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3.5 - Bien
Geoffrey Enthoven (Happy Together, The Over the Hill Band) réalise un film avec un sujet quasi-tabou : la sexualité chez des personnes handicapées. Pardi audacieux et réussi car le réalisateur ne tombe pas dans le piège de tomber dans le pathos à chaque scène. Les personnages sont touchants et remarquablement interprétés. Une incroyable performance car aucun des trois acteurs n’est atteint d’handicap. En plus, l’alchimie fonctionne très bien entre les trois protagonistes. Certaines séquences sont très drôles parfois dû au comique de situation. Par exemple, Josef, dans un hôtel, cherche les cartes pour ouvrir les portes de chambres de ses amis mais il les égare. Du coup, ses deux amis se retrouvent enfermés. . Ils veulent se montrer courageux et indépendants. Ils n’aiment pas être aidés par les personnes valides. Mais aussi, les trois personnages se taquinent réciproquement sur leur handicap. Ce qui prouve qu’ils acceptent leur condition et les plaisanteries par le rire. Les trois amis parlent en flamand et Claude (qui est une femme) en wallon. L’entente est difficile au début à cause de la frontière de la langue. Mais au fil des kilomètres, les adolescents se rendent compte que Claude leur est indispensable. C’est elle qui les encourage à faire tel chose (parler avec des femmes) ou qui les aide dans leur toilette par exemple. Se crée ensuite un lien d’amitié entre Claude et les trois amis. Ils apprennent à se connaître, se confient leur plus lourd secret et partagent leurs rêves.
Le scénario est original et bien écrit, certaines répliques et situations sont bien trouvées. On sort de la projection avec une morale : les personnes handicapées ont eux aussi des rêves et des désirs même si elles ne peuvent pas toujours les réaliser. Larz cuisine bien et rêve d’ouvrir un restaurant. Philip est amateur en vin et rêverait d’avoir ses propres vignes. Quant à Jozef, il aimerait tout simplement refaire le voyage avec une femme. Car les trois amis ont bien une frustration en commun, celui de n’avoir pas de petite amie. Ils se sentent seuls mais se soutiennent moralement pour survivre à leur handicap et leur solitude. C’est justement le fait de vouloir une première relation sexuelle qui va les pousser à réaliser un voyage de plus de 3000 kilomètres. Ils sont bien déterminés et rien ni personne, pas même leurs familles, ne semble les arrêter dans leur objectif.
Un road movie (film dont l’action se passe principalement sur la route) qui marche plutôt bien, riche en rebondissement et en émotions. Le film nous fait passer du rire aux larmes et inversement. Le réalisateur a su trouver un équilibre entre le trajet et les temps de repos à chaque escale. On ne s’ennuie pas car on découvre comme eux de nouveaux endroits. Il nous fait découvrir aussi de nombreux paysages, français et espagnols. Le réalisateur multiplie les scènes dans le minibus, intérieur et extérieur. On a souvent les points de vue des protagonistes sur ces lieux qu’ils découvrent. Le réalisateur utilise plusieurs échelles de plans pour cela. En plan large pour montrer l’immense espace ou en gros plan pour montrer les impressions de Jozef, Philip et Larz.
Ce qu’on pourrait regretter, c’est que certaines scènes restent classiques et prévisibles. Le réalisateur aurait pu éviter certains pièges et aurait pu créer la surprise mais au final on s’attend à certaines situations, ce qui ne gâche pas pour autant notre plaisir. Le film reste un excellent moment de cinéma et nous prendre conscience que les personnes handicapées ont aussi le droit d’être aimées.
Ajoutée le 21 mars 2012 à 12h24
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