Chien enragé
Note moyenne
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52 critiques spectateurs

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Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 août 2017
Quand il se fait subtiliser son arme par inadvertance, un inspecteur fraîchement arrivé dans les services se voit offrir le choix de coopérer avec son commissaire dans le but de retrouver le revolver avant qu'il ne soit à l'origine d'un meurtre. Un synopsis déjà attirant renforcé par la toile de fond posant l'action dans un Japon dévasté par la Seconde Guerre Mondiale. Akira Kurosawa s'en sert pour signer un film politique et engagé sur l'appauvrissement et la dégradation du pays après les actes des américains. De suspect en suspect, les deux officiers ne trouvent qu'une population miséreuse et tiraillée moralement. Le jeune inspecteur joué par Toshiro Mifune est le premier à être choqué par la situation, considérant que chaque balle tirée sera la sienne et voyant en les soutiens du voleur, Yusa, des gens désespérés. Si le milieu est un peu à la traîne (tout en restant pertinent), c'est l'avant-dernière séquence impliquant la poursuite finale contre le voleur qui nous laisse sans voix, la maîtrise de l'espace est inouïe, Kurosawa rappelle en quelques minutes tout l'intérêt d'avoir suivi cette enquête pendant deux heures, sans dialogues et sans musique. Oeuvre d'après-guerre un peu longue, Chien Enragé reste toutefois un film très intéressant dans la carrière de son auteur.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2017
« Chien Enragé » est le premier grand film d'Akira Kurosawa, en ce sens qu'il est totalement abouti aussi bien sur le fond que sur la forme, magistralement filmé, magistralement interprété. Il s'agit tout d'abord d'un film éminemment visuel. Tout en jeux de regards, en suggestions, en significations. Le jeu de l'ombre et de la lumière, l'effet de la chaleur sur les corps, les détails qui délivrent les réponses de l'enquête, le mouvement des personnages, et bien sûr leur regard. Le regard fiévreux de Mifune, jeune inspecteur qui s'est fait voler son arme de service, ce damné revolver qui le rend malade. Et puis la composition du plan, toujours aussi parfaite, souvent construite autour de trois acteurs : tantôt pyramidale, tantôt avec le personnage central en évidence, parfois l'un de dos, toujours avec ce soin, cet art du beau, et cette force picturale. Ensuite l'interprétation de Mifune et de Shimura force le respect : crédibles à 200%, ils sont véritablement leurs personnages. Mais les seconds rôles, comme toujours chez Kurosawa (et les Grands du 7e art) ne sont pas en reste, de la danseuse au maudit voleur de pistolet. Enfin et surtout le fond, le scénario. Dans ce film, Kurosawa se fait le témoin et le peintre de l'après guerre. Dans ce pays et ce contexte apocalyptiques, il oppose deux voies : la droiture, la vertu, le courage et la ténacité, incarnés par Mifune, et la chute, le désespoir, la violence, le néant, personnifiés par Yusa, le voleur de revolver. Mais ce qui fait la force exceptionnelle de ce long métrage, c'est qu'un rien les sépare. Tous deux se sont fait voler leurs affaires en rentrant de l'armée, tous deux ont vécu la guerre et ses traumatismes. Mais l'un a tenu, l'autre s'est effondré. Pourtant tous deux sont comme des frères jumeaux, presque des égaux, tels que représentés dans un fameux plan en fin de film, où ils se jettent dans un champ, presque dans les bras, épuisés, moralement et physiquement, l'un à la poursuite de l'autre, mais semblables par bien des aspects, l'un n'allant pas sans l'autre, à l'image de ce Japon qui se relève difficilement de la guerre, avec sa face lumineuse et sa face obscure. Tout ça est dit en un plan. Toute la force du cinéma de Kurosawa réside dans ce plan, où le fond se coule dans la forme pour ne faire qu'un seul et même matériau cinématographique. C'est la grandeur de son art, de son cinéma. Mais « Chien Enragé » ne se limite pas à ce plan. C'est avant tout une enquête trépidante, inlassable. Ce sont deux courses poursuites d'anthologie. C'est un Tokyo chaotique, agonisant sous la chaleur. C'est un des plus grands films noirs de l'histoire du cinéma. Oui, le premier grand chef-d’œuvre d'Akira Kurosawa, et loin d'être le dernier.
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 février 2017
ce film clairement imité des films noirs à l'américaine est une sorte de thriller japonais confus , peu inspiré et terriblement long avec, par dessus le marché des interprètes sans grand relief. Quelques rares moments de bon cinéma-la fin dans les fleurs, par exemple- ne justifient pas l'enthousiasme assez délirant de certains. La musique est un étrange potpourri d'airs occidentaux célèbres, le comble du saugrenu étant atteint avec l'utilisation de la Paloma!
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 octobre 2016
Chien Enragé (1949) d’Akira Kurosawa fait partie des films néo-réalistes que Kurosawa a consacrés au Japon de l’après-guerre. C’est l'un des films-sommes de Kurosawa, où sa prodigieuse virtuosité technique lui permet à la fois de décrire une époque et d’exprimer sa conception humaniste de l’existence. Voir ma critique du film sur mon blog :
overlook2
overlook2

