Le Cabinet du docteur Caligari
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gabdias
gabdias

120 abonnés 2 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2015
Chef d'oeuvre de l'expressionisme allemand des années et considéré comme l'un des premiers films fantastiques de l'histoire, l'histoire est particulièrement bien ficelé, les décors sont sublimes et donnent cette atmosphère noire mythique et sublime et le jeu de lumière et de musique déjà au top pour l'époque. Forcément à voir ou à revoir.
Redzing

1 452 abonnés 4 916 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2014
Dans une petite ville tranquille, le début d'une série de meurtres coïncide avec l'arrivée d'un mystérieux artiste de foire. "Das Cabinet des Dr. Caligari" est reconnu comme étant un pierre angulaire du cinéma d'horreur, et on peut aisément comprendre pourquoi en le voyant. De par son ambiance unique et son scénario novateur pour l'époque, abordant la thème de la folie, le film a inspiré, et continue d'inspirer indirectement une pléiade d’œuvres et de cinéastes. Il s'agit d'un film expressionniste majeur, aux qualités graphiques incontournables. Jeux d'ombres inquiétants, décors cauchemardesques avec fenêtres, portes et murs déformés spoiler: (ceci étant expliqué par le twist final)
, maquillages marquants, personnages perturbants : Robert Wiene est parvenu à réaliser un film à la fois splendide et oppressant.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 juillet 2014
Reconnu par les historiens du cinéma comme le premier film utilisant les codes picturaux de l’expressionisme, avec son non-respect d’un réalisme géométrique au profit de décors difformes et ses ombres portées cauchemardesques, Le cabinet du docteur Caligari a posé les bases d’un vaste mouvement de films fantastiques qui fera la gloire du cinéma allemand dans les années 20. La mise en scène dérangeante que créé ainsi Robert Wiese colle à la perfection au scénario mis au point par Carl Mayer qui joue sur les pires peurs enfantines en assimilant une attraction foraine à une créature meurtrière. L’investigation menée par le héros, le meilleur ami de la première victime, sur cette série de crimes frappant une petite ville au milieu du 19ème siècle ne représentent pas ni trame captivante ni un suspense trépident, les cinq premiers des six chapitres du film ne valant que pour leur innovation visuelle qui en fit une référence de cinéma horrifique. Le dernier chapitre en revanche consiste à un retournement de situation dont le schéma n’aura de cesse d’être répété dans l’histoire du 7ème art.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2014
Un classique du cinéma muet allemand. Des décors incroyables, une intrigue prenante, une ambiance bien flippante, une réussite à revoir ou à découvrir en version restaurée depuis le 3 décembre 2014.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2014
L'un des manifeste de l'expressionnisme Allemand, "Le cabinet du docteur Caligari" s'avère être une œuvre brillante. Partant d'un scénario passionnant divisé en 6 actes nous racontant l'histoire d'un mystérieux docteur qui va arriver en ville et exhiber Cesare, un somnambule qui peut prédire l'avenir, dans une fête foraine. Francis un jeune homme (celui qui raconte l'histoire) se rend à l'attraction avec un de ses amis et il sera prédit une mort proche à cet ami, ce qui arrivera assez vite et Francis va se mettre à soupçonner le docteur Caligari. Et tout le long de ce film assez court, on va être fasciné, que ce soit par l'histoire déjà, dont la consistance et la narration composé de flash-back ne viennent jamais alourdir le récit et surtout fasciné par le travail sur les lumières, les décors surréalistes, la réalisation, le jeu très théâtrale des acteurs ainsi que l'atmosphère fantastique, angoissante et horrifique du film. On notera aussi un final tout à fait renversant. Surréaliste et torturé, une grande et très fascinante œuvre.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2014
Sur le site DVDClassik Ronny Chester en 2003 écrit ceci… une belle synthèse de ce que représente ce film de manière artistique, historique et cinématographique :
« Lorsque Le Cabinet du Dr. Caligari sort en février 1920 en Allemagne puis dans le reste du monde les années suivantes, le public comme la critique est stupéfait par une telle démonstration d’étrangeté et d’audaces visuelles. Le spectateur est placé devant des représentations semblant surgir de cauchemars violents et nerveux. Le film de Robert Wiene, écrit de main de maître par Hans Janowicz et le célèbre scénariste Carl Mayer, fut justement considéré comme le manifeste de l’expressionnisme allemand à l’écran.

