Eve
Note moyenne
4,3
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120 critiques spectateurs

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Fred M.
Fred M.

8 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 octobre 2021
Chez d œuvre !! Pour moi le meilleur film avec la dolce vita .Anne baxter est une immense actrice se film nous surprend chaque seconde les acteurs sont d une tel intensité, le scénario est imprévisible, on a envie de le voir et le revoir pour disséquer toutes ces facettes, facettes de personnalités, facettes de manipulations. On vois l envers du décor entre le talent et les forts caractères. Le génie de mankiewicz !!! Un classique du cinéma américain.
Ykarpathakis157

6 196 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 juin 2021
S'il y a jamais eu ou s'il y aura jamais un film destiné à faire ramper les critiques c'est bien Ève. Un film où l'homme le plus intelligent est celui qui a les filles les plus sexy. En ce sens il est également attrayant pour tous les reporters et journalistes. Encore une technicité artistique bien jouée pour une histoire autrement ennuyeuse. Il est approprié qu'il soit cynique et paranoïaque et promeuve une telle vision du monde. Il réussit à être un regard intérieur auto-promotionnel à la fois sur Hollywood et le théâtre et son cercle vicieux et récurrent de la célébrité. Un regard précoce sur la transition du théâtre vers Hollywood et le désir même à la fin des années 1940 d'être une star de cinéma. Mais il n'y a pas grand-chose d'autre car il ne vieillit pas bien. Il s'agit plutôt d'un regard sur ce qu'a été la vie dans les années 1950. Comme Le troisième homme il est composé d'astuces artistiques et pseudo intellectuelles y compris des moyens de contourner la censure pour cacher une histoire ennuyeuse égocentrique. En fait il est d'un sérieux non mérité et le reflet de l'un des principaux défauts de l'industrie cinématographique de l'époque qui n'a pas su exploiter tout le potentiel d'une véritable Betty Boop en la personne de Marilyn Monroe. C'est douloureusement peu inventif tout comme ce film ennuyeux...
Redzing

1 451 abonnés 4 915 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2020
Margo est une grande vedette de théâtre, qui un jour rencontre Eve, l'une de ses plus ferventes et candides admiratrices. Devant sa gentillesse, Margo engage Eve comme assistante, mais sera de plus en plus mal à l'aise avec elle : est-elle réellement la figure angélique qu'elle prétend, ou cherche-t-elle à prendre la place de son modèle ? Classique dans la pop culture anglo-saxonne, et régulièrement référencé à ce titre, "All About Eve" est certes un film caustique sur le show-business, mais c'est avant tout une histoire universelle sur l'ascension au détriment des autres. Le film bénéficie en premier lieu d'un excellent scénario. Prenant de bout en bout malgré ses 2h15 et ses nombreux protagonistes, taclant efficacement le show-business (réalisateurs, producteurs, scénaristes, acteurs, critiques, tout le monde y est !), mais surtout le plus important : une écriture fine et subtile de ses personnages, dévoilant peu à peu leurs vrais traits de caractères et affinant leurs interactions, et ne les réduisant pas à des caricatures. On regrette peut-être que la réalisation de Joseph L. Mankiewicz ne suive pas l'inventivité de son scénario, demeurant conventionnelle (mais efficace !). Mais "All About Eve" dispose aussi de comédiens au top. On repère principalement Bette Davis en vedette qui prend de l'âge, craint sans le dire son déclin, a tendance à se reposer sur ses lauriers, tout en étant piquante et difficile avec les autres. Pourtant, loin d'être la "méchante", elle montrera une personnalité plus profonde. George Sanders campe quant à lui un critique acerbe et cynique dont le rôle lui va comme un gant, et qui scrute avec attention une Anne Baxter très à l'aise en jeune femme peut-être pas aussi innocente et modeste qu'elle ne le laisse penser. "All about Eve" mérite donc sa réputation de classique, et demeure à voir, n'ayant rien perdu de son fond et de ses qualité avec l'âge.
Hatchepsout
Hatchepsout

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 août 2020
Génial en tout point
Cette actrice brillante mais angoissée permanente qui prend sous son aile une petite arriviste qui tentera de tout lui prendre y compris son amant... qui résistera à cette louve aux dents acérées
Bette Davis est fabuleuse
Le passage de Georges Sanders remarqué
Les débuts de Marilyn qui déjà jouait les fausses ingénues
On ne peut se lasser de voir et revoir ce film
Romaric44
Romaric44

