tuco-ramirez
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4 - Très bien
Brandon consacre tout son temps à son boulot et le reste du temps ; trajet, pauses, soirées, week end ; à son addiction au sexe. Sa sœur Sissy débarque chez lui, il devient difficile de dissimuler longtemps cette vie de prédateur sexuel.
Second long métrage de Steve Mc Queen après « Hunger » ; ce fût une seconde claque donnée par un réalisateur sondant les tréfonds d’un homme seul. Bouleversant, troublant, sombre et vertigineux ; il s’attaque dans ce second film à un sujet jamais traité de manière aussi direct et cru par le cinéma. La quête de la jouissance froide emmène Brandon à sa perte, lui fait perdre toute humanité. Même si le personnage est traité avec distance ; on éprouve vite de la pitié pour cet individu qui s’aime en fait si peu. L’arrivée de sa sœur et les prémices d’une relation amoureuse avec une de ces collègues font naître le malaise et le doute en lui ; mais peut-il aimer les autres, lui s’aimant si peu ? Plasticien de formation, Mc Queen déroule les scènes de sexe dans des environnements froids, impersonnels, bi chromiques et souvent derrière de grandes baies vitrées ; le personnage se retrouve être lui-même un acteur de porno ; ces films qu’il regarde des heures par jour. La scène du resto avec sa collègue tranche avec ce climat mécanique, chaleur de l’ambiance et humanité sont de retour ; du coup, il se sent plus malaise que dans son rôle animal de loup solitaire en quête de proies dans les transports en communs. Une porte s’ouvre à lui, la conscience d’une autre voie possible. Opportunité à saisir ou malaise plus profond face à cette possibilité : quelle conséquence pour cette âme malade ?
La force du réalisateur est de ne jamais sombrer dans le salasse ou le voyeurisme gratuit malgré des scènes très crues.
Philippe Rouyer du magazine Positif que je trouve souvent pertinent dit de ce film : « (...) la plus grande réussite du cinéaste est d'avoir réussi à maintenir jusqu'au bout, malgré les flots de sang, de sperme et de larmes déversés à l'écran, ce regard distancié et cotonneux qui condamne le héros à la perpétuité. »
Film à voir impérativement pour sa puissance et une interprétation d’écorché vif de Michaël Fassbender (Prix d’interprétation au festival de Venise 2011 pour ce rôle éprouvant)
Voir aussi « Hunger » du même Mc Queen ; un réalisateur de notre temps.
Ajoutée le 25 mai 2012 à 12h29
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