Following, le suiveur
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7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 novembre 2018
Petites combines sur fond de cambriolage et obsession originale !
Ce premier long-métrage de Christopher Nolan est agréable à découvrir (sans pour autant être transcendant), et témoigne déjà d'un certain talent en matière de mise en scène. Ce film de courte durée (moins d'1h10) au scénario intrigant, n'aura pas le temps de nous ennuyer.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 février 2018
Un thriller britannique réussi et maîtrisé de Christopher Nolan avec un scénario passionnant et des acteurs convaincants.
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 novembre 2017
Dès son 1er long-métrage, le réalisateur anglais Christopher Nolan a démontré un savoir-faire impressionnant et imposer un style qui s’affinera au fil du temps sans jamais se renier. Dans les petites 70 minutes que durent ce « Following », on retrouve la plupart des recettes utilisées par Nolan parmi lesquelles une chronologie déstructurée, une place prépondérante pour la musique, un goût certain pour les héros border line, une intrigue riche en rebondissements et faux-semblants et un twist final qui donne au film une tout autre dimension. On retrouve également une ambiance qui rappelle aussi bien Alfred Hitchcock que David Lynch (ambiance dont était déjà imprégné son court-métrage « Doodlebug ») avec un visuel noir et blanc conférant au film une ambiance glaciale et des plans qui s’allongent (parfois inutilement). C’est sans doute la seule faiblesse de « Following », défaut dont Nolan a visiblement parfaitement eu conscience puisqu’il a abandonné ce rythme trop lancinant dès "Memento" et gagne en efficacité à chaque film. Plus surprenant, le casting composé pourtant d’illustres inconnus réussit à marquer les esprits avec Jeremy Theobald (acteur fétiche des débuts du réalisateur) en écrivain voyeuriste et pigeon de l’affaire, l’insaisissable Alex Haw en classieux voleur (on ne peut que regretter que l’acteur se soit limité à ce seul et unique rôle) et Lucy Russell en héroïne blonde typiquement hitchcockienne. Enfin, Christopher Nolan parvenait déjà à passionner le spectateur avec un pitch pourtant pas forcément excitant mais qu’il a su porter à son paroxysme (comme pour l’amnésique de "Memento", le flic insomniaque de « Insomnia » ou encore l’affrontement entre magiciens du "Prestige"). Bref, malgré son budget cheap et ses quelques imperfections, « Following » est un film captivant et plein de promesse sur le talent d’un réalisateur qui, de "Memento" au récent « Inception » en passant par les derniers « Batman » (le logo sur la porte du héros est d'ailleurs un signe du destin), n’a eu de cesse de confirmer son génie.
(Critique reprise et partagée)
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2018
Un film pas trop long pas trop court (seulement une heure cinq quand même), qui ne part pas dans un scénario incompréhensible comme dans la plupart des Nolan, chose de très déplaisant.
C'est vraiment un super film, populo et compliqué à la fois.
Comme dans tous les Nolan on croit à un film dont on ne devra s'attendre à absolument rien, mais à chaque fois on tombe dans le piège, parce que ça finit avec une situation finale qui te laisse le bec cloué, Le suiveur en est la preuve irréfutable.
Cet illustre inconnu plus connu sous le nom de Christopher Nolan a lancé sa carrière de manière explosive comme Gaspar Noé avec Seul contre tous : Inconnus, ont un petit budget et envoie des dialogues de fous.
Un noir et blanc, proche du style mono par son teint très coloré mais très réservé.
Énorme film. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 4/5
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2020
Avant d'être le réalisateur respecté qu'il est devenu suite à sa participation à la réactivation du personnage de Batman qui avait disparu des grands écrans après le bide commercial des deux épisodes de la saga réalisés en 1995 et 1997 par Joel Schumacher, Christopher Nolan était jugé comme un jeune prodige venu d'Angleterre ayant réalisé quelques films au mode de narration plutôt surprenant qui indiquaient une personnalité affirmée. "Following, le suiveur", son premier long métrage réalisé avec quelques bouts de ficelle, qu'il a lui-même produit et scénarisé annonce clairement les futurs partis-pris narratifs de Nolan qui se jouera constamment des codes habituels pour faire vivre une expérience sensorielle déroutante à ses spectateurs. Dans ce premier essai qui tient plutôt du moyen métrage, Bill (Jeremy Théobald) est un jeune écrivain oisif qui pour trouver l'inspiration qui lui fait défaut, décide de se laisser aller à suivre des inconnus dans la rue pour tenter d'allumer le feu sacré de l'inspiration à partir de ces personnages inconnus. Les règles très strictes qu'il tente de s'imposer dans sa démarche volent très vite en éclat, la curiosité étant souvent, on le sait tous, très mauvaise conseillère. C'est de cette manière qu'il va faire la connaissance de Cobb (Alex Haw), un voleur aux pratiques très particulières l'apparentant plus à un esthète de la cambriole qu'à un stakhanoviste de la fauche. Bill assez naïf a mis le doigt sans le savoir dans un engrenage qui va progressivement l'engloutir. A l'aide d'un noir et blanc et d'une caméra tenue à l'épaule qui donne à son film un style documentaire très immersif, Christopher Nolan délivre ça et là des images incongrues de prime abord qui prendront toute leur signification avec le dénouement de l'intrigue. Un procédé qu'il radicalisera avec "Memento" sorti deux ans plus tard, pour lequel le procédé narratif complétement chamboulé tient lieu désormais de principal argument. "Inception" thriller d'anticipation sorti en 2010 alors que Nolan est au fait de sa gloire déroutera encore plus, ce qui n'empêchera pas cet exercice de style un peu surfait d'être un formidable succès au box-office. Une démarche qui rapproche sans doute davantage Christopher Nolan des adeptes de jeux vidéo que des véritables cinéphiles. On peut certes le regretter sans que cela ne remette en cause le talent intrinsèque de Nolan. "Following, le suiveur" œuvre des débuts non exempte de défauts fait preuve d'une fraîcheur et d'une tonicité qui en sus laissaient entrevoir des qualités qui si elles se sont clairement affirmées avec l'arrivée à Hollywood ont peut-être conduit le réalisateur suite à son succès phénoménal à l'enfermement dans une expression un peu trop narcissique de son art. L'avenir nous dira si le grand réalisateur qui se cache encore un peu derrière l'ex-jeune prodige va enfin éclore. A noter, la partition musicale envoûtante de David Julyan devenu le compositeur attitré de Nolan.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 avril 2017
Le tout premier Nolan, précurseur de ses autres œuvres, le film est efficace. Même avec un budget dérisoire, Following est un court long-métrage de qualité...
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2017
Premier long-métrage de Christopher Nolan, et il faut admettre qu'il met déjà la barre très haut.
L'histoire fait preuve d'une originalité notable, surtout dans le registre du polar où beaucoup d'histoires se ressemblent. Le thématique de l'auteur en panne d'inspiration suivant des inconnus dans la rue marche bien. Les personnages sont très intrigants.
Le scénario est extrêmement et le choix de suivre l'histoire de façon chronologique est très bien amené. Le film a quelques longueurs, mais rien de vraiment pénalisant. Le retournement finalement est très bon. Par contre, je trouve que le choix de tourner en noir et blanc n'apporte strictement rien, si ce n'est que pour un effet de style sans grand intérêt.
Les acteurs jouent correctement, même si aucun d'entre eux ne transcendent vraiment.
Christopher Nolan s'annonçait déjà clairement comme un réalisateur à suivre.
Shelby77
Shelby77