28 abonnés 325 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2020
Très beau film et surtout magnifique interprétation des 3 actrices principales!
La soif de gloire change les gens et l evolution du personnage de Eve est bien intégrée dans le film
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mai 2020
All About Eve nous emmène dans les coulisses du théâtre et dépeint ce milieu avec un certain réalisme et cynisme. Doté de personnages puissants et fascinants comme celui de Eve, jeune actrice timide qui se hisse sur le devant de la scène, ou celui de Margo Channing (joué par l'impressionnante Bette Davis) actrice victime de sa peur de vieillir et de sa paranoïa, All About Eve se trouve être une oeuvre brillante mais incontournable pour les passionnés de théâtre.
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 décembre 2022
Mankiewicz signe une satire aussi fascinante que cynique et cruelle sur les coulisses du monde du spectacle, à travers la rencontre entre une jeune arriviste dont les dents rayent les planches et une star au crépuscule de sa carrière portée par l'interprétation inoubliable de Bette Davis.
jean-marie r
jean-marie r

6 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2019
Du grand cinéma. Très fin, très intelligent. Grandes performance de Georges Sanders et Bette Davis. Mais celle qui domine la distribution de la tête et des épaules, c'est Celeste Holm. Bette Davis a eu l'oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. C'est une injustice. Gloria Swanson dans Sunset Boulevard lui était incontestablement supérieure.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2018
Film ultra moderne sur le fond et sur sa forme. D'un élégant cynisme et d'une interprétation sublime. Une tension narrative qui monte en puissance et une morale un peu immorale. Un film intelligent qui mérite sa place de chef d'œuvre qu'on lui attribue dans de nombreux ouvrages et critiques de cinéma.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2018
Très bon film sur le monde du théâtre à New-York et des paillettes (et surtout de ce qui se passe derrière les rideaux).
L'histoire capte dès le début et on ne voit pas les 2h20. L'intérêt que l'on porte à l'histoire et aux personnages est grandissant.
Le personnage d'Eve intrigue vraiment, puis devient carrément fascinant.
Anne Baxter est parfaite pour montrer un double-visage : modeste et innocente d'un côté, manipulatrice de l'autre. La scène de révélation sur les origines d'Eve est géniale. Anne Baxter montre les failles de son personnage, qui tout d'un coup s'effondre. Quant à Bette David est excellente en étoile déclinante.
Le scénario est parfaitement écrit et huilé : toutes les malices sont subtilement amenées. Les relations entre les personnages sont extrêmement bien vues, les personnages devenant les uns après les autres méfiant à leur tour à mesure qu'Eve prend du galon. spoiler: La fin est excellente (Eve qui va être victime de sa propre malice par une jeune Phoebe) et tellement pour ce personnage.

