Le Cheval de Turin
Note moyenne
3,6
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65 critiques spectateurs

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Romain Jouin
Romain Jouin

8 abonnés 18 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2011
Surpris. Bela Tarr propose un film énervant à souhait, insupportable, on a physiquement envie de vomir, de bouger, de sortir, et pourtant on reste, tant on a envie de savoir, d'abord, ce qu'il va se passer, ensuite, comment quelqu'un a-t-il pu financer un tel film, et enfin, pourquoi ce film, quel est le message ?? Et finalement on est surpris, supris par la fin, qui arrive à un moment où on n'a pas l'impression d'être resté 2h30 dans la salle : surpris donc de voir que nous ne nous sommes pas tant ennuyé que cela finalement, le temps passe sans problème ! Surpris encore par la dernière scène, qui révéle le film, qui donne tout son sens à ce film lent, long, étendu, qui s'éternise dans un clair obscur rembrantesque. Surpris ensuite, en sortant de la salle, quasi énervé, mais déjà surpris, par ce film qui ne vous lâche plus : on y repense, on revoit le film étape par étape, scène par scène, dans lesquelles il ne se passe rien, et pourtant où il se passe tant de choses !!! Surpris par la profondeur de l'analyse, la simplicité du message et du médium de transmission : des images quasiments vides, un scénario qui "tient sur une page", des dialogues quasi-inexistant, et pourtant tout est là : la folie de Nietzsche, la vie, la mort, l'innutile... Surpris donc de trouver tant de sens et de puissance "brute de décoffrage", dans ce film mort, sans action, avec seulement deux principaux acteurs, avec des moyens qui semblent si faibles... Un film majeur sans doute, un OVNI philosophique, qui revisite sans doute des pans entiers de la philosophie Nietzschienne (je ne la connais pas, j'imagine). C'est finalement très très fort, profond, et captivant. On peut le dire, c'est insupportable à regarder, mais ce film tient du génie !
manuinho
manuinho

5 abonnés 112 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2011
Voilà qui résume bien ce qu'est la magie du cinéma , à savoir : magnifique traitement technique de la caméra pour des cadrages préçis et son noir et blanc réel . Parfaite connaissance du sujet traité ou les acteurs paraissent plus qu'authentiques . Voiçi une première expérience conquise qui va me conduire à découvrir le travail de ce réalisateur . Pour public cinéphil .
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 18 décembre 2011
J'ai résiste vaillamment pendant une heure, puis terrassée d' ennui, j'ai quitté la salle, juste après le discours apocalyptique du voisin... Des patates filmées sous toutes les coutures, la nuit qui tombe, le vent qui souffle, les rituels de vies arides, pourquoi pas, mais en plan séquence, c'est insoutenable... J'ai compté 3 ronfleurs dans la salle. Pourtant, belle idée de départ, la
vie du cheval de Nietszche.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 décembre 2011
Hypnotisant... C'est la première fois qu'un film m'a emmené ailleurs..... dans une autre dimension... et ceci sans aucun produit....lol. Trève de plaisanterie, ce film est un pur chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 décembre 2011
Alléché par les critiques des journaux et des spectateurs,et persuadé de voir un beau film,je fus ,après même pas 5 minutes dans un état d'exaspération qui alla grandissant pour finalement partir sans regret après 1 heure de calvaire!!

la première image interminable(plus de 10 mn) du cheval au pas dans un vent glacial commence à m'énerver ,les scènes répétitives dans la maison d'une glautitude absolue,le discours incompréhensible du visiteur venant chercher sa gnole,m'ont fait quitter ce film d'une avec un soulagement évident et une envie de crier :"quelle connerie "..
SmEuG
SmEuG

52 abonnés 248 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 décembre 2011
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Bela Tarr a un style très particulier qui en rebuterait plus d'un. Maître du plan-séquence, ses films peuvent paraitre incroyablement long et ennuyeux à partir du moment où l'on accroche pas à son cinéma. Mais il a un talent que personne ne pourra jamais lui enlever. Derrière la froideur, le noir et blanc cafardeux de son oeuvre, se cache un maître de la caméra qui n'a jamais renié vouloir se délivrer du côté factice des fictions au cinéma pour se tourner vers une approche plus réaliste et authentique dans la manière de filmer. Cela peut paraître étrange au vue de l'éventail stylistique baroque dont ses films font preuve, qui pourrait tendre vers un cinéma "faux".
Le premier plan du Cheval de Turin confirme le contraire. Il a beau surenchérir dans l'esthétique, le film sonne incroyablement réel. Le film est vivant, du pur cinéma sensoriel. Lorsque le vent fouette sans relâche les mentaux gris des deux personnages, c'est comme s'il venait claquer sur nos propres visages, quand Ohlsdorfer gémit en ingurgitant ses patates vaporeuses, la sensation de brûlure nous contamine, lorsque les jours se répètent inlassablement, toujours plus silencieux mais couverts par cette musique hypnotique et cataclysmique, on ne peut s'empêcher de croire à notre propre folie, à une fin certaine qui s'approche de petit à petit. Bela Tarr pose donc la question du jusqu'au-boutisme de l'implication du spectateur au cinéma, n'hésitant pas à lui faire subir la même boucle infernale que celle que celle qu'il inflige à ses personnages. De cette façon, il brise une partie de la magnificence picturale et harmonieuse de ses précédents films pour le bien et la cohérence de son histoire. Pourquoi sublimer une vieille bicoque insalubre quand celle-ci se doit d'être sombre et étouffante?
Le film n'en demeure pas moins (d'avantage?) incroyablement beau et soigné, certains plans sont à tomber par terre, en particulier celui d'ouverture ainsi que le plan final.
Le Cheval de Turin raconte spoiler: la fin du monde (ou d'un monde)
de façon symbolique, terrifiante et demeure l'un des meilleurs films de l'année.
Philippe2312
Philippe2312