L’expressionnisme fut en premier lieu un courant pictural né au début du XXème siècle, puis littéraire dans les années 1910. L’expressionnisme peut se définir par une âpreté rappelant souvent un art primitif, un style anguleux, une déformation des traits, des contrastes poussés, une sensualité agressive. L’Allemagne devint vite la terre d’élection de ce mouvement très lié à l’actualité contemporaine marquée par la psychanalyse freudienne (et donc l’étude des névroses) et la violence démesurée de la Première Guerre Mondiale. A l’issue du conflit, le pays est exsangue, le malaise psychologique et social est profond et les sentiments de révolte affleurent. L’expressionnisme, par son esthétique douloureuse et accidentée, se fait le réceptacle puis le vecteur des souffrances humaines et de ces tensions, et déclenche ainsi un bouillonnement créatif qui va concerner toutes les formes d’art : le théâtre, la musique, l’architecture et donc le cinéma qu’on associait déjà à une projection mentale.
A Berlin, centre nerveux et point d’attraction des artistes, naît en 1910 la revue Der Sturm qui compte parmi ses membres les trois peintres Herman Warm, Walter Röhrig et Walter Reinmann qui seront responsables de la création des décors du Cabinet du Dr. Caligari. Le décor du film est un personnage à part entière et apparaît comme principal support de la narration. Le film peut être perçu comme une suite de toiles qui expriment, de façon plus manifeste que les comédiens, l’ambition créatrice des auteurs et, comme on le verra, les différents sentiments du narrateur. Décors en trompe-l’œil, perspectives faussées ou déformées, lignes brisées, courbes amplifiées, contrastes exacerbés, toutes ces techniques concourent à dessiner un univers agressif et perturbateur. Le décor prend véritablement vie. De même que Cesare le somnambule vit sous l’emprise du Dr. Caligari, les personnages sont dominés par un environnement oppressant et terrifiant. La lumière du film, si elle est moins remarquable et remarquée que le décor, participe aussi de l’atmosphère troublante et inquiétante. La notion de hors champ trouve d’ailleurs une illustration grâce à l’utilisation des ombres portées. L’assassinat de Alan est filmé grâce à cette technique abstraite et suggestive : les silhouettes de Cesare et de sa victime sont projetées sur le mur de la chambre. Le caractère terrifiant de la scène se double ainsi d’une dimension symbolique. L’horreur effectue un va-et-vient entre le sujet et son expression artistique. On peut affirmer, sans trop se tromper, que c’est la première fois que le cinéma nous propose ce type de scène, maintes fois reprise et adaptée par la suite.
Les sentiments de terreur et l’ambiance onirique et torturée véhiculés par ces décors traduisent aussi le déséquilibre psychique de Francis le narrateur. En effet, Le Cabinet du Dr. Caligari est construit sous la forme d’un flash-back. L’histoire nous est contée par le personnage qui se trouve, au commencement du film, dans le jardin d’un asile d’aliénés, chose que l’on découvrira à la fin. Ainsi c’est à travers le prisme de son univers mental chamboulé que sont rapportées les aventures maléfiques du Dr. Caligari qui se trouve être aussi le directeur de l’établissement. C’est le grand producteur Erich Pommer, fondateur de la Decla et futur dirigeant de la célèbre compagnie allemande la UFA, qui insista pour encadrer le récit d’un prologue et d’un épilogue. Ainsi, le doute est installé dans l’esprit du spectateur. Francis est-il une victime de Caligari qui finit par le démasquer, ou bien est-il simplement fou comme la jeune femme aux allures de spectre qui traverse la cour de l’asile et dont il entend se faire une compagne ? Les thèmes de l’hypnose et de l’artifice sont donc des facteurs essentiels pour comprendre les enjeux de ce que nous prenons comme la réalité et donc du film dans son ensemble. Caligari est un criminel maître de l’hypnose, le petit village est situé à flanc de colline avec ses maisons à la structure malléable qui semblent hurler leur douleur, les personnages évoluent dans un univers labyrinthique, et l’action prend place dans une fête foraine, un lieu qui charrie toutes sortes de légendes et où l’on joue à se faire peur.
