noter que c’est la seconde adaptation du roman de Fannie Hurst, après celle de John Stahl, autre roi du mélo, dans les années 30.
    Jipis
    Jipis

    Suivre son activité 26 abonnés Lire ses 358 critiques

    4,0
    Publiée le 14 juillet 2012
    Une prise de conscience d’un manque ou d’une différence se manifestent par une envie d’exister ou de briser ses racines dans une page d’histoire américaine lourde en discrimination raciale. Deux éléments de deux couleurs fondamentales d’un territoire gigantesque roulent sur de mêmes rails en espérant les mêmes finalités. La différence n’a plus de raison d’être puisque chaque composant aussi éloigné qu’il puisse être de l’autre par sa couleur exécute un même parcours fuyant le pire des états, l’anonymat. « Le mirage de la vie « est un grand et somptueux livre d’images mélodramatique et romanesque comme il n’en existe plus. Une suite d’orages et d’éclaircies sur une route parsemée de séparations et de retrouvailles ayant une émotion intense comme pierre angulaire. Quoique que démodée cette potion larmoyante et naïve ne laisse pas indifférent loin de la. A sa vision il est conseillé d’emmagasiner un peu d’orgueil et de fierté quand malgré soi quelques symptômes de larmes se pointent à l’horizon. L’œuvre est sensible à recadrer dans un temps ou des psychologies tourmentées par des époques chaotiques avaient le temps et le verbe adéquat pour exprimer leurs désarrois dans des scènes prenant le temps de s’étirer. Du beau travail exécuté par le maître du genre donnant des couleurs chatoyantes à un concept foulé par des cobayes de la vie et de sa montée chromatique passant par la frustration, l’espoir, le combat et la réussite dans un contexte historique aussi tranchant qu’une lame.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    5,0
    Publiée le 24 décembre 2018
    Attention, cette critique révèle des éléments essentiels de l'intrigue ! Deux mères de famille élevant chacune seule leur enfant se rencontrent et décident de vivre ensemble : si une idée n'a jamais fait un film, elle peut grandement contribuer à sa réussite. À partir de ce quatuor, Douglas Sirk va à la fois établir plusieurs combinaisons entre les personnages et explorer individuellement chacun d'entre eux dans un ensemble divisé en deux parties, séparées par une ellipse de dix années. La première partie du film tourne principalement autour de Lora Meredith, dont l'aspiration à devenir actrice finit par se concrétiser, mais au détriment de l'amour que lui porte le photographe Steve et surtout de l'éducation de sa fille Susie. L'ambivalence autour de Lora, entre l'accomplissement d'un rêve (la réussite professionnelle et la gloire médiatique) et son revers (délaisser ses proches), vaut pour chaque personnage, tiraillé entre la dévotion et l'amour-propre. Cette déchirure est au centre de la relation entre Annie et Sarah Jane, différenciées par leur couleur de peau et son acceptation, un mal-être qui donne lieu à des scènes d'une violence inouïe comme lorsque Sarah Jane, honteuse, fuit sa mère devant ses camarades de classe ou lorsqu'elle sert un invité en prenant un accent insultant pour Annie et sa condition de domestique. L'inadéquation entre les deux femmes est totale quand Annie poursuit Sarah Jane, désormais majeure, après qu'elle a quitté le foyer pour danser dans des cabarets en cachant la couleur de peau de sa mère. On peut ainsi voir l'obstination d'Annie comme la preuve de son amour inconditionnel mais aussi comme l'incompréhension d'une honte pourtant légitime au regard du contexte social. Alors que le conflit entre cette mère et sa fille semble irrémédiable, une acceptation est finalement possible dans une scène absolument déchirante – la plus belle du film – où Annie se fait passer pour la servante de Sarah Jane; quant aux larmes qui se joignent à leur étreinte, elles précèdent une séparation quasi définitive, avant des retrouvailles mortifères lors d'une conclusion grandiose et élégiaque. Film flamboyant, d'une densité narrative impressionnante, "Mirage de la vie" nous touche intensément par sa compréhension intime de la frontière entre l'amour et la haine à travers le nécessaire passage de la protection à l'indépendance. Un chef-d'oeuvre absolu, l'un des plus beaux films du monde !
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