Avec "The Dictator", Sacha Baron Cohen quitte le faux reportage, genre qu'il avait porté aux nues avec "Borat" avant de redescendre très brutalement sur terre avec "Brüno", pour nous offrir une comédie bien inoffensive façon ZAZ avec moult clins d'œil aux célébrités du moment. Comme Chaplin dans "Le Dictateur", tourné à une époque ô combien plus sensible, Baron Cohen s'offre un double rôle mais la comparaison s'arrête là. Sous ses airs faussement trash -même si un humour assez gras et craspec qui plaît beaucoup à l'auteur et qui ne déplaît pas forcément au spectateur pointe par endroits-, "The Dictator" n'est en fait qu'une comédie familiale un peu hum-hum comme Hollywood en pond des milliers chaque été. Pour preuve, la pirouette scénaristique qui nous apprend que les condamnés à mort du régime wadiyen ne sont pas réellement mis à mort mais exfiltrés vers les USA, ce qui rajoute beaucoup d'empathie au personnage du gentil dictateur Aladeen (Baron Cohen) qui n'a finalement pas de sang sur les mains, ouf. Désolé, mais si on prend le parti de vouloir faire rire avec une crapule, il faut assumer jusqu'au bout son statut de crapule. Quant aux messages délivrés par le film, attention, ça vole très haut : 1) la dictature, c'est pas bien ; 2) au détour d'un discours déjà complètement éculé qui rappelle les écarts de l'administration Bush, on nous fait comprendre que la démocratie, et notamment la démocratie US, ça pourrait être mieux (le pire système à l'exception de tous les autres, disait Churchill) ; 3) l'utopie bobo-écolo-humanitaire, c'est sympa et en plus, on peut s'en moquer gentiment. C'est si touchant de naïveté que ce sont peut-être les seuls moments du film où on rit de bon cœur. Parce que "The Dictator" ne dure peut-être que 80 minutes mais il faut se les farcir ! On trouve vraiment le temps long. Bon, pour être honnête, si on a le courage de tenir après la première demi-heure pendant laquelle on se fait royalement chier, on est un peu récompensé sur la fin, mais si peu... Le vrai problème de "The Dictator", j'ai un peu honte de le dire, c'est que ce despote de fiction me fait beaucoup, mais alors beaucoup moins rire que ses modèles réels (rire jaune ou noir, évidemment, dans la réalité, mais rire quand même). Franchement, les 80 minutes du film ne vaudront jamais les 30 secondes de reportage montrant Mickey, Winnie l'Ourson et compagnie en train de danser devant Kim Jong-Un et tous ses potes...