Le Cabinet du docteur Caligari
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Yannickcinéphile

2 882 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2017
Le Cabinet du docteur Caligari est un classique du cinéma muet, et du cinéma expressionniste allemand en particulier. C’est en effet un métrage audacieux sur la forme, et avec un retournement dans le récit original, mais on est nettement en-dessous de l’excellent Golem par exemple, pour une période et une aire géographique similaire.
Le scénario est un peu terne. L’histoire n’est pas vraiment passionnante en soit. Ça se laisse suivre, puisque le film est court, mais ça reste trop elliptique, il manque de vrais moments forts, sauf peut-être la fin, la fin qui reste le meilleur moment du film. On se rend compte en effet que le récit est audacieux, surtout pour l’époque. Cela n’enlève pas grand-chose au fait que pendant 1 heure on suit un récit qui manque de relief et de force. Il aurait sans doute fallu plus de longueurs, et faire en sorte que les rebondissements s’enchainent de façon plus fluide, et avec davantage de relief.
Le casting est correct, mais ce n’est pas un atout majeur pour le métrage. Il y a quelques célébrités du temps comme Conrad Veidt, et dans l’ensemble les acteurs sans retenir outre mesure l’attention joue avec assez de force pour convaincre. Surtout, le réalisateur insiste beaucoup sur les visages, ce qui de suite permet davantage de percevoir les émotions, les expressions. Il y a un léger surjeu parfois, mais c’est un aspect plutôt positif dans le cinéma muet. Je préfère cela que la tendance bien plus gênante du monolithisme, ce qui affadi rapidement un film où les paroles ne peuvent rien apporter.
Le meilleur aspect du Cabinet du docteur Caligari ça reste la forme, très réussie, quoiqu’elle m’a moins convaincu, là aussi, que d’autres films expressionnistes allemands, dont Le Golem. La photographie est bonne, les décors originaux, tout en obliques et en diagonales, mais ça manque de finesse dans les détails, et la mise en scène, bien que souvent ingénieuse, a une tendance un peu frustrante de trop privilégier les gros plans. Si cela a le mérite de mieux percevoir le travail des acteurs, en revanche on a un peu de mal à sentir l’ambiance urbaine, à profiter des décors, et il y a souvent cette sensation un peu pénible de se trouver à l’étroit dans le cadre ! Cela étant, il faut avouer que ce film a une vraie esthétique originale, une ambiance sombre bien installée, des atouts certains.
En clair, Le Cabinet du docteur Caligari est un film singulier, mais n’est pas le meilleur du genre. C’est sûr que le rebondissement final est un grand moment, qui donnerait des leçons à pas mal de suspens actuels et qui explique finalement bien des choses dans le métrage, et puis l’esthétique est audacieuse. Mais il manque une narration plus fluide, plus d’intensité, le film aurait pu davantage exister sur 1 heure 10 plutôt que de concentrer son effort sur la fin. Je donne 3, compte tenu des bons et mauvais points évoqués.
Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2016
Quel formidable découverte que ce film. Un rythme haletant, une atmosphère inquiétante et mystérieuse, et un formidable rebondissement final. Tout y est, ce film n'a rien à envier au cinéma moderne. Il dure seulement 1h donc n'hésitez pas, foncez ! Avec la musique d'accompagnement c'est encore mieux.
Thibault F.
Thibault F.

