Après l’immense Rosemary Baby’s, Roman Polanski met encore une fois en scène le Diable et son mysticisme. Désastre pour certains, réussite pour les autres, La Neuvième Porte a été injustement boudé par les critiques à sa sortie. Pourtant, sans être le meilleur film de Polanski, la Neuvième Porte ne manque pas de charme et d’intérêt.
Premier atout de charme, la réalisation mystique de ki offre à la Neuvième Porte une dimension à la fois glauque et secrète. Mené comme une véritable course poursuite, la Neuvième Porte nous transporte dans un véritable thriller où satanisme flirte avec le polar. Un véritable film intelligent qui demande réflexion et un regard attentif. L’ambiance est sombre et intense, les effets spéciaux réussis, les rebondissements font l’effet d’une bombe. Cependant, il faut reconnaitre que le film met longtemps à se mettre en place et peut délaisser son spectateur.
Second atout de charme, le scénario quasi sans faille, adapté du best seller Arturo Reverte . Même si le film diverge allègrement du roman, il n’en reste pas moins que le scénario est travaillé et écrit par une main de maître. Au fil des cadavres, on suit l’expert Dean Corso à la recherche de la vérité sur les Neuf Portes du Porte du Royaume des Ombres. L’intrigue est si dense et mystérieuse qu’elle envoûte complément le spectateur.
Au niveau du casting, Frank Langella est parfait dans son rôle du ténébreux collectionneur Boris Balkan ainsi Lean Olin dans son rôle de manipulatrice de Liana Telfer. Et,Emmanuelle Seigner en fille mystérieuse est tout simplement superbe. En revanche, Johnny Depp peine à convaincre dans son rôle de détective.
Mais seulement, la fin du film est catastrophique, bâclé ! Tous les événements s’enchaînent en un tour de magie pour ouvrir sur une fin abrupte et complètement révoltante. Une fin sans fin, à vrai dire. Car, il laisse le spectateur libre d’imaginer sa propre fin. Mais à ce jeu là, Roman Polanski déçoit car tout l’intérêt du film portait sur sa fin et sur l’achèvement de la quête de Corso. Au final, on ne verra rien, un vide sidéral qui laisse le spectateur sur sa faim. On achève le film avec encore plus d’interrogations qu’au début.
Pour conclure, La Neuvième Porte est un classique de Roman Polanski qui reste à voir et qui plaira aux amateurs d’ésotérisme sans trop les troubler pour autant.