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Tabou
note moyenne
3,5
735 notes dont 148 critiques
12% (18 critiques)
29% (43 critiques)
25% (37 critiques)
14% (20 critiques)
9% (13 critiques)
11% (17 critiques)
Votre avis sur Tabou ?

148 critiques spectateurs

Arthur de Bussy

Suivre son activité 59 abonnés Lire ses 576 critiques

1,5Mauvais
Publiée le 19/08/2017

A première vue, « Tabou » est un beau film. Mais à y regarder de plus près, qu'est-ce qui est vraiment beau ? La photographie, indéniablement. Un film photographié dans un noir et blanc aussi impeccable, ce n'est pas si courant, tant mieux donc. Mais mis à part la surface visuelle, la couleur et le grain de l'image, « Tabou » est-il réellement un « beau » film ? En fait, non. L'histoire est assez quelconque, si ce n'est qu'elle s'inspire très fortement du « Tabou » de Murnau (sans en retrouver la splendeur, loin, mais vraiment très loin de là), long métrage que l'on peut qualifier sans hésiter de chef-d’œuvre, contrairement au film de Gomes pourtant tant acclamé. Les références ostensibles de cet acabit sont tout à fait typique de ces artistes plus doués pour citer autrui que pour créer quelque chose de qualité, sans parler d'une qualité égale aux artistes assez grossièrement convoqués. Car Murnau n'était pas qu'un simple « imagier », c'était aussi et avant tout un véritable artiste, avec une sensibilité propre et des choses à dire. Alors que là, rien, nada, ou presque. Gomes reste à la surface des choses. D'ailleurs, fait éloquent, la musique tient dans ce « Tabou » un rôle tout à fait… cosmétique. Comme les acteurs, certes très beaux, une fois encore… mais tout à fait sans épaisseur. Ils restent des acteurs, et ne s'incarnent jamais vraiment en personnages. Sauf peut-être celle qui joue Pilar, encore qu'elle reste cantonnée à un rôle cliché. Car tout est cliché dans ce film, quel dommage ! D'autant que le ton du long métrage n'est pas plus réjouissant, il est amer, presque cynique. En fait, il n'y a pas vraiment de paradis originel ici, juste un semblant de bonheur factice, voué à disparaître avec le destin des protagonistes, brisés par l'échec de leurs vies dénuées de sens. Les personnages sont désabusés, le regard vide, à l'image de leur existence toute en apparence, et seulement en apparence. Hélas, une fois passé le choc de l'image brillante (comme du papier glacé), on se rend compte rapidement que l'intrigue repose sur des ressorts scénaristiques bien maigres… « Tabou » n'est qu'un exercice de style, dont l'existence n'est légitimée que par quelques jolis plans, comme cette nuque tarkovskienne, cette marche dans les herbes hautes (qui ne mène nulle part, tiens tiens, étonnant non ?) ou cette brousse qui étouffe un ciel que l'on imagine d'un bleu azur… Un film pas déplaisant, mais désespérément vide.

gabdias

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4,0Très bien
Publiée le 08/01/2017

Vraie claque cinématographique, visuelle et artistique. Pourtant le thème n’est pas original, une histoire d’amour difficile sur fond de régime colonial en Afrique mais le traitement de M.Gomes est incroyable et notamment la 2è partie semi-muette offre une pépite jamais-vue. Un cinéma poétique et charmant. Chef d-œuvre !

EricDebarnot

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4,0Très bien
Publiée le 31/03/2016