32 abonnés 163 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2016
Un des plus grands films d’Akira Kurosawa, qui trouve l’équilibre parfait entre l’intensité du film noir (une traque haletante dans les bas-fonds de Tokyo) et un discours politique d’une grande virulence (le japon humilié de l’après-guerre qui flirte avec l’abime). Le fond et la forme se nourrissent mutuellement pour arriver à une véritable quintessence cinématographique, d’où émergent avec une rare pertinence la thématique du double (le flic et le tueur sont les deux facettes du même ressentiment national) et la dimension dostoïevskienne du récit (le héros déchiré entre orgueil et auto-affliction, la plongée dans la « vie vivante » des bas-fonds, le meurtre qui se pare d’une coloration métaphysique). A cela s’ajoute des acteurs incandescents et une mise en scène à la fois implacable et se permettant les plus grandes audaces formelles (les ahurissants plan-séquences, le découpage expressionniste…). Bref, une vraie leçon de cinéma.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2016
Kurosawa qui fait dans le polar, ça donne forcément un excellent film, surtout quand T. Mifune est également de la partie. Une course-poursuite intense et haletante dans les ruines d'un pays encore traumatisé par sa défaite et la destruction d'une partie de son territoire. L'occupation US est parfois évoquée mais c'est surtout dans son étude de caractères que le film frappe juste. L'intrigue est solide, le rythme assez élevé pour un film de Kurosawa et on a droit à quelques séquences d'action vraiment solides et enlevées. Un polar noir qui tient en haleine. D'autres critiques sur
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2016
Malgré l’envie de réviser Kurosawa, ce film vu en fin d’une journée fatiguante m’a moyennement tenu en haleine. Et pourtant, le genre policier offre une intrigue à suspens, aussi intense que celle que l’on retrouvera dans la deuxième partie de Entre le ciel et l’enfer.
La peinture sociale du japon d’après-guerre est fouillée et passionnante. Le conflit entre la vieille génération de l’inspecteur Sato, interpreté par l’excellent T. Shimura, et celle du débutant, joué par T. Mifune, tout jeune acteur fétiche de Kurosawa. Mais aussi la confrontation entre les deux chemins différents pris par ceux de la nouvelle génération : la bifurcation de destin est ténue entre le jeune détective et le délinquant qu’il poursuit. Il a fallu choisir comment s’en sortir après la défaite.
Tout parait filmé avec simplicité et facilité, mais les plans sont cadrés avec soin. Ils nous sont naturels parce que copiés depuis pour devenir des classiques.
La musique est variée et pas que japonisante ! Ce film ne sera pas mon préféré de Kurosawa, mais il complète utilement l’approche de la filmographie de cet immense metteur en scène.
mars 2016
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 novembre 2015
Alors qu'il songe d'abord à démissionner après s'être fait voler son revolver chargé dans le tramway, un jeune policier va se lancer à la recherche du voleur et chercher à ce que son arme tue le moins de personnes possibles.

Dixième film d'Akira Kurosawa, Chien Enragé nous entraîne directement et sans répit dans cette affaire de vols d'armes et le cinéaste japonais orchestre son récit avec brio et talent. Tendu tout le long, il fait peu à peu monter la tension pour mieux nous immerger dans la lutte et la traque réalisée par ce jeune policier. Il retranscrit tous les doutes et le conflits intérieur qu'aura ce flic tout le long du film. L'histoire est solidement écrite et la mise en scène est au niveau, sachant la rendre prenante et intrigante dès les premières secondes et nous happe du début à la fin.

Chien Enragé est aussi intéressant sur plusieurs niveaux de lectures, derrière cette enquête très bien ficelée se cache une vision réaliste et sombre du Japon d'après-guerre. Un Japon sous l'emprise américaine et qui se rapproche donc inévitablement du mode de vie de ces derniers mais aussi un Japon pauvre et c'est au plus profond de la noirceur et de ces quartiers miteux où vole, marché noir et misère sont fortement présents que Kurosawa nous immerge. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois bien minces et il renforce souvent cette ambiguïté, notamment dans la façon dont le policier et le voleur sont similaires. Le futur réalisateur des Sept samouraïs maîtrise parfaitement bien son récit et met bien en avant la richesse de ses propos sans jamais sacrifier l'enquête et la traque qui eux, restent haletants, tout comme sa façon de dresser le portrait de ses personnages où il met aussi en place un choc de générations.

