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inspecteur morvandieu
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4,0
Publiée le 15 avril 2026
Sans enlever aux qualités esthétiques, et notamment aux formes expressionnistes singulières du Mabuse de 1922, le passage de Mabuse du muet au parlant lui est bénéfique si on considère que cette narration nouvelle ajoute une intensité dramatique bien supérieure aux aventures précédentes. Surtout que la mise en scène et le montage Fritz Lang donnent à l'action du "Testament du docteur Mabuse" une efficacité et un dynamisme étonnants. On en est convaincu dès les premières scènes, où Lang filme l'effroi d'un homme poursuivi par les sbires de Mabuse sur fond de vacarme d'usine assourdissant. Mabuse n'apparait que très rarement dans le film, prostré et muet dans sa chambre d'asile psychiatrique. Il est omniprésent, pourtant, tant son pouvoir de nuisance est intact. Du fond de son asile, la terreur qu'inspire cet invisible Mabuse à ses victimes comme aux membres de son organisation, la menace que sa folie destructrice fait peser sur la collectivité dessinent manifestement un parallèle avec l'émergence du nazisme et d'Hitler. Ce en quoi le film policier prend un tout autre relief. Expressionniste, symbolique et manichéenne, la mise en scène de Lang est d'une maturité, d'une intelligence et d'une puissance dramatique sans égal dans les films d'action de cette période.
Un Drame Fantastique réalisé en 1932 par le maître du film noir qu'est Fritz Lang. Même si les effets spéciaux sont assez rudimentaires, ce film en N&B a très bien vieilli au point de devenir une référence culte du genre fantastique. En plus d'un scénario bien construit, le film nous offre un casting de grande classe avec les grandes prestations de Rudolf Klein-Rogge l'énigmatique docteur Mabuse, Otto Wernicke très charismatique dans le rôle du commissaire Lohmann et de Gustav Diessl très efficace dans la peau de Thomas Kent, l'ingénieur devenu fabriquant de fausse monnaie.
Classique du cinéma allemand, ce film possède toujours à ce jour une mise en scène assez moderne et novatrice. C'est clair que l'on ressent derrière cette histoire une critique du régime nazi grandissant à l'époque. Pas étonnant que ce film ait été interdit par Goebbels.
Un film mou, mal monté, qui possède certes un scénario intéressant. Néanmoins, l'oeuvre est mal dirigée, se révèle brouillonne et endort le spectateur.
Les Nazis se sentirent-ils visés qu’ils interdirent ce film expressionniste à l’intrigue solide, photo soignée, où se succèdent des scènes tour à tour obsolètes et flamboyantes (l’assaut de l‘appartement, l’incendie de l’usine ou la poursuite finale) ?
L'intérêt du film réside dans sa critique symbolique du nazisme, au-delà d'une mise en scène évidemment maîtrisée et d'une ouverture in medias res mémorable. Le genre du film de gangsters ou policier se trouve bellement honoré au début du long-métrage puis se perd dans des redites et l'incursion d'une histoire d'amour peu passionnante, entraînant quelques longueurs dommageables. Une curiosité historique.
Le classique du cinéma allemand, un film simple avec les moyens du bord et les effets spéciaux techno-pyrotechniques correctes, c’est bien. L’histoire du docteur Mabuse qui abuse de son pouvoir, depuis l’internement psychiatrique, sur les autres, des hommes de pouvoir et haut rang, le crime à sa portée. Le terme médical frôle le fantastique des illusionnistes, utilisé par le réalisateur comme étant l’hypnose, une apparition métaphysique esprit libre vagabond errant, que je dirais étant le grand papa 1933 du contrôle mental, en l’usant de sa puissante suggestion subconsciente. Sous le coup de la censure idéologique, fuyant à temps pour raconter cette vision visionnaire du persécuteur allégorique nazi. À ranger dans la filmothèque télévisuelle d’Arte, la coordination entre les deux pays voisins amicaux, la Francequi m’est familière en ayant vu sa version, et l’Allemagne
« Le Testament du Docteur Mabuse » est la suite de « Docteur Mabuse le joueur ». Mabuse est devenu fou et est interné dans un hôpital psychiatrique. Il y a 10 ans, le docteur avait besoin d’être en contact avec ses victimes pour les manipuler. Désormais il dirige son organisation criminelle totalitaire depuis son lit. Les allusions au nazisme sont évidentes et l’emprise de Mabuse sur ses soldats ne connaît pas de limite. Son pouvoir hypnotique fait froid dans le dos et prend davantage de sens lorsqu’on le colle à l’actualité. Immédiatement interdit en Allemagne, « Le Testament du Docteur Mabuse » sera le dernier film de Fritz Lang tourné dans le pays avant sa période en France et aux Etats-Unis. Il reviendra pour ses trois derniers films dont une nouvelle suite du « Diabolique Docteur Mabuse ». D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Moins génial que Docteur Mabuse, Le Joueur sur un plan formel, et davantage une suite de M Le Maudit, Le Testament du docteur Mabuse n'en reste pas moins un des films qui témoignent le mieux du génie de Lang par son caractère visionnaire. A travers Mabuse, génie du crime, et son organisation, il définit et annonce le régime de terreur du nazisme, qui arrive au pouvoir en 1933 année de la sortie du film. Les trois Mabuse décrivent à chaque fois l'esprit de leur époque. C'est le dernier film allemand de Lang avant son exil américain. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Dans ce deuxième volet de la trilogie sur le Docteur Mabuse on retrouve Fritz Lang à son apogée, lors de la montée du nazisme, grâce à sa mise en scène futuriste pour l'époque. On a au premier plan, une intrigue policière qui n'est pas toujours facile à suivre, malheureusement, et une satire politique au second plan. Cette fois-ci on voit Mabuse interné dans un asile mais qui continue à semer la terreur, le film s'emballe surtout après l'internement de Hofmeister. Les comparaisons avec le régime nazi sont frappants et présents tout le long du film. A notre grand regret, le premier volet (bien qu'étant muet) a su avoir plus de force que ce second volet.
