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Tabou
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note moyenne
3,6 707 notes dont 146 critiques
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146 critiques spectateurs

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Africultures

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 22/11/2013

Gomes nous emmène avec habileté sur le terrain glissant de nos visions post-coloniales. Il le fait avec une impressionnante liberté, la sienne qui respecte la nôtre, une façon d'affirmer sa foi dans le cinéma des origines, celui de Murnau. Quand ses personnages voient dans les nuages des animaux, quand le romantisme le dispute au baroque, quand c'est un crocodile qui porte le récit, Gomes assume cette filiation critique. Dans la première partie, le passé semble tabou : il revient en force en tant que mythe dans la seconde. Ce n'est ainsi comme Miguel Gomes qu'en fouinant dans nos imaginaires qu'on pourra enfin faire des films plutôt que de sempiternellement nous faire un film sur notre passé et sur nous-mêmes. - Voir critique complète sur le site d'Africultures. http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=11174

B-Lyndon

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 28/12/2012

Perdu. Tout est perdu. Et pourtant : Aurora l'avait vu en rêve, cette fois ci. Un rêve étrange, qu'elle nous raconte, lunettes de soleil vissées sur les yeux, face caméra. Perdu. Tout est perdu. Elle a joué. Elle a perdu. Son argent. Son amour venu d'Afrique. Son paradis. D'abord, on hésite. On ne sait pas. On se pose là, entre ces trois personnages, on ne sait rien. On ignore tout. Et pourtant, ces voix, on les entend encore. Et ces visages fermés ne disent, en revanche, rien. Et puis, soudain, tout démarre. Il suffit d'un changement de plan pour suggérer le changement de pays, d'atmosphère, de vie. Un vieil homme raconte, parmi les bruits du blé et des champs africains, ce qui est parti et ne reviendra jamais. Et les voix, soudain, se taisent. Et les visages, soudain, s'ouvrent. Rire. Pleurs. Corps qui se mouvent. Yeux regardant les nuages qui dessinent, dans le ciel, des animaux contournés au crayon. Tout dans ce film est une question de souvenir, de retour, d'oubli. Oublier. Ce serait si simple, d'oublier... Mais c'est impossible. Si les voix s'effacent, les visages restent. Ils nous regardent, de longues minutes. D'infinis nuances chavirent dans leur yeux gris. Tant de cris se devinent dans ces bouches qui se taisent... Et cette fois, on le sait. On a vu. On a tout vu. On a vu Aurora seule, vieille, morte, perdue. Et c'est insoutenable, car on voudrait qu'ils s'aiment, qu'ils s'embrassent, se touchent, se caressent, s'envolent, fuient, courent, loin, ensemble... Perdu. Tout est perdu. Et pourtant, tout semble là. Car Gomes, à la fin, ne revient pas au présent. Un travelling sur un paysage d'Afrique, et Tabou se termine. Dans le noir, on se relève. Les lumières se rallument. Et que fait-on, alors, à l'instant, comme à tout les instant ? On se souvient. Encore. Encore et toujours, on se souvient. Car la vie et le cinéma ne sont qu'une suite de souvenirs. Des souvenirs qui fuient, doucement, sans bruit, à travers la savane d'un paradis perdu, d'un paradis rêvé, comme celui d'Aurora, il y a bien longtemps.

Yves G.

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1,5Mauvais • Publiée le 12/02/2013

