Le film débute de façon assez classique par un braquage violent où d'emblée la personnalité psychopathe de Cody Jarrett/Cagney s'impose à tous, mais aussi par le jeu de la star James Cagney petit et trapu comme un pitbull qui semble toujours près à exploser. Outre une démence qu'on lui excuserait presque il y a aussi le complexe d'Oedipe qui marque les esprits avec une Ma Jarrett/Wycherly qui a tout d'une Ma Dalton qui n'aurait plus que son fils Joe Dalton. Le scénario est particulièrement dense, chose étonnante pour l'époque et encore plus dans son approche documentaire ou hyper réaliste dans la description du milieu carcéral et surtout de l'enquête avec les prémices de l'utilisation des moyens radars et radios. Le professionnalisme et le côté méticuleux de la police est un atout certain et crée un antagonisme d'autant plus spectaculaire avec l'apothéose finale et la folie de Jarrett/Cagney qui est à l'image d'une mégalomanie parmi les plus fortes du Septième Art. Un polar d'action mêlé au thriller psychologique d'une maîtrise totale, rythmé dans une évolution du récit impitoyable avec braquage, cavale, jeu du chat et de la souris, jalousie et vengeance, traque, assaut final, tout y est avec un casting talentueux. Site : Selenie
"White Heat" est un film de gangsters étonnement moderne. Dont de nombreux aspects ou éléments scénaristiques seront repris par le genre dans les décennies qui suivront. James Cagney incarne Cody, un bandit redoutable et violent, qui commet des braquages. La police est sur les traces de son gang, et va parvenir à y infiltrer l'un de ses agents... L'ensemble doit évidemment beaucoup à son anti-héros. Un véritable psychopathe, très attaché à sa mère et méprisant son épouse, en proie à de douloureuses crises, et qui tue sans sourciller. L'interprétation enflammée de James Cagney contribuant grandement l'effet de ce personnage. A côté, Raoul Walsh mène sa barque de manière très rythmée. Le scénario proposant de très nombreux rebondissements : les affres du flic infiltré, la traque des bandits, des fusils de Tchekhov bien exploités, les idées machiavélique du gangster... Si bien que "White Heat" s'avère très prenant, surtout pour une oeuvre de 1949 ! Il y a également quelques jolies idées de mise en scène, dont un final dans une usine pétrochimique. Et la célèbre réplique "Top of the world !", qui sera régulièrement reprise dans la pop culture américaine.
Pourquoi parle t-on encore de ce "White heat" aujourd'hui ? Parce qu'il fait partie des sommets du film noir aux côtés du "Violent", "Quand la ville dort", "Grand sommeil", "Règlements de comptes" ou autre "Faucon maltais" ? Oui, mais pas que. Parce que via son film, Walsh (sans le savoir, certainement), injectait alors des codes et des ressorts qui seront par la suite beaucoup réutilisés. La preuve avec le final. Que l'on verra souvent décliné dans les polars d'action des années 70, 80 et 90. Il y a des films comme ça, où vous savez que vous allez en prendre plein la figure dès les cinq premières minutes. En ce qui me concerne, ce ne fut pas mon cas, connaissant le bébé depuis longtemps, mais j'aime toujours y revenir de temps à autre. Et je trouve même dingue de n'écrire aujourd'hui à son sujet. A part un tout petit fléchissement d'une dizaine de minutes avant la partie finale, il n'y a rien à modifier. Que ce soit l'histoire, la mise en scène et les acteurs. James Cagney entrait dans la légende du cinéma, pour ne jamais plus en ressortir. Souhaitons qu'il en soit toujours ainsi.
Un des sommets du grand Raoul Walsh. Tout ici concorde pour le meilleur : fluidité de la mise en scène notamment dans l'alternance et le découpage virtuose de régimes de plans différents , rythme du récit aux allures de course à l'abime, ,construction des personnages dont la noirceur pathologique implacable est en tout point sidérante . avec en figure centrale et sacrificielle, la composition glaçante du gangster psychopathe interprété par James Cagney. Un film emprunt d' une férocité et une brutalité suffocante. Un Film Noir en majesté, qui porte bien son nom.
Quel exploit pour Raoul Walsh d'avoir fait deux films top et super top la même année 1949 : "la fille du désert" et "l'enfer est à lui". Un contributeur d'AlloCiné dit que l'attaque du train dans le désert est faite de rushes de "Cheyenne" tourné deux ans auparavant et qu'on y aperçoit même Arthur Kennedy qui n'était pas là en 1949. Cela fait gagner du temps. Rebelote pour "white heat", reattaque de train, mais originale et particulièrement brutale. Evidemment l'apport de James Cagney est phénoménal. Sujet à des crises que je qualifierai d'épileptiques, et surtout de démence quand il apprend la mort de sa mère chérie, il est à la fois méfiant de nature et confiant quand on le chouchoute, craint et admiré de sa troupe de gangsters. Il faut reconnaître qu'il a un esprit de décision exceptionnel et une énergie vitale hors du commun. Et Cagney joue cela à la perfection. Il est bien servi par le scénario et par la réalisation de Walsh, technique, précise, belle, bien jouée, variée. On va du train à la maison de Ma, puis au pénitencier, dans les voitures radarisées des flics, pour finir dans la raffinerie d'essence en feu. Les scènes de prison sont particulièrement réussies. Un tueur du Désert devient chef flic plein de sang froid dans l'Enfer et c'est sympa de la part de Walsh de lui avoir permis de changer. Même chose pour la belle Virginia Mayo, qui passe de métisse cheyenne amoureuse et active à femme fatale pour gangsters, coquette et cynique. C'est elle qui m'a donné l'idée de revoir ce film. Pour déterminer la couleur de ses yeux c'est loupé. Un film de cape et d'épée en technicolor vu par ailleurs me suggère qu'ils sont noisette avec des reflets d'un vert profond. De quoi plaire à James Cagney en tout cas même si son attachement à la dame est purement physique. La scène finale de la raffinerie en flammes fait penser à l'incendie du Walhalla de Wagner et inspire la musique, pompière forcément, du film. Il y a la même chose dans "Johnny Guitare". Pour conclure, c'est un super film, de référence, à voir absolument.