Alors vérité ou illusion ? Raison ou folie ? Le peuple allemand est renvoyé à ses doutes et à ses fantasmes. L’angoisse formelle puis psychologique renvoie au sentiment de paranoïa qui parcourt l’Allemagne au lendemain de la guerre. Avec le film de Robert Wiene apparaît un type de personnage typique du cinéma muet allemand : le criminel diabolique qui exerce sur la population une impression mêlée d’horreur et de fascination (il est intéressant de rappeler que Fritz Lang devait à l’origine réaliser Le Cabinet du Dr. Caligari avant d’en décliner l’offre, Fritz Lang donc futur créateur du Dr. Mabuse, personnage qui doit beaucoup à Caligari). L’état de délabrement, d’insatisfaction et de forte dépression (tant économique que morale) de la société allemande transparaît donc ici et annonce déjà l’avènement du Nazisme. Sous la forme d’une allégorie, on nous invite à réfléchir sur cette idée terrifiante, à savoir plonger une population entière dans un état d’hypnose collectif et la voir s’offrir ainsi à la mainmise du fascisme. Vers la fin du métrage, un Francis enserré dans une camisole de force nous lance un avertissement : " Ne le laissez pas prévenir l’avenir ou vous mourrez ! " et le dernier plan du film se permet de faire un arrêt sur image de quelques secondes sur le visage du Dr Caligari alias le directeur de l’asile, sans son maquillage outrancier. Le message est clair : un sombre présage est à l’œuvre.
Enfin, hormis les retombées artistiques, politiques et sociales qu’eût cette œuvre sur la société allemande, on ne peut s’empêcher de conclure par ses différentes influences sur le cinéma international. Si les qualités de mise en scène de Robert Wiene sont évidentes, comme l’utilisation dramatique des gros plans ou encore l’emploi de l’iris pour désigner l’élément principal de l’image (sans oublier la séquence du meurtre en ombres portées mentionnée plus haut ou bien la magnifique scène d’intrusion de Cesare dans la chambre de la jeune femme, emprunte d’une poésie morbide et annonciatrice du film de vampire), ce sont bien les décors et tout un langage expressionniste savant et novateur qui marquent les esprits des générations futures. Bien sûr, Le Cabinet du Dr. Caligari ouvre d’abord la voie aux réalisations de Lang, Murnau ou Pabst. Mais on retrouve également son empreinte sur le Réalisme Poétique français des années 1930 ou encore, et surtout, sur la production hollywoodienne des trois décennies suivantes, au sein de laquelle vont travailler de très nombreux expatriés allemands, réalisateurs et directeurs de la photographie, qui furent obligés de fuir l’Allemagne Nazie. En déroulant le fil de l’Histoire du cinéma, on peut également citer Phantom of The Paradise (1974) de Brian de Palma (le troisième tiers du film) ou encore les premières œuvres expérimentales de Lars Von Trier (Epidemic et Element of Crime). Mais il est une œuvre récente dans laquelle resurgit ça et là des emprunts à Caligari, il s’agit bien sûr du cinéma de Tim Burton. En observant l’esthétique que ce dernier donne à ses films (en particulier L’étrange Noël de M. Jack), on ne peut s’empêcher de voir des réminiscences de certains décors tourmentés de l’œuvre matricielle de Robert Wiene. C’est dire à quel point Le Cabinet du Dr. Caligari demeure une référence incontournable et une date dans l’Histoire du cinéma. »
Pour toutes ces raisons… un film à voir absolument par tous les cinéphiles… peu connu mais important dans l’histoire du 7ème art
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2014
