Le Cheval de Turin
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    Note moyenne :   3,7 pour 143 notes dont 37 critiques  | 
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    gemini-hell
    gemini-hell

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      3.5 - Bien

    Un père, sa fille, reclus dans leur ferme isolée et vivant dans un dénuement total, sont observés sur une période de six jours. A l’extérieur, le vent souffle continuellement dans une ambiance post-apocalyptique. Qu’attendent-t-ils ? Quels dangers encourent-ils ? Que signifie la présence dans leur grange de ce cheval revêche ? Est-ce la fin du monde qui s’annonce ou bien nous trouvons-nous dans l’antichambre du néant ? Bela Tarr laisse le choix au spectateur d’imaginer toutes les hypothèses possibles. Pour adhérer pleinement à cette œuvre austère, il faudra en accepter les choix drastiques de mise en scène et de narration. La sublime image en noir et blanc et la qualité de la bande-son s’imposent au-delà même de toute appréciation sur la qualité globale de ce film destiné à un public pointu.

    Ajoutée le 20 mars 2012 à 15h52
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    Mathieu F.
    Mathieu F.

    22 abonnés | Lire ses 134 critiques |

      4 - Très bien

    Très bon film de Béla Tarr, ultime oeuvre de son auteur selon son auteur. Film difficile et simple, éprouvant aux frontières de l'ennui, ironique et grave, Le cheval de Turin a d'abord l'énorme mérite de proposer autre chose - une autre image, un autre temps, une autre narration, une autre couleur, une autre pensée ou un autre sentiment, un autre cinéma en somme, aux antipodes de la médiocre consensualité, frénétique et bête, du cinéma actuel (qu'on pense à la reconnaissance faite au dernier d'Hazanavicius, loué pour sa prise de risque et son culot, et pourtant composé, certes avec habileté, comme le sont tous ses concurrents actuels - mais on ne félicite la différence que parce qu'elle n'est pas si lointaine, c'est entendu). Le film de Béla Tarr laisse cette zone d'incertitude et d'incompréhension propre à toutes les oeuvres consistantes, à mi-chemin entre l'admiration muette et la gêne : quelque chose s'est passé là, devant les yeux, qui demande arrêt, suspension, retour. Abasourdi par la longueur, la pesanteur, la beauté de cette oeuvre circulaire, on est mystérieusement appelé à revenir sur Le Cheval de Turin après l'avoir découvert ; une histoire quasi obsessionnelle de cycles et de grandes plages de temps, qui inquiètent et découragent en s'abattant comme des vagues : Tarr a proposé, pendant près de 2h30, un rythme ternaire, une sorte de roue, que l'on s'évertue, quelques temps encore après que l'image se soit tue, à suivre du regard, comme si une étincelle de sens devait jaillir d'un mouvement perpétuel, d'un cercle roulant sur lui-même. Par là, Tarr s'interroge sur l'oeuvre d'art et son origine, en dévoilant cette question insistante, tortueuse, séduisante : comment diable le nouveau, l'autre (être mais surtout devoir-être), peuvent-ils naître du même ? Parce que le sens, vaporeux et invincible comme le vent dans le film, échappe en partie [...] Un accent fataliste, évident, se dessine : acceptation par les personnages d'une lutte avec leurs terribles conditions d'existence, l'air résigné. Un accent pessimiste : la tempête gueule et frappe de plus en plus violemment, la fin du monde approche, le cheval refuse de porter, de manger, de bouger, et bientôt la fille l'imitera et puis le père. Et puis, surtout, un accent nihiliste : pas d'ailleurs, pas d'horizon (refus de suivre les tziganes en Amérique, ce Nouveau monde aux espoirs de richesse (ou riche d'espoirs, c'est selon) : nihilisme post-communiste demandant quelle autre voie peut surgir, contre-balancer le capitalisme archi-dominant ?). La dernière oeuvre de Tarr ne semble offrir aucune issue : l'action est tuée, étouffée à la racine, parce que manque le pourquoi, la raison, quelque chose. Nihilisme au sens où plus aucune valeur ni aucune norme ne peuvent plus guider l'homme, au sens où transcendance et immanence achoppent (lecture religieuse hachée, inféconde d'une part, et puits à sec, absence de ressources, stérilité de la nature d'autre part), au sens où l'homme tourne en rond. [...] Plusieurs tentations viennent tutoyer, chatouiller un esprit naturellement interprétant : premièrement une tentation métaphysique, sur la fin du monde, l'"acosmisme" et son rapport à l'homme sous la forme de la mort : peur, acceptation, divertissement, résignation, immobilisme... Deuxièmement une tentation politique faisant de ce couple voué à la détresse du cycle l'image de toute famille moderne, soumise au temps et aux rituels, organisés autour des besoins primaires, sans pensée, sans vitalité, sans souffle (alors que dehors, ou le dehors, ça souffle, parbleu). Troisièmement, tentation de nietzschéiser (ou philosopher, mais enfin, les deux termes s'équivalent...) le film, avec les thèmes abordés ou suggérés suivants : cheval de Turin et début de la folie, nihilisme donc, dernier homme, histoire de l'humanité en termes d'esclaves et de nobles et d'apparition de la raison, prophétisme, éternel retour of course. Le mérite de Béla Tarr, ici, c'est de ne pas accréditer une ou les trois tentations : il veut son film optimiste, porté à l'action, et non philosophique [...] On comprendra aisément la rétivité de tant de spectateurs à un tel projet (c'est que précisément, quelque chose nous est projeté à la face, un défi, une épreuve), habitués à une intrigue ficelée dans des plans rapides et efficaces. Mais Le cheval de Turin, on l'aura compris, permet, pour un temps que certains estimeront exagérément grand voire invivable, de goûter, de découvrir et d'explorer un espace et un temps qui fissurent nos convenances artistiques. [...] Du cinéma, quoi... 16/20 (si la conscience du fait que l'ennui est volontaire pouvait supprimer l'ennui, la note serait plus haute). Et bien sûr, toutes les critiques sur le Tching's Ciné : http://tchingscine.over-blog.com/

