Le Cabinet du docteur Caligari
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JCADAM
JCADAM

6 abonnés 370 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juillet 2021
Film qui à attisé ma curiosité, moi qui ne suis pas fan des films muets ,celui-là a réussi à me captiver. En effet l'histoire pour l'époque est bien construite avec du suspens jusqu'au bout et une fin bien sentie. Concernant les décors ils sont sublimes et correspondent à l'expressionnisme allemand avec des formes géométriques de toute part qui donnent de l'originalité au film. Puis le jeu des acteurs surtout le somnambule est très bien interprété et donne de la vie au film. Toutefois il y a quelques longueurs malgré la courte durée de l'histoire, puis j'ai trouvé la musique trop stridente. Pour l'époque l'œuvre est une réussite.
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2021
100 après sa sortie, pourquoi est-il encore intéressant de regarder "Le Cabinet du Docteur Caligari" ?

Tout d'abord parce qu'il s'agit d'un des premiers films d'horreur. On parle quand même d'un magicien qui manipule un somnambule pour commettre des meurtres. Pour l'époque, ça a dû être sacrément impressionnant.

Ensuite, parce qu'il a eu une grande influence sur les œuvres qui ont suivi. Prenons l'exemple de "Nosferatu". On retrouve ces mêmes décors peints et biscornus, ces angles omniprésents, le jeu avec les ombres, typique de l'expressionnisme allemand dont cette œuvre a été un fer de lance à l'international.

Enfin, parce qu'il est toujours intéressant de se replonger dans des œuvres très anciennes pour comprendre d'où vient le 7ème art et regarder comment les studios se débrouillaient avec les contraintes techniques et économiques de l'époque.

Mais l'oeuvre en elle-même que vaut-elle ? C'est là où je serai plus mitigé. Le film peine vraiment à démarrer. Il ne sait pas dans quelle direction aller et l'intrigue ne va s'accélérer que dans la deuxième partie.

Mais dans cette deuxième moitié du long-métrage, j'ai été embarqué par l'histoire et ses twists. J'y ai retrouvé un peu de la Hammer avec Frankenstein mais aussi des films plus récents comme Shutter Island.

Définitivement, "Le Cabinet du Docteur Caligari" mérite le coup d'oeil si vous aimez sincèrement le 7ème Art.
Maël Videlaine
Maël Videlaine

4 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 mars 2021
Porte étendard du cinéma expressionniste allemand, Robert Wiene nous offre un très beau film.
En plus d'être un des premiers films de l'histoire avec un twist à la fin, celui-ci est bien gardé et toujours aussi efficace.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 mai 2020
Il n'existe pas meilleur film pour expliquer ce qu'est l'expressionnisme allemand. Une passionnante histoire qui devait bien terrifier les spectateurs dans les salles de cinéma en 1919. Il faut noter aussi qu'il s'agit sans aucun doute du premier film à twist et aussi, dit-on, le tout premier film d'horreur. Tout dans ce film est surréaliste. Tous les décors sont démesurés, tout est trop haut ou trop bas, et les ombres sont peintes sur les murs. Les comportements et les expressions du visage des personnages sont totalement exagérés et caricaturent la réalité. Les maquillages et les costumes sont très impressionants et sautent vraiment aux yeux. Mais ce qui produit particulièrement l'ambiance macabre et mystérieuse, c'est le travail de la lumière.
Oui, en conclusion, tout dans "Le cabinet du docteur Caligari" fait un peu peur et est dans le style de Georges Méliès.
Il faut vraiment se rendre compte de l'énorme travail qu'à du avoir Robert Wiene pour réaliser ce film monumental .
Je pense que c'est à voir surtout pour l'éstétique artistique particulière et le caractère novateur.
4/5 pour moi, mais un 4.5 ou même un 5/5 est compréhensible.
NoSerious Man
NoSerious Man

