Que dire, Jaume Balaguero est passé maître dans l'art de faire naître l'angoisse. Malveillance, à base d'un scénario classique et simple, parvient à se hisser parmi les meilleurs du genre. César, gardien d'immeuble, homme bien sous tous rapports, employé modèle, à première vue, va au fil des minutes montrer son véritable visage, et nous confronter à un homme menteur, manipulateur, dérangé, racontant sa vie tel que lui l'entend,( pour ne pas dire ses saloperies), à sa mère clouée sur un lit d'hôpital, notamment son intérêt pour une jeune femme vivant dans l'immeuble où il officie. Faut bien reconnaître le talent des acteurs, en l'occurrence Luis Tosar, impressionnant dans le rôle de César, crédible à tous points de vue, et faut reconnaître aussi pour lequel on ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie. Aussi la belle Marta Etura, qui ne se rend pas compte des "trop bonnes intentions" de ce cher César. On se sent happer,pris dans la tourmente, étouffer de la situation qui ne va qu'en se dégradant, et pour finir sur une note à la fois malsaine et unique, du moins encore jamais vue dans ce genre de film. Bref, Malveillance reflète le bonne forme du cinéma espagnol, avec en tête une des valeurs sûres qu'est Jaume Balaguero.