4 abonnés 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2011
Je dois ecrire au minimum 50 caractères : Splendide.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 décembre 2011
C'est le premier film de Bela tarr que j'ai pu voir au cinéma. Pour les autres je me suis contenté de la version DVD. Alors, je ne sais pas si c'est le fait de le voir sur grand ecran, plongé dans la tranquilité de la salle de cinéma, absorbé par l'image qui nous envahit, mais pour moi, ce film de Bela Tarr est celui qui va le plus loin dasn l'hypnotisme. Bela Tarr a ici transposé la forme de "variation" que l'on peut trouver en musique dans un film. Les même scène toujours filmé mais sans jamais être vraiment les même, et cette issue qui se dessine peu a peu au fill du film et nous abandonne sur l'eternité.
Une nouvelle forme de cinéma.
Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2011
EX-PE-RIENCE. On ne peut décrire autrement ce film de Bela Tarr. La mise en scène (comprendre « cadres et mouvements » uniquement) est d’une beauté à tomber, associée à une lumière grise crépusculaire. Peintures animées ou images peintes ? la frontière est alors bousculée par Tarr ((étrangement Gerry m’avait donné cette impression (en mieux cependant)). Expérience de cinéma car il est bon de noter la dimension temporelle de l’œuvre, parfois nuisible à l’ensemble, c’est lent, très lent, long et bon. Paradoxe, quand le temps de scénographie est une des valeurs les plus importantes du film. On en sort cependant perturbé, vidé, moralement et physiquement, essayant de chercher au plus vite un rayon solaire. C’est avec cette dernière sensation que le mot cinéma nous revient à l’oreille quand on peut considérer que le 7ème art est présent pour bouleverser les codes du formatage blockbuster qui fêtera bientôt ses 40 ans. Le dernier plan d’un noir et blanc lumineux résume à lui seul l’ensemble du film, en parler serait le dénuder avant l’heure. Comme tout grand moment d’extase les préliminaires visuels et sensoriels sont de mise et Tarr, pour un dernier film ( ?) l’a compris et nous l’offre comme une ode à l’art.
http://requiemovies.over-blog.com/
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 6 décembre 2011
Une étoile, parce que j'ai vu mieux de ce réalisateur -c'est tout de même une des rares fois où j'arrive à m'endormir au cinéma
Peu de plans qu'on l'on puisse qualifier de beaux et jouer uniquement sur le registre du statique est inacceptable pour un réalisateur comme Bela Tarr
Dommage!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2011
Film d'une force incroyable. Pas facile, mais dans le même temps cinematographiquement pour moi parfait.

Magnifique critique sur cinéfiches.com:


"Expérience cinématographique ultime qui met en scène et en abyme notre propre perdition existentielle, une invariable glissade vers le néant alentour qui vente et grouille dans les soupentes. En effet, sommes-nous tellement éloignés de ces deux personnages emblématiques de la nature humaine, avec sa récurrence quotidienne, ses insoupçonnables banalités et ses obstinés croyances, ballotés entre des besoins primaires incontournables, des activités professionnelles contraintes et des tâtonnements culturels limités ? Avec ses faramineux plans-séquences, dévidés jusqu'à l'extrême, dans une puissante psalmodie visuelle, hypnotique et catatonique, Bela Tarr déconstruit le monde et démasque les apparences, pour parvenir à un cinéma primaire, souverain, d'avant le regard, d'avant la narration, attestant de la vacuité de vivre et de l'inéluctable avènement d'un silence atterré et définitif, sans damnation ni rédemption..."
stebbins

