Avec autant de subtilité que de violence brute, ce drame signé Robert Enrico expose une implacable vengeance, magnifiée par Philippe Noiret dans l'une de ses meilleures prestations, bouleversant dans les scènes intimistes. La maîtrise du flashback est quasi parfaite et nourrit le récit avec limpidité, le film bénéficiant en outre du charme solaire de Romy Schneider ainsi que d'une écriture au cordeau dans la moindre de ses séquences. Réussissant au passage un formidable exposé en raccourci de la France des années sombres, le Vieux Fusil avait marqué les esprits et à juste titre, d'abord lancinant et lumineux avant de basculer dans la violence désespérée. Magistral.
Un des plus beau et plus triste film que je n'ai jamais vu de ma vie... Même si regardé à maintes reprises... Les acteurs/trices sont tout simplement extraordinaires de vérité... Par contre, à vous qui ne l'avez jamais regardé, préparez vos mouchoirs Messieurs Dames...
Drame sous fond de guerre, coécrit et réalisé par Robert Enrico, Le Vieux Fusil est un film aussi glacial que marquant. L'action se déroule en 1944, peu de temps après le débarquement en Normandie, et nous fait suivre un chirurgien de Montauban sombrant dans une folie exterminatrice suite à l'assassinat de son épouse et de sa fille. L'homme va alors se venger en éliminant un à un les soldats SS réfugiés dans son château, armé uniquement d'un vieux fusil. Ce scénario, inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane, est absolument saisissant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une vengeance froide et réaliste donnant lieu à de nombreuses scènes impactantes. Des séquences entrecoupées par quelques souvenirs sous forme de flashbacks permettant d'encore mieux comprendre la détresse de ce vengeur armé, le tout dans une ambiance générale glaçante et pesante. L'ensemble est très bien porté par un duo de grands acteurs composé de Philippe Noiret et Romy Schneider qui forment un joli couple aimant. Le reste de la distribution est complétée par Jean Bouise, Joachim Hansen, Robert Hoffmann, Karl-Michal Vogler, Madeleine Ozeray, ou encore Caroline Bonhomme et Catherine Delaporte qui jouent la fille des époux à différents âges. Tous ces individus entretiennent des relations procurant des émotions fortes, entre amour, tristesse et haine, soutenus par des dialogues peu nombreux mais de bonne facture quand ils sont déclamés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français se veut qualitative. Sa mise en scène est soignée et accouche de plans marquants. Ce visuel de marbre est accompagné par une b.o. aux compositions extrêmement discrètes. On retiendra d'avantage les silences écrasants et le bruit sourd des explosions et des détonations qui sont particulièrement percutants. Ces représailles désespérées s'achèvent sur une belle fin. En conclusion, Le Vieux Fusil est un long-métrage méritant d'être découvert et qui marquera assurément les esprits.
Film très apprécié lors de sa sortie et resté justement dans l'histoire du cinéma français, "Le vieux fusil" s'inscrit plus dans le courant réaliste du cinéma américain du Nouvel Hollywood - je pense entre autre aux films de Sam Peckinpah - que dans celui du cinéma français peu enclin à ce genre d'exercice. Il y a une approche très frontale de la violence qui donne lieu à des scènes très marquantes, et qui développe une thématique qui tend à montrer que n'importe qui, pour survivre ou se venger, peut faire fi de son sens moral. Au final Robert Enrico nous montre que la violence peut n'être que la seule réponse face aux actes les plus horribles, mais comme Peckinpah dans "Les chiens de paille" il ne prend pas position en disant que c'est bien ou mal, il laisse le libre arbitre aux spectateurs. Cette thématique est somme toute assez courante dans le cinéma - on ne compte plus les films de vengeances ou de pères qui se transforment en tueurs impitoyables pour sauver leurs progénitures -, mais elle est ici tempérée par de beaux moments de flashbacks qui, en plus d'être une ode à l'amour, renforcent le sentiment de désespoir et les motivations du héros. La réalisation reste très efficace, moderne, les acteurs sont superbes, la musique est mythique, "Le vieux fusil" est assurément un grand film.