Le film de Miguel Gomes a été accueilli par une critique extatique. Les cahiers du Cinéma parlent d'un "manifeste pour un cinéma réllement libre et lyrique" ; Le Monde évoque "un film d'une colossale ambition sur la construction et le déclin de l'imaginaire occidental" (rien que ça !) ; quant au critique de Libération (qui avait peut-être fumé quelque chose d'illicite avant la projection), il est ému aux larmes par "les distorsions, les frictions et les cassures bizarres de ce feuilleté d'innombrables couches de temps entrelacées, où se confondent la mémoire du monde et celle que cinéma et chansons d'amour lui auront inventé". Du coup, c'est un peu intimidé que j'ai réussi à me trouver une place dans une petite salle parisienne archi-comble remplie de lecteurs Télérama complexés d'avoir raté à sa sortie le meilleur film 2012. Le film est construit en deux parties. La première est en noir et blanc. La seconde en noir et blanc et en muet. La troisième partie, s'il y en avait eu une, aurait peut-être été sans image ou sans son ... La première rappelle Tatie Danielle : une vieille dame prénommée Aurora (fine allusion à Murnau qui fait écho au titre du film lui aussi) perd la boule. C'est le "paradis perdu". La seconde rappelle Out of Africa : à la mort d'Aurora on apprend que jadis elle avait une ferme en Afrique, aux pieds du mont Tabou (fine allusion à Karen Blixen). Mal mariée, la jeune et belle Aurora tombe follement amoureuse du jeune et beau Ventura. Ils vivront une idylle moite et follement romantique au milieu des plantations de thé et des fosses à crocodiles. Mais on sent, sous l'immobilisme apparent, sourdre les frémissements de la guerre d'indépendance qui vient. Honte à moi de moquer aussi gratuitement ce beau film exigeant. Il me faudrait plus humblement reconnaître que je n'y ai pas compris grand'chose et que le peu que j'en ai compris m'a copieusement rasé. J'aurais dû, comme le critique de Libération, fumer un truc euphorisant avant d'aller le voir ...

Maître Kurosawa

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2,5Moyen • Publiée le 08/02/2015

Je serais de mauvaise foi si je ne reconnaissais pas à "Tabou" son ambition formelle considérable et son indéniable sens du romanesque. Divisé en deux parties, la première se passant de nos jours et la seconde quelque décennies auparavant, il est question de la vieillesse d'une femme, cette dernière commençant à divaguer, la vie d'un foyer dans un immeuble à Lisbonne ou encore une histoire d'amour impossible en Afrique, autant d'actions diverses pourtant toutes connectées entre elles. Foisonnant et abstrait, le film finit par lasser à cause de son rythme particulièrement lent (mais pas très envoûtant) et de son utilisation excessive de la voix-off. Il est d'ailleurs difficile de savoir si cette dimension littéraire est assumée mais en tout cas elle finit par parasiter le récit et surtout certaines images d'une grande beauté. Miguel Gomes signe un film mystérieux, peut-être trop, jusqu'à se demander s'il n'est pas hermétique.

AliceL

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2,5Moyen • Publiée le 27/02/2013

On a du mal à comprendre l’emballement médiatique autour de cet anodin petit film. Le projet n’est certes pas dénué de charme : l’utilisation du muet est plutôt poétique, l’ironie permanente se teinte peu à peu de mélancolie et il y a quelques réjouissants dérapages surréalistes. Mais le récit demeure programmatique jusqu’à la caricature et les personnages ont du mal à trouver de la chair à l’intérieur de ce mélo cousu de fil blanc. Vraiment pas de quoi crier au chef d’œuvre !

Conrad

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4,0Très bien • Publiée le 13/01/2013

Passée une première partie d'un ennui mortel et d'un intérêt relatif, on entre dans une narration ambitieuse qui éclôt aveuglément à chaque scène. Quand la conclusion nous cueille, on découvre que l'aveugle c'était nous. "Tabou" est beau, profond mais inégal et maniéré. Il semble pourtant avoir les moyens de sa prétention.

gimliamideselfes

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3,5Bien • Publiée le 11/01/2013