193 abonnés 1 538 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2017
Critique de "Following : le suiveur"
On retrouve déjà dans ce film la marque de fabrique et les techniques scénaristiques de Christopher Nolan qui le feront connaître à un plus large public : la narration non linéaire mais tout de même habile, le héros naïf et le retournement final. Il réussit à faire un truc assez correct avec un modeste budget de 6000 dollars. Le choix de couleur blanc/noir est intéressant, il nous trouble tant on peut savoir avec précision l'époque à laquelle l'histoire se déroule. 4/5
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 novembre 2016
Pour son premier film, Nolan à su nous convaincre avec ce film court de 1h10 et l'on découvre un style différent de ces film qu'il réalisera par la suite. On a les ingrédients qu'ils faut c'est à dire un bon scénario à suspens, du rebondissement notamment à la chute, une petite musique adaptable aux scènes et énergique, des acteurs (Jeremy Theobald et Alex Haw) jeunes, talentueux et crédible dans leur rôle et tourné en noir et blanc qui donne un effet au film. Des dialogues constructifs et des scènes efficaces.
Une première partie essentiellement centré sur l’obsession de cette homme de suivre les gens spoiler: et la rencontre avec l'un d'eux puis notre homme se passionne pour le cambriolage
et une deuxième partie un peu plus centré sur la face caché de certains de ces personnages que l'on découvre spoiler: et le piège infernale qui se referme au finale pour ce jeune homme