    Ajoutée le 22 févr. 2012 à 18h19
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    Tumtumtree
    Tumtumtree

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      5 - Chef d'oeuvre

    Chef-d’œuvre ! Mais comme vous l'avez sans doute lu ailleurs : un chef-d’œuvre exigeant. J'y allais à reculons, pensant voir un film quasi-conceptuel où la même scène est répétée 30 fois de suite à l'identique... Mais c'est loin d'être cela ! Le film est en fait assez proche du cinéma de Carl Théodor Dreyer, Robert Bresson et d'Ingmar Bergman. Mais avec un ascétisme encore plus affirmé. La mise en scène est superbe : la lumière, le noir et blanc, les longs plans séquences avec leurs mouvements de caméra très subtils, les gros plans de visage, l'intervention de la voix off, etc. Quant au propos, il est évidemment très abstrait mais s'inscrit parfaitement dans notre époque : Bela Tarr fait lui aussi un film sur la fin du monde. Et sa vision est d'un très grand dépouillement. Comme Lars von Trier (dont le film à côté de celui-ci est une sitcom...), Tarr voit cette fin du monde du point de vue de personnes isolées, loin de toute ville et de la société. La scène d'ouverture, le monologue nietzschéen du voisin, le passage des tziganes, la lecture du livre, etc. sont déjà autant de scènes cultes de l'histoire du cinéma. Oui, on croit voir "Vampyr"/"Ordet"/"La passion de Jeanne d'arc" de Dreyer, "Au hasard Balthazard" de Bresson et "Le Septième sceau" de Bergman, réunis en un seul film. On se souvient aussi du film "Le Vent" de Viktor Sjöström... Et je ne dis rien des références extrêmement subtiles à la peinture (Scène de "fuite en Égypte", Georges de La Tour, peut-être Giorgio Morandi, etc.). Bref, un chef-d’œuvre !