Alors j'ai fini par voir ce film que j'ai mis du temps à voir, ce film dont la critique des cahiers m'avait fait baver. Je ne sais pas si j'en attendais trop, mais comme tous les films de 2012 ou presque, j'ai été déçu. Déçu surtout par cette première heure de film. Bien qu'elle ne prenne tout son sens que durant la seconde partie du film, je trouve ça dommage de devoir subir cette heure qui si elle est belle ne m'a vraiment pas passionnée (sans que je trouve ça chiant non plus). Et je n'ai pas envie de m'y attarder, car j'ai trouvé ça assez confus. Par contre, vraiment la seconde partie, c'est quelque chose. C'était l'idée que je me faisais du film avant d'aller le voir. La photographie du film change, elle est moins lisse, il y a du grain, et j'aime le grain ! Et on a cette histoire d'amour, forte, belle. Alors je ne veux pas être trop élogieux, car je pense que ça aurait pu l'être encore plus, mais disons que certains moments sont réellement tristes et beaux et que ça fait plaisir de voir ça au cinéma. J'émets l'hypothèse que pour apprécier pleinement le film il faut le revoir (ce que je ne ferai sans doute pas), mais disons que ça permettrai de revoir la première partie en en comprenant les enjeux et les personnages. Aussi j'ai quand même trouvé le film franchement bavard surtout dans la première heure et du coup lorsque la musique s'arrête j'ai cru qu'on allait tomber dans du muet pur, mais non on a encore cette narration un peu lourde. Après ça m'énerve vraiment de ne pas forcément avoir plus aimé le film plus que ça. Et puis je pense qu'on ne vantera pas assez la beauté de la photographie de la seconde partie. Je me suis senti dans cette Afrique, une Afrique d'image d'Epinal, celle qui hante nos rêves et nos fantasmes (oui j'aurai rêvé de vivre en Afrique à cette époque). Mais ce qui me dérange c'est que même dans la seconde partie il aurait pu être un peu plus rude, parce que j'ai trouvé la fin pas assez triste... Et pas assez mélancolique pour me séduire. Je pense qu'on a beaucoup d'éléments pour faire un grand film, mais on n'y est pas encore à mon goût. Il manque quelque chose.

tixou0

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3,5Bien • Publiée le 10/01/2013

Très nettement à classer dans la catégorie "films qui se méritent", ce "Tabou" sur 3 époques (prologue colonial flamboyant au Mozambique pour histoire d'amour tragique et métamorphose "crocodilienne" - le saurien et sa symbolique revenant en 2ème partie) ; de nos jours à Lisbonne ; 2ème partie rétrospective sur fond colonial déclinant dans le même Mozambique pour récit d'amour et de crime) commence par ennuyer, voire agacer (1ère partie, bavarde et parfois incohérente), puis par fasciner (les amours de Gian Luca Ventura le bellâtre italien dilettante et d'Aurora la guerrière, enceinte d'un autre, rythmés par l'improbable "band" formé par Ventura avec son compatriote Mario, au pied d'un mont Tabou de fiction, figure de tous les interdits). Ce charme hypnotique vient du récit entièrement en "off" de Ventura âgé se remémorant cet épisode court autant que haletant de sa vie sentimentale de jeunesse : les magnifiques images en noir et blanc de ce vrai faux film muet déroulent ainsi une dramaturgie singulière. Inégal dans la construction, mais vraiment intéressant dans la démarche que ce film portugais, hommage revendiqué au "Fleuve" de Jean Renoir.

Myene

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3,5Bien • Publiée le 30/12/2012

On en a fait un peu trop avec ce film, certes c'est une oeuvre remarquable qui signe une nouvelle personnalité à suivre N'en déplaise aux grognons puristes j'ai été plus touchée par "the artist" dont les protagonistes et l'histoire ont ma préférence, reste avec Tabou un film qui renouvelle notre lien aux images et qui a su trouver l'osmose musique et images

Elio B.