209 abonnés 178 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2020
"Le Cabinet du docteur Caligari" est un film allemand muet réalisé par Robert Wiene en 1919. Employant un format d'image 1,33:1, il s'agit d'un film appartenant au genre de l'expressionnisme tourné dans un noir et blanc teinté, sur une pellicule standard au format 35 mm. Le film narre en six actes comment, dans une fête foraine, l'énigmatique docteur Caligari prédit un avenir sinistre à Allan, un jeune étudiant. Effectivement, un somnambule, Cesare, est à son service pour accomplir ses prédictions, et tue tous ceux dont il prédit la mort au cours d'un spectacle. Au cours du quatrième acte, Jane, protagoniste féminine principale du film et amie de la victime, se retrouve à son tour la cible du somnambule. Dans la séquence étudiée composée de 6 plans différents présentés dans un ordre linéaire, celui-ci tente d'assassiner Jane alors qu'elle dort chez elle, après que celle-ci lui ait rendu visite dans la loge du docteur Caligari. À chaque changement de plan, le réalisateur utilise le cut. Chaque plan est fixe. La séquence, dénuée de tout dialogue, débute par la première apparition du plan d'ensemble retrouvé maintes fois au cours, montrant Jane à son aise, endormie. Elle se conclut par l'enlèvement de cette dernière par Cesare, sortant par la porte de l'arrière-plan et aux visages hors-champs. La séquence débute par le plan que nous retrouverons le plus au cours de la séquence: un plan d'ensemble, représentant la totalité du décor intérieur de studio qu’est la chambre de la jeune fille, dormant, la main sur le cœur. Cette position, particulièrement accentuée par le blanc dominant qui émane du lit, est un signe de la menace grandissante. La scène emploie un filtre bleu grâce à un film orthochromatique, afin d’imiter la vision de nuit des deux personnages, ainsi qu’une lumière fill light, lumière d'ambiance favorisant la vision des ombres. Le premier plan est coupé par un cut, amenant le spectateur à observer un décor de studio de type extérieur faisant écho à la précédente séquence du film. Plan de demi-ensemble montrant dans un premier temps, l'ombre de Cesare dans le champ, et Cesare lui-même en hors-vue, caché par un arrière-plan noir dominant une très large partie de l'image. Quelques secondes après, l'acteur apparaît plus lisiblement à l'écran, rampant ombre toujours projetée au mur. Il pénètre doucement dans la loge à travers une porte semi-cachée par des fleurs aux pétales rond, ne faisant qu'un avec la silhouette assombrie de la créature, reflétant ainsi l'impossibilité pour Jane de s'échapper. De nouveau précédé d'un cut, nous retrouvons ensuite le plan d'ensemble initial représentant au premier plan la femme assoupie sur son lit. Vêtue de blanc, reflétant la couleur du lit, nous observons alors une allégorie d'angélisme ; une âme pure dont la vie est égarée dans un conflit avec la folie (c'est-à-dire, le docteur et son somnambule). Le plan est immobile pour une durée de six secondes, découlant au troisième plan. Nous pouvons observer un plan de demi-ensemble se centrant sur la porte de la chambre, observant à l'arrière-plan de la précédente image. Caché derrière les barres d'un escalier menant à la chambre, Cesare, accroupie, observe sa proie. Petit à petit, il se lève et sort un couteau sorti de sa poche. Les représentations graphiques rondes peintes sur les rideaux, reliées à des formes triangulaires visant le plancher, sont à l'image de l'esthétique classique du genre de l'expressionnisme. En l'occurrence, les cercles, ouverts, rappellent les notes de musique symphonique composée par le chef d'orchestre Alfredo Antonini, tendue et cognant au rythme des pas du persécuteur. Quant aux triangles, ils annoncent l'apparition du couteau à l'image, à la dernière seconde du plan. Ainsi, nous observions dès le début les vestiges d'un élément bouleversant la vie de l'héroïne. Par la suite, le plan d'ensemble initial sur le lit revient rapidement avec un Cesare observable au dernier plan, avant de voir de nouveau apparaître le plan n°3. Sur celui-ci, la créature jette à sa gauche un morceau de bois en forme de croix: symbole de blasphème, l'antagoniste rompt avec toute règle de bienséance et s'apprête à assassiner sa victime. Le plan d'ensemble apparaît de nouveau, accompagné d'une âpre composition sonore. Cesare avance doucement entre deux chaises, représentant la stabilité du mal au coeur de la scène, ainsi qu'un éventuel confort pour Jane dans la scène où elle s'apprête à se faire kidnapper. Les deux personnages s'harmonisent au décor à l'instant durant lequel Cesare gravit l'estrade menant au lit de Jane. Nous observons une nouvelle fois une ombre triangulaire pointant le haut de la tête du tueur: idée de présence du mal absolu, c'est-à-dire, l'âme du docteur Caligari planant la scène et dominant les gestes de "son" somnambule. S'ensuit un plan rapproché poitrines au cours de deux secondes, se centrant sur Cesare brandissant le couteau au-dessus du corps de Jane. Egalement, pour la première fois dans la séquence étudiée, nous pouvons observer le visage de la créature: sauvage et furibond, le spectateur découvre de près le monstre au même emplacement que la victime. Puis, retour au plan d'ensemble, au cours duquel Cesare semble hésiter à accomplir son acte en observant Jane, encore assoupie. Il reste plusieurs secondes immobiles, couteau en l'air, en fixant la jeune fille d'un air vicieux. Il abaisse la main petit à petit en lui visant la tête. En lui touchant le front, elle bondit de stupeur et le monstre la saisit. A ce moment, nous nous retrouvons face à un nouveau plan rapproché poitrines changeant le format de l'image. En effet, la scène présentant les brutalités de Cesare sur Jane est perçue à travers un format rond, les caches noires étant ainsi favorables à se centrer sur les expressions faciales et les gestes des deux personnages. Les deux visages sont les seuls vecteurs de blanc du plan: la femme a les yeux fermés, terrifiée, et essaye de repousser Cesaire. Ce dernier effectue une expression faciale démoniaque. Interviennent par la suite plusieurs alternances de plan entre le plan rapproché poitrines (avec cache) et le plan d'ensemble, montrant tous deux Jane se débattre violemment