    Ajoutée le 04 févr. 2012 à 00h12
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    Serge ULESKI
    Serge ULESKI

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      5 - Chef d'oeuvre

    Le cheval de Turin : Béla Taar et le refus ________ Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, Le cheval de Turin a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche : le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche, le cheval a cessé d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher a battu la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion. Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa ensuite les dix dernières années de sa vie dans un état de démence. De là à penser que Béla Tarr, présent ce jour-là, n’aura trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher... Grande est la tentation ! Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau -, tandis que dans la grange, plus qu’une bête, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, c’est sans un mot qu’il aurait mené sa vie. Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans que d’aucuns qualifieront de contemplatifs, d’autres, moins compréhensifs ou pusillanimes, d'interminables... Ces plans trouvent pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous, sans exception, forcent le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui est donné d'être le spectateur de Béla Tarr. Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin. Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre… Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement. Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Car quelque part, dans une province hongroise, on attend les plus exigeants d'entre nous. *** Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie, la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée... Et c'est toute la volonté de puissance de vie avec son orgueil dévastateur qui se retire du monde, une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, refusant définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille - une seule pièce commune pour tout lieu de vie -, et bientôt par voie de conséquence, l'écran... Puisque... pas de lumière, pas de cinéma ! *** Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun des pauvres mortels que nous sommes, et lui avec nous. Même si une réponse semble s'imposer… A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr un : « Ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

    Ajoutée le 22 janv. 2012 à 20h00
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    Moorhuhn
    Moorhuhn

    24 abonnés | Lire ses 337 critiques |

      1.5 - Mauvais

    Après avoir aimé Les Harmonies Werckmeister et détesté l'Homme de Londres, je me suis précipité dans mon cinéma afin de voir ce qui est, d'après les dires du cinéaste, le dernier film de Béla Tarr. Plutôt bien accueilli je me sentais plus en confiance, m'attendant davantage à un Werckmeister mais en fin de compte ce film s'est avéré être une épouvantable déception. Ce qui m'emmerde avec Tarr c'est que ces films sont toujours d'une beauté sidérante. Un Noir et Blanc parfait, la photographie y est somptueuse et techniquement Béla Tarr est bien un des plus grands formalistes qui soient avec un film tourné entièrement en plans séquence minutieux et plutôt longs. Le Cheval de Turin a une force visuelle incroyable, comme d'habitude chez Tarr, mais alors le même mal qui régissait L'Homme de Londres frappe une fois encore. Ce film est redoutablement CHIANT. Certes la réalisation est d'excellente qualité mais Tarr a juste oublié de rajouter de la substance dans ce film qui en manque cruellement. Cette représentation pathétique à laquelle j'ai assisté durant 2h30 est théâtralisée à l'extrême, d'une boursouflure sans nom. Impossible de croire à ce que j'ai vu, ce film n'a strictement rien d'authentique que ce soit dans les interactions entre les personnages, la représentation des gestes du quotidien et même la façon de mettre en scène dans sa globalité. Voir des personnages bouffer des patates, aller au puits, dormir, rebouffer des patates, aller au puits, dormir pendant un laps de temps très étiré, très franchement ça ne me plaît pas et je trouve ça complètement inutile. De ce film je n'ai vu que de la technique et rien d'autre, ça atteint des sommets de redondance, c'est vide et pompeux. Les scènes d'intérieur sont d'un soporifique sans nom, heureusement que la fille a souvent la décence d'esprit d'aller dehors, la forte tempête a au moins le mérite de nous réveiller. Ce film nous raconte en gros ni plus ni moins qu'une fin du monde, ce qui colle bien avec la tournure que prend la carrière du réalisateur mais l'ambiance n'est même pas au rendez-vous. Pourtant le film commençait très bien avec cette scène où le cheval traîne sa charrette, défiant la tempête. C'était non seulement beau mais également puissant. Mais le reste n'est pas de ce calibre et force est de constater que finalement le Cheval de Turin reste très superficiel. Le (possible) dernier film de Béla Tarr est en fin de compte à l'image du phénomène météorologique qui ne cesse d'agir durant les 2h30 de cette purge: c'est du vent.