Véritable revenge movie âpre et nihiliste, ce drame bouleversant est ponctué de souvenirs lumineux qui en font tout le sel. Philippe Noiret, monstre de contrastes, et Romy Schneider plus magnétique que jamais, forment un couple inoubliable. Le vieux fusil est un monument du cinéma français, succès public et critique et pourtant sans concession (certaines scènes restent choquantes même avec le temps). Et sur un ton plus amusé, je dirais que Die hard, John Wick et Maman j'ai raté l'avion semblent y avoir puisé leurs inspirations.
Heureusement que ce ne sont pas les critiques dits professionnels qui décidaient de l'attribution d'un César à tel ou tel film, autrement, jamais "Le vieux fusil" ne l'aurait obtenu. Et pour cause, les années 70 ont marqué l'apogée de ce courant de pensée où tout était bon pour cogner comme un sourd sur le cinéma populaire ou sur tout ce qui pouvait s'en rapprocher de près ou de loin. Ici, le seul nom de Robert Enrico (qui laissait alors derrière lui des "Grandes gueules", des "Aventuriers", "Ho !" ou encore "Boulevard du rhum") aurait été un motif suffisant pour cracher la bile. Fort heureusement, il n'en fut rien. Cela dit, quoi qu'elles sont peu nombreuses, je peux comprendre les critiques à zéro ici rédigées. Il est vrai qu'Enrico transforme son personnage principal en un justicier impitoyable. Mais, mettons-nous à sa place quelques secondes. Si moi, je voyais ma petite fille de 10 ans se faire lâchement assassiner de deux balles et si je voyais ma femme être brûlée vive au lance-flammes, il est bien évident que cela réveillerait en moi le plus bas instincts de l'Être Humain. Je n'attendrais pas que quelque instance rende la Justice. Et beaucoup d'entre nous réagiraient de la même façon. Donc, le seul motif pouvant fair détester ce film relève, selon moi, davantage du faux procès. Pour ce qui est du reste, rien de plus à dire que ce qui a déjà été dit. Noiret est immense, tout comme l'est Romy même si, finalement, on ne la voit pas beaucoup. Et la toute fin est très belle. On en vient même à se demander si tout le film n'est pas un flashback, et pas seulement les scènes avec Clara.
Que dire . Mais que dire sur ce film tant il vous prend aux tripes . Un film ou l’on pleure ou l’émotion explose rien qu’une en parlant . Un chef d’œuvre ? Non le film d’une vie , un bijoux cinématographique unique , une émotion sans commune mesure. Un film immortel .
Film difficile et pourtant magnifique sur la guerre et le massacre de civils. A la fois d'une profonde violence et en même temps d'une beauté relative puisque tout se passe à travers les yeux du personnage interprété à merveille par Philippe Noiret. Grand amoureux de sa femme et père d'une petite fille, il découvre un beau jour tout son village réduit en cendres avec les corps partout. Cela devient une vengeance personnelle au nom de l'amour. On est jamais dans le grandiloquent, jamais dans l'invraisemblable. On n'est pas ici dans une histoire où un homme renverse une armée mais juste l'histoire d'un homme qui veut se battre jusqu'au bout. Romy Schneider apporte une vraie classe au film avec un personnage raffiné et attachant. Toutes les scènes de flashback sont bien placées et crée un mélange de malaise et de nostalgie. Cette famille qui avait l'air heureuse et dont il ne reste rien. Un film dur mais réaliste.
Sans atteindre le niveau de violence graphique d’un Park Chan-Wook, "Le vieux fusil" est une quête vengeresse dure et âpre, profondément bouleversante. Elle s’inscrit dans un contexte historique qui questionne l’humanité de ses différents protagonistes.
Un film magnifique. Si le film peut faire penser à une simple histoire de vengeance il est plus que cela. Il nous montre un homme détruit par la sauvagerie du meurtre de sa femme et de sa fille qui va devenir un peu comme les bourreaux en perdant son humanité. Il devient une sorte de mort vivant. Son corps vit toujours mais son humanité à disparue au même titre que celles des bourreaux nazis. En cela la dernière séquence est édifiante il a tout oublié tant le drame que les conséquences , il est d une certaine manière mort avec ce drame. Philippe Noiret est impérial dans ce rôle. La mise en scène sans parti pris de Robert Enrico souligne cette forme de mort du héros tout en montrant l horreur nazie. Le vieux fusil est l un des plus beaux films du cinéma francais
J'ai vu un film... porté par un immense Noiret et la présence si lumineuse de Romy Schneider, la regrettée... Après quelques recherches, j'ai découvert que ce film a été Multi-Césarisé, et c'est absolument mérité... Meilleur Film, Meilleur acteur et Meilleure musique...
