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    L'Apollonide - souvenirs de la maison close
    note moyenne
    3,2
    1908 notes dont 326 critiques
    répartition des 326 critiques par note
    33 critiques
    59 critiques
    85 critiques
    65 critiques
    43 critiques
    41 critiques
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    326 critiques spectateurs

    tuco-ramirez
    tuco-ramirez

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    3,0
    Publiée le 28 août 2012
    Une maison close parisienne en 1900 ; la vie des prostituées est rythmé par l’espoir, les craintes, les joies, les humiliations voire la violence. Emprisonnées, à cette époque, sortir de la maison sans être accompagnée d’un homme pouvait vous conduire en prison pour racolage passif. Donc du monde extérieur, on ne connait rien et elles non plus. Personnages pléthoriques pour assurer la représentativité complète de toutes les réalités et trajets de vie d’une pute de maison close de l’époque ; la fonction documentaire et historique de ce film est remplie avec succès. Cette palette de personnages nous permet d’appréhender avec justesse la réalité de ces femmes à cette époque et de rompre avec les clichés idylliques ou dramatiques souvent véhiculés lorsque l’on parle de maison close ; la réalité est plus complexe et multiple que nos préjugés. Par contre, le côté romanesque de cette fiction est quasi absent. Trop de personnages peut être pour mettre en place une quelconque progression dramatique. Beaucoup de difficultés dans ce bouillon d’histiores de vie de s’investir pleinement. A voir plus pour la reconstitution historique documentée que pour l’aspect romanesque. Notons un épilogue facile et même lourdaud sur le parallèle entre la prostitution d’époque et celle d’aujourd’hui.
    willycopresto
    willycopresto

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    3,5
    Publiée le 15 mai 2014
    Un film très intéressant et non conventionnel : intrigant parce qu'il n'y a pas d'intrigue ou d'histoire sinon la vie d'une maison close comme il y en avait encore il n'y a pas si longtemps, avec ses joies, ses contraintes, ses malheurs, ses incertitudes, ses examens médicaux... Et la description d'un milieu carcéral finalement même si les prisons étaient dorées : on n'en sortait que de temps en temps pour aller prendre le frais à la campagne. Evidemment, un tel film eut pu donner lieu à une débauche d'érotisme et d'étalage de chair fraîche féminine : celui qui regarde ce film pour celà sera déçu car il y a de superbes nus féminins, avec tout ce qu'il y a de potelé comme on les aimait avant l'avènement des mannequins longilignes, mais ici, la nudité féminine même intégrale est traitée avec beaucoup de fraîcheur comme jadis les photos de David Hamilton : le flou n'est pas dans la photo mais dans l'espèce de spontanéité naïve des filles accumulant pourtant tous les vices : sexe, drogue, cigarettes, alcool, hantées par la crainte d'être enceintes ou atteintes de MST A propos de photos, les prises de vues sont splendides, tout comme l'accompagnement musical. Et l'on passe plus de deux heures à être spectateur privilégié sans s'en rendre compte. On a eu beau fermer les maisons closes, la prostitution exercera toujours... Willycopresto
    Eric C.
    Eric C.

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    3,0
    Publiée le 24 septembre 2018
    Un film essentiellement d'ambiance à l'esthétisme très raffiné et pas du tout racoleur ou voyeur. Un érotisme très très soft filmé de manière très douce et respectueuse et qui montre la vie à l'intérieur d'une maison close bourgeoise de la fin 19 ème début 20 ème qui marque la fin d'une époque et de leur existence. Le film se concentre essentiellement sur la vie des filles de la maison ’chacune avec son histoire, ses petits événements, ses rires et ses pleurs, le tout filmé avec énormément de bienveillance et de tendresse. Un univers où dans ce film règne l'amitié mais surtout la solidarité et la fraternité de ces filles sans réel avenir et condamnée quasi volontaires à vivre dans ce milieu clos et entre elles, milieu finalement protecteur. Impossible de dégager vraiment une actrice tellement elles sont toutes formidables, attachantes, avec un vrai rôle et une vraie personnalité pour chacune. Un soin très précis apporté aux costumes, décors et photographie pour un beau film, assez mélancolique finalement même si k'histoire n'est pas primordiale et que c'est plutôt un film d'ambiance et de témoignage de moeurs d'une époque qui dénote totalement avec la scène finale du Paris d'aujourd'hui avec k'alignement des filles sur le périphérique.
    lcalixte
    lcalixte

