Le cochon de Gaza
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 avril 2012
« N'est pas Corneille qui veut », lançait Racine à son producteur Louis Legrand tout en lorgnant Titus d'un regard porcin avant de jeter son dévolu sur Bérénice (La Reine de Palestine, pas la Béjo*, aux yeux d'une si sombre beauté qu'un empereur s'y perdrait sans remord).
Dans Le Cochon de Gaza, Sylvain Estibal renoue avec la tragédie antique en la replaçant toutefois dans un contexte politique actuel, ce qui lui fait perdre en crédibilité. Qui pourrait en effet imaginer que, de nos jours, l'idéologie et la raison d'état peuvent encore empêcher les hommes de faire des affaires et les femmes d'en avoir ?
Selon les statistiques de l'ONU, le XXIème siècle sonne le glas des conflits utérins et la hache de guerre est définitivement enterrée sous les décombres des palais de Bagdad. C'est vous dire les progrès effectués depuis l'époque où Ajax célébrait l'Aïd devant Troie.
Jafaar n'était qu'un pêcheur pauvre, il va devenir un pauvre pécheur un jour que Dieu était d'humeur taquine.
Ayant maille à partir avec un cochon vietnamien venu aux bains en Terre Sainte, son bon cœur l'entraîne à lui donner asile sur son chalutier en attendant de l'exfiltrer de cette bande de Gaza refermée sur elle-même telle un trou noir se regardant dans le miroir au point de snober la communauté internationale et interdire les régates humanitaires, preuve de l'ostracisme d'une population trop fière de sa disette endémique pour s'ouvrir à la gastronomie occidentale. Même l'ONU, pourtant prompte à aider les réfugiés de bâbord comme de tribord, refuse d'accueillir le suidé naufragé, trop occupée qu'elle est à construire des écoles avec des sacs de riz.
Heureusement, pour les israéliens - sans qui la vie dans le désert serait aussi morne qu'une plaine wallonne après le passage de l'Empereur et Ur-i-Salem, la ville de la paix, un simple cimetière de martyrs, saints, prophètes et autres fiers-à-bras pré-apocalyptiques dont on pourrait vendre avec profit les reliques et autres produits dérivés aux touristes asiatiques avec le même succès que les Tours Eiffel clignotantes fabriquées par leurs enfants dans des centres d'esclavagisme climatisés - heureusement donc, pour les israéliens, et bien qu'ils aient tué le veau d'or depuis des siècles, dans le cochon tout est bon, à condition toutefois qu'il garde ses pantoufles et mette sa petite laine quand il sort, on ne sait jamais, dès fois qu'il s'enrhume au vent mauvais d'une roquette ou d'un chasseur-bombardier en rase-mottes, parce qu'il faut bien que les militaires, ces grands enfants, laissent exploser leur amour de la farce lorsque la chair est faible et les chèvres rétives. (Ça y est, j'ai retrouvé la touche point.)
Ainsi se renoue l'ancienne alliance sémite qui fit la joie de Nabuchodonosor à l'époque bénie où Ishtar hésitait entre la guerre et l'amour, ce qui laissait encore une chance à l'humanité. Mais je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Depuis, les enfants du tiers-monde ont dévoré les murs des écoles made in ONU, tandis que s'écroulent ceux des nôtres, aux frontons desquelles Marianne s'étiole dans sa robe d'espérance rongée aux mites par les nouveaux aristocrates du bâtiment et de la télé réunis. A court d'argument, Jafaar décide de frapper un grand un coup et embrasse le métier de martyr, très en vogue parmi les jeunes de la gazouillante cité gazaouie frappée par le chômage et la désolation, ce qui leur permet de s'éclater une bonne fois pour toute et montrer ce qu'ils ont dans les tripes. L'accès à cette profession de foi se fait sans diplôme, ce qui leur va à ravir puisque l'ONU n'a toujours pas retrouvé les plans du lycée qu'elle doit bâtir avec les stocks de corned-beef périmé qu'elle vient enfin de recevoir.
Malheureusement pour le héros, son cochon lui joue un tour à sa façon et le martyr du pauvre pêcheur se prolonge ad vitam eternam. Avec deux femmes sur les bras, l'une plus belle que l'autre, et la bourse toujours vide, une vie de galérien s'annonce et l'horizon bouché par le mur de la honte n'en devient que plus sombre. Fuyant ce que d'aucuns prendraient pour le paradis, il finit par atteindre sa Terre Promise et s'aperçoit qu'elle ressemble furieusement à sa terre natale. Tout est dit.
L'humour de Dieu est inhumain, les juifs en savent quelque chose.
[...] La suite et mes autres critiques absurdes sur http://ad-absurdum.eklablog.net/
Julien D
Julien D