une chute qui nous emmène de surprise en surprise même si quelques indices nous mettent un peu la puce à l'oreille.

Un premier film correcte qui annonce et lance un début de carrière prometteur pour Nolan.
dikiz
dikiz

1 abonné 26 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 février 2016
Les premières minutes attirent l'attention sur le thème de l'expérimentation sociale, avant de bifurquer vers un excitant Arsène Lupin. Mais un plot twist avait déjà savamment été mis en place, il déroule sa mécanique implacable, le rythme est parfaitement maîtrisé de bout en bout. Le scénario est redoutablement bien ficelé, et ne laisse pas indifférent : lorsque l'intrigue se referme le spectateur plonge dans l'abîme vertigineuse du (anti)héro.
Nicothrash

464 abonnés 3 298 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2016
Premier long métrage de maître Nolan et son talent saute déjà aux yeux au moins sur deux points, la mise en scène pour commencer, un modèle du genre avec des scènes dans le désordre, ce qui fera le succès de son film suivant, "Memento" mais surtout avec déjà une maestria sidérante quand au contrôle du récit. Le noir et blanc rend une certaine tension, accentuée s'il en était besoin par une ambiance musicale discrète mais non moins excellente. Mais c'est bien au niveau du scénario que Nolan fait déjà des merveilles, on se demande dès le départ où il veut nous emmener avant de saisir petit à petit la finalité de l'intrigue, de recoller les quelques morceaux parsemés de ci de là et de découvrir les nombreux rebondissements qui jalonnent cette première pépite dans la carrière exemplaire de Nolan. Un mot sur les acteurs, quasi inconnus à l'heure actuelle mais qui auraient sans doute mérités un meilleur sort, et sur le nom d'un des personnage, Cobb, qui constituera sans doute un petit clin d'oeil lors du tournage de "Inception". Déjà une belle réussite pour un coup d'essai, à voir et à revoir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 janvier 2016
C'est souvent à leur premier film qu'on reconnaît les talents, et l'ainé de Christopher Nolan ne fait pas exception à la règle. "Following" n'est quand même pas irréprochable: la narration déstructuré chère au réalisateur n'est jamais justifiée dans le scénario (quelque chose que Nolan prendra note avec son second film), et puis le faible budget et les conditions de tournage éreintantes se sentent, on ne va pas se le cacher: sa durée tient presque du court-métrage et son noir et blanc n'a rien de somptueux. Reste que dès ses débuts, la patte de Nolan est déjà palpable: de la fascination du metteur en scène à explorer et sonder les recoins l'esprit humain à la malice avec laquelle il mène le spectateur en bateau jusqu'au twist, "Following" respire bel et bien le Nolan. Seulement, Nolan est pour moi le seul réalisateur qui ne s'exprime jamais avec autant d'ardeur que lorsqu'il dirige des productions au budget pharaonique. Ici Nolan prouve ses talents de conteur, mais n'a pas encore les moyens de prouver ses talents de etteur en scène. Mais je garde une affection toute particulière pour ce "Following".
Louis Lucas (romancier)
Louis Lucas (romancier)