Il est difficile de qualifier l'enchantement qui nous saisit à la vision du prologue (l'explorateur au cœur brisé, le crocodile et le fantôme) et du segment "Paraiso" (la folle histoire d'amour adultère, le crime et le crocodile - encore) de "Tabu", sans aller rechercher la magie éternelle du cinéma des origines, muet (mais ici, sonore, c'est important) et en noir et blanc, sans invoquer les mânes de Murnau, cité directement à travers le titre du film de Miguel Gomes. Mais ce serait réduire une œuvre d'art follement ambitieuse au même niveau que le travail formaliste d'un "The Artist", par exemple, et passer à côté de l'essentiel de la démarche de Gomes. Il faut plutôt se pencher sur le chapitre le plus "ingrat" - "Paraiso Perdido", auquel on reproche souvent d'être ennuyeux - pour comprendre le programme du film : ni plus ni moins que chroniquer l'histoire (coloniale) de son pays et l'histoire individuelle de nos passions, et montrer comment les années qui passent réduisent nos enchantements en cendres, comment l'amère désillusion de la vieillesse nous prive de tout ce que nous avons aimé, et en premier lieu de notre puissance. Puissance coloniale, dont notre inconstance a elle-même provoqué la disparition, puissance sexuelle et amoureuse que nous avons perdue par notre folie, tout se mêle dans une défaite individuelle et sociétale à la fois. Mais Gomes a la générosité de raconter son histoire à rebours, de laisser les fantômes romanesques et les crocodiles cruels percer le voile de la réalité froide, mécanique, de notre vieillissement, pour nous rendre à nouveau témoins pendant cinquante minutes merveilleuses de nos pouvoirs envolés. Même un peu déréalisés, même un peu ridiculisés par un bel humour absurde. Et ça, c'est un cadeau magnifique.

JR Les Iffs

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2,5Moyen
Publiée le 22/01/2016

Les premières cinq minutes en Afrique sont excellentes, et semblent annoncer un très bon film. Après le générique, la partie lusitanienne n'est pas mauvaise, on met un peu de temps à comprendre, mais c'est bien réalisé et les acteurs sont bons avec un magnifique noir et blanc. Mais la troisième partie, la plus longue, est ennuyeuse à mourir : il s'agit d'une romance dans laquelle une femme mariée trompe son mari avec un jeune homme, et cela finira mal (très original, n'est-ce pas ?). Pas d'empathie pour ces personnages, d'autant que cette partie est muette (pourquoi ?) et qu'une voix off trop présente devient agaçante. Que vient faire le crocodile la-dedans ? A vous de voir. Terminer sur une si mauvaise impression, dommage.

Santu2b

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3,0Pas mal
Publiée le 12/01/2016

En 1931, l'immense Friedrich Wilhelm Murnau traita la notion de tabou au cinéma en donnant ce nom à l'un de ses films phares. En 2012, Miguel Gomes reprend ce titre pour son troisième long-métrage tissé entre l'Afrique coloniale et Lisbonne au début du XXIe siècle. Drame sentimental, celui-ci comporte deux parties intitulées "Paradis perdu" et "Paradis". Une vieille dame dans ses derniers jours divague, évoque un crocodile et de lointaines images du continent. Tout son maigre entourage pense qu'elle perd la tête avant que ne se dévoile le spectre d'un ancien amant . La plus grande réussite du film reste formelle. Gomes réalise en effet un long-métrage d'une grande beauté, porté par un noir et blanc superbe, brillamment éclairé. Hermétique à ses débuts, l'œuvre se laisse progressivement approcher malgré son inégalité. Car "Tabou" forme un diptyque assez déséquilibré au final, rendant la seconde partie autrement plus captivante que la première. Il est à espérer que la maîtrise du cinéaste ne porte ses fruits sur un bien meilleur sujet que cette histoire commune de passion dévorante vouée à l'échec. Le cinéma portugais a peut-être un nouveau nom à suivre.

velocio

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2,0Pas terrible
Publiée le 14/07/2015

Le réalisateur portugais a la cote auprès de la critique. Cette réputation ne serait-elle pas un peu surfaite ? En tout cas, "Tabou" est un film curieux dans lequel le réalisateur s'amuse à passer du coq à l'âne. On peut sans doute y trouver son compte. On peut aussi s'y ennuyer. c'est mon cas !