73 abonnés 696 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2012
Un film très drôle, intelligent et d'une fraicheur remarquable. Un vrai sens du burlesque (qui n'est pas sans rappeler un Tati ou un Chaplin... la parole en plus...) dans un contexte difficile. Même quand le sérieux reprend ses droits, le film parvient à distiller une malice "non-sensique" des plus savoureuses. Les situations cocasses s'enchaînent afin de mieux souligner l'absurdité d'un conflit israélo-palestinien (semble-t-il...) sans fin. Le message est évidemment utopiste (la fin du film le montre bien...) voire naïf, mais le ton léger et la conviction beaucoup plus appuyée à défendre des idéaux font bon ménage... Un film qui fait du bien...
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 16 avril 2012
un film sympathique qui se laisse regarder, un dernier tiers de film un peu en baisse. à voir.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 avril 2012
D'abord il faut dire que l'idée de départ est génial . D'ailleurs toutes les situations autour du cochon sont excellentes , j'étais emballé et puis la dernière demi heure m'a totalement déçu , on est tombé dans le grand n'importe quoi sous pretexte de faire passer un message de paix .
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mars 2012
Une comédie surprenante et même un peu déjantée. Elle réussit à nous faire subtilement rire avec une idée de scénario toute simple. Le ton décalé se marie très bien avec les acteurs et le contexte même s'il n'est pas le plus abordable. C'est un film que je conseille volontiers ! Ruez-vous dessus car c'est une perle rare, on ne voit plus beaucoup de comédies aussi bonnes.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 mars 2012
Film surcoté par les médias, mais bon ça reste sympa et bon enfant, les scènes comiques s'enchainent, pas mal de bonnes répliques malgré des répétitions un peu lassantes. Vaut le coup d'oeuil.
Objectivons

405 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 mars 2012
Sans doute quand même "un brin" surcoté, Le cochon de Gaza n'en demeure pas moins un film simple, attachant, montrant la misère humaine et misère tout court, la précarité terrible qui règne en Palestine et Israël, dépassant les caricatures pour montrer la stupidité de la situation dans cette partie du monde, à l'aide d'un humour bienvenue, ce qui donne au final une comédie tout à fait agréable à suivre, malgré quelques longueurs.
Ce film montre que les "petites" productions peuvent être des réussites cinématographique, dans la façon de traiter un sujet relativement sensible, avec des acteurs inconnus et doué, à l'aide d'une histoire travaillée.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 mars 2012
Réussir un film aussi "rafraichissant" que celui-ci sur un sujet aussi brûlant que la vie quotidienne dans la bande de Gaza: remarquable! inespéré. Rafraichissant, cet opus l'est vraiment, qui réussit presque finalement à nous convaincre que oui, il peut y avoir "là-bas" aussi des lendemains qui chantent - ou au moins quelque espoir. Le réalisateur montre aussi sans concession tous les travers des uns et des autres qui, cumulés, rendent la situation inextricable: les interdits religieux, la récupération de la colère populaire par une intelligentsia palestinienne pseudo-révolutionnaire et entâchée de collusion avec les barus de l'islamisme, les colonies illégales des Israéliens, le joug des envahisseurs...
Aussi le personnage de Jafaar (excellent Sasson Gabai, au jeu simple, vrai et limpide) apparaît-il comme une lueur dans cette obscurité: animé par le désir de survivre, il va montrer que son intelligence est celle qui permet l'adaptation: le cochon honni devient paradoxalement une bénédiction - mais aussi une source d'ennuis et de gags désopilants, contés avec bonhommie et efficacité.
Rien de transcendant au plan cinématographique mais le message d'espoir est un véritable baume au cœur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 mars 2012
Un bon petit film pas prétentieux, avec de bons acteurs et des gags sympas, sur fond de conflit entre Israélien et Palestiniens . Le film n'est pour aucun des camps et c'est tant mieux . La fin est peut-être trop moralisatrice mais cela n'empêche pas "Le cochon de Gaza" d'être un très bon film .
wesleybodin

1 255 abonnés 3 864 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2012
Hormis un dernier quart d'heure délirant qui allie à la perfection morale et comédie absurde, Le Cochon De Gaza reste un conte trop sage dans ses grandes lignes pour ne pas être périssable dans notre esprit.
Slang
Slang