L'histoire est inspirée du tragique épisode d'Oradour-sur-Glane où une division SS a exterminé un village. Et à partir de cet événement l'Histoire enfonce cruellement ses griffes dans l'histoire d'un homme... Médecin de village au physique banal, amoureux d'une femme qui rayonne, un femme belle comme le jour... Et cette femme et sa fille sont tuées dans des conditions horribles dévoilées au fil de la narration... Et Philippe Noiret va se faire vengeur, justicier et bourreau des Nazis responsables de leur mort...
La réalisation, fine, lente et subtile de Robert Enrico, passe des flash-backs des premières rencontres à la guerre que Philippe Noiret mène aux Nazis... Tout est maîtrisé et l'œuvre qui naît est bouleversante et puissante.
La qualité de la mise en scène fait que l'on s'identifie au personnage. On tremble pour lui, lui dont le physique banal, bancal et arrondi va être l'outil, avec son "Vieux fusil" de chasse de l'extermination (jubilatoire pour le spectateur, il faut l'avouer) méthodique et consciencieuse des "représentants de la race supérieure" (morale et éthique, mises à part...).
Un très grand film de référence et un chef d'œuvre du cinéma français... A revoir pour aiguiser sa mémoire...
Un film de vengeance. qui met en scène un éblouissant Philippe noiret et une lumineuse Romy Schneider. Rien que pour ça, c'est à voir. Le scénario, lui est assez élémentaire : les méchants allemands massacrent les habitants d'un village ( allusion à Oradour/glane), un chirurgien débonnaire, dont l'épouse et la fille ont été assassinés, par ailleurs propriétaire du château où se sont réfugiés les bourreaux, ressort un vieux fusil et des cartouches de chevrotine pour éliminer avec sauvagerie les auteurs de la tuerie. C'est certes efficace, les scènes de violence étant relayées par des flash-backs des jours heureux, mais ça manque un peu de subtilité
Un film basique dans sa trame narrative (centrée sur la vengeance et la remémoration) et classique dans sa réalisation, mais fort émotionnellement, grâce à sa structure en flash-back qui met en parallèle de manière assez déchirante l’horreur du présent et le bonheur du passé. Grâce aussi à l’interprétation pleine de sensibilité de Philippe Noiret et Romy Schneider. Ce flux émotionnel l’emporte sur un manque de subtilité parfois. Vaguement inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane, le film a été moins apprécié par la critique que par le public dans les salles (succès commercial), avant de recevoir quelques belles récompenses : César 1976 du meilleur film, du meilleur acteur (Philippe Noiret), de la meilleure musique (François de Roubaix), et « César des Césars » en 1985.
Je n'ai jamais compris la cote de ce film, dont le scénario tient sur un timbre poste. Son seul intérêt est l'interprétation des acteurs et surtout la beauté solaire de Romy Schneider. Noiret est touchant bien qu'absolument pas crédible dans son rôle de chirurgien bedonnant et emprunté, spoiler: qui va réduire à néant à lui tout seul une compagnie allemande sur-armée , à l'aide d'un vieux fusil (qui ne marche pas toujours !). Non mais sérieux... Et je passe sur la musique de François de Roubaix (que j'adore par ailleurs) qui évoque plus une comédie de Francis Weber, qu'un drame horrible et ultra violent... Un ratage total qui fascine sans doute par la cruauté des allemands, spoiler: qu'on a plaisir à voir être éliminés un par un par Noiret . Mais ça fait peu au final.
Un casting prestigieux pour ce qui est désormais un classique du film français, P Noiret et R Schneider y sont parfait, les autres plus caricaturaux, le scénario est assez entendu mais la réalisation garde une dynamique pour l intrigue.