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De manière un peu mécanique les films de Ken Loach et de son compatriote Mike Leigh sont encensés par la critique qui a toujours en mémoire les joyaux de chroniques sociales qu'étaient leurs films des années 1990 largement récompensés dans les festivals. Depuis les deux réalisateurs ont un peu diversifiés leurs parcours pour régénérer leur inspiration , la touche humoristique pour Leigh et le thriller politique pour Loach. "La part des anges" est une tentative de retour à la veine sociale qui avait fourni au réalisateur deux de ses plus beaux succès ("Raining Stones", "My name is Joe"). Mais sorti du contexte des années Tatcher qu'il avait su si bien imprimer sur l'écran, Loach semble tout simplement se répéter. Le film est bizarrement coupé en deux comme si Loach n'avait pas sur quelle direction donner à son métrage. La première partie assez sombre est sans doute la plus convaincante par le constat amer de ce que sont devenues les banlieues des grandes villes comme Manchester. Alors que le tableau noir brossé par Loach et Paul Laverty son scénariste à titrer laisse augurer de graves problèmes pour le héros, le ton change brutalement pour virer sur une intrigue un peu potache et fort peu crédible de vol d'un précieux whisky avant sa mise aux enchères. Le problème est que le portrait que Loach a dressé en préambule de ses quatre larrons rend très peu probable leur capacité soudaine à monter une arnaque aussi bien pensée. Enfin comment croire en 2012 que quatre adolescents débarquant de leur banlieue malfamée vont s'immiscer aussi facilement dans le milieu très fermé des ventes de whisky millésimé à plus d'un million de livres ? Pour faire monter la mayonnaise, Loach et Laverty auraient du nouer l'intrigue beaucoup plus tôt pour avoir le temps nous faire croire à l'évolution de leur personnage qui tient ici du miracle. Faute de n'avoir pas su choisir, leur film est bancal mettant mal à l'aise les acteurs qui ne savent pas trop sur quel registre ils doivent jouer leur partition. Mais Ken Loach étant Ken Loach, le festival de Cannes lui a quand même décerné son Grand Prix du Jury. On ne prête décidément qu'aux riches !
Ajoutée le 30 déc. 2012 à 17h56
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