Sidérante de bêtise, pétrifiante d'arrogance, la filmographie de Roland Emmerich atteint ici ses premiers sommets. Le cinéaste allemand émigré aux Etats-Unis semble mieux que quiconque s’approprier les codes d’Oncle Sam. Les valeurs de travail, famille et patrie sont omniprésentes et l’entreprise mercantile, évidente. Bravoure pompière, parents modèles, nationalisme fervent, Independence day repousse les limites du tarte à force de clichés, grosses ficelles et bâclage scénaristique. C’est bien-sûr à l’Etat-major ‘ricain, informé du monde par un poste télé, qu’on doit de mener la révolte humaine. C’est l’idiot du coin, épanoui, enfin, dans un héroïsme suicidaire, qui se sacrifiera pour l’avenir des siens. C’est carrément le Président, qu’on nous dit s’être forgé un courage sur les bancs de l’US Air Force, qui mènera l’attaque finale, réussissant là où tous ont échoué, au levier d’un rutilant F-18. Les années qui passent n’y ont rien pu faire, le scénario a fièrement gardé toute son indigence. Les incrustations CGI, en revanche, ont nettement perdu de leur magnificence. Il ne reste ainsi plus rien à ce navet hier spectaculaire, aujourd’hui fané, au succès en salles navrant mais hélas compréhensible. Rien, sinon sa lourdeur, sa longueur et son incroyable platitude.