Maitre Kurosawa

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2,5Moyen
Publiée le 08/02/2015

Je serais de mauvaise foi si je ne reconnaissais pas à "Tabou" son ambition formelle considérable et son indéniable sens du romanesque. Divisé en deux parties, la première se passant de nos jours et la seconde quelque décennies auparavant, il est question de la vieillesse d'une femme, cette dernière commençant à divaguer, la vie d'un foyer dans un immeuble à Lisbonne ou encore une histoire d'amour impossible en Afrique, autant d'actions diverses pourtant toutes connectées entre elles. Foisonnant et abstrait, le film finit par lasser à cause de son rythme particulièrement lent (mais pas très envoûtant) et de son utilisation excessive de la voix-off. Il est d'ailleurs difficile de savoir si cette dimension littéraire est assumée mais en tout cas elle finit par parasiter le récit et surtout certaines images d'une grande beauté. Miguel Gomes signe un film mystérieux, peut-être trop, jusqu'à se demander s'il n'est pas hermétique.

Raw Moon Show

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3,5Bien
Publiée le 19/11/2014

Le tout début n'est pas rassurant. On est empêtré dans un présent immobile et à certains égards on pense à du film d'auteur dans ce qu'il peut avoir de plus prévisible et de plus énervant. Plans interminables, silences censés en dire long, visages interdits... Et puis voilà il s'agit forcément de la chronique d'une vieillesse aux abois dans un quartier populaire de Lisbonne... Bref ça va heureusement vraiment décoller dans la deuxième partie formellement très travaillée (noir & blanc, muet) avec ce récit initiatique qui nous est conté au passé, en privilégiant une narration simple et pleine d'une candeur délicieuse. Une passion dévorante et paradoxalement quelconque, sans surprises. C'est d'ailleurs la limite de Tabou qu'on pourrait résumer à une moralité connue de tous : les Histoires d'amour finissent mal en général, même sous d'autre cieux, même en terre colonisée, même en noir & blanc, même aux temps reculés du cinéma muet ...

fred L.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 17/11/2014

Mon film préféré. La mise en scène est une merveille d'inventivité, le scénario béton, les acteurs formidables. Le cinéma, c'est un lieu où l'on devrait voir plus de films de cette trempe.

Le film d'Ariane

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3,5Bien
Publiée le 24/05/2014

La première partie m'a un peu fait peur, lente, sinistre, incompréhensible, j'ai un peu lutté pour ne pas m'endormir. La deuxième en revanche est très belle. Image magnifique, beau travail sonore, et histoire d'amour vibrante. J'ai bien fait de résister.

Piarvi Recherreen

Suivre son activité 9 abonnés Lire ses 128 critiques

4,5Excellent
Publiée le 19/04/2014

D'abord, "Tabou" surprend par sa forme narrative, ses partis pris osés et plutôt risqués de la séparation en deux parties et du récit dans le récit qui constituent son ossature. Son charme profond se trouve toutefois ailleurs, dans cette évocation d'un passé magnifié dans lequel l'insouciance flirte avec le morbide en toute légèreté. Rarement la nostalgie aura été aussi belle au cinéma.

vinetodelveccio

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4,0Très bien
Publiée le 20/02/2014

Un film magnifique, réalisé avec beaucoup d'audace et de poésie. Miguel Gomez se démarque ici de tout ce qui a pu être créé auparavant et s'affranchit des standards du cinéma pour nous offrir une œuvre singulière sacrément culottée. La beauté de la chose réside surtout dans le fait que le dispositif de mise en scène n'est jamais accessoire ou gadget : le noir et blanc renforce l'immense mélancolie du film, le jeu avec le son et la caméra souvent fixe permettent une omniprésence du hors-champ et donc de l'imagination. Le rêve est toujours présent et il se dégage du film une immense poésie et des torrents d'émotions. Au-delà de ces aspects poétiques, le cinéaste n'oublie pas d'être totalement ancré dans la réalité et réussit donc à nous délivrer une œuvre absolument moderne. En bref, un sacré film et un moment extraordinaire.

