D’une justesse prémonitoire hallucinante, Soderbergh met en scène l’histoire d’une pandémie, relatée de manière chirurgicale et didactique mais passionnante et effrayante, et servie par une distribution de ouf.
Dans Contagion (2011), un virus inconnu et mortel, apparu pour la première fois à Hong-Kong, transmis par les voies respiratoires et/ou par des objets contaminés, se propage comme une traînée de poudre à travers la planète, causant très rapidement des millions de morts. S’inspirant de l’épidémie de SRAS et de la grippe H1N1, la ressemblance avec la pandémie du Covid 19, apparue en novembre 2019, ne fait que confirmer le propos extraordinairement prémonitoire de Steven Soderbergh et de son scénariste Scott Z. Burns.
Retrouvez mon analyse complète sur un photogramme de " Contagion " de Steven Soderbergh sur mon blog : http://etoilesdetoiles.blogspot.com/2022/06/le-virus-de-larrogance-chez-steven.html
Comme tous les films prémonitoires, il est clair que le regard sur "Contagion" a considérablement changé depuis que la réalité a rattrapé la fiction. En l'occurrence, un scénario sur une pandémie mondiale, inspiré du SRAS de 2003 et de la grippe aviaire de 2009, qui s'avère être une représentation fidèle de la gestion de l'épidémie du covid-19 de 2020/2021 ! Paranoïa. Relations tendues entre diplomates, militaires, politiques, industriels et scientifiques. Quête et distribution difficile du vaccin, confinement, gestes barrière, gel hydroalcoolique, pillages, complotistes et affabulateurs, poids des réseaux sociaux, propos anti-vaccins, "perte" de l'adolescence pour les jeunes... Presque tout y est, avec 10 ans d'avance ! Ne manquent que les bagarres autour du papier toilettes, et la proportion de personnes anti-vaccins, beaucoup plus faible en 2011 qu'en 2021... Cela témoigne du sérieux et de la perspicacité dont on fait preuve les scénaristes. Au-delà de ça, il s'agit d'un thriller choral bien huilé. De multiples personnages, incarnés par une distribution 4 étoiles, qui dopent l'intrigue sans perdre le spectateur. Une mise en scène volontairement froide pour renforcer le réalisme du film. Et surtout, une tension qui monte crescendo. La musique synthétique et les petits focus sur les zones de contamination aidant à cela. On ne se perd jamais, les enjeux sont clairs et concis. Du bon thriller médical, du bon Soderbergh.
C'est amusant de voir Contagion post-covid. Ça met les choses en perspective, montrant ce que le film exagérait, avait bien vu ou sous-estimé dans sa vision d’une pandémie. On voit d’autant mieux où celui-ci dramatise dans le but d'avoir un scénario accrocheur, mais aussi ce qu’on aurait dû prendre avec plus de sérieux et qu’on aurait en réalité eu tort de mettre sur le compte du divertissement. En fait, avant le covid, je ne me serais pas douté·e d'à quel point il pouvait être visionnaire, aussi bien en surface (la pandémie) que plus en profondeur, dans son étude de l’impact social d’une telle crise sanitaire. Avoir écrit un rôle de bloggeur antivax par exemple (Jude Law), c'est presque du niveau de Don't Look Up en termes de social awareness, même si le personnage est amené de manière assez anecdotique – et partout ailleurs on sent l'impact qu'ont eu les consultants dans le domaine médical.
Contagion est donc le parfait exemple d'un film de divertissement qui sert aussi à tirer une sonnette d'alarme. On peut l'analyser et le critiquer, le trouver ennuyeux et parfois un peu à côté de la plaque comme c'est un peu mon cas, mais derrière ses petites incohérences et ses tentatives parfois maladroites d'imaginer le pire scénario, je n’ai pas de mal à imaginer que Contagion a un peu adouci l’impact du SARS-CoV-2. A-t-il convaincu quelques conspirationistes ? Démontré les dilemmes des gouvernements ? Poussé quelques inquiets à la vaccination ? En tout cas il a accompli sa mission, cette mission avouée par une petite note en fin de générique de ce film de 2011 qui sort brusquement les spectateurs les plus assidus de tout fantasme d’anticipation : "il ne s’agit pas d’un "et si", mais de "quand"".