9 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2016
Si on fait fi de Doodlebug, un (très) court-métrage tourné en 1997, on peut dire sans se tromper que Following est le premier véritable film de Christopher Nolan et qu'il faisait déjà montre lors de sa sortie en salles en 1999 des talents d'un cinéaste devenu aujourd'hui incontournable. Réalisé avec des moyens réduits, ce premier long-métrage réunit un casting d'acteurs issus probablement de son entourage puisqu'on retrouve au générique Jeremy Theobald qui jouait dans Doodlebug, Alex Haw dont il s'agit vraisemblablement du seul film mais également John Nolan, l'oncle de Christopher ainsi que Lucy Russell qui poursuit depuis une carrière riche mais sans rôle marquant. Pour l'anecdote, ces deux-là jouent de petits rôles dans Batman Begins. Pour narrer l'histoire de cet écrivain sans inspiration dont la manie voyeuriste va le pousser dans un piège inextricable, le cinéaste a opté pour le noir et blanc et misé sur une réalisation façon documentaire qui donne l'impression que les images ont été volées. spoiler: Afin de renforcer encore l'ambiance singulière du film, Nolan a inclus un faux défaut qui revient perpétuellement, telle une boucle, donnant de ce fait l'impression que la bande est endommagée
. Au-delà de la forme - une petite prouesse visuelle - le fond est lui aussi bien ficelé et déroule une intrigue où les faux-semblants sont monnaies courante et où les buts des différents protagonistes ne seront révélés qu'en fin de course, puisant son inspiration du côté de Hitchcock. Deux des trois comédiens n'exerçant apparemment plus dans le métier, leurs performances et tout particulièrement celle d'Alex Haw sont d'autant plus bluffantes et donnent à ce film un caractère d'oeuvre culte et méconnue. Following est clairement le genre de film que peu de gens connaissent mais dont l'acquisition du DVD devrait vous procurer nombre de commentaires jaloux de vos amis cinéphiles, d'autant plus qu'il n'est disponible - selon mes sources - qu'en V.O.S.T.
lejeff64
lejeff64

3 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 décembre 2015
Décevant pour ce premier film du grand Christopher Nolan. C'est court mais c'est long..
Malgré un postulat de départ original et un montage qui montre le balbutiement de celui de Memento, on s'ennuie ferme.
Dommage mais heureusement il n'a pas empêché de faire de C. Nolan le génial réalisateur qu'il est aujourd'hui.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 novembre 2015
Premier long-métrage pour le réalisateur Christopher Nolan qui, malgré qu’il soit méconnu du grand public, beaucoup de spectateurs considérant encore Memento comme le premier film du Britannique, a su se faire connaître via divers festivals indépendants durant lesquels il a raflé quelques récompenses et des critiques élogieuses. Un succès certes discret aux yeux du monde entier mais qui sera pourtant les prémices d’une carrière internationale et reconnue. À l’occasion de cette rétrospective sur le papa d’Inception et d’Interstellar, voici la critique de Following, le suiveur, un film qui mérite d’être vu au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour les aficionados acharnés du réalisateur.

Faire un premier long-métrage qui puisse être repéré par des producteurs beaucoup plus influents qu’à ses débuts est le but primordial d’un cinéaste. La plupart du temps, pour réussir, il faut se plier aux règles des producteurs en question pour que ceux-ci acceptent de financer le film, le réalisateur n’ayant alors pas encore assez de pouvoir pour imposer son style ou ses ambitions, tout en se pliant aux codes du genre auquel il s’attaque (thriller, comédie, horreur…). Bien que cette remarque s’applique principalement au monde hollywoodien, elle s’adresse pourtant à chaque réalisateur en herbe qui ne cherche qu’à montrer son talent, son savoir-faire. Bien avant de connaître la notoriété grâce à la trilogie de The Dark Knight et ses premières œuvres américaines, Christopher Nolan faisait parti de ces cinéastes et pourtant, en livrant Following, le Britannique a su se démarquer très vite grâce notamment à une technique scénaristique qu’il affectionne tout particulièrement et qu’il réutilisera dans d’autres films (principalement Memento, la première partie de Batman Begins et Le Prestige) : la narration non-chronologique.