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    2,5
    Publiée le 3 octobre 2011
    C'est un "grand film raté" : plein d'ambition, très belle photo, bon jeu d'acteurs, mais l'auteur a voulu "rendre" l'ennui d'une maison close en faisant un film ennuyeux ! D'une part, pas sûr que l'ambiance des maisons closes ait été aussi tristes (pourquoi payer un bras pour aller voir des filles dépressives qui montent en râlant ?) Même si cette gaîté était artificielle (alcool, champagnes,; etc) elle était néanmoins réelle. Là, même les clients font la gueule, on se demande pourquoi ils fréquentaient ces établissements... ensuite il y a un pb avec le personnage de Pauline, présentée comme le personnage central (ou futur personnage central), qui, pfuittt, fait ses valises et disparaît en plein milieu du film, sans qu'on sache pourquoi... Sinon, très beaux décors, très belle photo encore une fois, mais personnages pas assez travaillés, quoiqu'intéressants et scénario flou et incertain. Dommage.
    nolan-finch-wook
    nolan-finch-wook

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    1,5
    Publiée le 17 octobre 2011
    Un auteur, tout simplement pas à la hauteur du sujet. La fin, tout simplement idiote de jugement avec ses plans sur Paris de nos jours...
    DarioFulci
    DarioFulci

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    3,5
    Publiée le 12 janvier 2012
    Excellente plongée hypnotique dans le quotidien d'une maison close tenue par une Noémie Lvovsky à la dure humanité. C'est un film lent, très peu narratif. Ce qu'il raconte est affaire d'atmosphère, de pistes à suivre, de douleurs tues. Chacune des filles est accompagnée par la caméra pour saisir l'attitude, le regard, l'espoir ou le désespoir d'une vie enfermée. Un choix d'existence regretté ou assumé, que des comédiennes fantastiques font exister et ressentir. La mise en scène très travaillée de ce film ambitieux est sans doute la plus réussie de tous les films de Bertrand Bonello. Dans une ambiance claire/obscure où la lueur des corps-porcelaines des actrices éclaire les décors étouffants. La photo magnifique magnifie le tout, solidifiant la tonalité du film. Du travail d'orfèvre en somme.
    Klem_Bauer
    Klem_Bauer