Le testament est bref: il tient en peu de mots: "ce soir minuit" et tout le suspense converge vers cet événement: va-t-on le voir apparaître? Ce fantôme aux yeux caverneux et aux pouvoirs machiavéliques. Une enquête policière dense et au rythme soutenu et à la réalisation efficace.
Si le style en est un peu daté, et si les perspectives de la caméra, déjà très impressionnantes pour l'époque, n'atteignent pas la même dimension et la même "beauté" que pour M le Maudit, Fritz Lang témoigne une nouvelle fois de sa virtuosité formelle au service d'un scénario redoutable, dénonciation transparente de la montée du nazisme. Les scènes sont très étirées, pas toujours à bon escient, mais permettent de communiquer en règle générale une tension largement palpable dans le jeu des acteurs. Indéniablement hypnotique et prophétique.
Une histoire abracadabrante qui ne tient pas debout deux secondes étirée en un film entier dont la lourdeur colossale est comme un sommeil de plomb qui s'abat sur le spectateur, incrédule et très ennuyé.
Il faut dire qu'il s'agit d'un film très bavard à suivre en allemand sous-titré, ce qui n'aide pas non plus à suivre un scénario globalement très brouillon et bien entendu invraisemblable. Fritz Lang a réalisé à son retour en Allemagne un second film sur ce satané Docteur Mabuse, assurément bien plus recommandable que ce Testament aussi peu lisible qu'indigeste.
En 1933 en Allemagne, la situation politique n'était pas des plus heureuses. Se sentant menacé par le régime au pouvoir, Fritz Lang a pour idée de lui faire un pied-de-nez au moyen d'un nouveau film sur le Dr Mabuse. Bien que Le Testament soit une suite, il n'est pas nécessaire d'avoir vu l'opus précédent pour saisir les tenants et aboutissants de l'intrigue. Pourtant, c'est bel et bien d'un problème de compréhension dont souffre ce long-métrage. Il faut reconnaître que l'exposition est plutôt subtile. Le film commence in medias res, et ce n'est qu'un peu plus tard, lorsque les premières péripéties sont terminées, que les enjeux de l'histoire nous sont présentés à travers un cours en amphithéâtre. Malheureusement, en terme d'écriture, c'est le seul aspect de cette ouverture que je trouve réussi, puisque l'introduction des personnages rend l'ensemble terriblement brouillon. A ce stade, difficile de faire le lien entre les uns aux autres, surtout quand les changements de scène sont abruptes. J'avoue que j'étais fatigué lors du visionnage, ce qui a forcément influencé mon expérience, mais j'ai continué de trouver l'ensemble confus même après avoir repéré qui est qui. Il m'arrivait de deviner certains éléments sans que cela fasse sens avant que le film ne fasse lui-même la révélation (le coup du "Ne me dérangez pas, je suis occupé" par exemple), par conséquent j'essayais constamment de raccrocher ce que je voyais à ce que je savais déjà, sans parvenir à résoudre le puzzle. C'est mon seul reproche à l’œuvre, car le reste est d'un bon niveau, comme d'habitude avec Lang. J'ai aimé la montée en puissance du récit, qui se construit sur une enquête de plus en plus absurde, de l'action de plus en plus présente et une tension qui va crescendo (en ce qui concerne le sort de deux personnages). Le climax aboutit sur une belle course-poursuite, qui tire tout le potentiel du noir et blanc. Par ailleurs, quelques scènes changent d'ambiance et développent une atmosphère glauque très réussie, notamment la scène du cabinet. A ce moment là, la musique se fait entendre (le reste du temps, elle est discrète ou absente) et contribue, avec des chuchotements en allemand, à faire frissonner le spectateur. Le Testament du docteur Mabuse est un bon policier, dont on se souviendra pour l'aura de l'antagoniste qui ne fait que grandir jusqu'à la découverte de son identité. Je regrette que le récit m'ait paru si nébuleux, mais le film gagnera certainement une plus grande place dans mon cœur lors d'un éventuel revisionnage.
Fritz Lang reprend le personnage du Docteur Mabuse, cette fois réduit à une figure spectrale, presque immobile sur son lit d'hôpital psychiatrique. C'est son apparente inaction, a priori rassurante, qui devient de plus en plus effrayante car le personnage continue de semer la terreur en prenant possession de l'esprit du docteur Baum, figure du mal malgré lui. Implacable par ses mécanismes de suspense, le film ne cherche pas l'ampleur de "Docteur Mabuse, le joueur", mais à travers une durée largement plus courte, crée une urgence dans la situation en se focalisant sur ce qui va permettre de démasquer le criminel pour laisser de côté les longues confrontations entres les personnages. Ainsi, le film prend la forme d'un polar redoutablement ficelé, qui délaisse un montage frénétique et une atmosphère envoûtante pour mettre en place une tension continue dans un scénario qui dispose ses rebondissements avec un sens du timing tout à fait remarquable. À la fois en rupture et en continuité (certaines scènes font écho au film de 1922) avec son aîné, "Le Testament du Docteur Mabuse" perpétue avec brio le mythe d'un des personnages les plus diaboliques jamais vus au cinéma.