    Ajoutée le 22 janv. 2012 à 18h55
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    Parkko
    Parkko

    32 abonnés | Lire ses 1413 critiques |

      2 - Pas terrible

    Le seul autre film de Bela Tarr que j'ai vu c'est Les harmonies de Werckmeister mais le Cheval de Turin ne fait clairement pas le poids face aux harmonies que j'avais bien aimé. Le Cheval de Turin m'a fait pensé aux parodies réalisées par les Inconnus sur certains films, c'est dire. En soi je ne me suis pas ennuyé en le regardant, je m'étais préparé à une œuvre austère et très lente. Ce n'est donc pas ça le problème. Le problème c'est que j'ai trouvé ça sans intérêt. Je ne trouve pas qu'un travelling sur un cheval soit d'une inventivité folle en terme de mise en scène pour ma part. J'ai souris en écoutant les critiques dire que c'était toujours la même chose mais filmer d'un angle différent. Je suis désolé mais les scènes de repas, filmées tantôt "côté porte" tantôt "côté fenêtre" (alternant ainsi de gauche à droite et de droite à gauche la place de l'un et de l'autre), on va pas me dire qu'il s'agit d'un grand cinéma et que ce nouvel angle de vu sur le repas familial est d'une inventivité folle. Ce n'est pas parce qu'il y a marqué Bela Tarr après Réalisateur : qu'il faut tout cautionner. Alors que reste t-il dans tout ça ? Et bien au moins une expérience cinématographique, déplaisante, certes, mais qui cherche à sortir des sentiers battus. Et c'est déjà ça.

    Ajoutée le 22 janv. 2012 à 13h12
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    norman06
    norman06

    37 abonnés | Lire ses 794 critiques |

      3.5 - Bien

    Austère, contemplative, picturale : cette œuvre rugueuse et minimaliste relève d'un cinéma radical mais reste l'une des plus accessibles de Béla Tarr. La beauté de la photographie, l'envoutement musical et l'agencement de plans séquences magistraux en font tout le prix.

    Ajoutée le 14 janv. 2012 à 23h57
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    Guylaine Thiery
    Guylaine Thiery

    1 abonné | Lire sa critique |

      4 - Très bien

    Ce film fait partie de ces presques chef-d'œuvre qui sont difficile à voir parfois mais dont on se souvient toute sa vie. Difficile car répétitif, lent, par rapport à la vie parisienne, etc. Mais aussi un régal de mise en scène, aussi admirable que les images que l'on pourrait isoler et qui forment des photographies artistiques. Le film est en noir et blanc. Le son est parfait. Magnifique.

    Ajoutée le 10 janv. 2012 à 12h21
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    dehaas84
    dehaas84