Le but est simple : le scénario et donc le film racontent une histoire qui ne suit nullement l’ordre établi par le temps. Ainsi, vous vous retrouverez avec une séquence qui se passe avant celle qui la précède dans le montage. Un procédé assez tortueux et risqué auquel le spectateur n’est pas spécialement habitué, pouvant lui faire peur et se désintéresser du long-métrage. Un danger que courait principalement Following, surtout avec une histoire aussi peu accrocheuse (un écrivain paumé qui s’amuse à suivre des inconnus dans la rue et qui devient cambrioleur malgré lui) et des personnages mis de côté au profit de l’histoire elle-même (juste un seul d’entre eux possède un nom). Au début du film, le résultat donné n’en est que plus frustrant : un enchaînement de scénettes à première vue sans aucun lien qui se terminent brutalement par un fondu en noir. Mais le fait d’utiliser une telle narration va permettre à Christopher Nolan de complexifier une histoire pourtant simple sur le papier, de se jouer aussi bien de son personnage principal que du spectateur, comme il l’avait fait pour son court-métrage Doodlebug.

Following se présente donc comme un thriller à la trame labyrinthique qui pousse le spectateur à rassembler les morceaux d’un même puzzle pour lui permettre de reconstituer l’histoire dans sa tête, jusqu’au moindre détail, et d’être impressionné par une révélation finale, un twist qu’il n’aura pas su voir venir malgré un synopsis basique. Ce film en quelque sorte interactif, Nolan le raconte certes à sa manière, mais ne laisse jamais le spectateur sur le banc de touche en lui fournissant des plans d’insert, des images subliminales qui permettent d’indiquer l’importance de celle-ci à l’histoire (gros plans sur un objet, séquence qui s’attarde sur le regard d’un personnage…). Un effet de mise en scène classique qui permet néanmoins de titiller la curiosité du spectateur vis-à-vis de l’histoire et d’essayer de la construire lui-même avant que celle-ci ne lui soit révélée. Et comme vous vous laisserez emporter par la trame et les indices disséminés par Nolan, vous vous ferez prendre au jeu comme le personnage principal.

Et le format en noir et blanc dans tout cela ? Est-ce par manque de moyen (le budget du film s’élève à 6 000 dollars) ou par caprice de Nolan qui utilise ce dernier depuis ses courts-métrages (Doodlebug en tout cas) ? Si Christopher Nolan est souvent considéré comme un excellent conteur d’histoires (ce film et son montage en sont la preuve) et non un metteur en scène exceptionnel qui use d’effets mémorables, Following saura convaincre les plus réticents à son cinéma. S’il est vrai qu’ici, le réalisateur ne fait que filmer et suivre ses comédiens (très bons, soit dit en passant), le fait d’avoir choisi le noir et blanc participe également à se jouer du spectateur. Cela donne une certaine classe à l’image, certes, mais ce format donne un côté 50’s à l’histoire, si bien que le spectateur peut se retrouver perdu en ce qui concerne l’époque à laquelle se déroule le film. Bien que celui-ci semble se passer dans le présent (suffit de voir les vêtements et les décors), le noir et blanc donne pourtant l’impression que Following embarque le spectateur dans l’époque de la Prohibition en faisant dériver son histoire dans une ambiance plutôt mafieuse où défilent décors luxueux et rétros (un club, un appartement chic), objets anciens (une machine à écrire) et une blonde hitchcockienne (coiffure et apparence vestimentaire d’époque) au service d’une histoire de gangster. Une simple apparence filmique dans laquelle le spectateur va pourtant se laisser plonger sans se rendre compte qu’il a affaire à une illusion, se retrouvant ainsi aussi naïf et impuissant que ne le sera le héros au cours de l’histoire.

Bien que Following préfère s’attarder sur son enquête et non sur l’histoire des personnages qui ne servent de pions qu’au déroulement du script, Christopher Nolan livre une première œuvre tout simplement bluffante de maîtrise tout en imposant son style scénaristique. Un coup d’essai réussi pour celui qui deviendra le réalisateur hollywoodien le plus acclamé du XXIe siècle.
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