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Luknoel
7 critiques
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4,0
Publiée le 30 avril 2020
Très beau film, qui rappelle la dureté de la vie dans les Rocheuses au début du 19ème siècle. L'ambiance y est lugubre, comme si, par mimétisme, on se plaçait à la place du personnage principal, qui, du jour au lendemain, peut finir scalpé ou tué par un trappeur opportuniste
Assez mitigé sur ce film car il a des tournures à mon sens exceptionnelles et d'autres pas terrible voire malsaines. Le début m'a plu il pose l'histoire spoiler: et vers le milieu tout dérape à partir du choix de pénétrer un territoire sacré des indiens "la violence reprend ses droits" c'est ce que montre le déroulé et c'est fait de telle façon que cela est comme une démolition soignée de tout espoir dont on avait eu des prémices. Aussi si ce film fait réfléchir il est fortement orienté dans une idéologie fataliste. Le message que transmet le film est que ce personnage est devenu une légende du fait qu'il a survécu dans des conditions extrêmes d'hostilité. Au lieu d'être une ode à la liberté, c est une ode à la survivance dans un monde très violent et qui ne pourrait être autrement. spoiler: La fin module cela mais ce n'est qu'une sorte de convenance qui amplifie une façon de penser des indiens qui en fait dans le fond véritablement des sauvages. S'il y a un film pour légitimer, justifier ou expliquer l'extermination des indiens cela peut bien être celui-ci. Dans un sens ce film respecte une tradition du western qui est d'être noir, ténébreux.
Un film difficile à classer... Navigant entre le Western, le film d'aventure ou encore une quête philosophique, il est évident que Robert Redford est au plus à l'aise dans tous ces rôles !
Les Road Movie ont cet effet relaxant sur moi qui fait que je les aimes très souvent. Jeremiah Johnson n'est pas tout à fait un road movie, mais il en a quelque code, et on suit un voyage. Un voyage dans lequel on va devoir, comme le protagoniste principal, s'attacher et se détacher de personnages assez vite. La réalisation est vraiment bien, mais pour moi il manque une vrai fin.
C'est finalement plus un film d'aventure qu' un western. Paysages somptueux des Grandes rocheuses des États-Unis, le film vaut surtout pour son rapport à la nature et à l'homme immergé dedans. Redford est impeccable en trapper amateur au grand cœur mais le film aurait a mon avis mérité plus de longueur et plus de forme dans sa photo et sa mise en scène. C'est tout de même très honorable !
Excellente interprétation de Redford sous la caméra précise et audacieuse de Sydney Pollack Un baroudeur en quête d'aventure confronté à un environnement hostile aux conditions extrêmes. Un beau grand film passionnant et haut en couleur qui montre que chacun doit évoluer avec l'autre dans le respect des coutumes et de la saisonnalité. La loi de la nature brillamment exposée.
Film ennuyeux qui a mal vieilli. Indiens de pacotille frisant le ridicule, patchwork de situations qui se veulent signifiantes, déplacements dans la nature pour meubler... Je l'avais vu il y a très longtemps, j'en suis à la moitiéspoiler: (le héros vient d'épouser une indienne) et je me demande si je vais continuer tellement je m'ennuie. Redford n'est pas du tout le personnage, trop beau, trop clean. Et ces chansons débiles en français ! On se demande ce que Sergio Leone ou Clint Eastwood auraient fait d'un tel sujet... Donc une étoile pour les paysages et les chevaux qui jouent très bien.
un film écologique surement, mais certainement pas pacifique. Rejetant la civilisation, le héros rencontrera autant d'hostilités dans les montagnes de l'Utah. Les personnages vivent avec violence, sans dialogues, sans se comprendre. Le film surprend par son ton à la fois sec et contemplatif, les dialogues sont rares, le héros très opaque et la violence surgit quand on ne l'attends pas. Œuvre très sombre en fait, il n' y pas d'endroit idéal pour vivre, l'important est de créer sa communauté, ce qui vaut la seule partie "douce" du film.
Un western atypique contant le laborieux chemin d'un homme devenu trappeur pour fuir la civilaisation et qui au gré des difficultés liées à l'environnement, aux rencontres, va peu à peu se forger une âme à la fois dure, désabusée et pleine de respect pour la nature. Tourné dans les décors naturels merveilleux, le plus souvent enneigés des Montagnes Rocheuses, ce film qui traine un peu en longueur, se laisse voir sans déplaisir, mais n'est guère enthousiasmant
La grande originalité de Jeremiah Johnson est de faire de la nature le personnage principal à partir duquel s’organisent les pérégrinations du beau Robert tantôt barbu tantôt rasé de près. À la fois mère nourricière et ennemie intime, la nature déconcerte par sa beauté âpre et rugueuse qui fascine les hommes avant de les plonger dans la démence. Le film épouse ainsi la rythmique d’un être en conflit – car il n’est jamais vraiment en phase avec lui – avec son environnement, voit sa tonalité osciller entre le burlesque et le western tragique. La partition proposée par John Rubinstein détonne également dans la mesure où elle mêle la musique folk à une orchestration épique traditionnelle, relevée par les chansons de Tim McIntire. Ce qui impressionne à la vue du long-métrage est que tout semble préexister à notre visionnage, et nous, spectateurs, pénétrons dans un espace nouveau, respirons un air plus pur sans que n’interviennent les amortisseurs du divertissement d’aventure lambda. La brutalité que subit le personnage, nous la ressentons émotionnellement. Dans une perspective similaire, il est appréciable que la mise en scène refuse de se saisir des grands espaces de façon despotique : la caméra se place au service de ce qu’elle capte et non l’inverse, ce qui martèle à l’homme sa petitesse face aux géantes Rocheuses. Petitesse recherchée par Jeremiah après sa fuite loin des tumultes urbains : il ré-enchante l’existence par l’opportunité de rencontres impromptues tout en la raccordant avec sa sauvagerie fondamentale. Un grand film, en somme, à la poésie brute.
J'avais oublié que Robert Redford donnait un magnifique ridicule à Jeremiah Johnson (Sydney Pollack 1972 120 min), sorte de réponse humoristique au terrible Little Big Man (Arthur Penn 1970 avec Dustin Hoffman et Faye Dunaway 140 min), anti-western pro-indien et anti-Custer. Evidemment Reford marié à une Indienne (superbe Swan par Gloria Delle Bolton) résistant aux attaques dans de magnifiques paysages, acteur malhabile, solitaire, dérisoire, lent puis efficace de la montagne, est loin de l'homme oscillant entre deux culture qu'est le "petit grand homme" mais justement, Pollack et surtout Redford (mais aussi le personnage du vieux-trappeur-revenu-de-tout) donnent au genre "anti-western" ses lettres de noblesse en le déclinant du côté semi-comique, en tout cas en lui permettant un certain recul introspectif qui n'était pas le cas du film décapant et radical d'Arthur Penn. Bref les deux grandes fresques partagent un point de vue incisif et contestataire sur la conquête de l'ouest et valent le coup d'être revus d'affilée : un retour aux caustiques années 70 qui ne fait pas de mal, ces années critiques profondément marquées par l'opposition au racisme et à la guerre du Vietnam que nous ferions bien de ne pas oublier aujourd'hui.
"Western initiatique" ou confrontation existentielle avec la dureté de la nature sauvage. Ce genre peut donc séduire. Personnellement, j'ai trouvé ce film platement académique dans sa mise en scène. Le scénario est intéressant ; mais il lui manque justement cette palpitation existentielle. Le cadrage des images est en cause ; mais aussi la narration et le peu de naturel dans les actions et expressions du héros. Cela dit, ce film se regarde.