dans les bras de Cesare. Ce dernier finit par l'arracher du lit blanc, l'extirpant ainsi de toute source de de paisibilité pour l'emmener dans le cabinet du docteur Caligari. Le mariage du noir (la combinaison de Cesare) et du blanc (le drap de Jane) représente la lutte entre deux forces contraires: le bien et le mal. Ainsi la femme étant arrachée du lit dans lequel elle était assoupie, c'est le mal qui remporte au cours de cette séquence. Le plan qui suit est un plan de demi-ensemble sur une chambre montrant deux villageois, dont Francis, réveillés par les cris de Jane. Le villageois de droite fait signe à son voisin de chambre de se lever pour découvrir la cause de ces hurlements. Vêtus de blanc, ils amorcent la suite du film, au cour de laquelle le somnambule, pris en chasse par les villageois, abandonne sa victime. Le dernier plan de la séquence choisie montre le bourreau quittant la chambre avec sa victime dans les bras. Les visages sont en amorce mais le dos de Cesare et le corps de la femme sont en plein dans le champ. Cette séquence porte ainsi une connotation particulièrement symbolique sur la représentation de la menace dans le film.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2021
Manifeste du cinéma expressionniste allemand, Le Cabinet du docteur Caligari est la première expression dans les salles obscures d’une société allemande meurtrie et tourmentée après la défaite récente de 1918.
Initialement pressenti par le producteur Erich Pommer pour adapter le scénario de Carl Mayer et Hans Janowitz, Fritz Lang (Metropolis, M le maudit) est trop occupé par le tournage des Araignées (1919) et cède sa place à Robert Wiene, dont il s’agira du premier et meilleur film de sa carrière. Robert Wiene apporte toutefois quelques modifications au scénario en rajoutant un prologue et un épilogue qui ont pour but de faire comprendre aux spectateurs qu'il s'agit d'un récit sorti de l'imagination d'un fou.
Divisé en six actes, Le Cabinet du docteur Caligari présente une structure narrative basée sur la première personne inédite jusqu’alors, avec l’usage d’un renversement final similaire à des films bien plus récents, comme Shutter Island, dont le cadre de l’intrigue se déroule également dans un asile psychiatrique. Mais si la folie est au cœur de ce film fantastique, elle ne doit pas le réduire, comme cela a été trop souvent le cas, à être considéré comme le premier film d’horreur de l’histoire.
En effet, Le Cabinet du docteur Caligari est avant tout le reflet d’une société allemande en proie aux démons de la défaite de la Première Guerre mondiale, et le rejet d’une expression artistique réaliste au profit d’un symbolisme puissant, d’un romantisme de la mort, des fantômes, des ombres et de la nuit.
Après la défaite sanglante de l’Allemagne impériale, Le Cabinet du Docteur Caligari cristallise à l’écran les angoisses et fantasmes du peuple germanique à travers un personnage typique du cinéma muet allemand : le criminel diabolique qui exerce sur la population une impression mêlée d’horreur et de fascination. Cette allégorie invite à réfléchir sur une idée terrifiante : plonger une population entière dans un état d’hypnose collectif et la voir s’offrir à la mainmise du fascisme. « Devenez Caligari », affiché sur les murs des villes, prend alors une dimension politique : pour ne pas se laisser prédire son avenir, mieux vaut devenir maître de son présent. L’acte est révolutionnaire, à l’image de l’esthétique du film, mais le message est clair : un sombre présage est à l’œuvre.
Le décor est essentiel pour comprendre ce basculement et ce goût morbide, alimenté par de fausses perspectives, des angles aigus et des proportions tronquées. Peint en trompe-l’œil, il déforme la réalité par des lignes brisées et obliques. Le bureau du docteur est l’illustration parfaite de cette forme picturale si tourmentée et caractéristique d’un art allemand en plein bouleversement. Les maisons et les escaliers sont tordus, les portes, les arbres, les fenêtres, les rues, les couloirs prennent des formes étranges, et tout est lié à un déséquilibre psychique. Ainsi, l’un des trois décorateurs du film, Hermann Warm, insiste sur ce caractère fantastique et irréel en déclarant : « Les images du film devaient être éloignées de la réalité et revêtir un style graphique fantastique ». Mais il insiste également sur le rôle crucial de l’éclairage, qui souligne l’affrontement entre l’ombre et la lumière : « Les films doivent être des gravures rendues vivantes ».
À sa sortie en Allemagne, le film rencontre un grand succès, puis finit par être diffusé partout dans le monde. Le Cabinet du Docteur Caligari est le premier film diffusé aux États-Unis après la fin de la Première Guerre mondiale. Incontestablement, Le Cabinet du docteur Caligari a marqué les esprits de générations de cinéastes futurs. C’est la naissance cinématographique d’une iconographie, de thèmes et de personnages qui ouvre la voie aux productions de Fritz Lang et F.W Murnau, mais aussi à celles de grands classiques de l’épouvante, comme Dracula (1931) et Frankenstein (1931). Son empreinte se vérifie également sur la production hollywoodienne des trois décennies suivantes, au sein de laquelle vont travailler de très nombreux expatriés allemands, réalisateurs et directeurs de la photographie, qui sont obligés de fuir l’Allemagne nazie. Et encore aujourd’hui, l’influence de cet art pictural sur les grands écrans conserve quelques réminiscences, en particulier chez Tim Burton et l’Etrange Noël de M. Jack, où les décors tourmentés, sombres et irréels peuvent aisément être interprétés comme un écho de l’œuvre novatrice de Robert Wiene.
Malgré le caractère incontournable de ce long-métrage dans l’histoire du septième art, l’œil du spectateur moderne, plus habitué à un rythme et une expression artistique plus captivants et réalistes, ne peut combler le décalage entre deux époques si lointaines. Comme l’a dit très justement le critique André Bazin : « « La pellicule est comme un sarcophage, elle ne vous conserve pas, elle conserve le temps qui passe ». Ainsi, la sensation qui était au rendez-vous dans les années 1920 ne l’est plus aujourd’hui, mais cette œuvre fondatrice reste capitale dans l’évolution artistique du cinéma.
steevevo
steevevo

