En lisant le synopsis du film sur Wikipédia, je m'attendais à voir un film émouvant, quoique dur à visionner de par la gravité du sujet traité.
Et c'est absolument ce que "Polisse" n'est PAS. Les affaires s'enchaînent sans transition, entrecoupées par des "tranches de vie" nous montrant la vie des principaux protagonistes, parmi lesquels Maïwenn, dont le jeu d'acteur est plus que déplorable.
Au niveau du fond, la démagogie est de mise (les immigrés sont tout gentils, les hommes sont de méchants extrémistes religieux et les femmes sont modérées) et, à côté de cela, le film véhicule des clichés plus nauséabonds les uns que les autres : la jeune fille libérée sexuellement a forcément tort (je cite : "T'es une petite nympho qui aime se faire tringler par quatre mecs sur un parking", le tout garni d'un air des plus méprisants), et pour bien appuyer le fait qu'elle ait tort, c'est forcément une greluche incapable d'aligner trois mots dans un français correct (j'ai seize ans et je ne m'exprime pas ainsi, ou du moins seulement dans un registre TRÈS familier : il ne me viendrait jamais à l'esprit de parler comme ça à un fonctionnaire de police) ; les jeunes sont esclaves de la technologie au point d'en être prêts à faire
des fellations
pour récupérer leur précieux portable, j'en passe et des meilleures.
Sur la forme, ce film accuse un retard technique considérable : le montage est absent, se contentant de superposer les scènes selon un schéma bien spécifique qui sera recyclé pour toute la durée du film (tranche de vie - affaire - tranche de vie). L'inconvénient d'une telle structure est que pléthore d'arcs narratifs sont laissés en suspens. Les affaires ne rencontrent aucune résolution ou presque, ce qui fait qu'il devient dès lors impossible d'éprouver une quelconque empathie pour les victimes : si même le film se fiche de ce qui leur arrivera, comment le spectateur pourrait-il se sentir impliqué ? De plus, ce lissage à outrance des quelques sentiments qu'aurait pu dégager le métrage annihile totalement le message qu'il visait à faire passer : on nous vendait le travail des policiers de la BPM comme difficile, mais manifestement, c'est soit la grande déconne, soit enquêter sur des affaires qui ne sont pas graves, car le coupable ira en prison et car les victimes se reconstruiront psychologiquement comme par enchantement. Maïwenn a -t-elle la moindre connaissance de la façon dont fonctionne la vie, où est-elle, comme son personnage, membre de cette caste de bourgeois qui n'a jamais manqué de rien, n'a jamais connu de problèmes significatifs et pense que c'est le cas d'absolument tout le monde ?