83 abonnés 824 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mai 2016
Une oeuvre cinématographique poétique, accompagnant du rêve au cauchemar dans un monde peint autour de l'expressionnisme allemand, voilà la (belle) promesse du monument de Robert Wiene, "Le cabinet du docteur Caligari" Il est extrêmement difficile de juger une telle oeuvre tant par sa place qu'elle occupe dans le monde du 7ème art et par sa production qui est le reflet même d'une époque et d'une société qui a disparu depuis bien longtemps. Cela nous pousse à interroger les mentalités des individus par ce qu'on nomme l'outillage mental (Lucien Febvre l'emprunte à la psychologie sans pour autant tomber dans le piège de l'anachronisme) et ainsi observer cette oeuvre d'un œil nouveau et non avec nos yeux contemporains. Le film est d'une beauté époustouflante mêlant effet du réel et mystère, prouesse terrifiante à l'époque (années 20) ! Le mélange muet (les hommes parlent naturellement) et expressionnisme qui déforme les objets et les lignes parviennent à constituer une oeuvre à proprement parler d'art. Nous regardons en effet une série de tableau réparti sur 6 actes... Cependant, avec nos yeux de contemporains, pouvons nous clamer au film? La limite ici est restreinte tant le scénario semble quasi-inexistant (malgré le retournement de situation à la fin qui reste appréciable). Reste à mettre une note... Oui, il faut le voir mais partez du principe que cela reste un instrument, une forme, un art qui deviendra par la suite... cinéma !
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mai 2016
Vision assez fantasmante de la folie et de la psychanalyse autour de décors fantastiques et superbement expressionnistes et de personnages inquiétants et presque irréels. Fascinant film
Christianm75
Christianm75

8 abonnés 229 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 avril 2016
Difficile de rentrer dans l'atmosphère d'un film vieux de près d'un siècle tant les techniques cinématographiques ont évolué.Avec effort et patience et pourra admirer les étranges décors aux formes impressionistes l'intrigue complexe et les multiples détails qui en font un film qui à plus valeur d'oeuvre patrimonial que de véritable chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 février 2016
C'est un voyage dans l'histoire du cinéma que de voir ce chef d'oeuvre de l'expressionnisme allemand. Cette histoire oscillant entre le policier et le fantastique est haletante, le jeu de Krauss et de Veidt jouant respectivement Caligari et Cesare est si intense que le caractère muet du film en est totalement oublié. Les décors torturés en carton ont enfin un charme d'époque indéniable
Acidus

872 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2016
"Le cabinet du docteur Caligari" est considéré comme le premier film d'horreur de l'histoire du cinéma mais on pourrait également le qualifier de thriller. Quoiqu'il en soit, la tonalité de ce long-moyen métrage est sombre et froide et Robert Wiene multiplie les effets horrifiques pour maintenir un climat oppressant chez le spectateur. Nul doute que ce classique du cinéma en ait influencé un autre, à savoir le "Nosferatu" (1922) de Murnau, notamment dans les jeux d'ombres. Les décors surréalistes participent à cette ambiance fantasmagorique et prennent leur sens avec le twist final: spoiler: toute l'histoire est sortie de l'imagination d'un fou
. Et si l'atmosphère horrifique est parfois bancale et quelques longueurs viennent ternir l'acte V, nul doute que ce classique a influencé plusieurs oeuvres similaires et cela encore de nos jours.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
Un petit bijou d’ambiance, sans doute précurseur du cinéma d’épouvante bien que davantage apparenté et identifiable au genre thriller, c’est la scène à la fête foraine qui m’a scotché en premier lieu, où le somnambule prédit la mort du type, puis les cadavres suivent, avec un jeu de clair/obscur tout à fait brillant. Et l’intrigue, qui parait attendue, arrive à tenir en haleine avec la véritable motivation de Caligari qui utilise sa marionnette humaine, l’atmosphère déployée fait le reste et la réorchestration est bien souvent tétanisante (toute la séquence avec Cesare qui entre dans la chambre de Jane puis l’enlève reste je pense ma préférée tellement elle marque une tension plus que palpable), on pense donc savoir où on va aller puis le dernier acte réussit un vrai tour de force, où tout est remis en cause, la folie à l’état pur, bluffant et admirable.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2016
J'ai beaucoup de mal à émettre des critiques objectives des films datant d'avant 1930, autrement dit la grande période du muet. Beaucoup des films de cette époque sont considérés comme des chefs d'oeuvre, ce que je peux comprendre, mais il faut, en tant que spectateur du XXIe siècle, effectuer un effort constant pour voir et comprendre ces films de la juste manière, en les remettant dans un contexte de plus de cent ans d'âge. C'est donc après un tel effort que j'en suis venu à la conclusion que Le Cabinet du Dr Caligari est effectivement un bon film. Peut-être pas le chef d'oeuvre attendu mais qui se démarque de ses contemporains par ses qualités visionnaires et surtout son statut de "seul film à 100% expressionniste", et rien que pour ça, il vaut le détour.