    19 abonnés | Lire ses 94 critiques |

      0.5 - Nul

    Le débat saisit parfois le petit monde de la critique et de la cinéphilie : quelle est la limite entre le geste artistique et le vide ? Comment un film qui transporte un auditoire peut-il en excéder totalement un autre ? Tout film radical dans son développement artistique doit-il être considéré comme digne d’intérêt ? Le dernier film de Lynch en date (l’abominable Inland Empire) avait déjà posé ces questions. L’an dernier, c’était la Palme d’Or qui méritait un débat de ce type. Il y a quelques semaines, l’exceptionnel voyage de Nuri Bride Ceylan en Anatolie pouvait aussi rentrer dans cette catégorie. Et aujourd’hui donc, ce Cheval de Turin, bardé de récompenses et de lauriers critiques. Alors : chef d’œuvre ou arnaque ? Tout d’abord, chaque spectateur qui aura l’audace de se risquer en salle doit savoir ce qui l’attend. Plus de 140 minutes de noir et blanc, quasiment sans dialogues, dans une masure perdue au fin fond de la campagne. Deux personnages principaux et quasiment uniques, ainsi que leur cheval. Six journées de leur vie, qui se répètent de manière entêtante autour de leur cérémonials de lever, déjeuner et coucher. Et c’est tout, rideau. L’ensemble cherche délibérément à être un geste artistique sans concession. L’objectif semble être d’enfermer le spectateur dans une forme de folie qui prend peu à peu racine dans la tête des personnages principaux. Mais, si le vide sidéral de l’ensemble interpelle pendant les premières dizaines de minutes, il provoque rapidement chez le spectateur (même le plus patient) un sentiment de gêne, qui se transforme en souffrance puis en énervement à mesure que le film avance sans but, sans enjeu, sans évolution. Rien ou presque ne bouge, quasiment rien n’a l’air digne d’intérêt dans l’univers que décrit Bella Tarr, et pourtant, il décompose chaque scène, chaque mouvement, le répète à l’infini jusqu’à l’épuisement. On en vient à guetter ses tics de mise en scène, ces longs plans qui terminent sur une vue fixe d’une porte, ou d’une tête de cheval, appuyés par une musique (une seule partition, évidemment) répétitive et lassante. Epouvantable. Une forme avancée de cinéma du rien, qui laisse chacun y voir ce qu’il veut y mettre, mais qui ne cherche jamais à développer des situations, à créer des personnages ou à accompagner son public quelque part. Bienvenue dans la tête d’un réalisateur qui souhaite faire partager au monde sa vision destructrice et très personnelle de l’apocalypse, même si cela consiste à vous enfermer dans une masure sordide pendant plus de 2 heures. Cela dit, le film présente quelques avantages. Cela laisse un peu de temps pour penser à la liste de courses, aux coups de fils qu’on doit passer, ou encore d’observer les éclairages de secours de sa salle de cinéma. C’est également une excellente occasion de tester sa résistance à l’endormissement, qui frappe impitoyablement tout spectateur n’ayant pas 8 à 10 heures de bon sommeil derrière lui. Certains parlent d’une œuvre magistrale qui décrit la folie, d’autres l’enfermement, d’autres encore l’apocalypse. Pour aller dans leur sens, je pense qu’on ne s’est rarement autant senti proche de l’enfer sur Terre, et que rarement la lumière de la sortie de salle n’aura été accueillie avec une telle bénédiction. Un grand moment de masochisme cinématographique, qui semble plaire même au-delà du Triangle des Bermudes de la critique. Mais il faut décidemment aimer se faire mal. Très mal. http://dh84.over-blog.com/

    Ajoutée le 04 janv. 2012 à 08h08
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    Chris666
    Chris666

    68 abonnés | Lire ses 414 critiques |

      1 - Très mauvais

    Introduction Le film décrit la vie d'un vieillard et de sa fille, dans une ferme isolée. C'est la fin du monde. Le film en décrit les six derniers jours. Premier jour Le premier plan est de toute beauté. Je me dis que mes a priori ne sont peut-être pas justifiés. Dans le générique, j'ai vu qu'une des boites de production s'appelait Zéro fiction, et ça m'a fait un peu peur. Je comprends progressivement que le film est décomposé en plusieurs jours. C'est un peu lent. Première phrase de dialogue au bout d'un quart d'heure. Deuxième dialogue, dix minutes après. La mise en scène baisse d'intensité. Je commence à m'emmerder sérieusement. Deuxième jour Je sens que ça va être horrible, quand les scènes vues dans le premier jour se reproduisent. Lever, habillage, coup de gnôle, absorption d'une pomme de terre bouillie avec les mains. Aie, aie, aie, ça sent le pâté. La mise en scène est devenue en plus quelconque : plans fixes d'une minute sur un mur ou un linge étendu, fondus au noir grossiers, zooms moches. Le film ressemble de plus en plus à un pensum de première année de l'école de cinéma de Brno. La répétition des scènes me rappelle quelque chose, mais quoi ? Oui : le dentiste ! Vous savez : vous allez chez le dentiste pour un simple contrôle et ce dernier vous trouve une carie bien avancée. Vous avez droit à 5 séances avec dévitalisation, fraises de toutes tailles, et moulages en tout genre (avec les petits coussins oranges contre les gencives). La première fois, vous regardez le plafond en étudiant les mouvements d'une mouche. La deuxième fois, vous surveillez la répétition des gestes de préparation avec une attention inquiète. La troisième, vous pleurez dans la salle d'attente. Hé ben, là, pareil. La suite ici : http://chris666blogsallocinefr.over-blog.com/article-le-cheval-de-turin-95152164.html

    Ajoutée le 27 déc. 2011 à 21h35
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