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    2,0
    Publiée le 19 août 2012
    J’ai essayé de rester objectif devant le film, de faire abstraction de son aspect ultra-élitiste pour essayer d’en apprécier les qualités, mais le problème, c’est que je n’en ai quasiment pas trouvé. Alors oui, le film a une qualité indéniable : son esthétique, pas parfaite mais réussie. Mais le problème, c’est que cette esthétique n’est au service de rien. J’ai essayé de chercher dans les moult critiques positives de ce film ce qu’il y avait de bon, je n’ai pas trouvé. J’ai du respect pour tous les défenseurs de cette œuvre, mais j’ai beau avoir lu toutes les critiques complètes élogieuses, je n’ai pas trouvé ce qu’ils apprécient. Oui donc apparemment Bonnello a ce don de filmer des chairs avec une grâce et une distance blablabla, ok, soit, mais au delà de cet aspect purement formel, qu’est ce qui a poussé ces individus à mettre ce film au niveau des meilleures productions de l’année ? Je n’ai pas trouvé. Bonnello semble apprécier la destructuration : dés la première scène, sympa mais qui tourne un peu à vide, réalité et rêves s’entremêlent, semant la confusion dans l’esprit du spectateur. Si cette confusion refera rarement surface par la suite, en revanche l’absence de réelle structure se verra dans une narration bien trop décousue qui engendre un rythme d’une terrible lenteur. Il n’y a pas vraiment d’histoire, et cela entraîne une conséquence extrêmement néfaste : aucun personnage (à l’exception de la femme qui rit et de celui de Céline Sallette) ne se démarque réellement, résultat l’empathie est inexistante. Peut-être que ca ne pose aucun problème a Bonnello, mais l’empathie (ou l’antipathie) pour les personnages est justement ce qui rend un film intéressant, ce qui capte le spectateur. Comment apprécier un film dans lequel le destin des personnages nous laisse indifférent ? Le problème posé par le traitement de Bonnello ne s’arrête pas là. J’ai beaucoup vu de remarques félicitant l’art de filmer les chairs de ces prostituées, mais justement, ce n’est pas le cas. La sensualité est totalement absente du film, ce qui est un comble dans un film sur la prostitution. Dans les scènes de salon, les prostituées en entreprise de séduction sont filmées avec bien trop de distance (et ce n’est pas le fait qu’elle fume dans un porte cigarette qui va y changer quoi que ce soit), et il en est exactement de même dans les scènes de passe. En outre, il y a également un parti-pris pour la pudeur dans ce film. Cette association d’absence de sensualité et de pudeur pose un souci car cela va globalement à l’encontre de certaines choses qu’aimerait montrer le réalisateur. Alors que celui-ci se complait dans l’étrangeté voire la violence sexuelle des hommes venant dans ces maisons, la pudeur rentre en totale contradiction avec ça. Shame justement savait extrêmement bien filmer les violentes scènes de sexe où le héros assouvissait des fantasmes (et des besoins) totalement formatés, et toute pudeur y était proscrite. Bref, ça ne fonctionne pas du tout. Autre touche esthétique singulière : le split-screen, tantôt inutile, tantôt bien utilisé dans la scène qui parle d’abêtissement des prostituées, avec l’association entre la décadence de certaines prostituées (Céline Sallette) et la répétition mécanique, a la manière des ouvriers dans Les Temps Modernes du métier de prostituée (Adèle Haenel qui couche avec un client de manière ultra répétitive, comme si la scène se tournait en boucle). En dehors de cette fulgurance, il n’y a plus vraiment de choses a sauver dans ce film, bien trop surestimé à mes yeux, affreusement chiant, et au néant thématique abyssal. Je finirai sur les actrices, inégales, avec la formidable Lvosky, les convainquantes Sallette et Barnole , mais hélas la terrible Hasfia Herzi, dont l’absence de grâce totale nous amène a nous demander ce qu’elle fait ici. Dommage qu’à trop vouloir faire un film bobo/élitiste, et donc déstructuré et dérangeant (trop d’effets dérangeants pour la provoc), Bonnello a livré une œuvre vide et vaine, qui n’a rien a dire.
    Angela Ki La
    Angela Ki La

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    4,0
    Publiée le 24 février 2012
    C’est donc comme ça que vivait les filles dans un bordel au siècle dernier. Non, c'est pas comme ça. Il y a bordel et bordel, là c’est quand même un bordel de luxe. La description est plus que fidèle, et elle est très esthétique. Heureusement, elle n’est pas clinique, et mêmes si ces femmes sont des «objets» de plaisir, ce ne sont pas des choses. Leur cadre de vie ressemble à un tableau néo-classique ou post-romantique, ça fait rêver. Pas une scène qui ne soit composée comme un tableau, avec un soin méticuleux, qui concourt à l’indéniable beauté plastique du film. Certains reprochent le manque de rebondissements, alors qu'on est dans un bordel peint à l'écran, et non dans un thriller à suspense homologué. L’auteur nous protège dans notre rôle voyeur, le tableau à l’écran nous met ipso-facto à distance, temporelle et physique. L’argent est symbolisé par le champagne, ou les jetons qui servent à acheter les filles, l’enfer, le regard de "l’autre", la déchéance explicité par la femme mutilée, au sourire figé et grotesque. Aucune visée socialisante, aucune critique, et quelques accents oniriques bienvenus. La vision est dorée mais c’est tellement glacé que ce n’est qu’une vision. Beau film, visuellement saisissant, une galerie de portraits envoutants, sans rédemption à venir, sans astuce tire larmes. Film avec une fin Nietzschéenne et un brutal retour à la réalité.
    Charles R
    Charles R