J'ai beaucoup aimé le traitement des décors, nous plongeant dans une ambiance de rêve constante très originale et agréable et le retournement de situation finale est plutôt bienvenu, sachant qu'il se pose en précurseur de son époque.

Aujourd'hui, le jeu d'acteur est très difficilement appréciable, trop théâtral et appuyé bien qu'en adéquation avec le style expressionniste, cependant, la bande originale est plutôt bonne, se confondant assez bien avec l'ambiance du film et bien loin de la fatigante BO de Nosferatu pour ne citer que lui.

En clair, Le Cabinet du Dr Caligari est un film qui s'appréciera ou non, selon la nature du spectateur et ce qu'il attend du cinéma. Ce n'est clairement pas le genre de film dont je raffole mais il demeure néanmoins nécessaire et incontournable lorsque l'on désire revisiter les classiques du cinéma.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 novembre 2015
L'expressionnisme dans toute sa splendeur. Tous dans ce film : décors, intrigue, jeu d'acteur très théâtral, usage de la couleur et musique, donne une impression de glauque, d'étouffant, je ne dirai pas flippant (peut-être en 1920 l'était-il), mais tout de même assez étouffant. Si je devais toutefois relever un gros défaut à ce film, ce serait la fin, qui traîne en longueur, ainsi que certains autres passages, ce qui est dommage, parce que s'ennuyer sur 1h10 c'est un peu nul. Mais bon, c'est pas si fréquent que ça non plus, et ce film vaut le coup d'œil, ne serait-ce parce que c'est un précurseur de nos films d'horreur actuels, pour son ambiance particulière et pour ses prises de risque pour l'époque.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 octobre 2015
L'une des oeuvres les plus éminentes du cinéma muet est sans conteste "Le Cabinet du docteur Caligari". Ce long métrage fait suite à la création de l'UFA, une société de production allemande mise en place par la république de Weimar à la suite de la seconde guerre mondiale, dans le but de relancer la production de films, alors très limitée. "Le Cabinet du docteur Caligari" s'inscrit pleinement dans ce mouvement, avec sa singularité propre. Issue du mouvement expressionniste allemand, cette réalisation de Robert Wiene se pose en totale rupture avec le concept de réalisme par une esthétique propre. Le paradoxe réside dans le fait que le cinéma poursuit un but réaliste à ses débuts, avec une volonté certaine de retranscrire le réel à travers la pellicule. Ce film en six actes, archaïque dans son organisation, représente un véritable bouleversement pour le cinéma du début des années 20. Il met en scène le docteur Caligari dans une histoire racontée par un dénommé Franzis. Ce docteur prétend pouvoir réveiller un somnambule qui présente des dons de voyant. Le somnambule est exhibé dans une fête foraine dans laquelle le docteur Caligari entend monopoliser