Excellent film de Joseph L. Mankiewicz.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2018
A dents de Eve. Mankiewicz aime raconter ses histoires via un personnage intermédiaire. Ici, c’est un critique qui nous présente avec une pointe de mépris et de cynisme les protagonistes de l’aventure. Il aime aussi que la notion de durée, de temps soit présente. A de multiples égards, c’est le cas ici aussi. Bref. Eve rêve de rencontrer la star des planches qui la fait rêver. Elle rêve aussi du monde des paillettes, du gotha et du succès. Pour faire sa place dans un milieu où les places sont chères, tout est bon. Vraiment tout. Bien sûr le nom du personnage principal ne peut être un hasard et la question des rapports entre hommes et femmes sera centrale dans le récit. Celui-ci est traversé par le questionnement du rapport entre la femme et le temps qui passe : La peur de vieillir, d’être moins belle, de ne plus être compétitive face à de jeunes louves aux dents longues. Il se moque aussi de ces hommes manipulables et parfois spectateurs de drames qu’ils ne comprennent pas. On pourra se demander si le propos est réellement optimiste et positif tant la férocité est de mise dans le ton employé à l’encontre de ces femmes qui semblent être perpétuellement victimes d’elles-même. Autres piques, les remarques sur le succès du cinéma hollywoodien, futile, clinquant et tellement populaire semblent trahir le regard de Mankiewicz sur son propre milieu. Belle réflexion également à propos du rôle de l’interprète … muse, faire-valoir ou simple instrument du créateur ? Tout cela est bien sûr parfaitement contestable et l’on se demande si le fond de l’affaire n’est pas une simple et féroce misogynie. Question d’interprétation probablement. Reste que ça fourmille d’idées et de pistes de réflexion, que la mise en scène est soignée et rigoureuse (belle utilisation des décors, une mise en abîme) et que l’on rit de bon cœur. Le film aurait cependant gagné en efficacité en enlevant 30 petites minutes.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 février 2018
Magnifié par l'interprétation éblouissante de Bette Davis, géniale dans le rôle d'une comédienne sur le déclin capricieuse et acrimonieuse, et d'Anne Baxter, dont la fausse naïveté va se transformer en cynisme abject, Ève remporta en 1951 pas moins de six Oscars mérités. Long-métrage sur l'ambition folle d'une actrice prête à tout pour réussir, autant que portrait acerbe des coulisses du monde du spectacle et que réflexion sur le système et le cycle de la célébrité, le film bénéficie d'un scénario limpide et brillant malgré sa succession de flashbacks qui pourrait dérouter. Un classique.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2018
Un des chefs d’œuvre d’un maître du cinéma des 50’s : une construction maline, un film qui se dévoile en douceur, un casting hors pair, des dialogues de haute volée… et bien d’autres qualités pour un film qui regarde les comédiens sans complaisance. Un film où tous les comédiens sont montrés comme des personnalités double chahutés entre leur véritable identité et l’image qu’ils renvoient. Et puis à l’image du « Citizen Kane » de Welles ; Mankiewicz tente de nous dévoiler le vrai visage d’Eve, son essence à travers le regard de ceux qui l’on côtoyé. Et pour aller plus loin dans l’analyse de ce chef d’œuvre ; Strum : « Histoire d’une comédienne arriviste, et de ceux qui observent son ascension, All about Eve (1950) de Joseph L. Mankiewicz contient des dialogues si fins, si spirituels, qu’ils laissent sur les lèvres un perpétuel sourire. C’est l’un des films les mieux dialogués de l’âge d’or d’Hollywood. Comme souvent chez Mankiewicz, le film reconstitue le parcours d’un personnage, en faisant appel à différents témoins. Un long flashback occupe le coeur de la narration, commençant lors de l’entrée d’Eve Harrington (Anne Baxter) dans le monde du théâtre new-yorkais et s’achevant sur son triomphe, l’obtention du prix Sarah Siddons (inventé par Mankiewicz), la plus estimée des récompenses de la profession. Entre ses débuts discrets et son arrivée au faîte du théâtre, Eve se sera dévoilée sous nos yeux, passant du statut de provinciale timide à celui de redoutable « tueuse » (dixit Addison DeWitt) prête à tout pour servir sa carrière. Eve, « jeune par l’âge mais dont le coeur est aussi vieux que le théâtre« .