Première traduction cinématographique du mouvement expressionniste, "Le cabinet du docteur Caligari" a depuis les écrits du célèbre critique allemand Siegfried Kracauer (De Caligari à Hitler) été interprété comme une prémonition du désastre à venir qui allait voir l'Allemagne vaincue de 1918 devenue République de Weimar sombrer dans la folie nazie. Le personnage du somnambule joué par Konrad Veidt peut en effet symboliser la patrie inconsciente guidée par un être maléfique en la personne du docteur Caligari. Cette interprétation est difficilement contestable et s'inscrit parfaitement dans l'esprit tourmenté et pessimiste du mouvement expressionniste qui trouvera son meilleur territoire d'élection en Allemagne. Mais ce qui frappe encore aujourd'hui dans ce cauchemar né dans l'esprit dérangé d'un pensionnaire d'asile psychiatrique, habilement dissimulé par le duo de scénaristes Carl Mayer et Hans Janowitz, c'est l'originalité des décors. Oeuvres d'un trio magique constitué de Herman Warm, Walter Reimann et Walter Röhrig, ils donnent le ton au film au même niveau que le scénario ou les acteurs. On a rarement vu une telle alchimie si ce n'est dans les films de Kubrick. Oppressants par leur formes obliques, leurs lignes brisées, leurs contours marqués et les horizons qu'ils nous dérobent, ils semblent dicter leur conduite aux personnages qui n'ont plus qu'à suivre les traces qui leurs sont clairement dessinées le plus souvent sur le sol. Les hommes ne sont plus maîtres de leurs destin et pas plus que le somnambule assassin, ils n'ont leur liberté de choix. A coup sûr les décors du trio magique renforcent le caractère prémonitoire décelé par Kracauer. C'est la formidable unité de tous les ingrédients du film, y compris la musique angoissante de Giuseppe Becce qui fait du "Cabinet du docteur Caligari" un des plus grands films du cinéma par-delà les âges et dont la perfection a rarement été égalée. Il est à noter que Werner Kraus l'acteur qui interprète l'horrible docteur Caligari sera un partisan zélé du nazisme passant allègrement du film de Robert Wiene au "Juif Süss" de Veit Harlan (1940). Peut-être encore une prémonition du rôle funeste qu'allait jouer un des acteurs principaux du film ? Ce serait sans doute exiger un peu trop de ce film séminal qui va ouvrir la voie aux Lang, Leni, Murnau et Dreyer.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 février 2014
Le premier film que je vois en 4K grâce à mon vidéo-projecteur double HD. La restauration est fabuleuse et sa projection sur grand écran restitue la splendeur d'un cinéma oublié. Il y a bien quelques sautes d'images manquantes et quelques rayures latérales qui n'ont pas pu être effacées mais quel chef-d’œuvre de modernité technique pour la prise de vue, pour les éclairages et la mise en scène. Ce film préfigure l'Expressionnisme Allemand, mais sa construction et les rebondissements de son scénario, depuis cent ans, ont inspiré bien des réalisateurs modernes. Sur Allociné, mais tiendront-ils comptent de mon humble avis, plusieurs films similaires sont cités, il manque pourtant le principal, d'Alfred Hitchcock, "La maison du Docteur Edward" dont une séquence, matérialisant graphiquement une séance d'analyse psychiatrique, fut entièrement tournée dans des décors de Salvador Dali, un véritable hommage à ceux du "Cabinet du Docteur Caligari".
Tom H.
Tom H.

8 abonnés 62 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 février 2014
Je remercie Arte de me fournir quand j'en ai besoin ce genre de films en très bonne qualité. C'est plaisant et toujours intéressant de voir par quoi le cinéma a débuté.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2014
Après la peinture, la littérature et le théâtre, l'expressionnisme allemand investissait le cinéma avec ce film tourné en 1919, présenté à Berlin à la fin de cette même année, mais découvert en France seulement en 1922. Un film-manifeste qui a permis au réalisateur Robert Wiene, ancien acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, de passer à la postérité. Il est d'ailleurs resté plus ou moins l'homme d'une seule oeuvre au cinéma, la suite de sa filmo n'ayant pas vraiment fait date. Mais les historiens s'accordent généralement à dire que cette renommée est un peu surfaite, dans la mesure où la réussite et le retentissement du film doivent moins à sa réalisation, plutôt frontale et basique, qu'aux décors, au scénario et aux acteurs, qui illustrent concrètement la définition de l'expressionnisme, cet art de déformer la réalité par l'expression d'une subjectivité.