l'attention. A l'aide du somnambule, le docteur entreprend des meurtres pour confirmer leurs différentes prédictions. Cesare, le somnambule en question, est sans conteste un précurseur des créatures qui apparaîtront quelques années plus tard dans le cinéma, à l'image de Nosferatu le vampire et Frankenstein. Sa démarche et son comportement inspirent l'idée d'une créature venue d'un autre monde. Les décors sont torturés, on assiste à beaucoup de trompe-l'oeil, le tout est marqué par moments par sa disproportion. D'autre part, le jeu sur les personnages est significatif : les maquillages et costumes sont très individualisés et confirment la volonté d'artifice inhérente au film, tandis que leur gestuelle exagérée en souligne le paradoxe. Le jeu sur les champs/ contre-champs est très intéressant spoiler: , notamment durant la séquence du meurtre d'Alan
. Le dénouement prend la forme d'un twist, qu'il est toutefois possible de voir venir en prêtant attention aux décors. Les intertitres sont fixes mais aussi déroulants pour mieux suivre les différents dialogues, et se démarquent par leur esthétique. Le message du réalisateur est clair : rien n'est vrai, tout n'est qu'illusion. La réalisation novatrice, le jeu sur l'ombre et la lumière, le jeu des personnages complètement loufoque dans "Le Cabinet du docteur Caligari" est déroutant pour le spectateur. Elle joue un rôle clé, indispensable pour le cinéma muet et constitue une source d'inspiration pour de futurs classiques. Son caractère onirique et complètement déconstruit en font la seule oeuvre véritablement expressionniste de l'histoire du cinéma.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2015
Comme je le disais dans ma critique sur "Nosferatu le vampire", il manquait à celui-ci un petit truc pour être, à mes yeux en tout cas, vraiment bon. Ce petit truc, le long-métrage initiateur du mouvement expressionniste allemand appelé "Le Cabinet du docteur Caligari" le possède. Cette réussite signée Robert Wiene repose sur trois atouts : tout d'abord la performance inoubliable de Werner Krauss, ici médecin psychopathe, et Conrad Veidt, grimé en somnambule maquillé à outrance. Leur jeu halluciné est salutaire au film. Ensuite les décors, déformés, tordues et volontairement fantaisistes : ils renforcent l'idée de la bizarrerie et suggèrent des idées à ceux qui sont futés. Et enfin l'histoire qui, bien qu'assez longue à se mettre en place, nous promet quelques péripéties bien senties ainsi qu'un twist final, chose inédite à l'époque. Et quel twist : spoiler: le personnage qui raconte tout cela est dans un asile et il est fou !
. Face à cette révélation, on ne peut que reconnaître le génie de Fritz Lang à l'oeuvre (oui oui c'est lui qui a suggéré cette idée aux scénaristes !) et la maîtrise formelle de Wiene, qui nous ont bien caché la vérité. Bon film.
zhurricane
zhurricane