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 19/12/2012

« Une vieille dame au fort tempérament, sa femme de ménage Cap-Verdienne et sa voisine dévouée à de bonnes causes partagent le même étage d’un immeuble à Lisbonne. Lorsque la première meurt, les deux autres prennent connaissance d’un épisode de son passé : une histoire d’amour et de crime dans une Afrique de film d’aventures. » Tabou est un OVNI comme on en a peu vu ces dernières années. C’est un film souvenir et le réalisateur a su utiliser à la perfection tous les outils que le cinéma a mis à sa disposition pour parvenir à ses fins. C’est un film fou, un film en trois temps, à trois vitesses, un éloge de la mémoire, de l’amour et de l’Afrique, un film sur la vieillesse aussi, le temps qui nous rattrape et dans ce film, la forme est mise sur un piédestal, c’est un véritable hommage indirect au cinéma. Tout de suite, le film assume son coté retro, ce n’est pas tous les jours que sort un film en 4/3 au 21e siècle. Un noir et blanc passé, qui n’est pas sans rappeler celui des débuts du cinéma, pour la première et la dernière partie, qui, ajouté à une somptueuse voix off sur des plans bruités mais sans parole, parvient à nous transmettre à la perfection la chaleur et la moiteur de l’anachronique Afrique coloniale qu’il décrit mais aussi les sentiments de son personnage. Gomes est un maitre conteur, le film est fouillis et plein de trouvailles scénaristiques et de montage, c’est ce qui fait son charme, sa magie. La seconde partie, la partie « réaliste » est centrée sur le personnage de Pilar, une femme bonne et attentionnée tout particulièrement envers sa voisine, la vieille Aurora, bipolaire, convaincue que sa bonne lui fait du Vaudou. Au premier abord, cette partie semble en dessous du magnifique prologue, il n’est pas rare qu’on s’y ennuie et elle peut sembler un prétexte à la dernière partie « paradis ». On comprend toutefois très vite que c’est ce « paradis perdu », cette partie réaliste qui apporte son charme à la dernière, dans laquelle on retrouve Aurora, jeune et belle, vue de manière diamétralement opposée et c’est ainsi que la nostalgie opère, on découvre à travers l’homme qui l’a aimée la face cachée d’Aurora, celle que la vieille dame essaye d’oublier pour ne pas se faire de mal, pour ne pas se rappeler qu’elle a jadis été jeune et aimée. J’entendais il y a quelques semaines sur arrêt sur image, le réalisateur Florent Emilio Siri parler de son film Nid de Guêpes et dire « ce film aurait pu être sans parole, pas muet, sans paroles » je me suis alors demandé, pourquoi alors ne pas avoir supprimé les paroles ? Pourquoi ne pas supprimer des dialogues si la compréhension, l’intention et la démarche artistique du réalisateur n’en sont pas entachés ? Au contraire, si cela est fait avec talent cela ne peut que rendre le film exceptionnel sans à aucun moment réduire la performance d’acteur. Tabou en est la preuve, le réalisateur a su faire la part des choses en supprimant tous les dialogues de la partie souvenir, mais en accordant un place très importante aux bruits, et en ajoutant une voix off qui ne s’impose pas, dévoile ce qu’il faut, quand il faut. Ainsi, Gomes a pu se permettre d’accorder des plans qui ne correspondent pas au récit de Ventura, l’homme qui nous conte son histoire, et créer un amalgame d’instants purs et beaux, ceux qui ont traversé le temps dans la mémoire de ce vieil homme, ceux qui ont permis que cet amour impossible perdure et qui sont, au fond bien plus importants que la trame. Les acteurs interprètent cela magistralement, on entend pas le son de leur voix mais tout est la, ils sont timides, ils sont drôles, ils ont le trac, ils s’aiment... Tout est fait pour jouer sur les mimiques sans faire un pastiche. Pour finir le travail sur le son on peut opposer la partie centrée sur Pilar, sans musique, rythmée par le lent bruit des pas de ses personnages, calme et tout en retenue, à l’image de son personnage principal, et la partie centrée sur le couple Aurora/Ventura dotée de ringards morceaux pré pop occidentales et de fantastiques musiques Africaines, à l’image de leur amour et du Mozambique, tout en fougue et en joie de vivre... Tabou est un véritable chef d’œuvre, un meli melo d’inventions, de trouvailles à toutes les étapes de la création cinématographique et un magnifique travail sur le souvenir, le conte, et bien sur, le cinéma. Pour lire mes autres critiques: http://profilcritique.wordpress.com

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