Mankiewicz a toujours été féru de flashbacks et on en trouve dans Chaînes Conjugales (1949), La Comtesse aux pieds nus (1954) ou Soudain l’été dernier (1959). Mais ce n’est pas le moyen narratif du flashback qui attire ici l’attention, c’est l’usage, beaucoup moins usuel au cinéma, de trois narrateurs différents, auxquels s’ajoute Eve le temps d’un monologue. Ce procédé qui vient de la littérature (premier amour de Mankiewicz) donne au film son cachet particulier, il lui permet non seulement de cerner les personnalités divergentes des trois narrateurs (DeWitt, Margo et Karen), mais aussi de porter sur Eve un regard croisé qui révèle progressivement ses agissements. Le premier maitre du récit polyphonique par la finesse des caractérisations psychologiques fut Dostoïevski, mais c’est Faulkner, Virginia Woolf, et Dos Passos qui en ont poussé la logique jusqu’au bout en destructurant les récits de leurs livres, les divisant parfois en blocs narratifs successifs appartenant chacun à un narrateur différent. C’est ainsi que procède Mankiewicz dans All about Eve (« comme dans un roman » dit Karen à un moment). Utilisant toutes les ressources de ce hors champs sonore qu’est la voix off (ici, elle informe moins qu’elle ne donne un point de vue, un ton particulier à la scène décrite), il fait alterner les narrateurs de son histoire, cette alternance de points de vue la faisant voir selon plusieurs perspectives différentes, comme si Mankiewicz nous entrainait derrière le récit de surface, dans les coulisses d’un théâtre où comédiens, metteurs en scène, dramaturges, critiques réfléchiraient à haute voix à leur propre rôle, chacun donnant de lui-même sa propre définition. Car cette description du milieu du théâtre est aussi une étude de caractères.
On aperçoit ce procédé dès la scène introductive de remise du prix. C’est d’abord l’inimitable voix de George Sanders que l’on entend, avec cet accent aristocratique et cette pointe d’ironie qui dissimulent la brutalité et le mépris de son personnage, le critique Addison DeWitt. Ce prisme misanthrope amuse grâce aux aphorismes trouvés par Mankiewicz sur les comédiens et le théâtre mais il aurait introduit entre nous et l’histoire un écran de cynisme si DeWitt en avait été le seul narrateur. Or, de manière inattendue, sans même que l’image nous prévienne à l’avance (dans ce film, les voix ont toujours un temps d’avance sur l’image qui est un peu négligée), Mankiewicz change de narrateur au cours de la scène. C’est maintenant la voix moins assurée de Karen Richards (Celeste Holm), épouse du dramaturge Lloyd Richards, qui parle. La voix de la candide Karen, extérieure au milieu théâtral, possède un ton plus doux, le ton du regret, le ton du naïf qui s’est laissé berné et n’arrive toujours pas à le croire. C’est elle qui nous fait rencontrer Eve quand débute le flashback. Parce qu’Eve assiste à toutes les représentations de la pièce que joue la grande comédienne Margo Channing (Bette Davis), Karen, touchée de cette constance, l’introduit dans la loge de Margo. C’est l’occasion pour Mankiewicz de renverser à nouveau le point du vue du récit. C’est à présent Eve qui le narre à travers un monologue adressé à Margo, Karen et Lloyd, et on se laisse prendre comme eux (des contrechamps sur leur visage captivé amplifiant l’effet recherché) au récit de sa vie qui compose la figure d’une apprentie comédienne malmenée par les coups du sort. Seule Birdie (la toujours juste Thelma Ritter) se méfie de ce compte-rendu par trop édifiant. Et en effet, ces souvenirs se révéleront faux et les mots utilisés par Eve mensongers, alors que ce que montre Mankiewicz par l’image semble vrai. Mais même l’image ment quand il s’agit d’Eve car son sourire juvénile n’est qu’un masque.
Ce n’est qu’ensuite que nous passons à notre troisième (ou quatrième si l’on tient compte du monologue d’Eve) narrateur, c’est-à-dire Margo. C’est une voix lasse, éraillée par le tabac, mais aussi pleine d’un orgueil blessé, la voix de la tempétueuse Bette Davis qui confère beaucoup d’humanité et de classe à son personnage de comédienne craignant les atteintes de l’âge. Une voix d’amoureuse aussi car Margo aime un homme plus jeune qu’elle, le metteur en scène Bill Sampson (Gary Merrill). La partie du film dédié à Margo est la plus émouvante, la plus attentive aux personnages, et nous libère du cynisme de DeWitt. Mankiewicz nous montre la femme amoureuse derrière le masque de l’actrice, qui craint d’avoir perdu quelque chose de féminin en répondant aux demandes d’un dur métier, la femme minée par la concurrence de plus jeunes comédiennes. Et Eve se montrera une redoutable concurrente. Toutes les scènes de dispute entre Margo et Bill sont formidables, Mankiewicz s’avérant un remarquable observateur des mécanismes de la dispute conjugale, éclairant cette étincelle qui met le feu aux poudres, et trouvant de spirituelles formules autour de la question clé de l’âge de Margo (« J’ai toujours nié ta présence sur scène le soir où Lincoln fut