96 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 janvier 2016
Ah oui, c'est beau, je dirais même magnifique, et je parle de la photographie. Parce que le reste est ennuyeux au possible. je sais que c'est un classique, mais mis à part cette atmosphère lugubre, je ne trouve pas grand intérêt à ce film.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juillet 2015
J'ai eu beaucoup de mal à être captivé par cette histoire, et pourtant le film reste assez court! Il est très novateur avec des personnages et des thèmes nouveaux, les décors restent assez réalistes et les acteurs plutôt convaincants. ça reste une expérience agréable, surtout devant l'un des premiers films d'épouvante!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 31 mai 2015
Film majeur de l'expressionnisme, un des grands représentants du mouvement.

Chose qu’on ne voyait que très peu à l’époque, le film est raconté à la première personne (en tout cas, pour la majorité du film), en l’occurrence du point de vue du personnage de Francis, l’ami d’Alan, le jeune étudiant assassiné. Pourquoi ce choix ? Car Francis est fou, ce qui explique les décors étranges avec une géométrie quasiment violente, les perspectives illogiques, les acteurs un peu trop expressifs, le jeu avec les ombres et les lumières marquant de gros contrastes et des oppositions visuelles, tout un tas d’éléments qui amplifie cette notion de folie et de déconnexion avec la réalité, soit un rêve, et quand je parle des ombres, je parle par exemple de l’utilisation des hors champs, accentuant le côté de la peur, de la suggestion qu’on peut avoir. Car le découpage du long-métrage permet de ne pas voir de suite qu’il s’agit du délire de Francis, le prologue par exemple est filmé d’un point de vue différent de celui de Francis, c’est petit à petit qu’on comprend ce qu’il se passe réellement, et comment les personnages ont été « manipulés » dans la tête du pauvre gars. Autant, on pouvait critique le surjeu des acteurs à l’époque car encore trop ancrés dans le genre théâtrale, autant ici, c’est justifié car ça fait partie de la folie du personnage principal. On parlera bien sûr du personnage du Docteur Caligari, qu’on imagine comme un vilain monsieur, alors que non, en vérité, il veut aider notre fou. Pareil, on parlera du somnambule, avec cette image qui permet d’iconiser l’œuvre, c’est une représentation quasi hallucinante de la folie, une représentation de la paranoïa au final pessimiste, sous l’influence sans doute de la première guerre mondiale, avec une population allemande encore choquée et apeurée. Le décor permet d’identifier l’œuvre, c’est ce qui saute aux yeux en premier, mais le reste est fait pour impressionner, aucun détail n’est épargné. Le twist est d’ailleurs un des plus fascinants que j’ai vu au cinéma.
Le Cabinet du Docteur Caligari a participé, avec les autres films de l’expressionnisme, à l’évolution fictionnelle du cinéma, à partir des frères Lumières, en passant par Méliès, puis Pastrone, puis Griffith, j’en oublie d’autres c’est sûr mais je ne peux pas citer tout le monde, et notre film du jour est clairement un support à part, offrant ou bien montrant les possibilités offertes par le cinéma pour exprimer des idées par l’image. Ceci dit, point commun avec Méliès, la caméra est posée, et les décors bougent, et non le contraire, comme au théâtre ou les décors se déplacent sur la scène, on a une représentation de l’espace bien identifié dans l’œuvre. Et le rythme du film amène une tension quasi permanente, on veut savoir ce qu’il va se passer, on veut savoir pourquoi telle action a eu lieu, et pourquoi. Le montage donne un cachet très efficace, même s’il est parfois mentionné comme un point faible par plusieurs spécialistes.
Le Cabinet du Docteur Caligari est un précurseur du cinéma expressionniste. Une des œuvres les plus bizarres que j’ai vu. L’œuvre est faite pour perturber, pour déranger, et ça marche ! Le côté glauque est assumé jusqu’au bout, l’esthétisme est incroyable de spontanéité, rien n’est mis de côté, l’influence se sentira grandement plus tard, dans les films d’horreur bien sûr, dans les thrillers, les films noirs, etc. Un délire psychotique et un dérangement mental excellent, appuyé par un scénario maîtrisé. Au premier abord, ça ressemble à une réalisation sous fond de cocaïne en veux-tu en voilà, mais c’est tellement bien maîtrisé que ça donne de la crédibilité à l’irréalisme. Cependant, le symbolisme si cher à expressionnisme est un peu trop… visuel ! Je m’explique. Il n’y a pas vraiment de place à l’interprétation. Pour rappeler un exemple récent, Christopher Nolan explique quasiment à chaque fois ce qu’il montre, il y a peu de place à l’interprétation. Ici, c’est pareil, tout est tellement accentué et toutes les suppositions qu’on peut se faire au cours du film ont des réponses à la fin, du coup, les interprétations personnelles ne peuvent pas être nombreuses. Là où le symbolisme permet l’interprétation sur beaucoup de choses, ici le visuel répond à tout. De plus, le style expressionniste est encore présent à la fin, quand on découvre qui est vraiment Francis, comme si être fou n’était pas quelque chose de si bizarre, que c’est quelque part naturel. Une œuvre onirique au finale très audacieuse et allégorique, répondant à un malaise social présent en Allemagne. Le Cabinet du Docteur Caligari est un reflet de la société allemande de l’époque, ayant du mal à faire la distinction entre le mal et le bien, le virtuel et le réel (vous le sentez le prémisse du nazisme). Tout un tas de techniques et de procédés sont utilisés : les gros plans, les iris pour désigner un élément en particulier, les déformations des décors, tout ceux-là font du film est une œuvre à part.
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