Le Cabinet du docteur Caligari, c'est d'abord une conception architecturale hallucinante, avec des toiles peintes et autres cartons-pâtes qui présentent une géométrie biscornue et des perspectives déroutantes (murs obliques, ruelles incurvées...), créant un univers d'apparence instable, un univers oppressant et cauchemardesque. Ces décors ont été réalisés par trois artistes qui oeuvraient déjà, avant ce film, à titre personnel, dans la mouvance expressionniste : Hermann Warm, Walter Reimann et Walter Röhrig. Le scénario, signé Carl Mayer et Hans Janowitz, est lui aussi tout empreint d'une subjectivité déséquilibrée, à la fois inquiète et inquiétante, dont la nature sera révélée par une pirouette qui remettra tout en perspective, ou presque (et c'est dans ce "presque" que résident le mystère et l'ambiguïté du film...). Outre le côté malicieusement renversant de la narration, l'histoire est truffée d'éléments qui la font osciller entre plusieurs genres. On a souvent dit que Le Cabinet du docteur Caligari était le premier film d'épouvante ou d'horreur de l'histoire du cinéma. C'est vrai qu'il y règne un climat de terreur dû au cadre du récit, aux meurtres commis, aux enlèvements, aux profils effrayants du somnambule et du savant fou. Mais on est aussi dans un polar-thriller avec une enquête autour d'un serial killer et dans un conte fantastique, à la Hoffmann, puisque l'on peut douter de la réalité des visions qui nous sont offertes. Il y a par ailleurs ici des détails qui influenceront de futurs grands films de genre : le somnambule dormant dans sa boîte annonce Nosferatu dans son cercueil ; sa démarche saccadée, une fois debout, annonce celle de la créature de Frankenstein... Les acteurs, par leur jeu exacerbé et leur maquillage outrancier, participent également de la stylisation violente de l'ensemble. Parmi eux, trois deviendront des vedettes du cinéma allemand : Werner Krauss, Conrad Veidt et Lil Dagover. Sans oublier Rudolf Klein-Rogge, futur Mabuse, qui fait une apparition non créditée à l'écran. On ajoutera enfin aux effets expressionnistes du film, même s'ils ne sont pas prédominants ici, les jeux d'ombre et de lumière orchestrés par le chef op' Willy Hameister.
Le Cabinet du docteur Caligari, ainsi, encore aujourd'hui, étonne, fascine et amuse, dépassant la simple curiosité que l'on pourrait porter à un vieux film ayant marqué l'histoire du cinéma. En parlant d'histoire du cinéma, on note que ce film aura marqué une révolution esthétique, certes, mais une révolution sans grande suite : on ne reverra guère de tels délires formels, notamment en matière de décors (l'influence se ressentira davantage dans l'interprétation des acteurs). Les grands films expressionnistes allemands tournés après (Les Trois Lumières de Fritz Lang, Nosferatu de F. W. Murnau...) la joueront globalement plus soft, usant davantage des jeux d'ombre et de lumière, et lorgnant aussi souvent vers le romantisme allemand. C'est finalement plus dans l'Histoire tout court, mais avec un grand H, que Le Cabinet du docteur Caligari a trouvé sa résonance la plus forte. On peut aujourd'hui voir dans ce film, sans trop délirer, une métaphore de l'Allemagne de Weimar, prête à être hypnotisée et manipulée à des fins meurtrières, une préfiguration symbolique, comme Mabuse, du nazisme. Ce nazisme que fuira d'ailleurs Robert Wiene en 1933, pour s'établir finalement en France où il mourra en 1938.
À noter qu'un remake modernisé du Cabinet du docteur Caligari a été tourné en 1962 par le réalisateur américain Roger Kay, sans rester dans les annales comme son modèle.
DenbroughX
DenbroughX

62 abonnés 314 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2014
Une petite pépite du cinéma qui brille et brille encore à notre époque où tout ce long travail de Wiene sur les ombres, les lumières et les décors sont facilités par la technologie et l'informatique. Ce film est sans aucun doute l'un des plus beaux films expressionnistes allemands, ou s'il ne l'est pas (car Nosferatu, ou Faust ou The dawn), il est en tout le chef de file qui a propulsé ce genre. Son univers profondément noir, son jeu d'ombre impressionnant, son personnage effrayant et mémorable (qui annonce déjà toutes les figures horrifiques du cinéma expressionniste comme Le vilain Golem, le très vilain Mabuse ou l'encore plus vilain vampire de Murnau). Une relecture expressionniste du mythe de Frankenstein qui restera à jamais graver dans l'histoire du cinéma et du film d'horreur, avec de plus un twist ending novateur et surtout, un lyrisme d'auteur inhabituel qui rend l'oeuvre aussi belle dans le fond qu'elle ne l'est dans la forme.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2014