35 abonnés 537 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2012
Le cochon de Gaza ou l'histoire d'un palestinien qui trouve un cochon, est un très bon film. Vous l'aurez compris l'histoire est originale et amusante par moment ce qui donne lieu à quelques scènes humoristiques. On peut aussi noter quelques bons acteurs présents et le fait que l'on ne s'ennuie presque pas durant le film. Mais l'histoire peut par moment devenir confuse si l'on ne reste pas attentif. En gros le Cochon de Gaza est un très bon film.
conrad7893

351 abonnés 1 679 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2012
film comique traitant en filigrane le conflit judéo-palestinien à travers l'histoire d'un pauvre pêcheur, qui va trouver dans ses filets un cochon vietnamien
cadeau empoisonné , qui va se révéler être un cadeau de dieu au final
l'acteur est génial des situations coquasses
film intelligent
colombinea
colombinea

12 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mars 2012
Un scénario très original cependant je n'ai pas réussi à entrer dans ce film, l'acteur principal est remarquable dans son rôle...
Vutib
Vutib

155 abonnés 701 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2012
S'il y a bien un film qui ose s'affranchir de toute barrière culturelle, ethnique et religieuse, c'est bien celle ci. En effet, "Le Cochon de Gaza" (rien que le titre est alléchant) explose et explore les tabous musulmans, réinvente le conflit Israélo-Palestinien avec humour et délicatesse. Porteur d'un optimisme presque exacerbée et illusoire, ce film métissé (Français-belge et allemand) enchante par sa bonne humeur et sa fraîcheur. Originale, sans concession et très humble, l'histoire qui nous est ici comptée tient davantage de la fable que du réaliste. Un couple palestinien vivant dans la misère, dans un petite bicoque miteuse, jute en dessous d'un poste militaire Israélien; un mari pêcheur endetté, attirant plus de chaussures et de ferrailles que de poissons... jusqu'à que son filet de marin ne lui remonte ... un Cochon! Malheur ou aubaine? Le Cochon, animal impur pour les musulmans, est très convoité par certains riches, dans cette région où son élevage et sa consommation sont strictement prohibés. Bien sur, Jafaar (le mari) va tenter de faire un abracadabrant commerce avec le "Borc" (il l'appelle ainsi au lieu de "Porc"). S'en suit une incroyable aventure mélodramatique, poétique et très farfelue. Certains passages sont hilarants ("la récolte de semence"), d'autres sont plus tragiques, centrés autours de la haine souvent injustifiée qui anime les Israéliens vis à vis des Palestiniens (et vice-versa). Voguant entre cynisme, mélancolie, tendresse et naïveté, Jafaar constitue un héros totalement empathique et attachant, dépassé par cette folle réalité qui le mène à collaborer avec "l'ennemi" , jusqu'à se voir imposer l'étiquette de martyr kamikaze. Durant cette magnifique leçon d'humanité et cette incitation à la paix entre les peuples, Jafaar côtoie des personnages atypiques et touchants. Le sujet est polémique mais son approche est tellement délicate et subtile qu'on oublie rapidement ses appréhensions, se laissant envelopper par cette douce et tendre illusion. Soutenu par une mise en scène travaillée et des acteurs naturels et tous géniaux, "Le Cochon de Gaza" va à coup sur marquer profondément les esprits et attendrir le plus récalcitrant des raciste. C'est une perception du conflit Israélo-Palestinien externe et non ségrégationniste que nous livre ici Sylvain Estibal, à mille lieux de la xénophobie et de l'antisémitisme.
Le final est assez dérangeant et complètement fantastique, comme une sorte de songe venant conclure les folles péripéties de Jafaar et de son Porc Vietnamien, dissimulé tant bien que mal, que ce soit dans la cabine d'un rafiot, charrette artisanale, une baignoire ou un grossier costume de mouton.
Enfin, je tiens à saluer le puissant message que transmet constamment ce film, cette allégorie de l'espoir et de l'humilité entre ces deux peuples en guerre, deux peuples qu'un sanglant massacre tend à séparer mais qui partagent plus d'un point commun.
Burlesque, idéaliste et profond, "Le Cochon de Gaza" vous régalera, que vous soyez musulman, juif, athée ou bouddhiste même! 16.5/20
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 mars 2012
Un acteur génial, une ambiance et un humour très réussi. Un seul bémol, et de taille, l'équipe du film se targue d'avoir été objectif et n'avoir pencher pour aucun camp! Quel stupidité, si un message pouvait être présent dans ce film c'est bien celui de l'injustice flagrante et intolérable que subit le peuple Paletinien face à l'invasion de colons religieux qui revendiquent et volent une terre pour leur peuple qui n'en est pas un puisque jusqu'à preuve du contraire être juif est une religion et non une nationalité.
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