564 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2011
Jusqu'au bout de la mort, il y a peut-être l'éternité... Ultime grand Tarr, Le Cheval de Turin est un long périple dépressif composé de trois personnages, d'une ferme, d'un puits et d'un vent constant dans les oreilles. Il va sans dire que ce film-testament ne ménage pas son spectateur, ne cherchant jamais l'attraction, encore moins la facilité : l'oeuvre est pénible voire même indigeste, imbibée de noirceur et de désespoir, rarement verbeuse, presque antipathique. Et pourtant sa puissance est là, farouche mais palpable, au gré d'interminables plans-séquence, d'un rutilant Noir et Blanc, d'une musique obsédante... Bela Tarr n'a jamais été aussi loin dans sa quête d'un cinéma pur, jouant essentiellement sur la cadence irrégulière des gestes, des mouvements et des déplacements de ses sujets filmés. La caméra, héroïque et fluide, permet l'hypnose d'une durée a priori impraticable, poussée à bout. Sous ses dehors d'épave rongée par le vent Le Cheval de Turin s'impose comme une colonne massive ombrant le vieil homme et la fille, tarissant le puits et faisant valser les feuilles mortes... Rarement un film aura aussi bien retranscrit l'impitié de la Faucheuse. Le Cheval de Turin est un chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 décembre 2011
Eprouvant, radical et pure
traversay1

4 485 abonnés 5 363 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 décembre 2011
Le monde a été crée en 6 jours. Dans Le cheval de Turin, il s'éteint durant le même laps de temps. 30 plans séquences composent le film, qui dure 2h26. Un homme, sa fille, un cheval vieillissant. Dehors, le vent souffle en tempête. Dedans, la routine du quotidien : elle l'habille, ils mangent une pomme de terre bouillie, avec les doigts, il ou elle regarde par la fenêtre. De longs silences. Un cheval rétif. L'eau que l'on prend au puits. Et puis, l'obscurité. La fin. Les habitués du cinéma de Bela Tarr y retrouveront un univers familier. C'est néanmoins son film le plus sombre, le plus aride, le plus lancinant avec ce thème musical hypnotique, qui revient comme un leitmotiv. Exigeant, fascinant, désespéré, Le cheval de Turin n'ennuie pas (question de point de vue, évidemment), de par ses subtiles variations sur la répétition des gestes de chaque jour. Ses images en noir et blanc sont grandioses, surtout celles de l'extérieur, comme échappées d'un film muet soviétique ou nordique (Sjöström, Dreyer). Radical, rude, fruste, le film a des allures de testament. Un adieu au monde. Et au cinéma, puisque Tarr affirme qu'il a réalisé là, son ultime film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 décembre 2011
Je l’attendais depuis des mois… Le dernier film de Béla Tarr ! Et peut-être malheureusement le dernier tout court selon son réalisateur puisqu’il peine de plus en plus à financer ses films. Il faut dire que ne sortant que dans deux salles à Paris, il a peu de chances de faire beaucoup d’entrées.
En même temps, je comprends un peu, ce genre de film est bien loin des blockbusters qui peuplent nos écrans et peut en rebuter plus d’un.
« Le cheval de Turin » part de l’histoire de Nietzsche qui un jour de 1889 à Turin étreint un cheval en pleurs et sombre dans la folie pour ne plus en sortir, c’est le destin de ce cheval et de ses propriétaires dont parle le film. Alors que Dieu a crée le monde en six jours, on voit le monde se détruire en six jours, le cinéaste montre ces six journées identiques (du moins au premier abord) du père et de sa fille, le lever, chercher l’eau dans le puits, regarder le monde par la fenêtre et manger une pomme de terre, le coucher. Chaque journée est filmée sous un angle différent mais avec toujours ces magnifiques plans séquence maîtrisés à la perfection par Béla Tarr. La caméra, par ses lents mouvements, distille l’action où chaque parole est rare – mis à part l’irruption d’un voisin débitant comme une mitraillette des textes Nietzschéen. Il faut regarder, réfléchir, s’évader, revenir à l’écran, penser, ce film laisse une place immense au spectateur mais l’amène irrémédiablement vers l’obscurité et la fin du monde.
Comme toujours au cinéma, au bout d’une heure je me sens mal dans mon fauteuil et les mouvements des voisins – ou plutôt des gens qui rentrent cinq minutes dans la salle pour s’apercevoir peu après qu’ils se sont trompés de film – me troublent un peu, c’est dommage, j’attends avec impatience le DVD (mon canapé est plus confortable !) car tout ceci a un peu nui à l’évasion de mon esprit.
La musique, toujours la même, répétitive, lancinante nous conduit lentement vers la dernière scène qui est merveilleuse, l’éclairage est magique, on sent qu’il a été réglé au millimètre, les deux personnages glissent vers le néant, puis le générique, sans musique, la salle qui ne s’éclaire pas (le projectionniste n’était plus dans sa pièce), nous plonge à notre tour dans ce néant. C’est bien difficile après de revenir à la surface de la rue de Rennes et de ses décorations de Noël.
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