11 abonnés 637 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2019
Film remarquable, capital dans l'histoire du cinéma. Certes, aujourd'hui on se prend à vouloir un peu plus de rythme... Mais que dire à cela? Tant pis pour nous!
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mai 2019
Il faut toujours replacer un film dans son contexte et celui du "Cabinet du docteur Caligari" se compose de deux composantes essentielles : le muet et l’expressionnisme. Ce sont sur ces deux points qu'il faut d'abord juger le film en les raccordant évidemment à la substance primaire du cinéma qu'est la mise en scène. Le classique de Robert Wiene donne une impression de lourdeur qui n'est pas étrangère à l'utilisation calamiteuse de cartons à la fois trop nombreux et explicatifs; leur présence donne des informations que l'on avait déjà comprises et empiète sur l'image, souvent réduite à un état illustratif. Étrange constat alors que le film est considéré comme un sommet de l’expressionnisme allemand; or, si on le compare au chef d'oeuvre de Murnau, "Faust", il y a trois classes d'écart dans la manière d'employer les décors et de les mettre en relation avec les personnages. Quand Murnau joue habilement sur des changements d'échelles pour suggérer la domination du Mal ou l'écrasante faiblesse de ceux qui subissent l’obscurité, Wiene filme à peine les différents lieux, que ce soit le cirque ou l'hôpital psychiatrique. On reconnaît ça et là une porte de travers ou des rues asymétriques mais le décor ne raconte rien en soi, il ne gagne à aucun moment un statut narratif; c'est au contraire le scénario tout-puissant qui guide le film, beaucoup plus qu'une mise en scène finalement peu inspirée. Mais l'écriture laisse aussi à désirer – quand bien même les fins d'actes sont plutôt réussis avec à chaque fois des sursauts d'intensité percutants –, surtout du côté de personnages somme toute squelettiques. Le personnage de Caligari avait pourtant un fort potentiel mais Wiene n'en fait qu'un médecin manipulateur, loin du mythe maléfique décrit dans la dernière ligne droite du film. Quelques ruptures rythmiques intéressantes et une petite poignée d'instants stimulants sont à mettre au crédit du long-métrage, c'est tout de même bien insuffisant pour ériger "Le Cabinet du docteur Caligari" au rang de monument expressionniste.
Fêtons le cinéma