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    2,0
    Publiée le 15 octobre 2011
    Vous pensez découvrir un film joyeux plein de scènes graveleuses et d'anecdotes croustillantes. Erreur: voici un film sur l'esclavage, mode d'emploi... L'évocation d'une maison close au tournant du XIXe et du XXe siècle, un bordel cossu tenu par une mère maquerelle autoritaire et soucieuse du bon respect du règlement. Les filles évoluent dans un monde de velours et de satin, mais aussi dans la menace perpétuelle de multiples dangers (la syphilis ou bien les étranges manies de certains clients). Car la bonne bourgeoisie - puante à souhait - est là pour pointer son sexe et donner libre cours à ses fantasmes les plus avilissants. Le film ne manque pas de qualités, en particulier esthétiques. On peut regretter cependant d'une part le vide de trop nombreuses scènes (on nous dira qu'il s'agit de faire sentir l'ennui qui règne dans ces maisons) et d'autre part les scènes chocs qui relèvent plus du grand-guignol que d'une réelle inspiration. Mais les actrices sont épatantes et puis il y a la panthère noire dont on peut soupçonner qu'elle représente un clin d'oeil à "La Féline" de Jacques Tourneur.
    Don Keyser
    Don Keyser

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    2,0
    Publiée le 19 février 2012
    Drame touchant, "L'Apollonide" reste intéressant surtout par cet aspect là. Il est vrai que les actrices sont convainquantes mais la réalisation n'est pas à la hauteur et le scénario ne captive pas vraiment. On voit le long-métrage sans difficulté mais dans l'ensemble c'est assez ennuyeux et décevant.
    Tumtumtree
    Tumtumtree

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    3,5
    Publiée le 27 septembre 2011
    Mise en scène très soignée, belles tenues et beaux intérieurs, actrices au sommet : ce film a beaucoup pour séduire. Le premier quart d'heure est d'une grande virtuosité cinématographique avec un effet de montage rarement vu au cinéma. La camaraderie et la solidarité entre femmes sont au cœur du film (ce qui explique le contraste final avec les trottoirs des prostituées solitaires d'aujourd'hui). Mais cela reste un X-ième film sur les maisons closes des années 1900. Bunuel avec "Belle de jour" et Godard avec "Vivre sa vie" en disent plus sur cet univers. Donc à vos DVD !
    vinetodelveccio
    vinetodelveccio

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    4,0
    Publiée le 25 juillet 2012
    Bertrand Bonello nous offre un film dense et superbement filmé. La photo est superbe et la mise en scène très intelligente est bourrée de références symboliques et de clins d’œil à l'univers de la maison close. Cerise sur le gâteau, le son est magnifique : chaque caresse, chaque bruissement d'étoffe est superbement "mis en son". Le réalisateur en fait trop parfois et aurait peut-être gagné à plus de sobriété sur quelques plans.
    Tseganesh
    Tseganesh

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    3,0
    Publiée le 26 juillet 2012
    C'est le genre de scénario que l'on apprécié puisqu'il change de ceux que l'on l'habitude de voir. Sans être exceptionnel il nous permet de passer un bon moment.
    Guiciné
    Guiciné

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    1,5
    Publiée le 27 septembre 2011
    Un film décevant en rapport d'une Bande annonce alléchante, a part la fin assez émouvante, tout traîne en longueur et ne m'a pas du tout convaincu. Dommage.
    Mike G.
    Mike G.