La force de Chien Enragé se trouve aussi dans la façon dont Kurosawa met peu à peu en place une atmosphère âpre, oppressante et tendue, très proche des films noirs alors en vogue dans l'âge d'or hollywoodien, et retranscrit la chaleur caniculaire de son récit. La qualité d'écriture, en plus de se voir au niveau de l'histoire et des personnages, est aussi visible sur les dialogues qui sont bien souvent aussi justes que pertinants. Devant la caméra, Toshirô Mifune et Takashi Shimura participent pleinement à cette totale réussite, tout comme l'ensemble des acteurs où chacun arrive à se fondre dans son personnage, permettant aux spectateurs de mieux s'y identifier.

Peu de temps avant d'obtenir une certaine renommée sur le territoire américain, Kurosawa livre ce polar noir, très bien ficelé, âpre et efficace où il met en scène sa vision du Japon d'après-guerre et ses bas-fond.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 190 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 octobre 2015
Vu ce film de Kurosawa au festival Lumière. J'en ai bien compris, enfin je crois, l'art, la manière et la finalité : montrer dans le Japon d'après guerre, avec comme prétexte la recherche d'une arme volée à un policier, l'évolution et les doutes de la société japonaise...doutes du jeune flic sur les concepts de responsabilité et culpabilité, évolution des rapports hiérarchiques et familiaux, destinées qui ne tiennent qu'à un fil : le flic et le voyou assassin ont le même parcours jusqu'à la guerre. Toute cela baigne dans une chaleur grise et étouffante, omniprésente du début à la fin du film (chacun sue, s'évente, s'essuie..)...mais, je me suis quand même ennuyé pendant 2 heures, à cause des longueurs et des langueurs, à cause du parler nippon ( j'ai l'impression que certains japonais ne parlent qu'en criant)..Quelques scène de supsens réussies ( l'appel du vieux flicau jeune, retardé par l'incompréhension d'un concierge) et une musique souvent étonnante ( du musette, du tango, la Paloma...)
Acidus

872 abonnés 3 941 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 décembre 2013
Akira Kurosawa met ses talents de réalisateur au service de ce bon film policier se déroulant dans le Japon d'après-guerre. La photographie est magnifique et nous ferait presque oublier une intrigue peu fouillée qui s'appuie essentiellement sur le tandem de choc Toshirô Mifune/Takashi Shimura.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 août 2013
"Chien enragé", réalisé par Akira Kurosawa, est bien plus qu'une passionnante enquête policière. On y retrouve les thèmes chers au formidable auteur japonais, tels la culpabilité, l'honneur ou encore la famille, exposés avec une certaine virtuosité. En effet, chaque image renvoie à un message d'une grande profondeur. Ici, c'est surtout une évocation d'un Japon hésitant qui nous est montré. Les différences flagrantes entre deux générations sont tout le problème de ce pays qui gère au mieux l'après seconde Guerre Mondiale. Entre vouloir conserver les traditions anciennes, et se tourner vers un mode de vie occidental, il faudra que chacun fasse son choix. Le fond et la forme se complètent donc à merveille, même si on remarque un léger moment de flottement dans la partie centrale. Ce film n'en reste pas moins superbe, en étant un excellent polar totalement ancré dans la réalité sociale de son époque.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2012
Personnellement, je ne pourrais pas mettre cette œuvre parmi les plus grandes réussites du célèbre cinéaste japonais, mais cela ne l’empêche pas d’être un excellent film. La mise en scène est superbe – car elle propose des cadrages et des plans de toutes beautés –, et l’interprétation de Toshiro Mifune et de Takashi Shimura est de très grande classe. On notera aussi la présence d’une belle photographie en noir et blanc, ce qui lui confère une noirceur qui colle bien avec le récit.
Flying_Dutch
Flying_Dutch

78 abonnés 770 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 février 2012
Sur fond de traumatisme d'après-guerre dans un Japon en reconstruction, Kurosawa prouve qu'il maîtrise tous les codes du film noir et qu'il peut aller bien au-delà. A travers une structuration remarquable de l'intrigue et des scènes du maîtrise incroyable, il distille une ambiance paranoïaque et pesante dans une atmosphère étouffante (la chaleur omniprésente du film). Cette quête obsessionnelle du héros à travers le paysage japonais nous livre des scènes époustouflantes, tant dans le réalisme que dans la dérision. Dans ce film, Mifune est l'obsession, la peur et la culpabilité. Dans Chien Enragé, le réalisateur japonais qui inspira tant de grands réalisateurs est ici au sommet de son art.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 20 décembre 2011
Kurosawa, au prix d'une longue et ennuyeuse enquête, tient à nous montrer les conséquences de la guerre sur le pays. Une photo aurait suffit.
sword-man
sword-man

103 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 décembre 2011
Malgré des qualités inéniables, notament sur le fond du film (la situation japonaise d'après guerre, la perte des traditions et valeurs japonaises, la différence de génération, le destin différent de deux vétérans), le duo de flics ultra charismatiques, et son duel final je n'ai pas réussi à rentrer dedans complètement, mais cela ne m'a pas empêché d'aimer le film. Cela dit je préfère largement "les sept samourais" du même Kurosawa.
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