852 abonnés 3 663 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2018
Si Le Cabinet du docteur Caligari est reconnu comme le manifeste de l’expressionnisme allemand et, par conséquent, comme un monument dans l’histoire du cinéma, ce statut ne doit pas empêcher de considérer les flagrants problèmes de rythme et surtout de réalisation qui n’ont de cesse de confondre déstructuration graphique des décors avec mise en scène expressionniste. Car la réalisation capte les personnages sur les toiles peintes sans jamais dynamiser l’ensemble ou proposer un montage qui traduirait, cinématographiquement parlant, la folie de son héros : oui les contraintes techniques limitaient les mouvements – certes – mais d’autres réalisateurs remédiaient avec une plus grande efficacité à la lourde machine génératrice d’images, Fritz Lang à l’appui. Restent des décors originaux pour l’époque et source d’instabilité, surtout une belle mise en abyme de la folie psychiatrique par le biais d’un récit rétrospectif destiné à faire éclater au grand jour, et pour le plaisir du spectateur, la révélation finale. Excellente composition musicale pour une date dans l’histoire du cinéma qui, aujourd’hui, résonne davantage pour l’imaginaire qu’elle incarne et qu’elle a contribué à faire naître.
Enzo Gagliardi
Enzo Gagliardi

11 abonnés 60 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 septembre 2018
Tout simplement LE chef d'oeuvre de l’expressionnisme allemand ! Durant le visionnage je ne pouvais m'empêcher de penser à Fritz Lang tant l’approche semblait être de lui et en effectuant des recherches je me suis rendu compte qu'il avait été pressenti pour mettre en scène cette oeuvre. Tout dans ce film est révolutionnaire !! Le récit à la première personne, les décors grandioses et fascinants, les jeux de contraste, les couleurs qui changent pour le jour et la nuit, le jeu surréaliste des acteurs... Tout cela sur un scénario passionnant et tout à fait moderne qui explore les méandres de la folie humaine. Le métrage est très rythmé, on ne s'ennuie pas un instant et certaines scènes (les meurtres notamment) sont impressionnante de puissance. Sans parler du twist de fin absolument grandiose et imprévisible.
Tout simplement l'un des plus grand films de l'Histoire...
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 juin 2018
Un style mythique !
Des décors théâtraux composés en majorité d'éléments géométriques venant offrir une dimension fantastique à l’œuvre, une atmosphère somptueuse accompagnée d'une musique envoûtante, "Le cabinet du Docteur Caligari" fait partie de ces joyaux cinématographiques made in Germany. Considéré comme le premier film d'horreur, ce long-métrage au savoir-faire précieux impose le respect dès les premières minutes. Un classique majestueux qui trouvera sa place au côté des grands films de Fritz Lang et de Friedrich Wilhelm Murnau.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2018
Classique du cinéma très sympa.
Film très court (comme beaucoup de films de l'époque). L'histoire est vachement bien.
Les décors tout en angle sont vachement travaillés, c'est sans doute un des éléments les plus intéressants et marquants de ce film, qui s'inscrit complètement dans cette période expressionniste allemande. Le travail de l'ombre et de la lumière est aussi marquant (ce qui est surprenant de la part d'un film en noir et blanc). Le maquillage du somnambule est à la fois simple et vachement inquiétant.
Le film est visuellement magnifique. spoiler: Le final de ce film est absolument génial, totalement inattendu, particulièrement fascinant et vraiment angoissant.