Le navet de haut vol. Cette pléiade d'acteurs confirmés, et stars pour certains, est au service d'un scénario sans continuité (des pans entiers de personnages disparaissent en cours de route et le film ne nous dit pas ce qu'ils deviennent). Ou alors faut-il considérer que le film est très mal monté? Pas de tension, pas de dramaturgie, tout est mou. Un film mou. Cette histoire ne suscite aucune empathie et l'on se moque de ce qu'il advient ou peut arriver aux personnages. Il fait regretter la bonne série B de Wolfgang Petersen, Alerte ! (Outbreak, 1994) qui passe pour un chef d’œuvre à côté de cet objet flasque. Par ailleurs le film sombre dans le ridicule à la fin en nous expliquant l'origine du virus (des chauves-souris mangent des bananes qui sont mangées par des cochons qui eux contaminent l'homme). Le film ressemble à un téléfilm bas de gamme. À moins que ce soit un film expérimental et qu'il faille l'apprécier au troisième degré... Le sujet est plus adapté pour une série télévisée.
Contagion, de Steven Soderbergh, est un excellent thriller qui fait gravement échos à ce que nous vivons actuellement... Dès le début, le film nous plonge dans une ambiance malsaine, lugubre et malheureusement si réelle. Les enjeux et le ton du film sont donnés. Contagion à l'intelligence de nous montrer non pas un seul et unique point de vu d'un seul personnage, mais bel et bien une myriade de points de vue différents et variés. Ainsi, on observe comment, un père de famille, une épidémiologiste, un scientifique et un journaliste (en trautre) sont impactés de manières différentes. Soderbergh nous montre ; avec un calme surprenant et une mise en scène minimaliste ; les nombreuses conséquences sociales et économiques créer par la pandémie. Le film à tout prédit (avec un peu plus de gravité tout de même) les évènements de 2020, et c'est aussi impressionnant qu'effrayant. Les mensonges de l'état, la ruée sur les produits de première nécessité, la méfiance des vaccins,etc... absolument tout est vrai. S'ajoute à ça une une fin qui se veut porteuse d'espoir, mais qui, en revenant en arrière pour expliquer les origines de la maladie, nous présente un futur peu enviable... Enfin, le casting est excellent, en particulier Laurence Fishburn, Marion Cotillard, Bryan Cranston, Matt Damon et Kate Winslet. Un film bouleversant !
Je viens de voir le film pour la première fois, et je trouve cela perturbant d'avoir un film autant visionnaire. Je me pose quand même une question : comment ont réagit les acteurs de ce film lors de la découverte du Covid-19 et de tout les protocoles engagés ? Et qu'en penserais les critiques d'il y a quelques années ? Modifierait-t-il leurs avis ?
Un rythme lent mais réaliste, voir ce film post-covid donne une étrange sensation quand même ! Très bon casting cependant mais ça ne sauve pas entièrement le film. La dernière séquence à la fin est géniale
Revoir contagion en 2022 à un petit côté désuet. Il ne s'agit plus d'un film catastrophe mais d'une épopée presque réaliste. Les défauts du film n'ont pas changé : scénario parfois décousu, absence de profondeur des personnages, mise en scène un peu hystérique, Matt Damon en mode touriste qui ne fait même pas l'effort de jouer.
Décrié à sa sortie en 2011, car trop mou pour beaucoup de spectateurs, notre regard est profondément changé 10 ans plus tard, dans l'après covid. Il est effarant et incroyable de voir le nombre de similitudes entre la fiction et le récent vécu. Tout y est, de la peur au sauvetage, de la recherche des causes aux solutions extrêmes, la méfiance des enjeux financiers et les personnages publics septiques. Impressionnant de réalisme et froid dans ton esthétisme et sa façon de dire les choses, Contagion est un film qu'on aurait du prendre plus au sérieux à sa sortie, tel un documentaire sur les risques à venir.
Regarder "Contagion" dès la décennie 2020 constitue assurément une expérience particulière. En effet, on ne peut qu'être surpris voire effrayés par le nombre de situations similaires avec la crise sanitaire du covid. Quoi qu'il en soit, Steven Soderbergh a signé un film efficace, porté par un casting de haut vol. À l'inverse des autres productions centrées sur une crise sanitaire qui misent beaucoup sur le spectaculaire, le cinéaste opte pour une approche sobre et réaliste du sujet. "Contagion" constitue donc un film sobre et intelligent sur le processus de lutte contre un virus. Le seul reproche qu'on peut lui adresser concerne l'étendue de son casting. Tous les personnages ne sont pas forcément maîtrisés et aboutis jusqu'au générique final. Un exercice de style rempli.
J'ai juste halluciné apres avoir vus le film qu'il avait été réaliser en 2011, moi qui était persuadé qu'il s'agissait d'un film sur l'apparition du corronavirus.