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    2,0
    Publiée le 9 mars 2012
    Bercée dans ces couleurs sombres, ces couloirs interminables,ces escaliers épuisés, la maison close renferme ses secrets. Elle y enferme ces femmes, nues, ancrées dans des tableaux desquels elles ne peuvent plus sortir. Et elle y enferme aussi ces hommes, venus les contempler, les caresser, s'amuser de leur nature quasi-inhumaine. En tant que spectateur nous avons le "privilège" de franchir les murs de cette maison pour suivre ce groupe de femmes au quotidien. Un quotidien réglée de manière totalement décalée, qui ne respire que la nuit, encore que ce soit dans une ambiance étouffée. Entre épuisement, lassitude, espoir et désespoir, elles sont liées les unes aux autres à travers de relations fortes et sincères. Elles forment une famille qui essaient de partager le peu de choses qu'elles peuvent partager, qui essaient de vivre le peu de choses qu'elles peuvent vivre. Pourtant à mesure que les minutes avancent leur malaise devient sans cesse plus profond. Transformées en véritables objets par les hommes, elles ne peuvent que simuler des sourires, prétendre être comblées au cours de ces longues soirées où les va-et-vient deviennent incessants. Elles séduisent, elles vendent leurs corps, elles montent, elles redescendent, elles ne cessent de se mouvoir au bon vouloir des hommes et de leur gérante. Elles deviennent des poupées qui ne font que subir, qui deviennent inutiles quand elles ne sont plus capable d'offrir quoi que ce soit. Leur monde est cruel et pourtant si intimiste, les décisions se font sur des détails, sur un tas de cartes ou un autre. On retrouve d'ailleurs toujours le thème du jeu, et on en comprend la métaphore. Les femmes de la maison close sont des jouets dont le destin de chaque se retrouve dans les mains d'autrui. Que ce soit les jeux sexuels ou les jeux classiques, elles ne sont maîtresses de rien. Beautés bafouées et tournées en objets de désirs sexuels, par des hommes avec lesquels elles entretiennent des fausses relations, qu'on ne comprend jamais véritablement. La sexualité est par ailleurs dépeinte avec beaucoup de finesse. Le plaisir y est totalement proscrit pour faire naître un seul sentiment : Le dégout. Ces corps nus sont filmés avec beaucoup de souplesse, et la continuité filmique donne cette sensation de tumultes constants, dans ces trajets entrecroisés (mis en évidence par des split screen) qui ne reflètent que la manière qu'ont ces femmes d'être traînées une à une aux quatre coins de la maison. C'est un monde de faux-semblants, où elles doivent porter ce masque continuellement en espérant pouvoir un jour le retirer, même si elles savent cela impossible. Les actrices transmettent toute leur peine au travers de regards perdus, du dépit qui se lit dans leurs mouvements. Leurs discussions elles-mêmes paraissent toujours bancales, elles rient, elles essaient de s'amuser mais on sent toujours ce malêtre les habiter. On a d'ailleurs du mal à réellement comprendre qui elles sont : Elles sont tellement usées et utilisées qu'elles ne doivent même plus se connaître elles-même. Condamnées dans un labyrinthe étroit où aucune pitié ne s'immisce, le long-métrage se poursuit sur un rythme lent, troublant et profondément sombre. Les rires et les musiques, l'alcool ou les parfums, rien ne vient perturber cette enlisement dans la déchéance.Et quand le physique n'est plus là pour satisfaire des envies sexuelles, il satisfait des envies différentes, qui négligent de plus en plus l'identité de ces femmes. Désignées comme idiotes ou phénomènes de foires, leur passé ou leur futur n'importe jamais. Seul leur présent reste. Un présent maussade, qui apporte avec lui une multitude de scènes malsaines, qui révèlent un désarroi profond. Mais malgré un casting honnête, une profondeur artistique touchante et un trouble constant, j'ai du mal à m'être senti envouté par l'histoire. Il est bien maîtrisé en soi, de bout en bout, plutôt intelligent et cohérent avec ce qu'il s'engage à représenter. Pourtant je me suis retrouvé absent à plusieurs reprises, comme si le rythme imposé, uniforme dans son esprit négatif m'a plombé et m'a fait lâcher prise. Je crois que le vide émotionnel que rencontrent ces jeunes femmes a fini par me vider moi aussi, et je n'ai pas su y puiser une quelconque satisfaction. Ça reste du bon cinéma, mais du cinéma auquel je n'ai pas su adhérer, pour des raisons qui doivent être uniquement personnelles. Il y a beaucoup à dire sur la réalisation de Bertrand Bonello, de cette histoire, mais je n'en ai pas la force et ne serait-ce que de replonger dans les deux heures de film pour y dégager une "critique" s'est révélé vraiment éprouvant.
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