Je recommande.
Aaaarrrrrgh
Aaaarrrrrgh

27 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2018
Avec Shutter Island, Scorsese n'a rien inventé. Lang était la bien avant lui, mettant en scène dans le Cabinet du Dr Caligari une enquête étrange baignant dans l'onirisme, jusqu'au dénouement, renversant (et pourtant beaucoup sont passés par là plus tard). Le film, expressionniste, permet à la mise en scène d'être plus créative, plus proche des émotions des personnages et ici sert magistralement le propos, avec ces décors tordus et la police d'écriture peu habituelle, mettant mal à l'aise le spectateur, l'emmenant au même titre que le scénario vers la vérité. A ce titre, le travail sur les décors est impressionnant. Enfin, l'OST du film est superbe, possédant une vraie personnalité (ce qui manquait par exemple à Metropolis).
raphaelK
raphaelK

16 abonnés 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 octobre 2017
Mis à part le préambule, la scène dans le parc, et l'épilogue, le film décrit en fait le délire d'un fou, en l'occurrence Francis. Ce film donnait à voir une histoire de fou racontée par un fou, ce qui était déjà révolutionnaire à une époque où le récit à la première personne n'existait pas encore. Les décors faits de fausses perspectives, tout en oblique, d'angles aigus, de proportions tronquées, l'écriture des cartons intertitres, la colorisation de la pellicule différente selon les scènes, et bien sûr le jeu expressionniste des acteurs, sont autant d'éléments qui contribuent à accentuer cette impression d'irréalité. Ce décor correspond donc bien au mouvement de l'expressionnisme allemand, caractérisé par le chaos, les formes violemment torturées. L'éclairage joue également un rôle important en jouant sur l'affrontement de l'ombre et de la lumière et en soulignant ainsi les contrastes. « Les films doivent être des gravures rendues vivantes », affirmait Hermann Warm, l'un des trois décorateurs du film.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2017
Le cabinet du docteur Caligari réalisé en 1920 par Robert Wiene fait indéniablement partie des réalisations cinématographiques les plus emblématiques de l’histoire du 7ème art. Sur la base du scénario confectionné par Carl Mayer et Hans Janowitz, le cinéaste allemand construit un univers, créé une ambiance étrange et invente un langage. Quelles soient perçues sous un angle esthétique ou narratif, la démonstration est faite et la réussite est totale. Critique complète sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com
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