Ce qui est remarquable c'est qu'une fois qu'on est entré dans le film, c’est-à-dire qu'on s'est adapté au jeu "exagéré" des acteurs du muet et aux décors en cartons, le film fonctionne parfaitement, on le regarde comme "un vrai film" et pas seulement comme un objet culturel. Certes le scénario est tenu, mais ça reste bien ficelé. Le décor a évidemment une importance prépondérante, chaque plan est un tableau expressionniste (sauf l'asile de fou et ce n'est pas par hasard). L'œuvre d'un visionnaire, l'un des monuments du cinéma muet. A noter l'excellente musique de Giuseppe Becce, très Berliozienne.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 janvier 2014
Le film emblématique de ce qu'on appellera l'expressionnisme et dont le style de lumière, décors influencera plus tard tout le cinéma américain et européen. A voir, à découvrir et à déguster.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 octobre 2013
Sorti en 1919, "Le Cabinet du docteur Caligari" lance le mouvement de l'expressionnisme allemand dans le milieu cinématographique, courant qui sera suivi par d'autres réalisateurs réputés à l'instar de Fritz Lang, Murnau ou encore Paul Leni pour ne citer qu'eux, sans oublier, bien évidemment, le réalisateur du "Cabinet", Robert Wiene. Depuis quelque temps, plus je découvre le cinéma muet et plus je me rends compte que des bonnes choses ont été réalisées. "Le Cabinet du docteur Caligari" est une réussite en ce sens. Doté de décors surréalistes, qui seront chers aux réalisateurs expressionnistes, le film plonge immédiatement le spectateur dans un monde oppressant, emprunt de terreur. L'histoire, elle, préfigure, à l'instar des "Fantôme de l'opéra" ou encore de "Nosferatu" le cinéma dit d'épouvante. Il suffit de regarder des séries B du type, ou encore certaines productions Hammer, pour remarquer que la plupart de ces films ont adoptés l'esthétique de l'expressionnisme. Pour en revenir au "Cabinet", Robert Wiene réalise un film passionnant, dans lequel un curieux village est la cible d'un meurtrier commandité par le démoniaque Dr Caligari, meurtrier qui se révèle être un somnambule dont la silhouette terrifiante n'a rien à envier aux futurs "stars" du genre comme Dracula ou la créature de Frankenstein. Wiene parvient à inculquer une tension de tous les instants dans son film, et ce grâce à l'atmosphère apporté par les décors et par l'histoire. Mais, "Caligari" est loin d'être uniquement le précurseur du film d'épouvante. Le sous-texte du film souligne la peur, la crainte qu'avaient la plupart des Allemands de l'époque, dans ce contexte d'après guerre et de crise économique. "Caligari" traite aussi de la folie chez l'Homme, notamment grâce à cette fin surprenante, que je ne spoilerais pas ici, et plonge au coeur de la psyché humaine. "Caligari" est un film aux multiples questions métaphysiques, lié aux différentes manières de voir le film. Quoi qu'il en soit, Wiene ouvre le bal expressionniste de fort belle manière avec cette histoire à glacer le sang, qui prend, encore de nos jours, le spectateur aux tripes jusqu'au dénouement final.
Death_Metallus
Death_Metallus

18 abonnés 417 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2013
Bien que Le Cabinet Du Dr. Caligari soit, plus largement, encré dans le genre fantastique que dans l'horreur pure, cette oeuvre-clé du cinéma expressionniste allemand des années 20 deviendra surtout une des pièces fondatrices du cinéma d'horreur. En effet, bon nombre d'éléments de ce classique deviendront des symboles récurrents dans le domaine de l'épouvante : l'image du docteur Caligari n'est pas sans rappeler celle du savant fou, tout comme celle du somnambule rappelle celle du mort-vivant ou du zombie. Un serial killer, une foire aux monstres, un asile d'aliénés, le décor est bel et bien planté! Sans occulter le fait que tous ces ingrédients viennent avant tout de la littérature et en soulignant l'importance du théâtre du Grand-Guignol ouvert depuis 1897, l'enfantement de Robert Wiene et celui de quelques autres réalisateurs, tels que Paul Wegener (Le Golem, 1915, puis 1920), Louis Feuillade (Les Vampires, 1915) ou encore John S. Robertson (Dr. Jekyll & Mr. Hyde, 1920), allaient lancer les bases de l'horreur au grand écran. La mise en forme du Cabinet Du Dr. Caligari est plutôt atypique avec ses perspectives étranges et ses effets d'éclairage très ombragés qui deviendront une des caractéristiques de la vague du cinéma expressionniste. Certes, les décors font un peu bon marché. Mais, ce qui est encore plus intéressant dans ce film, c'est le fond, car l'histoire et l'enquête qu'effectue le personnage principal, gardent toujours plusieurs portes ouvertes laissant libre court à l'interprétation du spectateur. Est-ce que le somnambule est la créature qui réalise les fantasmes les plus cruels du docteur ou est-ce que toute cette histoire est inventée par le héros, éventuellement dans le déni de son propre meurtre passionnel?
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