Louise Wimmer est une femme, proche de la cinquantaine, sans logement, vivant dans sa voiture, jonglant entre plusieurs emplois de femme de ménage et vendant de temps en temps quelques affaires pour se faire un peu d'argent. Mennegun se contente de faire un portrait de femme dont on ne saura pas exactement pourquoi elle a fini à la rue : un divorce vaguement évoqué et sur lequel le réalisateur ne s'attarde pas. Ce qui semble l'intéresser, c'est le combat de cette femme, battante, parfois au bout, les rides marquées par les nuits passées sur la banquette de sa voiture, dégageant étrangement une certaine sensualité contrastant avec sa voix grave et rauque. "Louise Wimmer" est un mélange de pudeur et de voyeurisme. Mennegun ne verse pas dans le pathétique, et lorsque les larmes de Louise coulent, c'est au détour de quelques verres de trop dans un bal communal, la faute à une solitude étouffante. Cependant, Mennegun ne cache rien non plus : Louise se lave dans les toilettes d'un bar, s'adonne à des relations sexuelles tarifées (ou que l'on suppose comme telles), monte un stratagème pour manger gratuitement dans un self... Bref, elle survit. Le scénario de « Louise Wimmer » est très mince, le film est une chronique, un bout de vie d'une femme dont il nous montre tout, et qui repose sur une seule question : Louise trouvera t-elle un logement ? Cyril Mennegun filme plus une femme qu'un scénario, rendant Corinne Masiero tour à tour séduisante et vieillie, souriante et désespérée, mais toujours vivante. La réussite de ce film lumineux est à comparer avec l'échec de "Une vie meilleure", de Cédric Kahn, sorti la même semaine, et qui parle du même sujet : les effets de la crise sur une classe moyenne qui s'appauvrit. Et c'est bien "Louise Wimmer" qu'il faut aller voir...