Boogie Nights est l'une des Œuvres les plus cultes de son réalisateur, d'ailleurs quel dingue ! D'entrée de jeu, ce plan à lui seul tire la quintessence de toute une idée de cinéma, une vision au sens large que seul un passionné peut ressentir et retranscrire de telle sorte. Paul Thomas Anderson pour son deuxième long-métrage parviens déjà à concrétiser toutes les envies démentielles de son esprit pour les assembler sur deux heures et trente minutes virevoltantes, incroyables, incandescentes. J'arrête avec les superlatifs, tout du moins, pour cette partie.
Mon second visionnage ce soir de ce film est venue réveiller mes souvenirs de juillet 2014. Les Artistes de ce film n'y sont évidemment pas pour rien. Heather Graham, Burt Reynolds, William H. Macy, Julianne Moore, John C. Reilly, Don Cheadle, Phillip Seymour Hoffman, Luis Guzman et surtout Mark Whalberg viennent s'offrir là leurs plus grands rôles ( ou presque ) de leurs carrières respectifs ! On rit beaucoup, y compris lors de certaines situations très violentes, l'ironie de Paul Thomas Anderson fait des merveilles sur ce point. Le regard vitreux en fin de film de Dick et de ses deux compagnons dans le salon de Rahad ( Alfred Molina complètement habité ! ) agrémente toute cette aliénation. D'ailleurs, puisqu'il est question de regard, avant de nous faire basculé, Boogie Nights nous démontre son étincelle. Dick peut encore servir d'exemple, mais pour le coup c'est cette fois-ci Jack qui m'a le plus frappé lors de ce second visionnage. Burt Reynolds est absolument divin dans sa composition, c'est de lui qui part le tout. Comme quoi mes résolutions sur les superlatifs ...
La fresque, ou alors la chorale de PTA file à toute allure à tel point que le temps défile à toute vitesse. J'ai cependant très envie de m'arrêté sur quelques moments de ce film, particulièrement cette scène croisé ou la violence résonne de touts les cotés.
Ce passage ou Dick se fait démolir par ses types après sa tentative raté de prostitution tout comme le passage à tabac de cet étudiant par Rollergirl et Jack après " l'incident " de la limousine, sans oublier Buck et son petit tour sanguinolant à la Boulangerie du coin continue de marquer ma rétine et charcute mes émotions tant il y'a dans ce geste tout un développement, une connexion à la fois somptueuse mais aussi destructrice que salvatrice. Le suicide de Little Bill après l'énième tromperie de sa femme ( qu'il assassine en peu plus tôt ) questionne également la faiblesse et la blessure profonde d'un homme qui perd toute illusion.
Anderson, ne justifie rien, il appuie, le parloir entre Jack et le Colonel n'a cependant pas tout à fait la même connotation, le seul regard réprobateur et condamnant de ce film. Une scène affreuse, magnifiquement mis en scène. Tout le paradoxe viens de cette idée à déconstruire le beau du laid, à les confondre, à transgressé les règles, les codes, les attentes. L'étalage de l'Art de ce cinéaste se transmet dans cet amour inconditionnel pour la réalisation, on prend.
Boogie Nights se targue d'être bon partout, tout le temps, en met plein partout et donne des complexes à beaucoup d'entre nous ... Même sa B.O est impeccable !