QuelquesFilms.com

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3,0Pas mal
Publiée le 03/12/2013

Curieux film, scindé en deux parties radicalement différentes. La première, contemporaine, est constituée de petites scènes quotidiennes hétéroclites, où l'on cherche, un peu dérouté, un fil directeur dramatique. L'histoire est plus ou moins centrée sur un personnage, Pilar, dont on ne va plus se soucier après une bonne demi-heure de film. La seconde partie, "historique" et romanesque, se déploie sous la forme d'un très long flash-back, avec un fil directeur chronologique et classique. L'histoire est celle d'Aurora et de Ventura, couple adultère en terre africaine, héros tragiques d'un mélodrame exotique à la Karen Blixen. Miguel Gomes aime visiblement jouer avec des codes et des modes de narration différents, emmener le spectateur là où il ne s'y attend pas, jongler avec les tonalités. Il ose et c'est surprenant. Il ose le lyrisme et l'aventure des mélos surannés, tout en les accompagnant d'une dérision en coin, de petits décalages humoristiques. La voix off très littéraire, le choix du noir et blanc, les références à Murnau et aux films d'aventures muets, tout cet univers référentiel classique va de pair avec diverses expérimentations stylistiques (notamment sonores - le flash-back est sans dialogue mais avec des prises de son réelles). Le cinéaste ose également revisiter l'Histoire (le colonialisme, la guerre d'indépendance au Mozambique) à l'aune de sa fiction... Il y a dans cette liberté d'invention et de création quelque chose d'à la fois plaisant et déconcertant, qui aboutit à un résultat intéressant mais bancal, tenant avant tout de l'exercice de style. Exercice de style qui a incroyablement emballé les critiques...

S.L PEREZ

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 23/11/2013

Tabou débute par un conte qui narre la mélancolie d'un veuf errant dans les plaines africaines. On s'attend alors à une oeuvre aussi triste que poétique, et ce pré-sentiment se confirmera. Le film est divisé en deux parties: la première, 'Paradis perdu' raconte le quotidien d'Aurora, - autre bel hommage à Murnau - une vieille femme misanthrope qui vit à Lisbonne. C'est lors de la deuxième partie intitulée 'Paradis', lancée par Ventura que l'on découvre tout l'intérêt du personnage, et que le voyage commence. Ventura, qui fut l'amant d'Aurora un demi siècle plus tôt dans l'Afrique profonde, nous marque lors de la scène de rencontre, où dans un charmant silence les regards se croisent timidement. La relation interdite de ses deux personnages nous bouleversent (Aurora étant enceinte d'un autre), la liberté présente dans leurs escapades nous éblouit et leur innocence (lorsqu'ils pointent du doigt des nuages en forme d'animaux) ne peut que nous toucher. Leur relation ne pourra pas durer, ils se quittent, s'échangent des lettres pleines de romantisme et pleurent en écoutant la version espagnole de By My Baby des Ronettes (magnifique séquence), et nous nous sentons impuissants face à l’inconsolable tristesse de ces beaux personnages. Miguel Gomes nous offre, dans un élégant noir et blanc (en 16mm dans la deuxième partie) un film d'une poésie bien trop rare, il nous propose un cinéma que l'on croyait perdu, un cinéma dans lequel une voix-off voluptueuse peut nous emporter dans un délicieux voyage que l'on n'oubliera pas de si tôt...

Africultures

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 22/11/2013

Gomes nous emmène avec habileté sur le terrain glissant de nos visions post-coloniales. Il le fait avec une impressionnante liberté, la sienne qui respecte la nôtre, une façon d'affirmer sa foi dans le cinéma des origines, celui de Murnau. Quand ses personnages voient dans les nuages des animaux, quand le romantisme le dispute au baroque, quand c'est un crocodile qui porte le récit, Gomes assume cette filiation critique. Dans la première partie, le passé semble tabou : il revient en force en tant que mythe dans la seconde. Ce n'est ainsi comme Miguel Gomes qu'en fouinant dans nos imaginaires qu'on pourra enfin faire des films plutôt que de sempiternellement nous faire un film sur notre passé et sur nous-mêmes. - Voir critique complète sur le site d'Africultures.

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