Après toutes ces années, ce film reste encore une claque. Patron de scénario plagié de multiples fois: un flic (Edmond O'Brien) infiltre une bande de cambrioleurs dirigés par le psychopathe Cody Jarrett (James Cagney). Le film mélange les séquences de préparation et de réalisation de casses, puis de planques, mais aussi les séquences d'enquêtes et de technologies utilisées par les policiers pour les suivre, les rechercher ou les infiltrer. James Cagney s'en donne à cœur joie en chef de gang malade dans sa tête: tueur de sang froid, en proie à des céphalées violentes et des crises de démences, qui bat sa femme (Virginia Mayo, parfaite), obsédé par sa maman, et qui veut dominer le monde. Qui est un danger permanent, qui peut être amical comme sortir son pistolet et tirer en quelques secondes. Le film fonce, enchaine les séquences sans temps morts, avec fluidité, jusqu'au final d'anthologie dans une raffinerie pétrolière en feu avec Cody Jarrett criblé de balles et en train de bruler qui hurle à sa mère qu'il est au sommet du monde.
Michel Ciment, éminent directeur de la rédaction de la revue de cinéma "positif" citait " l'enfer est à lui" parmi ses préférés de l'histoire du cinéma. Je ne peux qu'approuver son choix, car on a ici affaire à un des plus importants films de gangsters qui aient été réalisés. Porté par un James Cagney, ( lancé au cinéma par le même Walsh dans "l'ennemi public") particulièrement impressionnant ici, le film ne souffre d'aucun temps mort, voire de plan superflu. Walsh réalise ici un de ses meilleurs opus, au côté de " l'esclave libre". Tout cinéphile qui se respecte verra "l'enfer est à lui" au moins une fois dans sa vie. Il est vraisemblable que le personnage incarné par joe Pesci dans "casino" de Scoserse s'est inspiré du jeu de Cagney. Le titre original "white heat" que j'aurais traduit par "chaleur blanche" est plus évocateur. Le casting est parfait. On notera la présence de Virginia Mayo, actrice hollywoodienne très sexy, atteinte d'un léger strabisme.
On retrouve James Cagney dans un genre de prédilection, le polar noir, avec à la manivelle le très bon Raoul Walsh. Et Cagney qui a pris de l'embonpoint, campe un personnage qui lui va à merveille, crédible, méchant à souhait, à moitié psychopathe. Entouré par une très belle brochette d'acteurs, chaque scène devient culte. Un film rythmé, où la technologie se met au service de l'enquête, et c'est très drôle à voir, car bien sur, tout à tellement évolué... On est donc dans le summum du polar noir, avec un savoir faire indéniable. Devenu un grand classique.
Divisée en trois segments, l’histoire magnifie les codes du film noir que la mise en scène d’une insolente habileté de Raoul Walsh rend implacable de bout en bout, jusqu’à cet explosif final d’anthologie. La performance en flux tendu de James Cagney, gangster psychotique portant un amour immodéré pour sa mère, est absolument magistrale. Pas de doute, « l’Enfer est à lui » est un chef d’œuvre du genre.
Un film vieux de 70 ans, qui n'a pas trop mal vieilli et dans lequel on est surpris de constater qu'à cette époque, la police scientifique faisait déjà des merveilles !
S'il fallait citer un seul film de gangster dans toute l'histoire du cinéma, je citerai celui ci tant il fait figure de classique parfait (a l'image de rio bravo dans la catégorie western)le film est à la fois très bien construit et a une ampleur inégalée grâce notamment à l'interprétation de james cagney qui incarne avec une force incroyable un gangster pathologique lui donnant quasiment une dimension shakespearienne. le film très dure et réaliste dans la description des rapports entre les personnages ne fait aucune concession aux conventions de l'époque et garde toute sa modernité. En cela il dépasse SCAREFACE d'Howard Hawks ,autre chef d'œuvre mais qui a plus vieilli.
Un bon film de gangsters avec un excellent rythme et pas mal de bagarres et de réflexion. Cody, un gangster qui vient de tuer 4 personnes, se rend en s'accusant d'un délit mineur et évitera ainsi la chaise électrique. La police, pas dupe, envoie un infiltré dans la même prison pour faire cracher à Cody ses méfaits. Remarquablement joué, surtout James Cagney dans le rôle de Cody, excellent gangster. Encore beaucoup d'élégance et de la réflexion dans le montage des affaires et les frais investis en prévision des coups. Le film montre toute l'importance du chef et des hommes des mains.