Charles M.
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4 - Très bien
"To Rome with love" prolonge la série des films européens initiée avec "Matchpoint" , qui nous entraînent de Grande-Bretagne en Espagne, de France en Italie, et qui plongent leur personnages désirants et entravés dans une ronde de clichés nationaux et sentimentaux. Ça devient en quasiment conceptuel. Et, de la même façon que ses génériques gardent une typographie inchangées, Woody Allen enchaîne les films non comme autant d'oeuvres indépendantes, mais comme une continuité qui creuse les mêmes sillons, ceux d'un non-lieu géographique (les villes réduites à des cartes postales) irrigué par les désirs - et l'on retrouve quelque chose de la débordante sensualité de "Matchpoint" dans "To Rome with love", là malmenée par le rapport de classe, ici par la soif de célébrité et de reconnaissance des personnages. Dès lors, trouver "To Rome with love" "paresseux", "stéréotypé", "indigeste" n'a pas grand sens face à cette nouvelle variation, drôle, grave, pas toujours aimable (à l'image du rôle qu'Allen se donne dans le film d'un père âgé, conservateur et volontariste), autour de la difficulté authentique de trouver sa place dans un monde d'autant plus menaçant qu'il semble immuable et artificiel, comme un cliché.
Et puis cette nonchalance qu'il peut y avoir dans l'écriture (pousser une idée amusante jusqu'à son épuisement, jusqu'au risque qu'elle perde de sa drôlerie) et dans la mise en scène sont la plus réjouissante réponse au "chef-d'oeuvrisme" actuel de la critique qui voudrait à toute force décréter sa "grande oeuvre", son "grand auteur" à tout bout de plan, sans réaliser ce qu'il y a de profondément académique et normatif dans cette pulsion.
Ajoutée le 07 sept. 2012 à 10h07
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