assassiné« ). Le sommet du film est d’ailleurs la soirée que donne Margo chez elle, où le producteur Max Fabian (Gregory Ratoff) et une jeune Marilyn Monroe, plus ravissante ingénue que jamais, complètent la galerie de portraits. Mais c’est une autre scène de dispute, entre Margo et le dramaturge Lloyd cette fois, qui contient mon aphorisme préféré du film : « Il est temps que le piano réalise qu’il n’a pas écrit le concerto ! » Mankiewicz fut un maître du duel dialogué, au point d’en abuser dans certains films. Hollywood est aussi plusieurs fois la cible du film, comme il se doit dans un récit qui se passe dans le milieu du théatre, la rivalité entre ce dernier et le cinéma n’étant pas un mythe. Même Zanuck, qui produisit All about Eve, est nommé dans le film, ce qui anticipe nombre de mises en abyme des décennies suivantes. Cela n’empêcha pas Hollywood (la profession aimant toujours que l’on parle d’elle, fut-ce en mal) de couvrir le film d’oscars.
Par cette narration alternée, car ensuite les voix vont de plus en plus se chevaucher, Mankiewciz parvient à ses fins, qui sont les mêmes que celles des romanciers qui l’ont précédé dans cet exercice : soulever les voiles successifs des apparences, les voiles dont s’ornent par les mots et les costumes les comédiens de théâtre, pour s’approcher de la vérité, de la véritable histoire derrière le glamour des cérémonies et des magazines, à Broadway comme à Hollywood. Le récit polyphonique n’est donc pas utilisé ici pour dire l’impossible recherche d’une vérité unique comme dans Rashômon (1951) d’Akira Kurosawa qui jeta le doute une année plus tard sur la fiabilité de tous les narrateurs de son récit. Au contraire, dans All About Eve, une forme de vérité apparait : la révélation de la personnalité des trois narrateurs, que l’on devine à travers leurs mots et leurs actes, et la vérité qui finit par cerner le personnage d’Eve. Ce faisant, Eve est prise à son propre piège. Une fois le premier masque de la jeune candide enlevé, une fois le portrait de la comédienne arriviste achevé (Eve comme Evil), elle se trouve obligée de conserver sur son visage ce deuxième masque (car ç’en est un aussi), ayant trouvé en DeWitt un adversaire à sa taille, encore plus cynique et manipulateur qu’elle. Nous savons tout de la manière dont Eve est parvenue à ses fins (« All about it« ), mais savons-nous vraiment tout sur Eve (« All about Eve« ), l’avons-nous vu sans masque ? Le manipulateur trouvera toujours plus manipulateur que lui, et l’histoire se répétera encore et encore (voir cette démultiplication de l’image dans une glace à la fin), une morale toute mankiewiczienne dont on trouvera des échos dans plusieurs de ses films. »
Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 888 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2023
Ce film de Mankiewicz est très bien écrit, le scénario est "ficelé aux petits oignons". Néanmoins il a vieilli et reste, je pense, adapté à un public averti.
On y voit évoluer une Bette Davis, une actrice de théâtre en pleine gloire (qui me rappelle Dominique Blanc) en couple avec un metteur en scène, Gary Merill (qui a des ressemblances avec Jean Poiret), autour desquels gravitent un journaliste ambitieux, un autre couple, lui auteur à succès, elle, bonne conseillère.
Tout ce petit monde va être ébranlé par l'arrivée opportune de Anne Baxter qui va se révéler être une ambitieuse et une manipulatrice de premier plan. Pour peut-être finir elle aussi par être prise à son propre jeu.
Ce film décrit les coulisses de la vie théâtrale, n'en donnant pas une bonne image bien sur, basé sur la vie de cette jeune arriviste qui fait tout pour atteindre le succes quitte à se faire passer pour une ingénue.
ManoCornuta

359 abonnés 3 070 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2017
Vision plutôt cynique du monde du théâtre, de ses faux-semblants et du cruel destin des comédiennes, Eve bénéficie du remarquable tour de main de Mankiewicz pour découper au scalpel les moindres aspects de son sujet. Le titre original en dit long sur la mécanique du film: le personnage d'Eve est analysé sous tous les angles, à travers tous les regards, se dévoilant peu à peu avec une précision de chirurgien. L'ensemble du casting se régale de bons mots et répliques cinglantes, et si la mise en scène est un peu datée elle est néanmoins très habile et ne souffre aucune faute de rythme. De Bette Davis à Anne Baxter, les actrices sont à l'honneur et tirent leur épingle du jeu. Un regard incisif et une réflexion encore très d'actualité sur le fonctionnement du star-system et les ambitions dévorantes qu'il suscite.
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